Note 984: _D'Espaigne._ «Penè omnes Septimaniæ nobiles.»

Quant le fort yver fu passé[985], droit ès kalendes de janvier, l'estoille

comète apparut au ciel au signe de l'Escorpion. En pou de temps après

mourut Pepin, l'un des fils l'empereur, l'empéreris Judith ne mist pas en

oubli la besoingne qu'elle avoit encommenciée; car si comme nous avons jà

dit, elle s'estoit conseilliée au conseil du palais, coment elle auroit en

son aide l'un des fils l'empereur. Après la mort du père, derechief s'en

ala aux barons et les pria de ceste besoingne. Et ils prièrent à l'empereur

qu'il envoiast querre Lothaire, et luy mandast qu'il venist à luy par telle

condicion que s'il voulloit amer et garder Charles, son frère, sceust-il

certainement qu'il luy pardonneroit bonnement quanqu'il avoit oncques vers

luy meffait, et qu'il luy donroit encor moitié de l'empire, fors Bavière

tant seulement. Ceste chose pleut à Lothaire et à sa gent, et luy sembla

que c'estoit son preu. [986]Après Pasques vint à son père en la cité de

Garmaise, Le père le receut liement luy et sa gent. Largement leur fist

livrer et administrer quanque mestier leur fu. Et l'empereur luy dist qu'il

luy tiendroit volontiers ce qu'il luy avoit promis; et que dedens trois

jours seroit conseillé et avisé, entre luy et sa gent, coment l'empire

seroit départi et devisé, en telle manière toutes voies que luy et Charles

auroient avantage de prendre avant à leur choix. Et Lothaire eut conseil

qu'il s'accorderoit à ce; mais que l'empereur devisast l'empire à sa

volenté. Toutes voies, disoit-il bien que ceste particion ne pouvoit estre

égaument faite, pour ce que l'on ne savoit pas né les lieux né les régions.

Lors départit l'empereur l'empire au mieux et au plus justement qu'il peut

en deux parties, fors le royaume de Bavière qu'il eut donné à Loys son

autre fils. Les barons et le peuple appella. A Lothaire donna tout le

royaume d'Austrasie, si comme il se comporte jusqu'au fleuve de Meuse. Et

l'autre partie de deçà devers occident donna à Charles, son petit fils; et

confirma ceste partition par ses parolles, devant les barons et devant tout

le peuple. Si lié estoit de ces choses qu'il avoit ainsi ordonnées, qu'il

en rendit graces à nostre Seigneur et admonnestoit ses fils qu'ils

s'entramassent entièrement, et se gardassent l'un l'autre. Et à Lothaire

pria et commanda qu'il eust grant cure de son frère et qu'il luy souvenist

qu'il estoit son père; et à Charles commanda qu'il luy portast honneur

comme à son père espirituel et comme à son ainsné frère.

Note 985: La plupart des leçons latines portent _hieme transactâ;_

mais Dom Bouquet a judicieusement préféré celle de _quâ hieme_.

Les grandes chroniques de France (2/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis · 第 307 / 316 题