trop faible pour y répondre; mais tu peux penser que tout ce que tu dis
m’est bienvenu, et que je le désire. Pour ma convalescence, si je peux
la nommer ainsi, cela va bien lentement encore; il est à présumer qu’il
faut s’attendre à une quatrième opération, bien que les médecins n’en
disent rien. Je prends patience et je pense: tout mal apporte avec lui
quelque bien.... Combien de choses je voudrais te dire encore
aujourd’hui! Mais je suis trop faible: je ne puis plus rien que
t’embrasser dans mon cœur, toi et ta Lorchen. Avec vraie amitié et
attachement à toi et aux tiens,
Ton vieux fidèle ami,
BEETHOVEN.
A MOSCHELES
Vienne, 14 mars 1827.
IND
Mon cher Moscheles!
... Le 27 février, j’ai été opéré pour la quatrième fois; et maintenant
se montrent de nouveau des indices certains que je dois bientôt
m’attendre à une cinquième opération. Où tout cela aboutira-t-il, et
qu’arrivera-t-il de moi, si cela dure encore quelque temps?--Vraiment
c’est un dur lot que le mien. Mais je me remets en la volonté du destin,
et je prie Dieu seulement qu’il veuille bien décider, dans sa divine
volonté, qu’aussi longtemps que je dois souffrir la mort en vie, je
sois à l’abri du besoin[100]. Cela me donnera la force de supporter mon
lot, si dur et si terrible qu’il puisse être, avec résignation à la
volonté du Très-Haut.
...Votre ami,
L. V. BEETHOVEN.
PENSÉES DE BEETHOVEN
SUR LA MUSIQUE
_Il n’y a pas de règle qu’on ne peut blesser à cause de_ SCHÖNER. («Plus
beau[101]».)
* * * * *
La musique doit faire jaillir le feu de l’esprit des hommes.
* * * * *
La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute
philosophie... Qui pénètre le sens de ma musique doit s’affranchir de
toute la misère que traînent après eux les autres hommes.
(à BETTINA, 1810.)
* * * * *
Il n’y a rien de plus beau que de s’approcher de la divinité, et d’en
répandre les rayons sur la race humaine.
* * * * *
Pourquoi j’écris?--Ce que j’ai dans le cœur, il faut que cela sorte; et
c’est pour cela que j’écris.
* * * * *
Croyez-vous que je pense à un sacré violon, quand l’Esprit me parle, et
que j’écris ce qu’il me dicte?
(A SCHUPPANZIGH.)
* * * * *
D’après ma façon habituelle de composer, même pour la musique
instrumentale, j’ai toujours l’ensemble devant les yeux.
(A TREITSCHKE.)
* * * * *
Ecrire sans piano est nécessaire... Peu à peu naît la faculté de se
représenter ce que nous désirons et sentons, qui est un besoin si
essentiel aux nobles êtres.
(A l’archiduc RODOLPHE.)
* * * * *
Décrire appartient à la peinture. La poésie peut aussi, en cela,
s’estimer heureuse, en comparaison de la musique; son domaine n’est pas
aussi limité que le mien; mais, en revanche, le mien s’étend plus loin
dans d’autres régions; et l’on ne peut pas atteindre si facilement mon
empire.
(A WILHELM GERHARD.)
* * * * *
La liberté et le progrès sont le but dans l’art, comme dans la vie tout
entière. Si nous ne sommes pas aussi solides que les maîtres anciens, le
raffinement de la civilisation a du moins élargi bien des choses.
(A l’archiduc RODOLPHE.)
* * * * *
Je n’ai pas l’habitude de retoucher mes compositions (une fois
terminées). Je ne l’ai jamais fait, pénétré de cette vérité, que tout
changement partiel altère le caractère de la composition.
(A THOMSON.)
* * * * *
La pure musique d’église devrait être exécutée seulement par les voix, à
part le _Gloria_, ou tel autre texte de ce genre. C’est pourquoi je
préfère Palestrina; mais c’est une absurdité de l’imiter, sans posséder
son esprit, ni ses conceptions religieuses.
(A l’organiste FREUDENBERG.)
* * * * *
Quand votre élève a, au piano, le doigté convenable, la mesure juste, et
qu’il joue les notes assez exactement, attachez-vous seulement au style,
ne l’arrêtez pas à de petites fautes, ne les lui faites remarquer qu’à
la fin du morceau.--Cette méthode forme des _musiciens_, ce qui, après
tout, est un des premiers buts de l’art musical.... Pour les passages
(de virtuosité), faites-lui employer tour à tour tous les doigts....
Sans doute, en employant moins de doigts, on obtient un jeu «perlé»,
comme on dit, ou «comme une perle»; mais on aime mieux parfois d’autres
bijoux[102].
(A CZERNY.)
* * * * *
Parmi les anciens maîtres, seuls Haendel l’Allemand et Sébastien Bach
eurent du génie.
(A l’archiduc RODOLPHE, 1819.)
* * * * *
Mon cœur bat tout entier pour le haut et grand art de Sébastien Bach, ce
patriarche de l’harmonie (_dieses Urvaters der Harmonie_).
(A HOFMEISTER, 1801.)
* * * * *
En tout temps, j’ai été des plus grands admirateurs de Mozart, et je le
resterai jusqu’à mon dernier souffle.
(A l’abbé STADLER, 1826.)
* * * * *
J’estime vos œuvres au-dessus de toutes les autres œuvres de théâtre. Je
suis dans le ravissement, chaque fois que j’entends une nouvelle œuvre
de vous, et j’y prends un intérêt plus grand qu’aux miennes propres:
bref, je vous estime et je vous aime.... _Vous resterez tousjours celui
de mes contemporains, que je l’estime le plus. Si vous mes voulez faire
un estrême plaisir, c’étoit, si Vous m’écrivez quelques lignes, ce que
me soulagera bien. L’art unit tout le monde_, combien plus les vrais
artistes; _et peut-être Vous me dignez aussi_ de me compter de ce
nombre[103].
(A CHERUBINI, 1823.)
SUR LA CRITIQUE
En ce qui me concerne comme artiste, on n’a jamais entendu dire que
j’aie fait la moindre attention à tout ce qu’on a pu écrire sur moi.
(A SCHOTT, 1825.)
* * * * *
Je pense comme Voltaire «que quelques piqûres de mouches ne peuvent
retenir un cheval dans sa course ardente».
(1826.)
* * * * *
Quant à ces imbéciles, il n’y a qu’à les laisser causer. Leur bavardage
ne rendra certainement personne immortel, pas plus qu’il n’enlèvera
l’immortalité à aucun de ceux à qui Apollon l’a destinée.
(1801.)
BIBLIOGRAPHIE
Si l’on désire mieux connaître Beethoven, on pourra recourir aux
ouvrages et documents principaux, dont voici une liste sommaire:
I.--POUR LES LETTRES DE BEETHOVEN
LUDWIG NOHL.--_Briefe Beethovens_. 1865, Stuttgart.
* * * * *
LUDWIG NOHL.--_Neue Briefe Beethovens._ 1867, Stuttgart.
* * * * *
LUDWIG RITTER VON KOECHEL.--_83 Original-Briefe L. V. B. an den
Erzherzog Rudolph._ 1865, Vienne.
* * * * *
ALFRED SCHOENE.--_Briefe von Beethoven an Marie Graefin Erdoedy, geb.
Graefin Niszky und Mag. Brauchle._ 1866, Leipzig.
* * * * *
THEODOR VON FRIMMEL.--_Neue Beethoveniana._ 1886.
_Katalog der mit der Beethoven-Feier zu Bonn, an 11-15 mai 1890
verbundenen Ausstellung von Handschriften, Briefen, Bildnissen,
Reliquien Ludwig van Beethoven’s._ 1890, Bonn.
* * * * *
LA MARA.--_Musikerbriefe aus fünf Jahrhunderten._ 1892, Leipzig.
* * * * *
Dʳ A. CHRISTIAN KALISCHER.--_Neue Beethoven-Briefe._ 1902, Berlin et
Leipzig.
* * * * *
Dʳ A. CHR. KALISCHER.--_Beethoven’s Sämmtliche Briefe_, Kritische
Ausgabe mit Erlaüterungen. 1906-1908, 5 vol. Leipzig et Berlin.
* * * * *
Dʳ FRITZ PRELINGER.--_Beethovens Sämmtliche Briefe und Aufzeichnungen._
1907, Vienne et Leipzig, 3 vol.
Un choix des lettres de Beethoven a été publié, en traduction française,
avec introduction et notes de Jean Chantavoine, 1904, Paris.
II.--POUR LA VIE DE BEETHOVEN
GOTTFRIED FISCHER.--_Manuscrit_ (intéressant surtout pour l’enfance de
Beethoven.--Fischer, mort à Bonn en 1864, était propriétaire de la
maison, où vécurent deux générations de la famille Beethoven. Lui et sa
sœur Cæcilia connurent intimement Beethoven enfant, et notèrent leurs
souvenirs, qui sont précieux, à condition qu’on en use avec quelque
critique.)--Le manuscrit est à la _Beethovenhaus_ de Bonn. DEITERS (voir
plus loin) en a publié des extraits.
* * * * *
F.-G. WEGELER UND FERDINAND RIES.--_Biographische Notizen ueber Ludwig
van Beethoven_ (surtout précieux pour la première moitié de sa vie).
1838, Coblentz. Traduction française 1862 (épuisé). Réimpression par Dʳ
Kalischer 1905.
* * * * *
LUDWIG NOHL.--_Eine stille Liebe zu Beethoven._ 1857, Berlin.
(Publication du journal de Mlle Fanny Giannatasio del Rio, qui connut et
aima Beethoven, vers 1816.)
* * * * *
ANTON SCHINDLER.--_Beethovens Biographie_, 1840. Traduction française
1866 (épuisé) (pour la seconde moitié de sa vie).
* * * * *
ANTON SCHINDLER.--_Beethoven in Paris._ 1842, Münster.
* * * * *
GERHARD VON BREUNING.--_Aus dem Schwarzspanierhause._ 1874. (La
_Schwarzspanierhaus_ est la maison de Vienne où Beethoven est mort. Elle
a été détruite pendant l’hiver de 1903.)
* * * * *
MOSCHELES.--_The life of Beethoven._ 2 vol. 1841, Londres.
* * * * *
ALEXANDER WHEELOCK THAYER (traduit de l’anglais en allemand et continué
par HERMANN DEITERS, puis par HUGO RIEMANN).--_Ludwig van Beethovens
Leben._ 5 volumes, 1908.
Commencé en 1866; interrompu par la mort de l’auteur, en 1897, à
Trieste, où il était consul des États-Unis; l’ouvrage s’arrête à l’année
1816.--Deiters entreprit de le terminer; mais il mourut, à son tour, en
1907, avant d’avoir publié le second volume. M. H. Riemann acheva
l’œuvre, avec les matériaux laissés par Deiters.--C’est de beaucoup
l’œuvre la plus importante sur Beethoven.
* * * * *
LUDWIG NOHL.--_Beethovens Leben._ 1864-1877. 4 volumes.
* * * * *
LUDWIG NOHL.--_Beethoven nach den Schilderungen seiner Zeitgenossen._
Stuttgart.
* * * * *
A.-B. MARX.--_L. van Beethovens Leben und Schaffen._ 1863, 2 volumes. 5ᵉ
édition, remaniée par G. Behncke, 1902, Berlin.
* * * * *
VICTOR WILDER.--_Beethoven, sa vie et son œuvre._ 1883.
* * * * *
MARIAM TENGER.--_Beethovens unsterbliche Geliebte._ 1890.
La valeur historique de ce livre a été quelquefois contestée. Mariam
Tenger a été la confidente des dernières années de Thérèse. Il est
vraisemblable que Thérèse, alors âgée, devait involontairement idéaliser
ses souvenirs; mais le fond du récit paraît exact.
* * * * *
A. EHRHARD.--_Franz Grillparzer._ 1900.
* * * * *
THEODOR VON FRIMMEL.--_Ludwig van Beethoven_ (dans la collection des
_Berühmte Musiker_). 1901. Berlin.
* * * * *
JEAN CHANTAVOINE.--_Beethoven_, 1907.
* * * * *
Dʳ ALFRED CHR.-KALISCHER.--_Beethoven und seine Zeitgenossen. Beiträge
zur Geschichte des Künstlers und Menschen._ 4 vol. 1910.
Recueil de documents, du plus grand intérêt, sur tout le cercle d’amis
et d’amies de Beethoven. Cette mine de renseignements renouvelle en
partie la psychologie de Beethoven.
III.--POUR L’ŒUVRE DE BEETHOVEN
BEETHOVEN.--_Œuvres complètes_, grande édition critique, Breitkopf und
Haertel, Leipzig, 38 volumes.
G. NOTTEBOHM.--_Thematisches Verzeichniss der im Druck erschienenen
Werke von Ludwig van Beethoven_. 1868, Leipzig.
A.-W. THAYER.--_Chronologisches Verzeichniss der Werke v. B._ 1865,
Berlin.
G. NOTTEBOHM.--_Ein Skizzenbuch von Beethoven._ 1865.
NOTTEBOHM.--_Ein Skizzenbuch von B. aus dem Jahre 1803._ 1880.
NOTTEBOHM.--_Beethovens Studien_. 1873.
NOTTEBOHM.--_Beethoveniana._--_Zweite Beethoveniana._ 1872-87.
GEORGE GROVE.--_Beethoven and his nine Symphonies._ 1896, Londres.
J.-G. PRODHOMME.--_Les symphonies de Beethoven_, 1906.
ALFREDO COLOMBANI.--_Le Nove Sinfonie di Beethoven._ 1897, Turin.
ERNST VON ELTERLEIN.--_B. Claviersonaten._ 5ᵉ édition, 1895.
WILLIBALD NAGEL.--_B. und seine Klaviersonaten_, 2 vol. 1903-1905.
SHEDLOCK.--_The pianoforte sonata._ 1900, Londres.
CH. CZERNY.--_Pianoforte-Schule_ (Quatrième partie, chapitres II, III).
THEODOR HELM.--_B. Streichquartette_, 1885.
H. DE CURZON.--_Les lieder et airs détachés de B._ 1906.
OTTO JAHN.--_Leonore_, Klavierauszug mit Text, nach der zweiten
Bearbeitung, 1852.
Dʳ ERICH PRIEGER.--_Fidelio_, Klavierauszug mit Text, nach der ersten
Bearbeitung, 1906.
WILHELM WEBER.--_B. Missa Solemnis._ 1897.
PROF. Dʳ RICHARD STERNFELD.--_Zur Einführung_ in L. _v. B. Missa
Solemnis_.
IGNAZ VON SEYFRIED.--_L. V. B. Studien im Generalbass, Kontrapunkt, und
in der Kompositions Lehre._ 1832.
W. DE LENZ.--_Beethoven et ses trois styles._ (Analyses des sonates de
piano) (épuisé) 1854.
OULIBICHEFF.--_Beethoven, ses critiques et ses glossateurs_, 1857.
WASIELEWSKI.--_Beethoven._ 2 vol. 1886, Berlin.
R. SCHUMANN.--_Écrits sur la musique et les musiciens_, première série,
traduction H. de Curzon, 1894.
RICHARD WAGNER.--_Beethoven_, 1870, Leipzig.
VINCENT D’INDY.--_Beethoven_, 1911.
L’œuvre musical de _Friedrich Wilhelm Rust_ (1739-1796), de Dessau,
récemment retrouvé, grâce aux publications qu’un de ses petits-fils
a faites de quelques-unes de ses sonates, est utile à connaître,
pour qui veut étudier la formation du génie musical de Beethoven.
Le plus jeune fils de Rust, Wilhelm-Carl, vécut à Vienne, de 1807 à
1827, et fut en relations avec Beethoven. _Rust,
Charles-Philippe-Emmanuel Bach_, et les symphonistes de Mannheim
ont été les vrais précurseurs de Beethoven.--Voir Hugo Riemann:
_Beethoven und die Mannheimer_ (_Die Musik_, 1907-8).
Il y a aussi intérêt à connaître les _lieder_ de _Neefe_
(1748-1799), déjà tout beethovéniens, et nos musiciens de la
Révolution, notamment Cherubini, dont le style, en certaines de ses
compositions religieuses et dramatiques, a parfois servi de modèle
à Beethoven.
IV.--PORTRAITS DE BEETHOVEN
1789.--_Silhouette de Beethoven à dix-huit ans._ [Maison de Beethoven, à
Bonn; reproduit dans la biographie de Frimmel, page 16.]
1791-2.--_Miniature de Beethoven_, par GERHARD VON KUGELGEN. [Appartient
à Georg Henschel, Londres; reproduit dans le _Musical Times_ du 15
décembre 92, page 8.]
1801.--_Dessin de G. Stainhauser_, gravé par JOHANN NEIDL. [Reproduit
dans Félix Clément: _Les Musiciens célèbres_, 1878, page 267;--Frimmel,
page 28.]
1802.--_Gravure de Scheffner_, d’après STAINHAUSER. [Maison de
Beethoven, à Bonn; reproduit dans _die Musik_ du 15 mars 1902, page
1145.]
1802.--_Miniature de Beethoven_, par CHRISTIAN HORNEMANN. [Appartient à
Mme de Breuning, à Vienne; reproduit dans Frimmel, page 31.]
1805.--_Portrait de Beethoven_, par W.-J. MAEHLER. [Appartient à Robert
Heimler, Vienne; reproduit dans le _Musical Times_, page 7; Frimmel,
page 34.]
1808.--_Dessin de L.-F. Schnorr de Carolsfeld_, lithographié par J.
BAUER. [Maison de Beethoven, à Bonn.]
1812.--_Masque de Beethoven_, moulé par FRANZ KLEIN.
1812.--_Buste de Beethoven_, par FRANZ KLEIN, d’après le masque.
[Appartient au fabricant de pianos E. Streicher, à Vienne; reproduit
dans Frimmel, page 46;--_Musical Times_, page 19.]
1814.--_Dessin de L. Letronne_, gravé par BLASIUS HOEFEL. [Le plus beau
portrait de Beethoven; la maison de Beethoven, à Bonn, possède
l’exemplaire qu’il offrit à Wegeler; reproduit dans Frimmel, page
51;--_Musical Times_, page 21.]
1815.--_Dessin de L. Letronne_, gravé par Riedel. [Reproduit dans _die
Musik_, page 1147.]
1815.--_Deuxième portrait de Beethoven_, par MAEHLER. [Appartient à
Ign. von Gleichenstein, Fribourg-en-Brisgau. Reproduction à la maison de
Beethoven, à Bonn.]
1815.--_Portrait de Beethoven_, par CHRISTIAN HECKEL. [Appartient à
J.-F. Heckel, Mannheim; reproduction à la maison de Beethoven, à Bonn.]
1818.--_Gravure d’après le dessin de Beethoven_, par AUG. VON KLOEBER.
[Reproduit dans le _Musical Times_, page 25.]--Le dessin original de
Klœber est dans la collection du Dʳ Erich Prieger, à Bonn.
1819.--_Portrait de Beethoven_, par FERDINAND SCHIMON. [Maison de
Beethoven, à Bonn; reproduit dans _die Musik_, page 1149;--Frimmel, page
63;--_Musical Times_, page 29.]
1819.--_Portrait de Beethoven_, par K.-JOSEPH STIELER. [Appartient à
Alex. Meyer Cohn, Berlin; reproduit dans Frimmel, page 71.]
1821.--_Buste de Beethoven_, par ANTON DIETRICH. [Appartient à Léopold
Schrœtter de Kristelli;] reproduction dans la maison de Beethoven, à
Bonn.
1824-6.--_Dessins-caricatures de Beethoven se promenant_, par J.-P.
LYSER. [Originaux à la _Gesellschaft der Musikfreunde_, Vienne;
reproduits dans Frimmel, page 67;--_Musical Times_, page 15.]
1823.--_Dessins-caricatures de Beethoven se promenant_, par JOS. VAN
BOEHM. [Reproduits dans Frimmel, page 70.]
1823.--_Portrait de Beethoven_, par WALDMUELLER. [Appartient à Breitkopf
et Hærtel, Leipzig; reproduit dans Frimmel, page 72.]
1825-6.--_Dessin de Beethoven_, par STEFAN DECKER. [Appartient à Georg
Decker, Vienne; reproductions à la maison de Beethoven, à Bonn.]
1826.--_Dessin de B._ par A. Dietrich, lithographié par JOS. KRIEHUBER.
[Reproduit dans Frimmel, page 73.]
1826.--_Buste de Beethoven à l’antique_, par SCHALLER. [Appartient à la
Société philharmonique de Londres; copie à la maison de Beethoven, à
Bonn; reproduit dans Frimmel, page 74, et dans le _Musical Times_.]
1827.--_Esquisse de Beethoven sur son lit de mort_, par JOS. DANHAUSER.
[Appartient à A. Artaria, Vienne; reproduit dans l’_Allgemeine
Musik-Zeitung_, du 19 avril 1901.]
1827.--_Trois esquisses de Beethoven sur son lit de mort_, par
TELTSCHER. [Appartiennent au Dʳ Aug. Heymann; publiées par Frimmel;
reproduites dans le _Courrier musical_, du 15 novembre 1909.]
1827.--_Masque de Beethoven mort_, moulé par DANHAUSER. [Maison de
Beethoven, à Bonn.]
De nombreux portraits de Beethoven ont été faits depuis sa mort. L’œuvre
la plus remarquable qui lui ait été consacrée est le monument de Max
Klinger (Vienne, 1902).
TABLE DES MATIÈRES
PRÉFACE v
BEETHOVEN 3
LETTRES
BEETHOVEN.--_Testament d’Heiligenstadt_ pour mes frères
Carl et (Johann) Beethoven, _Heiligenstadt, le 6 octobre
1802_ 85
Au pasteur Amenda, en Courlande, _probablement écrit
en 1801_ 97
Au docteur Franz Gerhard Wegeler, _Vienne, 29 juin_ (_1801_) 102
A Wegeler, _Vienne, 16 novembre 1801_ 110
Lettre de Wegeler et d’Éléonore von Breuning à
Beethoven:
Lettre de Wegeler, _Coblentz, 28 décembre 1825_ 115
Lettre d’Éléonore Wegeler, _Coblentz, 29 décembre 1825_ 119
Beethoven à Wegeler, _Vienne, 7 octobre 1826_ 123
A Wegeler, _Vienne, 17 février 1827_ 127
A Moscheles, _Vienne, 14 mars 1827_ 129
PENSÉES
Sur la musique 133
Sur la critique 141
BIBLIOGRAPHIE
Pour les lettres de Beethoven 145
Pour la vie de Beethoven 147
Pour l’œuvre de Beethoven 150
Portraits de Beethoven 154
811-14.--Coulommiers. Imp. PAUL BRODARD.--P7-14.
NOTES:
[1] J. Russel (1822).--Charles Czerny, enfant, qui le vit en 1801, avec
une barbe de plusieurs jours et une crinière sauvage, vêtu d’un veston
et d’un pantalon en poil de chèvre, crut rencontrer Robinson Crusoé.
[2] Note du peintre Kloeber, qui fit son portrait vers 1818.
[3] «Ses beaux yeux parlants, dit le docteur W.-C. Müller, tantôt
gracieux et tendres, tantôt égarés, menaçants et terribles» (1820).
[4] Kloeber dit: «d’Ossian». Tous ces détails sont empruntés aux notes
d’amis de Beethoven, ou de voyageurs qui le virent,--tels que Czerny,
Moscheles, Kloeber, Daniel Amadeus Atterbohm, W.-C. Müller, J. Russel,
Julius Benedict, Rochlitz, etc.
[5] Le grand-père Ludwig, l’homme le plus remarquable de la famille,
celui à qui Beethoven ressemblait le plus, était né à Anvers, et ne
s’établit que vers sa vingtième année à Bonn, où il devint maître de
chapelle du prince-électeur.--Il ne faut pas oublier ce fait, si l’on
veut comprendre l’indépendance fougueuse de la nature de Beethoven, et
tant de traits de son caractère qui ne sont pas proprement allemands.
[6] Lettre au docteur Schade, à Augsbourg, 15 septembre 1787 (Nohl,
_Lettres de Beethoven_, II).
[7] Il disait plus tard (en 1816): «C’est un pauvre homme, celui qui ne
sait pas mourir! Quand je n’avais que quinze ans, je le savais déjà.»
[8] Nous citons aux _textes_ quelques-unes de ces lettres.
Beethoven trouva aussi un ami et un guide en l’excellent
Christian-Gottlob Neefe, son maître, dont la noblesse morale n’eut pas
moins d’influence sur lui que la largeur de son intelligence artistique.
[9] A Wegeler, 29 juin 1801 (Nohl, XIV).
[10] Il y avait déjà fait un court voyage, au printemps de 1787. Il vit
alors Mozart, qui semble avoir fait peu attention à lui.
Haydn, dont il avait fait la connaissance à Bonn, en décembre
1790, lui donna quelques leçons. Beethoven prit aussi pour maîtres
Albrechtsberger et Salieri. Le premier lui enseigna le contrepoint et
la fugue; le second lui apprit à écrire pour la voix.
[11] Il débutait à peine. Son premier concert à Vienne comme pianiste,
eut lieu le 30 mars 1795.
[12] A Wegeler, 29 juin 1801 (Nohl, XIV).
«Aucun de mes amis ne doit manquer de rien, tant que j’ai quelque
chose»,--écrit-il à Ries, vers 1801 (Nohl, XXIV).
[13] Dans le _Testament_ de 1802, Beethoven dit qu’il y a six ans
que le mal a commencé,--soit, par conséquent, en 1796.--Remarquons
en passant que, dans le catalogue de ses œuvres, l’op. 1 seul (trois
trios) est antérieur à 1796. L’op. 2, les trois premières sonates pour
piano, paraissent en mars 1796. On peut donc dire que l’œuvre entier de
Beethoven est de Beethoven sourd.
Voir sur la surdité de Beethoven un article du Dʳ Klotz-Forest, dans la
_Chronique médicale_ du 15 mai 1905.--L’auteur de l’article croit que
le mal eut sa source dans une affection générale héréditaire (peut-être
dans la phtisie de la mère). Il diagnostique un catarrhe des trompes
d’Eustache, en 1796, qui se transforma, vers 1799, en une otite moyenne
aiguë. Mal soignée, elle passa à l’état d’otite catarrhale chronique,
avec toutes ses conséquences. La surdité augmenta, sans jamais devenir
complète. Beethoven percevait les bruits profonds, mieux que les
sons élevés. Dans ses dernières années, il se servait, dit-on, d’une
baguette de bois, dont une extrémité était placée dans la boîte de son
piano, et l’autre entre ses dents. Il usait de ce moyen pour entendre,
quand il composait.
(Voir sur la même question: C. G. Kunn: _Wiener medizinische
Wochenschrift_, février-mars 1892;--Wilibald Nagel: _Die Musik_, mars
1902;--Theodor von Frimmel: _Der Merker_, juillet 1912.)
On a conservé au musée Beethoven de Bonn les instruments acoustiques
que fabriqua pour Beethoven, vers 1814, le mécanicien Maelzel.
[14] Nohl, _Lettres de Beethoven_, XIII.
[15] Nohl, _Lettres de Beethoven_, XIV. (Voir les _textes_.)
[16] A Wegeler, 16 novembre 1801 (Nohl, XVIII).
[17] Elle ne craignit pas, dans la suite, d’exploiter l’ancien amour de
Beethoven, en faveur de son mari. Beethoven secourut Gallenberg. «Il
était mon ennemi: c’était justement la raison pour que je lui fisse
tout le bien possible», dit-il à Schindler, dans un de ses cahiers
de conversation de 1821. Mais il l’en méprisa davantage. «Arrivée à
Vienne, écrit-il en français, elle cherchait moi, pleurant, mais je la
méprisais.»
[18] 6 octobre 1802 (Nohl, XXVI). Voir aux _textes_.
[19] «Recommandez à vos enfants la vertu; elle seule peut rendre
heureux, non l’argent. Je parle par expérience. C’est elle qui m’a
soutenu dans ma misère; c’est à elle que je dois, ainsi qu’à mon art,
de n’avoir pas terminé ma vie par le suicide.» Et dans une autre
lettre, du 2 mai 1810, à Wegeler: «Si je n’avais pas lu quelque
part que l’homme ne doit pas se séparer volontairement de la vie,
aussi longtemps qu’il peut encore accomplir une bonne action, depuis
longtemps je ne serais plus--et sans doute par mon propre fait.»
[20] A Wegeler (Nohl, XVIII).
[21] La miniature de Hornemann, qui est de 1802, montre Beethoven mis
à la mode de l’époque, avec des favoris, les cheveux à la Titus, l’air
fatal d’un héros byronien, mais cette tension de volonté napoléonienne,
qui ne désarme jamais.