Les passages suivants montrent à quel point ils étaient indépendants

de leurs rois: «Si tu ne veux pas aller en Bourgogne avec tes frères,

disent les Francs à Théodoric, nous te laisserons là et nous

marcherons avec eux.» Greg. Tur., l. III, c. XI.--Ailleurs les Francs

veulent marcher contre les Saxons qui demandent la paix.--«Ne vous

obstinez pas à aller à cette guerre où vous vous perdrez, leur dit

Clotaire Ier; si vous voulez y aller, je ne vous suivrai pas.» Mais

alors les guerriers se jetèrent sur lui, mirent en pièces sa tente,

l'en arrachèrent de force, l'accablèrent d'injures, et résolurent de

le tuer s'il refusait de partir avec eux. Clotaire, voyant cela, alla

avec eux, malgré lui.» Ibid., l. IV, c. XIV.--Le titre de roi était

primitivement de nulle conséquence chez les barbares. Ennodius, évêque

de Paris, dit d'une armée du grand Théodoric: _Il y avait tant de

rois_ dans cette armée, que leur nombre était au moins égal à celui

des soldats qu'on pouvait nourrir avec les subsistances exigées des

habitants du district où elle campait.»

82--page 155--_Clovis embrassa le culte de la Gaule romaine_...

Greg. Tur., l. II, c. XXXI.--Sigebert et Chilpéric n'épousent

Brunehaut et Galswinthe qu'après leur avoir fait abjurer

l'arianisme.--Chlotsinde, fille de Clotaire Ier; Ingundis, femme

d'Ermengild; Berthe, femme du roi de Kent, convertirent leurs maris.

83--page 161--_Clovis fit périr tous les petits rois des Francs_...

Il envoya secrètement dire au fils du roi de Cologne,

Sigebert-le-Boiteux: «Ton père vieillit et boite de son pied malade.

S'il mourait, je te rendrais son royaume avec mon amitié...» Chlodéric

envoya des assassins contre son père et le fit tuer, espérant obtenir

son royaume... Et Clovis lui fit dire: «Je rends grâces à ta bonne

volonté, et je te prie de montrer tes trésors à mes envoyés; après

quoi tu les posséderas tous.» Chlodéric leur dit: «C'est dans ce

coffre que mon père amassait ses pièces d'or.» Ils lui dirent: «Plonge

ta main jusqu'au fond pour trouver tout.» Lui l'ayant fait et s'étant

tout à fait baissé, un des envoyés leva sa hache et lui brisa le

crâne.--Clovis, ayant appris la mort de Sigebert et de son fils, vint

dans cette ville, convoqua le peuple, et dit: «Je ne suis nullement

complice de ces choses, car je ne puis répandre le sang de mes

parents; cela est défendu. Mais puisque tout cela est arrivé, je vous

donnerai un conseil; voyez s'il peut vous plaire. Venez à moi, et

mettez-vous sous ma protection.» Le peuple applaudit avec grand bruit

de voix et de boucliers, l'éleva sur le pavois, et le prit pour

roi.--Il marcha ensuite contre Chararic..., le fit prisonnier avec son

fils, et les fit tondre tous les deux. Comme Chararic pleurait, son

fils lui dit: «C'est sur une tige verte que ce feuillage a été coupé,

il repoussera et reverdira bien vite. Plût à Dieu que pérît aussi vite

celui qui a fait tout cela!» Ce mot vint aux oreilles de Clovis... Il

leur fit à tous deux couper la tête. Eux morts, il acquit leur

royaume, et leurs trésors, et leur peuple.--Ragnacaire était alors roi

à Cambrai... Clovis, ayant fait faire des bracelets et des baudriers

de faux or (car ce n'était que du cuivre doré), les donna aux leudes

de Ragnacaire pour les exciter contre lui... Ragnacaire fut battu et

fait prisonnier avec son fils Richaire... Clovis lui dit: «Pourquoi

as-tu fait honte à notre famille en te laissant enchaîner? Mieux

valait mourir.» Et levant sa hache, il la lui planta dans la tête.

Puis se tournant vers Richaire, il lui dit: «Si tu avais secouru ton

père, il n'eût pas été enchaîné.» Et il le tua de même d'un coup de

hache.--Rignomer fut tué par son ordre dans la ville du Mans... Ayant

tué de même beaucoup d'autres rois et ses plus proches parents, il

étendit son royaume sur toutes les Gaules. Enfin, ayant un jour

assemblé les siens, il parla ainsi de ses parents qu'il avait lui-même

fait périr: «Malheureux que je suis, resté comme un voyageur parmi des

étrangers, et qui n'ai plus de parents pour me secourir si l'adversité

venait!» Mais ce n'était pas qu'il s'affligeât de leur mort; il ne

parlait ainsi que par ruse et pour découvrir s'il avait encore quelque

parent, afin de le tuer.» Greg. Tur., l. II, XLII.

84--page 168--_Le climat fit justice de ces barbares_...

L'expédition de Theudebert ne fut pas la dernière des Francs en

Italie. En 584, le roi Childebert alla en Italie; ce qu'apprenant les

Lombards, et craignant d'être défaits par son armée, ils se soumirent

à sa domination, lui firent beaucoup de présents, et promirent de lui

demeurer fidèles et soumis. Le roi, ayant obtenu d'eux ce qu'il

désirait, retourna dans les Gaules, et ordonna de mettre en mouvement

une armée qu'il fit marcher en Espagne. Cependant il s'arrêta.

L'empereur Maurice lui avait donné, l'année précédente, cinquante

mille sols d'or pour chasser les Lombards de l'Italie. Ayant appris

qu'il avait fait la paix avec eux, il redemanda son argent; mais le

roi, se confiant en ses forces, ne voulut pas seulement lui répondre

là-dessus.» Greg. Tur., l. VI, c. XLII.

85--page 169--_Les Saxons se tourneront vers l'Océan_...

Sidon. Apollin., l. VIII, Epist. IX: «Istic (à Bordeaux) Saxona

cærulum videmus assuetum antè salo, solum timere. «Carmen VIII:

Quin et Armoricus piratam Saxona tractus

Sporabat, cui pelle salum sulcare Britannum

Ludus, et assuto glaucum mare findere lembo.

86--page 169--_Les successeurs de Clovis s'abandonnent aux conseils

des Romains_...

Clovis lui-même choisit des Romains pour les envoyer en ambassade,

Aurelianus en 481, Paternus en 507 (Greg. Tur. Epist., c. XVIII, XXV).

On rencontre une foule de noms romains autour de tous les rois

germains: un Aridius est le conseiller assidu de Gondebaud (Greg.

Tur., l. II, c. XXXII).--Arcadius, sénateur arverne, appelle

Childebert Ier dans l'Auvergne et s'entremet pour le meurtre des

enfants de Clodomir (Id., l. III, c. IX, XVIII).--Asteriolus et

Secundinus, «tous deux sages et habiles dans les lettres et la

rhétorique,» avaient beaucoup de crédit (en 547) auprès de Theudebert

(Ibid., c. XXXIII).--Un ambassadeur de Gontran se nomme Félix (Greg.

Tur., l. VIII, c. XIII); son _référendaire_, Flavius (l. V, c. XLVI).

Il envoie un Claudius pour tuer Eberulf dans Saint-Martin de Tours (l.

VII, c. XXIX).--Un autre Claudius est _chancelier_ de Childebert II

(Greg. de Mirac. S. Martini, l. IV).--Un _domestique_ de Brunehaut se

nomme Flavius (Greg. Tur., l. IX, c. XIX). À son favori Protadius

succède «le Romain Claudius, fort lettré et agréable conteur»

(Fredegar., c. XXVIII). Dagobert a pour ambassadeurs Servatus et

Paternus, pour généraux Abundantius et Venerandus, etc. (Gesta

Dagoberti, _passim_)... etc., etc.--Sans doute plus d'un roi

mérovingien perdit dans ce contact avec les vaincus la rudesse

barbare, et voulut apprendre avec ses favoris l'élégance latine:

Fortunat écrit à Charibert:

Floret in eloquio lingua latina tuo.

Qualis es in proprià docto sermone loquelà

Qui nos Romano vincis in eloquio?

--«Sigebertus erat elegans et versutus.»--Sur Chilpéric, V. plus

bas.--Les Francs semblent avoir eu de bonne heure la perfidie

byzantine: «Franci mendaces, sed hospitales (sociables?).» Salvian.,

l. VII, p. 169. «Si pejeret Francus, quid novi faceret; qui perjurium

ipsum sermonis genus esse putat, non criminis.» Salvian., l. IV, c.

XIV.--«Franci, quibus familiare est ridendo fidem frangere.» Flav.

Vopiscus in Proculo.

87--page 171--_Le Romain Mummole bat les Saxons_...

Lorsque les Saxons rentrèrent dans leur pays, ils trouvèrent la place

prise: «Au temps du passage d'Alboin en Italie, Clotaire et Sigebert

avaient placé, dans le lieu qu'il quittait, des Suèves et d'autres

nations; ceux qui avaient accompagné Alboin, étant revenus du temps de

Sigebert, s'élevèrent contre eux et voulurent les chasser et les faire

disparaître du pays; mais eux leur offrirent la troisième partie des

terres, disant: «Nous pouvons vivre ensemble sans nous combattre.» Les

autres, irrités parce qu'ils avaient auparavant possédé ce pays, ne

voulaient aucunement entendre à la paix. Les Suèves leur offrirent

alors la moitié des terres, puis les deux tiers, ne gardant pour eux

que la troisième partie. Les autres le refusant, les Suèves leur

offrirent toutes les terres et tous les troupeaux, pourvu seulement

qu'il renonçassent à combattre; mais ils n'y consentirent pas, et

demandèrent le combat. Avant de le livrer, ils traitèrent entre eux du

partage des femmes des Suèves, et de celle qu'aurait chacun après la

défaite de leurs ennemis qu'ils regardaient déjà comme morts; mais la

miséricorde de Dieu, qui agit selon sa justice, les obligea de tourner

ailleurs leurs pensées; le combat ayant été livré, sur vingt-six mille

Saxons, vingt mille furent tués, et des Suèves, qui étaient six mille

quatre cents, quatre-vingts seulement furent abattus, et les autres

obtinrent la victoire. Ceux des Saxons qui étaient demeurés après la

défaite jurèrent, avec des imprécations, de ne se couper ni la barbe

ni les cheveux jusqu'à ce qu'ils se fussent vengés de leurs ennemis;

mais ayant recommencé le combat, ils éprouvèrent encore une plus

grande défaite, et ce fut ainsi que la guerre cessa.» Greg. Tur., l.

V, c. XV. V. aussi Paul Diacre, De Gestis Langobardorum, ap. Muratori,

I.

88--page 173--_Frédégonde, entourée de superstitions païennes_...

Une affranchie, possédée de l'esprit de Python, riche, vêtue d'habits

magnifiques, se réfugie auprès de Frédégonde. (Greg. Tur., l. VII,

CXLIV.)--Claudius promet à Frédégonde et à Gontran de tuer Eberulf,

meurtrier de Chilpéric, dans la basilique de Tours: «Et cùm iter

ageret, ut consuetudo est barbarorum, auspicia intendere coepit.

Simulque interrogare multos si virtus beati Martini de præsenti

manifestaretur in perfidis.» C. XXIX.

Le paganisme est encore très fort à cette époque. Dans un concile où

assistèrent Sonnat, évêque de Reims, et quarante évêques, on décide

«que ceux qui suivent les augures et autres cérémonies païennes, ou

qui font des repas superstitieux avec des païens, soient d'abord

doucement admonestés et avertis de quitter leurs anciennes erreurs;

que s'ils négligent de le faire, et se mêlent aux idolâtres et à tous

ceux qui sacrifient aux idoles, ils soient soumis à une pénitence

proportionnée à leur faute.» Flodoard, l. II, c. V.--Dans Grégoire de

Tours (l. VIII, c. XV), saint Wulfilaïc, ermite de Trèves, raconte

comment il a renversé (en 585) la Diane du lieu et les autres

idoles.--Les conciles de Latran, en 402, d'Arles, en 452, défendent le

culte des pierres, des arbres et des fontaines. On lit dans les canons

du concile de Nantes, en 658: «Summo decertare debent studio episcopi

et eorum ministri, ut arbores dæmonibus consecratæ quas vulgus colit,

et in tantâ veneratione habet ut nec ramum nec surculum indè audeat

amputare, radicitus excindantur atque comburantur. Lapides quoque quos

in ruinosis locis et silvestribus dæmonum ludificationibus decepti

venerantur, ubi et vota vovent et deferunt, funditus effodiantur,

atque in tali loco projiciantur, ubi nunquàm a cultoribus suis

inveniri possint. Omnibusque interdicatur ut nullus candelam vel

aliquod munus alibi deferat nisi ad ecclesiam Domino Deo suo...»

Sirmund., t. III, Conc. Galliæ. V. aussi le vingt-deuxième canon du

Concile de Tours, en 567, et les Capitulaires de Charlemagne, ann.

769.

89--page 176--_Chilpéric faisait des vers en langue latine_...

Greg. Tur., liv. VII, CXLV.--«Sed versiculi illi, dit Grégoire de

Tours, nulli penitus metricæ conveniunt rationi.» Liv. V, c.

XLV.--Cependant la tradition lui attribue l'épitaphe suivante sur

Saint-Germain-des-Prés:

Ecclesiæ speculum, patriæ vigor, ara reorum,

Et pater, et medicus, pastor amorque gregis,

Germanus virtute, fide, corde, ore beatus,

Carne tenet tumulum, mentis honore polum.

Vir cui dura nihil nocuerunt fata sepulcri:

Vivit enim, nam mors quem tulit ipsa timet.

Crevit adhùc potiùs justus post funera; nam qui

Fictile vas fuerat, gemma superna micat.

Hujus opem et meritum mutis data verba loquuntur,

Redditus et cæcis prædicat ore dies.

Nunc vir apostolicus, rapiens de carne trophæum,

Jure triumphali considet arce throni.

(Apud Aimoin., l. III, c. x.)

Il ajouta des lettres à l'alphabet... «et misit epistolas in universas

civitates regni sui, ut sic pueri docerentur, ac libri antiquitus

scripti, planatipumice rescriberentur.» Greg. Tur., l. V, XLV.

90--page 176--... _combien il ménageait l'Église_...

Voy. dans Grég. de Tours (l. VI, c. XXII) sa clémence envers un évêque

qui avait dit, entre autres injures, qu'en passant du royaume de

Gontran dans celui de Chilpéric, il passait de paradis en

enfer.--Cependant, ailleurs il se plaint amèrement des évêques (ibid.,

l. VI, c. XLVI): «Nullum plus odio habens quàm ecclesias: aiebat enim

plerùmque: Ecce pauper remansit fiscus noster, ecce divitiæ nostræ ad

ecclesias sunt translatæ; nulli penitus, ni soli episcopi regnant:

periit honor noster, et transiit ad episcopos civitatum.»

91--page 186.--_Les grands du Midi accueillirent Gondovald_...

«Comme Gondovald cherchait de tous côtés des secours, quelqu'un lui

raconta qu'un certain roi d'Orient, ayant enlevé le pouce du martyr

saint Serge, l'avait implanté dans son bras droit, et que lorsqu'il

était dans la nécessité de repousser ses ennemis, il lui suffisait

d'élever le bras avec confiance; l'armée ennemie, comme accablée de la

puissance du martyr, se mettait en déroute. Gondovald s'informa avec

empressement s'il y avait quelqu'un en cet endroit qui eût été jugé

digne de recevoir quelques reliques de saint Serge. L'évêque Bertrand

lui désigna un certain négociant nommé Euphron, qu'il haïssait, parce

qu'avide de ses biens, il l'avait fait raser autrefois, malgré lui,

pour le faire clerc, mais Euphron passa dans une autre ville et revint

lorsque ses cheveux eurent repoussé. L'évêque dit donc: «Il y a ici

un certain Syrien nommé Euphron, qui, ayant transformé sa maison en

une église, y a placé les reliques de ce saint; et, par le pouvoir du

martyr, il a vu s'opérer plusieurs miracles, car, dans le temps que la

ville de Bordeaux était en proie à un violent incendie, cette maison,

entourée de flammes, en fut préservée.» Aussitôt Mummole courut

promptement avec l'évêque Bertrand à la maison du Syrien, y pénétra de

force, et lui ordonna de montrer les saintes reliques. Euphron s'y

refusa; mais, pensant qu'on lui tendait des embûches par méchanceté,

il dit: «Ne tourmente pas un vieillard et ne commets pas d'outrages

envers un saint; mais reçois ces cent pièces d'or et retire-toi.»

Mummole insistant, Euphron lui offrit deux cents pièces d'or; mais il

n'obtint point à ce prix qu'ils se retirassent sans avoir vu les

reliques. Alors Mummole fit dresser une échelle contre la muraille

(les reliques étaient cachées dans une châsse au haut de la muraille,

contre l'autel), et ordonna au diacre d'y monter. Celui-ci, étant donc

monté au moyen de l'échelle, fut saisi d'un tel tremblement lorsqu'il

prit la châsse, qu'on crut qu'il ne pourrait descendre vivant.

Cependant, ayant pris la châsse attachée à la muraille, il l'emporta.

Mummole, l'ayant examinée, y trouva l'os du doigt du saint, et ne

craignit pas de le frapper d'un couteau. Il avait placé un couteau sur

la relique et frappait dessus avec un autre. Après bien des coups qui

eurent grand'peine à le briser, l'os, coupé en trois parties, disparut

soudainement. La chose ne fut pas agréable au martyr, comme la suite

le montra bien.»--Ces Romains du Midi respectaient les choses saintes

et les prêtres bien moins que les hommes du Nord. On voit un peu plus

loin qu'un évêque ayant insulté le prétendant à table, les ducs

Mummole et Didier l'accablèrent de coups.--Greg. Tur., l. VII, ap.

Scr. Rer. Fr., t. II, p. 302.

92--page 197--_Dagobert, le Salomon des Francs_...

Fredegar., c. LX: «Luxuriæ suprà modum deditus, tres habebat, ad

instar Salomonis, reginas, maximè et plurimas concubinas... Nomina

concubinarum, eò quod plures fuissent, increvit huic chronicæ inseri.»

93--page 198--_Les Saxons défaits par les Francs_, etc...

Gesta Dagob., c. I. ap. Scr. Rer. Fr., II, 580. «Clotharius tum

præcipue illud memorabile suæ potentiæ posteris reliquit indicium,

quod rebellantibus adversus se Saxonibus, ita eos armis perdomuit, ut

omnes virilis sexus ejusdem terræ incolas, qui gladii, quem tùm forte

gerebat, longitudinem excesserint, peremerit.»

94--page 198--... _le Franc Samo_...

Fredegar., c. XLVIII. «Homo quidam, nomine Samo, natione Francus, de

pago Sennonago, plures secum negotiantes adscivit; ad exercendum

negotium in Sclavos, cognomento Winidos, perrexit. Sclavi jàm contra

Avaros, cognomento Chunos... coeperant bellare... Cùm Chuni in

exercitu contra gentem quamlibet adgrediebant, Chuni pro castris

adunato illorum exercitu stabant; Winidi vero pugnabant, etc... Chuni

ad hyemandum annis singulis in Sclavos veniebant; uxores Sclavorum et

filias eorum stratu sumebant... Winidi, cernentes utilitatem Samonis,

eum super se eligunt regem. Duodecim uxores ex genere Winidorum

habebat.»

95--page 198--_Les Avares défaits par une perfidie_...

Fredegar., c. LXXII: «Cùm dispersi per domos Bajoariorum ad hyemandum

fuissent, consilio Francorum Dagobertus Bajoariis jubet ut Bulgaros

illos cum uxoribus et liberis unusquisque in domo suâ in unâ nocte

Bajoarii interficerent: quod protinùs a Bajoariis est impletum.»

96--page 199--... _des chorévêques_...

[Grec: Tou chôrou episkopoi],--Dans les Capitulaires de Charlemagne,

on les nomme: «Episcopi villani;»--Hincmar, opusc. 33, c. XVI:

_vicani_.--Canones Arabici Nicænæ Synodi: «Chorepiscopus est loco

episcopi, super villas et monasteria, et sacerdotes villarum.»--Voy.

le Glossaire de Ducange, t. II.

97--page 199--_Les évêques du Midi, trop civilisés_...

Saint Domnole, aimé de Clotaire pour avoir souvent caché ses espions

du vivant de Childebert, allait en récompense être élevé au siège

d'Avignon. Mais il supplie le roi «ne permitteret simplicitatem illius

inter senatores sophisticos ac judices philosophicos fatigari».

Clotaire le fit évêque du Mans. Greg. Turon., l. VI, c. IX.

98--page 207--«_Les Irlandais sont meilleurs astronomes_, etc...»

Dans l'île d'Anglesey, il y a deux places appelées encore le Cercle de

l'Astronome, _Cærrig-Bruydn_, et la Cité des Astronomes, _Cær-Edris_.

Rowland, Mona antiqua, p. 84. Low, Hist. of Scotl., p. 277.

99--page 207--_En Irlande on baptisait avec du lait_...

Carpentier, Suppl. au Gloss. de Ducange: In Hyberniâ lac adhibitum

fuisse ad baptizandos divitum filios, qui domi baptizabantur, testis

est Bened, abbas Petroburg.» T. I, p. 30. (On plongeait trois fois les

enfants dans de l'eau, ou dans du lait si les parents étaient riches;

le Concile de Cashel (1171) ordonna de baptiser à l'église.)--Ex

Concil. Neocesariensi, in vet. Poenitentiali, discimus infantem posse

baptizari inclusum in utero materno, cujus hæc sunt verba: «Prægnans

mulier baptizetur, et postea infans.»--On voyait souvent en Irlande

des évêques mariés. O'Halloran, t. III.--Au neuvième siècle, les

Bretons se rapprochaient par la liturgie et la discipline de l'Église

bretonne anglaise. Louis-le-Débonnaire, remarquant que les religieux

de l'abbaye de Landévenec portaient la tonsure dans la forme usitée

chez les Bretons insulaires, leur ordonna de se conformer en cela,

comme en tout, aux décisions de l'Église de Rome. D. Lobineau, preuves

II, 26.--D. Morice, preuves I, 228.

100--page 210--_Saint Colomban dans les Vosges_, etc...

Nous avons son éloquente réponse à un concile assemblé contre

lui.--Biblioth. max. Patrum, III, Epist. 2, ad Patres cujusdam

gallicanæ super quæstiones paschæ congregatæ: «Unum deposco a vestrâ

sanctitate ut... quia hujus diversitatis author non sim, ac pro

Christo salvatore, communi Domino ac Deo, in has terras peregrinus

processerim, deprecor vos per communem Dominum qui judicaturum... ut

mihi liceat cum vestrâ pace et charitate in his sylvis silere et

vivere juxtà ossa nostrorum fratrum decem et septem defunctorum, sicut

usque nunc licuit nobis inter vos vixisse duodecim annis... Capiat nos

simul, oro, Gallia, quos capiet regnum coelorum, si boni simus meriti.

Confiteor conscientiæ meæ secreta, quod plus credo traditioni patriæ

meæ...»

101--page 213--_La règle de saint Colomban_...

Bibl. max. PP., XII, p. 2. La base de la discipline est l'obéissance

absolue, jusqu'à la mort. «Obedientia usque ad quem modum definitur?

Usque ad mortem certe, quia Christus usque ad mortem obedivit Patri

pro nobis.»--Quelle est la mesure de la prière?: «Est vera orandi

traditio, ut possibilitas ad hoc destinati sine fastidio voti

prævaleat.» Celui qui perd l'hostie aura pour punition un an de

pénitence.--Qui la laisse manger aux vers, six mois.--Qui laisse le

pain consacré devenir rouge, vingt jours.--Qui le jette dans l'eau par

mépris, quarante jours.--Qui le vomit par faiblesse d'estomac, vingt

jours;--par maladie, dix jours.--Six coups, douze coups, douze psaumes

à réciter, etc., pour celui qui n'aura pas répondu amen au bénédicité,

qui aura parlé en mangeant, qui n'aura pas fait le signe de la croix

sur sa cuiller (qui non signaverit cochlear quo lambit), ou sur la

lanterne allumée par un plus jeune frère.--Cent coups à celui qui fait

un ouvrage à part.--Dix coups à celui qui a frappé la table de son

couteau ou qui a répandu de la bière.--Cinquante à celui qui ne s'est

pas courbé pour prier, qui n'a pas bien chanté, qui a toussé en

entonnant les psaumes, qui a souri pendant l'oraison, ou qui s'amuse à

conter des histoires.--Celui qui raconte un péché déjà expié sera mis

au pain et à l'eau pour un jour (pour que l'on ne réveille pas en soi

les tentations passées?).--«Si quis monachus dormierit in unâ domo cum

muliere, duos dies in pane et aquâ; si nescivit quod non debet, unum

diem.--Castitas vera monachi in cogitationibus judicatur... et quid

prodest virgo corpore, si non sit virgo mente?»

102--page 213--_Saint Gall resta en Suisse_...

Pour se dispenser de suivre Colomban en Italie, saint Gall prétendait

avoir la fièvre... «Ille vero existimans eum pro laboribus ibi

consummandis amore loci detentum, viæ longioris detrectare laborem,

dicit ei: Scio, frater, jam tibi onerosum esse tantis pro me laboribus

fatigari; tamen hoc discessurus denuntio, ne, vivente me in corpore,

missam celebrare præsumas.»--Un ours vint servir saint Gall dans sa

solitude, et lui apporter du bois pour entretenir son feu. Saint Gall

lui donna un pain: «Hoc pacto montes et colles circumpositos habeto

communes.» Poétique symbole de l'alliance de l'homme et de la nature

vivante dans la solitude.

103--page 216--_Le maire du palais choisi par le roi_...

Histoire de France - Moyen Âge; (Vol. 1 / 10) · 第 33 / 37 段