une plante herbacée, à tige; elle s’élèvera plus ou moins rapidement,
sa tige aura des feuilles, mais aux aisselles de ces feuilles il
n’y aura point de boutons, et la plante ne vivra que de un à trois
ans. De la graine qui doit produire un arbuste, la tige prendra une
consistance ligneuse, mais les aisselles des feuilles seront également
dépourvues de boutons. Elle résistera aux hivers, et produira des
fruits et des fleurs chaque année. La tige de l’arbrisseau sera plus
vigoureuse et portera des boutons; mais elle se divisera, à sa base, en
un certain nombre de rameaux ligneux. Enfin, la tige qui doit devenir
un arbre s’élèvera d’un seul jet à une certaine hauteur. Cette tige,
de la racine à ses premiers rameaux, s’appelle _tronc_ (fig. 4). Les
rameaux sont divisés en quatre ordres, selon leur force.
Examinons maintenant la structure de la tige, et prenons pour cela
celle d’un végétal ligneux qui est le plus complet. En la tranchant
transversalement, nous trouverons d’abord l’_écorce_, recouverte d’un
mince épiderme; sous l’écorce est le _liber_, partie essentiellement
vivante et organique du végétal, et qui doit son nom à la facilité avec
laquelle on peut le séparer en feuillets semblables à ceux d’un livre;
vient ensuite l’_aubier_, puis le _bois_ proprement dit, et ensuite la
_moelle_.
La partie concentrique du bois qui entoure la moelle est composée
de vaisseaux poreux, suivant une direction parallèle dans toute la
longueur des tiges, et dans lesquels circule la séve, principe vital
de tous les végétaux. Une partie de ces vaisseaux se prolongent
latéralement, entraînant une portion de la moelle. Ces vaisseaux,
qu’on nomme prolongements médullaires, ont dans l’écorce leur partie
essentiellement vivante, d’où il résulte que l’on voit souvent des
arbres dont la végétation est encore très-vigoureuse, bien que leur
partie ligneuse soit anéantie, et qu’ils en soient réduits à leur
écorce, ainsi que cela se présente fréquemment dans les saules.
Voici maintenant la marche de l’accroissement: chaque année, les
feuilles déliées du _liber_ se solidifient et s’unissent aux dernières
couches de l’_aubier_, qui n’est encore qu’un bois imparfait, mais
qui passe à l’état de _bois_ au fur et à mesure que le _liber_ passe
à l’état d’_aubier_. Il en résulte que les couches concentriques
se superposant annuellement, elles indiquent parfaitement l’âge du
végétal. Ce n’est pas là toutefois une règle sans exception; cette
règle, qui s’applique aux tiges dicotylédones, la plus nombreuse des
tribus végétales, n’est pas applicable aux monocotylédones, dont la
structure présente un sens inverse. Par exemple, que l’on examine la
coupe transversale d’un palmier, on ne trouve plus d’écorce, d’aubier,
de couches concentriques, de prolongements médullaires; le tissu le
plus solide et le plus ancien dans cette tige est à l’extérieur, par
la raison que l’accroissement vient de l’intérieur. Ainsi, un palmier,
à sa naissance, forme une touffe de feuilles sans tige; un an après,
il naît de nouvelles feuilles du centre des premières, et celles-ci,
repoussées vers la circonférence, tombent en vieillissant; mais leurs
bases se soutiennent et forment un anneau qui est l’origine de la
tige; l’année suivante, un second anneau se forme de la même manière
au-dessus du premier, de telle sorte que l’âge du palmier peut se
calculer par ses anneaux.
BRANCHES ET RAMEAUX.--Les branches et les rameaux ont une organisation
parfaitement semblable aux tiges; ils forment, avec la tige, un angle
qui s’ouvre davantage à mesure que l’arbre vieillit, et les branches
finissent souvent par devenir pendantes.
Les tiges de quelques végétaux croissent avec une grande rapidité et
atteignent une prodigieuse longueur: les chênes, dans nos forêts,
atteignent souvent une hauteur de quarante mètres, et les palmiers des
Cordillères dépassent quelquefois soixante mètres.
La grosseur des tiges de certains végétaux n’est pas moins remarquable;
on montre, au village d’Allouville, près d’Yvetot, un chêne qui n’a
pas moins de neuf mètres de circonférence, et dans l’intérieur duquel
on a construit une chapelle et une salle assez vaste. Le châtaignier
de l’Etna, qu’on appelle dans le pays l’_albero a centicavalli_, a
près de quatorze mètres de tour, et cent cavaliers peuvent se mettre
à l’abri sous ses rameaux, ce qui n’est rien cependant en comparaison
de quelques baobabs du Sénégal, qui ont jusqu’à trente mètres de
circonférence à la naissance du tronc.
Il est bien dur d’être forcé d’en convenir, mais il faut de la
franchise avant tout: les végétaux, qui n’ont peut-être de moins
que nous que la faculté de la locomotion, nous sont bien supérieurs
sous d’autres rapports: ainsi, ce n’est pas seulement par les graines
que les végétaux se reproduisent, mais encore par la greffe, par les
boutures, le marcottage, les éclats de racines, etc.
BOUTONS.--Ces moyens de reproduction ont démontré que, dans chacun
des _boutons_ espacés sur un rameau, se trouve renfermée une plante
entière, pourvue de tous ses organes. Ces boutons sont de petits corps
entourés d’écailles qui se développent dans l’aisselle des feuilles
et à l’extrémité des rameaux. Ils commencent assez généralement à
se montrer en été, et on leur donne alors le nom d’_yeux_. Pendant
l’automne, ils grossissent: ce sont les _boutons_ proprement dits. Au
retour du printemps, les écailles tombent, les boutons se développent,
et ils prennent le nom de _bourgeons_ (fig. 5).
Il y a trois espèces de boutons: ceux qui produisent des branches,
et qu’on appelle _boutons à bois_; ceux qui produisent des feuilles,
nommés _boutons à feuilles_, et ceux qui produisent des fleurs, qu’on
nomme _boutons à fleurs_ ou _boutons à fruits_. Les racines des plantes
vivaces portent des boutons qui, en se développant, produisent des
tiges annuelles. Ces boutons, qu’on appelle _turions_, se distinguent
des boutons proprement dits en ce que leur origine est constamment
souterraine.
FEUILLES.--La pousse des feuilles, ou la _foliation_, commence
immédiatement après l’apparition du bourgeon. Leur naissance est le
signe d’une vie nouvelle pour tous les êtres de la création: dans les
bois si longtemps silencieux retentissent les chants des oiseaux; les
champs se couvrent de fleurs; les hommes se sentent meilleurs; le cœur
s’épanouit, et de même que la séve, le sang circule plus vite. Les
feuilles contribuent de deux manières à la production de ce sentiment
universel de bien-être: d’abord, en charmant la vue, elles font naître
les plus douces émotions; puis elles versent dans l’espace des flots
d’air vital, en même temps qu’elles absorbent les émanations putrides,
les germes de destruction et de mort.
La plupart des feuilles sont soutenues par une queue mince et légère
nommée _pétiole_, et elles se terminent par une expansion membraniforme
appelée _disque_. Les feuilles qui n’ont point de pétiole s’étendent
en lames dès leur séparation de la tige. On appelle les premières
_feuilles pétiolées_, et les secondes _feuilles sessiles_. Elles
restent attachées à la tige et aux branches jusqu’aux premiers
froids de l’hiver; alors elles tombent, à moins qu’elles ne soient
_vivaces_, et elles rendent avec usure à la terre les sucs qu’elles
en avaient reçus pour se produire et s’étendre; cette chute se nomme
effeuillaison. Dans les arbres qu’on nomme _toujours verts_, les
feuilles périssent en tout temps.
C’est sur le disque que l’on peut observer l’arrangement des nervures
et toutes les subtiles ramifications, _veines_, _veinules_, dont une
substance pulpeuse, appelée _parenchyme_, remplit les intervalles
(fig. 6). Le bord de la feuille opposé au pétiole se nomme _sommet_,
on appelle _côtés_ les deux extrémités latérales; les deux faces de la
feuille sont recouvertes d’un épiderme très-mince: la face supérieure
est ordinairement lisse et brillante, la face inférieure est mate et
moins colorée.
Il y a trois sortes de feuilles: les _simples_ (fig. 7), les
_composées_ (fig. 8), et les _composées articulées_. La feuille simple
est formée d’une seule expansion; le pétiole n’a point de division
sensible. La feuille composée est un assemblage de petites feuilles
ou folioles fixées au sommet ou sur les parties latérales d’un même
pétiole par un pétiole particulier; lorsque ces folioles sont douées de
certains mouvements, comme dans la sensitive, on dit que la feuille est
articulée.
Le vert est la couleur ordinaire des feuilles; mais la nuance en est
infiniment variée depuis le vert tendre jusqu’au vert brun et presque
noir; quelques plantes portent pourtant des feuilles rouges, jaunes
ou panachées; mais alors on peut les considérer comme n’étant point
dans leur état normal. La lumière est le principe de la coloration
des feuilles, ainsi que l’on peut s’en convaincre en faisant germer
des graines dans une cave: si l’on éclaire quelques-unes des jeunes
plantes qui se produiront au moyen de lampes et de miroirs à réflexion,
les feuilles qui recevront les rayons lumineux se coloreront en vert;
celles qui seront demeurées dans l’obscurité seront blanchâtres.
L’irritabilité des feuilles, leur sommeil, leur réveil, sont des
phénomènes qui ne peuvent manquer d’attirer vivement l’attention; ils
sont extrêmement remarquables dans la sensitive, qui se contracte
rapidement, et en même temps toutes ses feuilles, pour se soustraire
au contact des corps étrangers. L’attrape-mouche, plante de l’Amérique
septentrionale, exécute un mouvement non moins remarquable: chacune
de ses feuilles est divisée à son sommet en deux lobes réunis par
une charnière le long de la nervure médiane; qu’un insecte, attiré
par la liqueur dont elles sont enduites, vienne se placer sur un
de ces lobes, ils se rapprochent aussitôt, et retiennent l’insecte
prisonnier. Les feuilles du _sainfoin oscillant_, plante du Bengale,
sont douées de mouvements plus extraordinaires encore. Ces feuilles
se composent de trois folioles attachées sur un pétiole commun. La
foliole terminale est très-grande, les deux autres sont très-petites.
Ces dernières exécutent un mouvement continuel de torsion, et décrivent
continuellement un arc de cercle. Ce mouvement continue même alors que
l’on a détaché la feuille de la tige, ce qui prouve qu’il appartient
à la feuille, et est tout à fait indépendant de la plante mère. Que
la grande foliole soit agitée par une cause quelconque, aussitôt le
mouvement des deux petites cesse.
On doit l’observation de ce phénomène à Linné, qui lui donna le nom de
sommeil des plantes. Quelques naturalistes en ont cherché la cause dans
l’absence de la lumière, et ils sont parvenus à changer les heures de
sommeil de la sensitive en l’éclairant artificiellement; mais, pour
que cette expérience fût concluante, il faudrait qu’elle eût le même
résultat sur beaucoup d’autres végétaux, et il a été impossible de
l’obtenir sur le plus grand nombre.
Ainsi, les plantes sentent: elles dorment, elles se meuvent; chez
quelques-unes se manifeste un sentiment de crainte: qui oserait
dire que tout cela ne soit que purement mécanique? Le mouvement de
locomotion qui leur manque n’empêche pas qu’elles tiennent dans la
création une place bien supérieure à celle occupée par un grand nombre
d’individus du règne animal.
Le sommeil des plantes se manifeste de quatre manières dans celles
dont les feuilles sont simples: 1º les feuilles s’appliquent face à
face, comme dans l’arroche des jardins; 2º elles enveloppent la tige,
comme dans l’onagre molle, pour protéger les boutons et les fleurs; 3º
étendues horizontalement pendant le jour, elles se roulent en cornet,
et renferment les jeunes pousses, comme la mauve du Pérou; 4º elles
se penchent vers la terre et forment une espèce de voûte au-dessus des
fleurs inférieures, comme la balsamine.
Les feuilles composées affectent six positions différentes dans les
heures de sommeil: 1º elles viennent se placer l’une contre l’autre,
comme les feuilles d’un livre: telles sont celles du pois de senteur,
du baguenaudier; 2º en s’écartant à leur partie moyenne, elles forment
un petit pavillon au-dessus des fleurs, comme le lotier pied-d’oiseau,
le trèfle; 3º elles sont réunies à la base et séparées à leur sommet,
comme dans le mélilot commun; 4º les folioles se courbent pour couvrir
les bourgeons, comme dans le lupin blanc; 5º elles s’abaissent en
tournant sur elles-mêmes, tandis que le pétiole commun s’élève, et
elles s’appliquent ensuite l’une sur l’autre par leur face supérieure,
bien qu’elles pendent vers la terre, comme dans les casses, et ce
retournement est d’autant plus remarquable que si l’on voulait l’opérer
artificiellement pendant le jour, on ne pourrait y parvenir sans briser
les vaisseaux des pétioles particuliers; 6º enfin, elles recouvrent
entièrement le pétiole commun à la manière des tuiles d’un toit, comme
la sensitive.
Que d’admirables choses! et à quoi bon chercher au loin des émotions
quand à chaque pas tant de merveilles s’offrent aux regards de qui veut
les voir!
STIPULES, VRILLES, GRIFFES, SUÇOIRS, ÉPINES, AIGUILLONS, POILS,
GLANDES.--Indépendamment des organes principaux, un grand nombre de
végétaux sont pourvus d’organes accessoires que Linné désignait sous
le nom générique de _fulcra_. Les uns, tels que les _aiguillons_ (fig.
9), les _épines_ (fig. 10), ne sont en quelque sorte, pour certaines
plantes, que des armes défensives; d’autres, comme les _poils_ (fig.
11) et les _glandes_, sont chargés de fonctions sécrétoires, et
quelques-uns, comme les _vrilles_ (fig. 12), servent d’auxiliaires aux
végétaux qui en sont armés, pour les aider à quitter le sol sur lequel
la faiblesse de leurs tiges semblait les avoir condamnés à ramper.
Le pétiole est parfois accompagné de deux petites feuilles qui
diffèrent tout à fait de la forme des autres: ce sont les _stipules_;
si on les rencontre à la base d’une fleur, elles prennent le nom de
_bractées_. Leurs fonctions consistent à protéger les feuilles; elles
les enveloppent dans la jeune pousse, elles les accompagnent dans leur
développement, et périssent dès qu’elles sont devenues inutiles.
Les _griffes_ sont des espèces de racines par lesquelles certaines
plantes s’accrochent à d’autres végétaux ou aux corps environnants.
Lorsque ces griffes, indépendamment du soutien qu’elles prêtent aux
plantes, leur procurent les aliments nécessaires à leur nourriture, on
les nomme _suçoirs_.
FLEURS.--Les fleurs sont les organes destinés à accomplir le grand
œuvre de la reproduction: couleurs séduisantes, parfums suaves,
élégance dans les contours, délicatesse dans le tissu, grâces dans le
développement et le port, tous ces attributs, prodigués aux fleurs même
les plus communes, font du temps de la floraison un moment de parure,
de triomphe, et l’époque la plus brillante, la plus éclatante de leur
vie. L’enfance est passée, nous touchons au temps de la jeunesse et de
la beauté.
La fleur se compose de quatre parties principales: le _calice_ (fig.
13), la _corolle_ (fig. 14), les _étamines_ (fig. 15), et les _pistils_
(fig. 16); on appelle fleur _complète_ celle qui possède ces quatre
parties, et fleur _incomplète_ celle à laquelle il en manque une ou
plusieurs. Les fleurs peuvent se composer simplement d’étamines et
de pistils réunis sur le même support, ou placés sur la même plante,
dans des fleurs distinctes, ou situés sur des individus séparés, ce
qui forme les fleurs _hermaphrodites_, _monoïques_ et _dioïques_. Ces
deux derniers genres sont également compris sous la dénomination de
_déclives_ ou d’_unisexuelles_.
Le diamètre des fleurs est très-variable: quelques-unes sont si petites
qu’elles échappent à la vue; d’autres, comme l’aristoloche d’Amérique,
par exemple, ont quelquefois au delà d’un mètre de circonférence. Leur
durée, variable aussi, est également très-courte: nées pour accomplir
les fonctions de la reproduction, bientôt elles perdent leur éclat,
leurs formes s’altèrent, les grâces s’envolent, la jeunesse s’éteint et
la maturité commence.
Les fleurs sont sessiles ou pédonculées: elles sont sessiles
lorsqu’elles sont posées sur la tige sans intermédiaire; elles sont
pédonculées lorsqu’elles sont soutenues par un support plus ou moins
étendu qu’on nomme pédoncule; c’est le plus grand nombre. C’est au
sommet du pédoncule, qui va s’élargissant, que paraissent les parties
de la fructification. Les formes de cet organe sont très-variées: il
est droit ou incliné, parfois il se roule en spirale; il peut être
simple ou composé de plusieurs parties que l’on nomme pédicelles.
Lorsqu’il part immédiatement de la racine, on le nomme _hampe_. La
partie qui soutient les fleurs sessiles ou pédiculées s’appelle _axe_.
INFLORESCENCE
L’arrangement, la disposition générale des fleurs sur la tige ou les
autres organes qui les supportent se nomment inflorescence. Les fleurs
sont toujours placées à l’aisselle d’une feuille, mais elles affectent
diverses dispositions: les unes sont solitaires, les autres sont
réunies plusieurs ensemble. C’est ce qui constitue l’_inflorescence
simple_ et l’_inflorescence composée_, lesquelles se subdivisent
en inflorescences qui ont reçu des noms particuliers, tels que ceux
de _panicule_, _thyrse_, _grappe_, _épi_, _spadice_, _verticille_,
_ombelle_, _corymbe_, _cyme_, _capitule_. L’inflorescence est panicule
lorsque l’axe commun se ramifie, et que ses divisions secondaires
sont allongées et laissent entre elles une certaine distance, comme
dans les graminées (fig. 17). Le thyrse est une sorte de grappe dont
l’axe est très-allongé et dont les rameaux forment de petites cimes.
Lorsque le pédoncule commun se ramifie plusieurs fois et régulièrement,
l’inflorescence prend le nom de grappe, comme dans le marronnier
d’Inde (fig. 18). Lorsque les fleurs sont disposées sur un axe commun,
simple, non ramifié, elles forment l’épi, comme le blé, l’orge, le
plantin (fig. 19). Dans l’inflorescence spadice, le pédoncule commun
est couvert de fleurs sans calice. L’inflorescence est verticille
lorsque les fleurs naissent à l’aisselle des feuilles, et forment une
espèce d’anneau autour de la tige. Les fleurs sont en ombelle lorsque
tous les pédoncules étant égaux, l’ensemble des fleurs présente
une surface bombée, telle est la carotte (fig. 20). Dans le mode
d’inflorescence appelé corymbe, l’axe central forme une inflorescence
terminée et les rameaux latéraux des inflorescences indéfinies,
comme dans la millefeuille (fig. 21). Lorsque la fleur terminale est
environnée de trois bractées ou plus, et que chaque rameau peut offrir
un développement égal au précédent, on nomme cette inflorescence
cyme; cette inflorescence est celle de la centaurée (fig. 22). Enfin,
on donne le nom de capitule à l’inflorescence qui est particulière
aux plantes de la famille des cynanthérées: tels sont le chardon,
l’artichaut (fig. 23).
L’inflorescence, en général, peut encore être modifiée par des
influences diverses, telles que certains modes de culture: de là
résultent les fleurs _doubles_, _pleines_ et _polifères_. La culture
est aux fleurs ce que l’éducation est aux jeunes filles; elle augmente
leur beauté en les douant de grâces particulières, en les préservant de
mille dangers, en leur conservant le plus longtemps possible tout leur
éclat.
Dans les fleurs doubles, le nombre des pétales est plus considérable
que celui que leur avait primitivement donné la nature. Les fleurs
pleines sont entièrement formées de pétales. Les fleurs polifères sont
celles du centre desquelles naît une seconde fleur semblable à la
première. Tout cela est dû à l’art de l’horticulture, et, pour quelques
amateurs sévères, ces fleurs devenues si belles ne sont que des êtres
monstrueux. C’est là une ridicule exagération, condamnée par la sagesse
des nations qui a formulé ce proverbe:
Et toujours la parure embellit la beauté.
Cela n’est pas très-grammatical, mais cela est vrai.
CALICE.--Nous avons vu plus haut que la fleur se compose de quatre
parties principales; examinons maintenant chacune de ces parties.
Le calice peut être considéré comme le protecteur de la fleur; il se
compose d’une espèce d’épanouissement de l’écorce à l’extrémité du
pédoncule. Sa couleur est toujours verte, à peu d’exceptions près.
Ainsi elle devient jaune dans la capucine, et rouge dans la grenade,
mais toujours elle est verte d’abord. Quelquefois il est d’une seule
pièce, et quelquefois il est composé de plusieurs qui affectent la
forme de petites écailles, comme dans l’œillet. Le plus ordinairement
il est de forme cylindrique. Lorsqu’il ne renferme qu’une seule fleur,
on le nomme calice _propre_, et calice _commun_ lorsqu’il en renferme
plusieurs; il est _simple_ quand il ne forme qu’une seule enveloppe;
_double_ quand il se compose de plusieurs.
Nous éviterons ici, comme précédemment, les termes scientifiques qui
n’ajoutent rien à la connaissance des choses, et qui n’auraient d’autre
résultat que de faire grimacer de jolies bouches. Qu’importe, en
effet, que l’on sache que les savants nomment _monophylle_ le calice
qui se compose d’une seule pièce, et _polyphylle_ celui qui en a
plusieurs? Qu’importent les _supères_, les _infères_, les _embriqués_,
les _caliculés_, etc., qui n’indiquent que des modifications
insignifiantes?
Le calice a beaucoup d’analogie avec la feuille, non-seulement par sa
forme, mais encore par sa contexture et les fonctions qu’il remplit.
On y remarque des nervures, des trachées, etc., absolument comme dans
la feuille, et dans quelques fleurs même, le calice se transforme en
véritables feuilles; enfin, comme les feuilles, il absorbe et exhale
certains fluides.
COROLLE.--C’est la corolle qui continue la beauté de la fleur: grâce,
coloris, parfum, tout lui est réservé. Comme le calice, elle peut être
formée d’une seule ou de plusieurs pièces; c’est ce qui a fait croire
à plusieurs botanistes qu’elle n’était qu’une modification du calice;
plusieurs ont même confondu le calice et la corolle, grossière erreur,
relevée à bon droit par les savants naturalistes dignes de ce nom.
Chacune des pièces qui composent la corolle se nomme pétale; on dit
qu’elle est _monopétale_ quand elle est formée d’un seul pétale, et
_polypétale_ quand elle se compose de plusieurs. On appelle _onglet_
la partie par laquelle le pétale tient à la fleur, et _lame_ sa partie
supérieure. De la base au sommet, elle forme le tube, divisé en deux
parties: l’_orifice_, qui est la partie supérieure, et le _limbe_, qui
comprend toute la partie dilatée.
Hélas! il est bien douloureux de l’avouer, mais l’analyse de cette
charmante chose, la _corolle_, que la nature a si richement ornée,
est affreusement aride! Nous lisons dans un ouvrage moderne: «Il est
bien fâcheux que l’étude des végétaux nécessite la connaissance d’une
multitude de termes dont l’emploi doit souvent précéder la définition.»
Oh! oui, cela est fâcheux, cela est déplorable! mais Dieu a voulu
qu’il n’y ait pas, sur cette terre périssable, de joie, de plaisir
sans mélange... Encore quelques pas dans ce sentier épineux! S’il faut
souffrir un peu pour être belles, comme on le dit communément, c’est
aussi la condition expresse pour être... non pas savantes, mesdames,
mais instruites, ce qui est bien différent! Donc, nous reprenons
courage, n’est-ce pas? et nous n’aurons pas une trop grande peur des
vilains mots, c’est convenu. Ainsi, j’oserai vous dire qu’il y a six
espèces de corolles régulières, savoir:
La _campanulée_, qui se dilate vers sa base et s’évase en forme de
cloches. Exemple: le liseron des champs (fig. 24);
L’_infundibuliforme_, qui ressemble quelque peu à un entonnoir;
L’_hypocratériforme_, qui a le tube court, la fleur plane, comme le
phlox (fig. 25);
La _corolle en roue_, dont le tube se voit à peine et qui est dentelée;
La _tubulée_, dont le tube est allongé et peu ouvert à son orifice;
L’_urcéolée_, dont le tube est plus resserré à son orifice que dans ses
autres parties.
Les corolles monopétales irrégulières les plus remarquables sont les
_labiées_ et les _personnées_; les premières offrent deux divisions
inégales et ouvertes qu’on nomme _lèvres_, et qui sont placées l’une
au-dessous de l’autre. Dans les _personnées_, les deux lèvres sont
rapprochées, forment une proéminence.