«In infantiâ Sigiberti omnes Austrasii, cùm eligerent Chrodinum majorem

domûs... Ille respuens... Tunc Gogonem eligunt.» Greg. Tur., Epitom., c.

LVIII.--Ann. 628. «Defuncto Gundoaldo..., Dagobertus rex Erconaldum,

virum illustrem, in majorem domûs statuit...»--656. «Defuncto

Erconaldo..., Franci, in incertum vacillantes, præfinito consilio

Ebruino hujus honoris altitudine majorem domo in aulâ regis statuunt»

(Dagobert était mort et ils avaient _élu_ pour roi Clotaire III). Gesta

Reg. Fr., c. XXLII, XLV.--626. «Clotarius II... cum proceribus et leudis

Burgundiæ Trecassis conjungitur, cùm eos sollicitâsset, si vellent

mortuo jàm Warnachario, alium in ejus honoris gradum sublimare. Sed

omnes, unanimiter denegantes, se nequaquàm velle majorem domus eligere,

regisgratiam obnixe petentes cum rege transigere...» Fredegar., c. LIV,

ap. Scr. Fr., II, 435.--641. «Flaochatus, genere Francus, Major domûs in

regnum Burgundiæ, electione pontificum et cunctorum ducum, à Nantichilde

reginâ in hunc gradum honoris nobiliter stabilitur.» Id. c. LXXXIX,

ibid. 447.--M. Pertz, dans son ouvrage intitulé: «Geschichte der

Merowingischen Hausmeier (1819),» a réuni tous les noms par lesquels on

désignait les maires du palais:--Major domûs regiæ, domûs regalis, domûs

palatii, domûs in palatio, palatii, in aulâ.--Senior domûs.--Princeps

domûs.--Princeps palatii.--Præpositus palatii.--Præfectus domûs

regiæ.--Præfectus palatii.--Præfectus aulæ.--Rector palatii.--Nutritor

et bajulus regis? (Fredeg. c. LXXXVI.)--Rector aulæ, imo totius

regni.--Gubernator palatii.--Moderator palatii.--Dux palatii, Custos

palatii et Tutor regni.--Subregulus.--Ainsi le maire devient presque le

roi, et réciproquement _gouverner le royaume_ s'exprima par _gouverner

le palais_. «Bathilda regina, quæ cum Chlotario, filio Francorum,

regebat palatium.»

104--page 221--_Frédégaire exprime cet affaissement_...

Fredegarius, ap. Scr. Rer. Fr. II, 414: «Optaveram et ego ut mihi

succumberet talis dicendi facundia, ut vel paululum esset ad instar.

Sed rarius hauritur, ubi non est perennitas aquæ. Mundus jàm senescit,

ideoque prudentiæ acumen in nobis tepescit, nec quisquam potest hujus

temporis, nec præsumit oratoribus præcedentibus esse consimilis.»

105--page 223--_Arnulf né d'un père aquitain et d'une mère suève_...

Acta SS. ord. S. Ben., sæc. II.--Dans une Vie de saint Arnoul, par un

certain Umno, qui prétend écrire par ordre de Charlemagne, il est dit:

«Carolus... cui fuerat trivatus Arnolfus.--... regem Chlotarium, cujus

filiam, Bhlithildem nomine, Ansbertus, vir aquitanicus præpotens

divitiis et genere, in matrimonium accepit, de quâ Burtgisum genuit,

patrem B. hujus Arnulfi.»--Et plus loin: «Natus est B. Arnulfus

aquitanico patre, sueviâ matre in castro Lacensi (à Lay, diocèse de

Tulle), in comitatu Calvimontensi.»

106--page 223--... _la famille des Ferroli_...

V. Lefebvre, Disquisit., et Valois, Rerum. Fr. lib. VIII et XVII. On

trouve dans l'ancienne vie de saint Ferréol: «Sanctus Ferreolus,

natione Narbonensis a nobilissimis parentibus originem duxit; hujus

genitor Anspertus, ex magno senatorum genere prosapiam nobilitatis

deducens, accepit Chlotarii, regis Francorum, filiam, vocabulo

Blitil.»--Le moine Ægidius, dans ses additions à l'histoire des

évêques d'Utrecht, composée par l'abbé Harigère, dit que Bodegisile ou

Boggis, fils d'Anspert, possédait cinq duchés en Aquitaine. D'après

cette généalogie, les guerres de Charles-Martel et Eudes, de Pepin et

d'Hunald, auraient été des guerres de parents.

107--page 223--..._des mariages des familles ostrasiennes et

aquitaines_...

V. l'importante charte de 845 (Hist. du Lang., I, preuves, p. 85, et

notes, p. 688. L'authenticité en a été contestée par M. Rabanis). Les

ducs d'Aquitaine Boggis et Bertrand épousèrent les Ostrasiennes Ode et

Bhigberte. Eudes, fils de Boggis, épousa l'Ostrasienne Waltrude. Ces

mariages donnèrent occasion à saint Hubert, frère d'Eudes, de

s'établir en Ostrasie, sous la protection de Pepin, et d'y fonder

l'évêché de Liège.

108--page 224--_Cette maison épiscopale de Metz_...

La maison Carlovingienne donne trois évêques de Metz en un siècle et

demi, Arnulf, Chrodulf et Drogon. Les évêques étant souvent mariés

avant d'entrer dans les ordres, transmettaient sans peine leur siège à

leurs fils ou petits-fils. Ainsi les Apollinaires prétendaient

héréditairement à l'évêché de Clermont. Grégoire de Tours dit au sujet

d'un homme qui voulait le supplanter: «Il ne savait pas, le misérable,

qu'excepté cinq, tous les évêques qui avaient occupé le siège de Tours

étaient alliés de parenté à notre famille.» (L. V, c. L, ap. Scr. Fr.

II, 264.)

109--page 226--_Charles-Martel, physionomie très peu chrétienne_...

À en croire quelques auteurs, la France, à cette époque, eût pensé

devenir païenne.--Bonifac., Epist. 32, ann. 742: «Franci enim, ut

seniores dicunt, plus quàm per tempus LXXX annorum synodum non

fecerunt, nec archiepiscopum habuerunt, nec Ecclesiæ canonica jura

alicubi fundabant vel renovabant.»--Hincmar., epist. 6, c. XIX.

«Tempore Caroli principis... in Germanicis et Belgicis ac Gallicanis

provinciis omnis religio Christianitatis pene fuit abolita, ita ut...

multi jàm in orientalibus regionibus idola adorarent, et sine baptismo

manerent.»

110--page 227--_Ce choc de deux races_... _immense massacre_...

Selon Paul Diacre (l. VI) les Sarrasins perdirent trois cent

soixante-quinze mille hommes.--Isidore de Béja a raconté cette guerre

vingt-deux ans après la bataille, dans un latin barbare. Une partie de

son récit est en rimes, ou plutôt en assonances. (On retrouve

l'assonance dans la chanson des habitants de Modène, composée vers

924):

Abdirraman multitudine repletam

Sui exercitûs prospiciens terram,

Montana Vaccorum disecans,

Et fretosa el plana percalcans,

Trans Francorum intus experditat

. . . . . . . . . . . . . . . . .

(Isidor. Pacensis, ap. Scr. Rer. Fr. II, 721.)

111.--page 228--... _Charles-Martel distribuait les dépouilles des

évêques_...

Chronic. Virdun., ap. Scr. Fr., III, 364. «Tantâ enim profusione

thesaurus totius ærarii publici dilapidatus est, tanta dedit

militibus, quos soldarios vocari mos obtinuit (soldarii, soldurii? on

a vu que les dévoués de l'Aquitaine s'appelaient ainsi)..., ut non ei

suffecerit thesaurus regni, non deprædatio urbium... non exspoliatio

ecclesiarum et monasteriorum, non tributa provinciarum. Ausus est

etiam, ubi hæc defecerunt, terras ecclesiarum diripere, et eas

commilitonibus illis tradere, etc..»--Flodoard, l. II, c. XII: Quand

Charles-Martel eut défait ses ennemis, il chassa de son siège le pieux

Rigobert, son parrain, qui l'avait tenu sur les saints fonts de

baptême, et donna l'évêché de Reims à un nommé Milon, simple tonsuré

qui l'avait suivi à la guerre. Ce Charles-Martel, né du concubinage

d'une esclave, comme on le lit dans les Annales des rois Francs, plus

audacieux que tous les rois ses prédécesseurs, donna non seulement

l'évêché de Reims, mais encore beaucoup d'autres du royaume de France,

à des laïques et à des comtes; en sorte qu'il ôta tout pouvoir aux

évêques sur les biens et les affaires de l'Église. Mais tous les maux

qu'il avait faits à ce saint personnage et aux autres Églises de

Jésus-Christ, par un juste jugement, le Seigneur les fit retomber sur

sa tête; car on lit dans les écrits des Pères que saint Euchère, jadis

évêque d'Orléans, dont le corps est déposé au monastère de

Saint-Trudon, s'étant mis un jour en prière, et absorbé dans la

méditation des choses célestes, fut ravi dans l'autre vie; et là, par

révélation du Seigneur, vit Charles tourmenté au plus bas des enfers.

Comme il en demandait la cause à l'ange qui le conduisait, celui-ci

répondit que, par la sentence des saints qui, au futur jugement,

tiendront la balance avec le Seigneur, il était condamné aux peines

éternelles pour avoir envahi leurs biens. De retour en ce monde, saint

Euchère s'empressa de raconter ce qu'il avait vu à saint Boniface, que

le saint-siège avait délégué en France pour y rétablir la discipline

canonique; et à Fulrad, abbé de Saint-Denis et premier chapelain du

roi Pepin, leur donnant pour preuve de la vérité de ce qu'il

rapportait sur Charles-Martel, que, s'ils allaient à son tombeau, ils

n'y trouveraient point son corps. En effet, ceux-ci étant allés au

lieu de la sépulture de Charles, et ayant ouvert son tombeau, il en

sortit un serpent, et le tombeau fut trouvé vide et noirci comme si le

feu y avait pris.»

112--page 228--_L'Église anglo-saxonne, romaine d'esprit_...

Acta SS. ord. S. Ben., sæc. III. Le Pape Zacharie écrit à saint

Boniface: «Provincia in quâ natus et nutritus es, quam et in gentem

Anglorum et Saxonum in Britanniâ insulâ primi prædicatores ab

apostolicâ sede missi, Augustinus, Laurentius, Justus et Honorius,

novissime vero tuis temporibus Theodorus, ex græco latinus, arte

philosophus et Athenis eruditus, Romæ ordinatus, pallio sublimatus, ad

Britanniam præfatam transmissus, judicabat et gubernabat...» Ce

Théodore, moine grec de Tarse en Cilicie, avait été envoyé pour

remplir le siège de Kenterbury, par le pape Vitalien; il était fort

savant en astronomie, en musique, en métrique, en langues grecque et

latine; il apporta un Homère et un saint Chrysostome. Il était conduit

par Adrien, moine napolitain, né en Afrique, non moins savant, et qui

avait été deux fois en France. (Usque hodie supersunt de eorum

discipulis, qui latinam græcamque linguam æque ut propriam norunt.)

Sous eux, le moine northumbrien Benedict Biscop fit venir des artistes

de France, et bâtit dans le Northumberland le monastère de Weremouth,

selon l'architecture romaine; les murs étaient ornés de peintures

achetées à Rome et de vitres apportées de France. Un maître chanteur

avait été appelé de Saint-Pierre de Rome. (Beda, Hist. Abbat.

Viremuth.)--Théodore et Adrien eurent pour élèves Alcuin et Aldhelm,

parent du roi Ina, le premier Saxon qui ait écrit en latin, selon

Camden; il chantait lui-même ses _Cantiones Saxonicæ_ dans les rues, à

la populace. Guill. Malmesbury le qualifie: «Ex acumine Græcum, ex

nitore Romanum, ex pompâ Anglum.» (Warton, Diss. on the introd. of

learning into England, I, CXXII.)

113--page 230--_Boniface se voue au pape_...

Bonifac, Epist. 105: «Decrevimus in nostro synodali conventu et

confessi sumus fidem catholicam, et unitatem, et subjectionem Romanæ

Ecclesiæ, fine tenus vitæ nostræ, velle servare: sancto Petro et

vicario ejus velle subjici... Metropolitanos pallia ab illâ sede

quærere: et per omnia, præcepta Petri Canonice sequi desiderare, ut

inter oves sibi commendatas numeremur.»

114--page 230--_Il demande au pape, dans sa simplicité_, etc...

Le pape écrit à Boniface: «Talia nobis a te referuntur, quasi nos

corruptores simus canonum et Patrum rescindere traditiones studeamus:

ac per hoc (quod absit) cum nostris clericis in simoniacam hæresim

incidamus, expetentes et accipientes ab illis præmia, quibus tribuimus

pallia. Sed hortamur, carissime frater, ut nobis deinceps tale aliquid

minime scribas...» Acta SS. ord. S. Ben., sæc. III, 75.

115--page 230--_Adalbert_, etc...

Saint Boniface écrit au pape Zacharie: «Maximus mihi labor fuit

adversus duos hæreticos pessimos..., unus qui dicitur Adelbert,

natione Gallus, alter qui dicitur Clemens, genere Scotus.--Fecit

quoque (Adelbert) cruciculas et auratoriola in campis et ad fontes...;

ungulas quoque et capillos dedit ad honorificandum et portandum cum

reliquiis S. Petri, principis apostolorum.» Epist. 135.

116--page 233, note--... _un tribut de trois cents chevaux_...

Annal. Met., ap. Script. Fr., V, 336. Le cheval était la principale

victime qu'immolaient les Perses et les Germains. Le pape Zacharie

(Epist. 142) recommande à Boniface d'empêcher qu'on ne mange de chair

de cheval, sans doute comme viande de sacrifice.

117--page 234--_Les Francs contre les Vasques_, etc..

Fredegar. Scholast., c. XXI. Je doute fort que les Francs, qui furent

battus par eux dans la jeunesse de leur empire, leur aient imposé un

tribut, comme le prétend Frédégaire, sous les faibles enfants de

Brunehaut.

118--page 238--_Guaifer repoussa ces demandes_...

Voy. aussi Eginhard, Annal., ibid., 199: «Cùm res quæ ad ecclesias...

pertinebant, reddere noluisset.--Spondet se ecclesiis sua jura

redditurum, etc.»

119--page 239--_Pepin portant les reliques_...

Secunda S. Austremonii translatio, ap. Scr. Rer. Fr. V, 433. «Rex, ad

instar David regis... oblita regali purpurâ, præ gaudio omnem illam

insignem vestem lacrymis perfundebat, et antè sancti martyris exequias

exultabat, ipsiusque sacratissima membra propriis humeris evehebat.

Erat autem hiems.»--Translat. S. Germani Pratens., ibid., 428

«...mittentes, tâm ipse quàm optimates ab ipso electi, manus ad

feretrum.»

120--page 239, note 3--_Charlemagne_...

Les Chroniques de Saint-Denys disent elles-mêmes Challes et

Challemaines, pour Charles et Carloman (maine, corruption française de

_mann_; comme _lana_, laine, etc.). On trouve dans la Chronique de

Théophane un texte plus positif encore. Il appelle Carloman [Grec:

Karoullomagnos]; Scr. Fr., V, 187. Les deux frères portaient donc le

même nom.--Au dixième siècle, Charles-le-Chauve gagna aussi à

l'ignorance des moines latins le surnom de Grand, comme son aïeul.

Épitaph., ap. Scr. Fr., VII, 322:

... Nomen qui nomine duxit

De magni magnus, de Caroli Carolus.

C'est ainsi que les Grecs se sont trompés sur le nom d'Élagabal, dont

ils ont fait, bon gré, mal gré, Héliogabal, du grec _Hélios_, soleil.

121--page 241--... _dans ces déserts ils élevaient quelque place

forte_...

Fronsac (Francicum ou Frontiacum) en Aquitaine (Eginh., Annal., ap.

Scr. Fr., V, 201); et en Saxe, la ville que les chroniques désignent

sous le nom de _Urbs Karoli_ (Annal. Franc, ibid., p. 11), un fort sur

la Lippe (p. 29), Ehresburg, etc.

122--page 242--_Charlemagne confirma la dîme_...

Capitulare ann. 789, c. VII. «De decimis, ut unusquisque suam decimam

donet, atque per jussionem pontificis dispensetur.»--Capitulatio de

Saxon., ann. 791, c. XVI: «Undecunque censûs aliquid ad fiscum

pervenerit..., decima pars ecclesiis et sacerdotibus reddatur.» C.

XVII: «Omnes decimam partem substantiæ et laboris sui dent, tàm

nobiles quàm ingenui, similiter et liti.»--Voy. aussi Capitul.

Francoford., ann. 794, c. XXIII.--Dès l'an 567, on trouve mention de

la dîme dans une lettre pastorale des évêques de Touraine; une

constitution de Clotaire et les Actes du concile de Mâcon, en 588, la

prescrivent expressément. Ducange, II, 1334, v{o} DECIMÆ.

123--page 242--... _affranchit l'Église de la juridiction séculière_.

Capitul. add. ad leg. Langob., ann. 801, c. I. «Volumus primo, ut

neque abbates, neque presbyteri, neque diaconi, neque subdiaconi,

neque quislibet de clero, de personis suis ad publica, vel ad

secularia judicia trahantur vel distringantur, sed a suis episcopis

judicati justitiam faciant.»--Cf. Capitul. Aquisgr., ann. 789, c.

XXXVII.--Capitul. Francoford., ann. 794, c. IV: «Statutum est a domino

rege et S. Synodo, ut episcopi justifias faciant in suas parochias...

Comites quoque nostri veniant ad judicium episcoporum.»

124--page 245--... _la première victoire des Germains sur l'Empire_.

Stapfer, art. ARMINIUS, dans la Biogr. univers.: «Les lieux voisins de

Dethmold sont encore pleins de souvenirs de ce mémorable événement. Le

champ qui est au pied de Teutberg s'appelle encore Wintfeld, ou Champ

de la Victoire; il est traversé par le Rodenbeck, ou Ruisseau de sang,

et le Knochenbach, ou Ruisseau des os, qui rappelle ces ossements

trouvés, six ans après la défaite de Varus, par les soldats de

Germanicus venus pour leur rendre les derniers honneurs. Tout près de

là est Feldrom, le champ des Romains; un peu plus loin, dans les

environs de Pyrmont, le Herminsberg, ou mont d'Arminius, couvert des

ruines d'un château qui porte le nom de Harminsbourg, et sur les bords

du Weser, dans le même comté de la Lippe, on trouve Varenholz, le bois

de Varus.

125--page 245--... _la victoire des Francs sanctifiée par un miracle_,

etc...

Eginhard. Annal., ap. Script. Fr., V, 201. «Ne diutius siti confectus

laboraret exercitus, divinitus factum creditur ut quâdam die, cùm

juxta morem, tempore meridiano, cuncti quiescerent, prope montem qui

castris erat contiguus tanta vis aquarum in concavitate cujusdam

torrentis eruperit, ut exercitui cuncto sufficeret.»--Poetæ Saxonici

Annal., l. I.

126--page 248--_Le nom du fameux Roland_...

Eginhard, vita Karoli, ap. Scr. Fr., V, 93.--Voy. aussi Eginhard.

Annal., ibid., 203.--Poet. Sax., l. I, ibid., 143.--Chroniques de

Saint-Denys, l. I, c. VI.--Les autres chroniques ne parlent point de

cette déroute.--Sur les poèmes carlovingiens, voyez le cours de M.

Fauriel, et l'excellente thèse de M. Monin: _Sur le Roman de

Roncevaux_, 1832.

127--page 249--... _un système de conversion_...

Il prit pour otages quinze des plus illustres, et les remit à la garde

de l'archevêque de Reims, Vulfar, auquel il accordait la plus grande

confiance. Vulfar avait été précédemment revêtu des fonctions de

Missus Dominicus en Champagne. Flodoard. Hist. Remens., l. II, c.

XVIII. «Le très sage et très habile Charles, dit le biographe de

Louis-le-Débonnaire, savait s'attacher les évêques. Il établit par

toute l'Aquitaine des comtes et des abbés, et beaucoup d'autres

encore, qu'on nomme des _Vassi_, de la race des Francs; il leur confia

le soin du royaume, la défense des frontières et le gouvernement des

fermes royales.» Astronom. Vita Ludov. Pii. c. 3, ap. Scr. Fr., VI,

88.--Les abbés remplissent ici des fonctions militaires. Charlemagne

écrit à un abbé de Saxe de venir avec des hommes bien armés et des

vivres pour trois mois. Caroli M. Epist., 21, ap. Scr. Fr., V, 633.

Vita S. Sturmii, abbat. Fuld., ap. Scr. Fr., V, 447. «Karolus...

assumptis universis sacerdotibus, abbatibus, presbyteris... totam

illam provinciam in parochias episcopales divisit... Tunc pars maxima

beato Sturmio populi et terræ illius ad procurandum commititur.»

Annal. Franc., ap. Scr. Fr., V, 26. «Divisitque ipsam patriam inter

presbyteros et episcopos, seu et abbates, ut in eis baptizarent et

prædicarent.»--Idem, Chron. Moissiac., ibid. 71.

128--page 253--... _le camp des Avares_...

Monach. S. Galli, l. II, c. II. «Terra Hunorum novem circulis

cingebatur... Tàm latus fuit unus circulus... quantùm est spatium de

castro Turonico ad Constantiam... Ita vici et villæ erant locatæ, ut

de aliis ad alias vox humana posset audiri. Contra eadem quoque

ædificia, inter inexpugnabiles illos muros, portæ non satis latæ erant

constitutæ... Item de secundo circulo, qui similiter ut primus erat

exstructus; viginti miliaria Teutonica quæ sunt quadraginta Italica,

ad tertium usque tendebantur; similiter usque ad nonum; quamvis ipsi

circuli alius alio multo contractiores fuerunt... Ad has ergo

munitiones per ducentos et eo ampliùs annos, qualescumque omnium

occidentalium divitias congregantes... orbem occiduum pene vacuum

dimiserunt.»

129--page 255--... _un canal du Rhin au Danube_...

Eginh. Annal., ad ann. 793. «On avait persuadé au roi que si l'on

creusait entre le Rednitz et l'Altmul un canal assez grand pour

contenir des vaisseaux, on pourrait naviguer facilement du Rhin au

Danube, parce que l'une de ces rivières se jette dans le Danube et

l'autre dans le Mein. Aussitôt il vint dans ce lieu avec toute sa

cour, y réunit une grande multitude, et employa à cette oeuvre toute

la saison de l'automne. Le canal fut donc creusé sur deux mille pas de

longueur et trois cents pieds de largeur, mais en vain, car au milieu

d'une terre marécageuse déjà imprégnée d'eau par sa nature, et inondée

par des pluies continuelles, l'entreprise ne put s'achever: autant les

ouvriers avaient tiré de terre pendant le jour, autant il en retombait

pendant la nuit, à la même place. Pendant ce travail, on lui apporta

deux nouvelles fort déplaisantes: les Saxons s'étaient révoltés de

tous côtés; les Sarrasins avaient envahi la Septimanie, engagé un

combat avec les comtes et les gardes de cette frontière, tué beaucoup

de Francs, et ils étaient rentrés chez eux victorieux.»

130--page 257, note--_Charlemagne et le pape Adrien_...

Eginh. Kar. M. c. 19: «Nuntiato Adriani obitu, quem amicum præcipuum

habebat, sic flevit, ac si fratrem aut carissimum filium amisisset.»

C. XVII: «Nec ille toto regni sui tempore quicquam duxit antiquius,

quàm ut urbs Roma suâ operâ suoque labore veteri polleret

auctoritate...»--Voy. les lettres d'Adrien à Charlemagne. (Scr. Fr. V,

403, 544, 545, 546, etc.)

131--page 257--... _le couronnement de Charlemagne_...

Eginh. Annal., p. 215. «Coram altari, ubi ad orationem se

inclinaverat, Leo papa coronam capiti ejus imposuit.»--Eginh. Vit.

Kar. M., ibid. 100. «Quod primo in tantum adversatus est, ut

affirmaret se eo die, quamvis præcipua festivitas esset, ecclesiam non

intraturum fuisse, si pontificis consilium præscire potuisset.»

132--page 258--_Les présents d'Haroun_...

«Ce que le poète disait impossible:

Aut Ararim Parthus bibet, aut Germania Tigrim,

parut alors, dit le moine de Saint-Gall, une chose toute simple, à

cause des relations de Charles avec Haroun. En témoignage de ce fait,

j'appellerai toute la Germanie, qui, du temps de votre glorieux père

Louis (il s'adresse à Charles-le-Chauve), fut contrainte de payer un

denier par chaque tête de boeuf et par chaque manse dépendant du

domaine royal, pour le rachat des chrétiens qui habitaient la terre

sainte. Dans leur misère, ils imploraient leur délivrance de votre

père, comme anciens sujets de votre bisaïeul Charles et de votre aïeul

Louis.» Monach. Sangall., l. II, c. XIV.

133--page 258--_Charlemagne actif dans son repos même_, etc...

Eginh. in Karol. M., c. XXV. «Il apprit la grammaire sous le diacre

Pierre de Pise, et eut pour maître, dans les autres études, Albinus,

surnommé Alcuin, également diacre, né en Bretagne, et de race saxonne,

homme d'une science universelle, et sous la direction duquel il donna

beaucoup de temps et de travail à la rhétorique et à la dialectique,

mais surtout à l'astronomie. Il apprenait aussi le calcul et étudiait

le cours des astres avec une curieuse et ardente sagacité.»--«Dans les

dernières années de sa vie, il ne fit plus que s'occuper de prières et

d'aumônes et corriger des livres. La veille de sa mort, il avait

soigneusement corrigé, avec des Grecs et des Syriens, les évangiles de

saint Matthieu, de saint Marc, de saint Luc et de saint Jean.» Thegan.

de Gestis Ludov. Pii, c. VII, ap. Scr. Fr. VI, 76.--Il envoya aussi «à

son meilleur ami», le pape Adrien, un Psautier en latin, écrit en

lettres d'or, et avec une dédicace en vers. (Eginh. ap. Script. Rer.

Franc., t. V, p. 402.) Aussi l'ensevelit-on avec un Évangile d'or à la

main. (Monach. Engolism. in Kar. M., ibid. 186.)

134--page 259--_Il se piquait de bien chanter au lutrin_...

Eginh. in Kar. M., c. XXVI. «Il perfectionna soigneusement la lecture

et le chant sacrés, car il s'y entendait admirablement, quoiqu'il ne

lût jamais lui-même en public, et qu'il ne chantât qu'à demi voix et

en choeur.»--Mon. Sangall., l. I, c. VII. «Jamais, dans la basilique

du docte Charles, il ne fut besoin de désigner à chacun le passage

qu'il devait lire, ni d'en marquer la fin avec de la cire ou avec

l'ongle; tous savaient si bien ce qu'ils avaient à lire, que si on

leur disait à l'improviste de commencer, jamais il ne les trouvait en

faute. Lui-même, il levait le doigt ou un bâton, ou envoyait quelqu'un

aux clercs, assis loin de lui, pour désigner celui qu'il voulait faire

lire. Il marquait la fin, par un son guttural, que tous attendaient en

suspens, tellement que, soit qu'il fît signe après la fin d'un sens,

ou à un repos au milieu de la phrase, ou même avant le repos, personne

ne reprenait trop haut ou trop bas, quelque étrange commencement que

cela pût faire. En sorte que, bien que tous ne comprissent pas,

c'était dans son palais que se trouvaient les meilleurs lecteurs, et

nul n'osa entrer parmi ses choristes (fût-il même connu d'ailleurs)

qui ne sût bien lire et bien chanter.»

135--page 259--... _pour observer ceux qui entraient_...

Mon. S. Galli, l. I, c. XXXII. «Quæ (mensiones) ita circa palatium

peritissimi Caroli ejus dispositione constructæ sunt, ut ipse per

cancellos solarii sui cuncta posset videre, quæcumque ab intrantibus

vel exeuntibus quasi latenter fierent. Sed et ita omnia procerum

habitacula a terrâ erant in sublime suspensa, ut sub eis non solum

militum milites et eorum servitores, sed omne genus hominum ab

injuriis imbrium vel nivium, vel gelu, caminis possent defendi, et

nequaquàm tamen ab oculis acutissimi Caroli valerent abscondi.»

136--page 259--_La nuit, il se levait pour les matines_...

Eginh. in Kar. M., c. XXVI. «Ecclesiam mane et vespere, item nocturnis

horis et sacrificii tempore, quoad eum valetudo permiserat, impigrè

frequentabat.»--Mon. Sangall., l. I, c. XXXIII: «Gloriosissimus

Carolus ad nocturnas laudes pendulo et profundissimo pallio utebatur.»

Histoire de France - Moyen Âge; (Vol. 1 / 10) · 第 34 / 37 段