Note 968: _Vita Ludov. Pii.--LV._

Note 969: _Souverain_, premier.

Quant Lothaire fu eschappé de celle maladie et il fu du tout guari, il fu

compté à l'empereur qu'il avoit rompu la paix et la concorde qu'il avoit

promise, et gastoit jà moult durement la terre de l'églyse de Saint-Pierre

de Rome et occioit les hommes que Pepin, son aïeul, et Charlemaines, son

père, et luy-meisme avoient receue en garde.

De ces nouvelles fu l'empereur si esmeu et si courroucié qu'il y envoyast

tantost ses messages, et ne voult qu'ils eussent ou pou ou néant d'espace

pour eux appareiller à faire si longue voie. A son fils manda en

admonnestant qu'il ne féist né ne soufrist à faire si grant desloyauté, et

luy souvinst que quant il luy bailla à garder le royaume d'Italie, qu'il

luy jura la cure de l'Églyse, et il la receust en telle manière qu'il la

garderoit et deffendroit vers tous adversaires, et toutes ces convenances

conferma-il par son serement: et bien sceust-il que s'il le brisoit, il

courrouceroit Dieu et en seroit jugé au jour du jugement. Après ce, luy

manda qu'il féist garnir les trespas de quanque mestier leur seroit jusques

à Romme. Car il y béoit à aler pour visiter les apostres. Et sans faille il

y feust meu; mais les Normans, qui soudainement s'embatirent en Frise, luy

destourbèrent celle voie. Car il convint qu'il y alast à grant ost; mais il

envoia tandis messages à Lothaire, l'abbé Foulcaut et un autre abbé qui

avoit nom Rambaut et le comte Richart. Et leur commanda que le comte

Richart et l'abbé Foulque luy apportassent la response de Lothaire, et que

l'abbé Rambaut s'en alast tout oultre pour conseil querre d'aucuns cas à

l'apostole George[970], et pour luy-mesme luy faire savoir la volonté

l'empereur d'aucunes besoingnes. Au mandement l'empereur respondit Lothaire

que volentiers feroit rendre les choses qui auroient esté perdues ou

tollues à aucunes églyses de Lombardie. Mais le commandement qu'il luy

mandoit d'aucunes autres choses ne pourroit-il garder né accomplir.

Note 970: _Georges._ Il falloit _Gregoire_.

A tant s'en partirent les messages et retournèrent à l'empereur, qui jà

estoit retourné luy et son ost de Frise, et avoit les Normans chaciés de la

terre. En son palais de Franquefort le trouvèrent, là estoit demouré en

déduit de bois tout le mois de septembre. [971]Après celle saison s'en ala

pour yverner à Ais-la-Chapelle. Et l'abbé Rambaut, qui fu alé jusques à

Romme, si comme il luy fu commandé, trouva l'apostole Gregoire malade de

flum de sang. Et jà soit ce qu'il le laschast aucunes fois par ailleurs, il

le rendoit aussi continuellement par les narilles; mais il fu si très lie

de la venue du message à l'empereur, que luy meisme dist qu'il avoit aussi

comme tout oublié sa douleur. Avec soy le fist mengier et luy donna grans

dons. Au départir envoia avec luy deux messages qui estoient évesques, si

avoit l'un nom George et l'autre Pierre. Lothaire, qui bien sceut qu'il

envoioit messages à l'empereur, envoia à la cité de Bouloingne Léon, qui au

temps de lors tenoit grant lieu en sa court. Les deux messages à l'apostole

trouva, durement les espovanta et leur commanda qu'ils ississent de la

cité. Et quant l'abbé Rambaut, qui message estoit à l'empereur, vit ce, il

prist tout coiement la lettre que l'apostole envoioit à l'empereur et la

bailla à un sien sergent qui la porta jusques oultre les mons, en l'abit

d'un pauvre mandient de la cité. Puis se partit et repaira à l'empereur.

Les grandes chroniques de France (2/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis · 第 298 / 316 题