premières syllabes étaient--comme on dit en musique--attaquées, et dans
la bégayante répétition qui les scandait, l'élan, la naïveté maniérée,
les lourdes «délicatesses» germaniques projetées comme des branchages
verdâtres sur le «Heim» d'émail bleu sombre qui déployait la mysticité
d'un vitrail rhénan, derrière les dorures pâles et finement ciselées du
XVIIIe siècle allemand. Ce nom contenait, parmi les noms divers dont il
était formé, celui d'une petite ville d'eaux allemande, où tout enfant
j'avais été avec ma grand'mère, au pied d'une montagne honorée par les
promenades de Goethe, et des vignobles de laquelle nous buvions au
Kurhof les crus illustres à l'appellation composée et retentissante
comme les épithètes qu'Homère donne à ses héros. Aussi à peine eus-je
entendu prononcer le nom du prince, qu'avant de m'être rappelé la
station thermale il me parut diminuer, s'imprégner d'humanité, trouver
assez grande pour lui une petite place dans ma mémoire, à laquelle il
adhéra, familier, terre à terre, pittoresque, savoureux, léger, avec
quelque chose d'autorisé, de prescrit. Bien plus, M. de Guermantes, en
expliquant qui était le prince, cita plusieurs de ses titres, et je
reconnus le nom d'un village traversé par la rivière où chaque soir, la
cure finie, j'allais en barque, à travers les moustiques; et celui d'une
forêt assez éloignée pour que le médecin ne m'eût pas permis d'y aller
en promenade. Et en effet, il était compréhensible que la suzeraineté du
seigneur s'étendît aux lieux circonvoisins et associât à nouveau dans
l'énumération de ses titres les noms qu'on pouvait lire à côté les uns
des autres sur une carte. Ainsi, sous la visière du prince du
Saint-Empire et de l'écuyer de Franconie, ce fut le visage d'une terre
aimée où s'étaient souvent arrêtés pour moi les rayons du soleil de six
heures que je vis, du moins avant que le prince, rhingrave et électeur
palatin, fût entré. Car j'appris en quelques instants que les revenus
qu'il tirait de la forêt et de la rivière peuplées de gnomes et
d'ondines, de la montagne enchantée où s'élève le vieux Burg qui garde
le souvenir de Luther et de Louis le Germanique, il en usait pour avoir
cinq automobiles Charron, un hôtel à Paris et un à Londres, une loge le
lundi à l'Opéra et une aux «mardis» des «Français». Il ne me semblait
pas--et il ne semblait pas lui-même le croire--qu'il différât des hommes
de même fortune et de même âge qui avaient une moins poétique origine.
Il avait leur culture, leur idéal, se réjouissant de son rang mais
seulement à cause des avantages qu'il lui conférait, et n'avait plus
qu'une ambition dans la vie, celle d'être élu membre correspondant de
l'Académie des Sciences morales et politiques, raison pour laquelle il
était venu chez Mme de Villeparisis. Si lui, dont la femme était à la
tête de la coterie la plus fermée de Berlin, avait sollicité d'être
présenté chez la marquise, ce n'était pas qu'il en eût éprouvé d'abord
le désir. Rongé depuis des années par cette ambition d'entrer à
l'Institut, il n'avait malheureusement jamais pu voir monter au-dessus
de cinq le nombre des Académiciens qui semblaient prêts à voter pour
lui. Il savait que M. de Norpois disposait à lui seul d'au moins une
dizaine de voix auxquelles il était capable, grâce à d'habiles
transactions, d'en ajouter d'autres. Aussi le prince, qui l'avait connu
en Russie quand ils y étaient tous deux ambassadeurs, était-il allé le
voir et avait-il fait tout ce qu'il avait pu pour se le concilier. Mais
il avait eu beau multiplier les amabilités, faire avoir au marquis des
décorations russes, le citer dans des articles de politique étrangère,
il avait eu devant lui un ingrat, un homme pour qui toutes ces
prévenances avaient l'air de ne pas compter, qui n'avait pas fait
avancer sa candidature d'un pas, ne lui avait même pas promis sa voix!
Sans doute M. de Norpois le recevait avec une extrême politesse, même
ne voulait pas qu'il se dérangeât et «prît la peine de venir jusqu'à sa
porte», se rendait lui-même à l'hôtel du prince et, quand le chevalier
teutonique avait lancé: «Je voudrais bien être votre collègue»,
répondait d'un ton pénétré: «Ah! je serais très heureux!» Et sans doute
un naïf, un docteur Cottard, se fût dit: «Voyons, il est là chez moi,
c'est lui qui a tenu à venir parce qu'il me considère comme un
personnage plus important que lui, il me dit qu'il serait heureux que je
sois de l'Académie, les mots ont tout de même un sens, que diable! sans
doute s'il ne me propose pas de voter pour moi, c'est qu'il n'y pense
pas. Il parle trop de mon grand pouvoir, il doit croire que les
alouettes me tombent toutes rôties, que j'ai autant de voix que j'en
veux, et c'est pour cela qu'il ne m'offre pas la sienne, mais je n'ai
qu'à le mettre au pied du mur, là, entre nous deux, et à lui dire: «Eh
bien! votez pour moi», et il sera obligé de le faire.
Mais le prince de Faffenheim n'était pas un naïf; il était ce que le
docteur Cottard eût appelé «un fin diplomate» et il savait que M. de
Norpois n'en était pas un moins fin, ni un homme qui ne se fût pas avisé
de lui-même qu'il pourrait être agréable à un candidat en votant pour
lui. Le prince, dans ses ambassades et comme ministre des Affaires
Étrangères, avait tenu, pour son pays au lieu que ce fût comme
maintenant pour lui-même, de ces conversations où on sait d'avance
jusqu'où on veut aller et ce qu'on ne vous fera pas dire. Il n'ignorait
pas que dans le langage diplomatique causer signifie offrir. Et c'est
pour cela qu'il avait fait avoir à M. de Norpois le cordon de
Saint-André. Mais s'il eût dû rendre compte à son gouvernement de
l'entretien qu'il avait eu après cela avec M. de Norpois, il eût pu
énoncer dans sa dépêche:
«J'ai compris que j'avais fait fausse route.» Car dès qu'il avait
recommencé à parler Institut, M. de Norpois lui avait redit:
--J'aimerais cela beaucoup, beaucoup pour mes collègues. Ils doivent, je
pense, se sentir vraiment honorés que vous ayez pensé à eux. C'est une
candidature tout à fait intéressante, un peu en dehors de nos habitudes.
Vous savez, l'Académie est très routinière, elle s'effraye de tout ce
qui rend un son un peu nouveau. Personnellement je l'en blâme. Que de
fois il m'est arrivé de le laisser entendre à mes collègues. Je ne sais
même pas, Dieu me pardonne, si le mot d'encroûtés n'est pas sorti une
fois de mes lèvres, avait-il ajouté avec un sourire scandalisé, à
mi-voix, presque _a parte_, comme dans un effet de théâtre et en jetant
sur le prince un coup d'oeil rapide et oblique de son oeil bleu, comme
un vieil acteur qui veut juger de son effet. Vous comprenez, prince, que
je ne voudrais pas laisser une personnalité aussi éminente que la vôtre
s'embarquer dans une partie perdue d'avance. Tant que les idées de mes
collègues resteront aussi arriérées, j'estime que la sagesse est de
s'abstenir. Croyez bien d'ailleurs que si je voyais jamais un esprit un
peu plus nouveau, un peu plus vivant, se dessiner dans ce collège qui
tend à devenir une nécropole, si j'escomptais une chance possible pour
vous, je serais le premier à vous en avertir.
«Le cordon de Saint-André est une erreur, pensa le prince; les
négociations n'ont pas fait un pas; ce n'est pas cela qu'il voulait. Je
n'ai pas mis la main sur la bonne clef.»
C'était un genre de raisonnement dont M. de Norpois, formé à la même
école que le prince, eût été capable. On peut railler la pédantesque
niaiserie avec laquelle les diplomates à la Norpois s'extasient devant
une parole officielle à peu près insignifiante. Mais leur enfantillage a
sa contre-partie: les diplomates savent que, dans la balance qui assure
cet équilibre, européen ou autre, qu'on appelle la paix, les bons
sentiments, les beaux discours, les supplications pèsent fort peu; et
que le poids lourd, le vrai, les déterminations, consiste en autre
chose, en la possibilité que l'adversaire a, s'il est assez fort, ou n'a
pas, de contenter, par moyen d'échange, un désir. Cet ordre de vérités,
qu'une personne entièrement désintéressée comme ma grand'mère, par
exemple, n'eût pas compris, M. de Norpois, le prince von ---- avaient
souvent été aux prises avec lui. Chargé d'affaires dans les pays avec
lesquels nous avions été à deux doigts d'avoir la guerre, M. de Norpois,
anxieux de la tournure que les événements allaient prendre, savait très
bien que ce n'était pas par le mot «Paix», ou par le mot «Guerre»,
qu'ils lui seraient signifiés, mais par un autre, banal en apparence,
terrible ou béni, et que le diplomate, à l'aide de son chiffre, saurait
immédiatement lire, et auquel, pour sauvegarder la dignité de la France,
il répondrait par un autre mot tout aussi banal mais sous lequel le
ministre de la nation ennemie verrait aussitôt: Guerre. Et même, selon
une coutume ancienne, analogue à celle qui donnait au premier
rapprochement de deux êtres promis l'un à l'autre la forme d'une
entrevue fortuite à une représentation du théâtre du Gymnase, le
dialogue où le destin dicterait le mot «Guerre» ou le mot «Paix» n'avait
généralement pas eu lieu dans le cabinet du ministre, mais sur le banc
d'un «Kurgarten» où le ministre et M. de Norpois allaient l'un et
l'autre à des fontaines thermales boire à la source de petits verres
d'une eau curative. Par une sorte de convention tacite, ils se
rencontraient à l'heure de la cure, faisaient d'abord ensemble quelques
pas d'une promenade que, sous son apparence bénigne, les deux
interlocuteurs savaient aussi tragique qu'un ordre de mobilisation. Or,
dans une affaire privée comme cette présentation à l'Institut, le
prince avait usé du même système d'induction qu'il avait fait dans sa
carrière, de la même méthode de lecture à travers les symboles
superposés.
Et certes on ne peut prétendre que ma grand'mère et ses rares pareils
eussent été seuls à ignorer ce genre de calculs. En partie la moyenne de
l'humanité, exerçant des professions tracées d'avance, rejoint par son
manque d'intuition l'ignorance que ma grand'mère devait à son haut
désintéressement. Il faut souvent descendre jusqu'aux êtres entretenus,
hommes ou femmes, pour avoir à chercher le mobile de l'action ou des
paroles en apparence les plus innocentes dans l'intérêt, dans la
nécessité de vivre. Quel homme ne sait que, quand une femme qu'il va
payer lui dit: «Ne parlons pas d'argent», cette parole doit être
comptée, ainsi qu'on dit en musique, comme «une mesure pour rien», et
que si plus tard elle lui déclare: «Tu m'as fait trop de peine, tu m'as
souvent caché la vérité, je suis à bout», il doit interpréter: «un autre
protecteur lui offre davantage»? Encore n'est-ce là que le langage d'une
cocotte assez rapprochée des femmes du monde. Les apaches fournissent
des exemples plus frappants. Mais M. de Norpois et le prince allemand,
si les apaches leur étaient inconnus, avaient accoutumé de vivre sur le
même plan que les nations, lesquelles sont aussi, malgré leur grandeur,
des êtres d'égoïsme et de ruse, qu'on ne dompte que par la force, par la
considération de leur intérêt, qui peut les pousser jusqu'au meurtre, un
meurtre symbolique souvent lui aussi, la simple hésitation à se battre
ou le refus de se battre pouvant signifier pour une nation: «périr».
Mais comme tout cela n'est pas dit dans les Livres Jaunes et autres, le
peuple est volontiers pacifiste; s'il est guerrier, c'est
instinctivement, par haine, par rancune, non par les raisons qui ont
décidé les chefs d'État avertis par les Norpois.
L'hiver suivant, le prince fut très malade, il guérit, mais son coeur
resta irrémédiablement atteint. «Diable! se dit-il, il ne faudrait pas
perdre de temps pour l'Institut car, si je suis trop long, je risque de
mourir avant d'être nommé. Ce serait vraiment désagréable.»
Il fit sur la politique de ces vingt dernières années une étude pour la
_Revue des Deux Mondes_ et s'y exprima à plusieurs reprises dans les
termes les plus flatteurs sur M. de Norpois. Celui-ci alla le voir et le
remercia. Il ajouta qu'il ne savait comment exprimer sa gratitude. Le
prince se dit, comme quelqu'un qui vient d'essayer d'une autre clef pour
une serrure: «Ce n'est pas encore celle-ci», et se sentant un peu
essoufflé en reconduisant M. de Norpois, pensa: «Sapristi, ces
gaillards-là me laisseront crever avant de me faire entrer. Dépêchons.»
Le même soir, il rencontra M. de Norpois à l'Opéra:
--Mon cher ambassadeur, lui dit-il, vous me disiez ce matin que vous ne
saviez pas comment me prouver votre reconnaissance; c'est fort exagéré,
car vous ne m'en devez aucune, mais je vais avoir l'indélicatesse de
vous prendre au mot.
M. de Norpois n'estimait pas moins le tact du prince que le prince le
sien. Il comprit immédiatement que ce n'était pas une demande qu'allait
lui faire le prince de Faffenheim, mais une offre, et avec une
affabilité souriante il se mit en devoir de l'écouter.
--Voilà, vous allez me trouver très indiscret. Il y a deux personnes
auxquelles je suis très attaché et tout à fait diversement comme vous
allez, le comprendre, et qui se sont fixées depuis peu à Paris où elles
comptent vivre désormais: ma femme et la grande-duchesse Jean. Elles
vont donner quelques dîners, notamment en l'honneur du roi et de la
reine d'Angleterre, et leur rêve aurait été de pouvoir offrir à leurs
convives une personne pour laquelle, sans la connaître, elle éprouvent
toutes deux une grande admiration. J'avoue que je ne savais comment
faire pour contenter leur désir quand j'ai appris tout à l'heure, par le
plus grand des hasards, que vous connaissiez cette personne; je sais
qu'elle vit très retirée, ne veut voir que peu de monde, _happy few_;
mais si vous me donniez votre appui, avec la bienveillance que vous me
témoignez, je suis sûr qu'elle permettrait que vous me présentiez chez
elle et que je lui transmette le désir de la grande-duchesse et de la
princesse. Peut-être consentirait-elle à venir dîner avec la reine
d'Angleterre et, qui sait, si nous ne l'ennuyons pas trop, passer les
vacances de Pâques avec nous à Beaulieu chez la grande-duchesse Jean.
Cette personne s'appelle la marquise de Villeparisis. J'avoue que
l'espoir de devenir l'un des habitués d'un pareil bureau d'esprit me
consolerait, me ferait envisager sans ennui de renoncer à me présenter à
l'Institut. Chez elle aussi on tient commerce d'intelligence et de fines
causeries.
Avec un sentiment de plaisir inexprimable le prince sentit que la
serrure ne résistait pas et qu'enfin cette clef-là y entrait.
--Une telle option est bien inutile, mon cher prince, répondit M. de
Norpois; rien ne s'accorde mieux avec l'Institut que le salon dont vous
parlez et qui est une véritable pépinière d'académiciens. Je
transmettrai votre requête à Mme la marquise de Villeparisis: elle en
sera certainement flattée. Quant à aller dîner chez vous, elle sort très
peu et ce sera peut-être plus difficile. Mais je vous présenterai et
vous plaiderez vous-même votre cause. Il ne faut surtout pas renoncer à
l'Académie; je déjeune précisément, de demain en quinze, pour aller
ensuite avec lui à une séance importante, chez Leroy-Beaulieu sans
lequel on ne peut faire une élection; j'avais déjà laissé tomber devant
lui votre nom qu'il connaît, naturellement, à merveille. Il avait émis
certaines objections. Mais il se trouve qu'il a besoin de l'appui de mon
groupe pour l'élection prochaine, et j'ai l'intention de revenir à la
charge; je lui dirai très franchement les liens tout à fait cordiaux qui
nous unissent, je ne lui cacherai pas que, si vous vous présentiez, je
demanderais à tous mes amis de voter pour vous (le prince eut un profond
soupir de soulagement) et il sait que j'ai des amis. J'estime que, si je
parvenais à m'assurer son concours, vos chances deviendraient fort
sérieuses. Venez ce soir-là à six heures chez Mme de Villeparisis, je
vous introduirai et je pourrai vous rendre compte de mon entretien du
matin.
C'est ainsi que le prince de Faffenheim avait été amené à venir voir Mme
de Villeparisis. Ma profonde désillusion eut lieu quand il parla. Je
n'avais pas songé que, si une époque a des traits particuliers et
généraux plus forts qu'une nationalité, de sorte que, dans un
dictionnaire illustré où l'on donne jusqu'au portrait authentique de
Minerve, Leibniz avec sa perruque et sa fraise diffère peu de Marivaux
ou de Samuel Bernard, une nationalité a des traits particuliers plus
forts qu'une caste. Or ils se traduisirent devant moi, non par un
discours où je croyais d'avance que j'entendrais le frôlement des elfes
et la danse des Kobolds, mais par une transposition qui ne certifiait
pas moins cette poétique origine: le fait qu'en s'inclinant, petit,
rouge et ventru, devant Mme de Villeparisis, le Rhingrave lui dit:
«Ponchour, Matame la marquise» avec le même accent qu'un concierge
alsacien.
--Vous ne voulez pas que je vous donne une tasse de thé ou un peu de
tarte, elle est très bonne, me dit Mme de Guermantes, désireuse d'avoir
été aussi aimable que possible. Je fais les honneurs de cette maison
comme si c'était la mienne, ajouta-t-elle sur un ton ironique qui
donnait quelque chose d'un peu guttural à sa voix, comme si elle avait
étouffé un rire rauque.
--Monsieur, dit Mme de Villeparisis à M. de Norpois, vous penserez tout
à l'heure que vous avez quelque chose à dire au prince au sujet de
l'Académie?
Mme de Guermantes baissa les yeux, fit faire un quart de cercle à son
poignet pour regarder l'heure.
--Oh! mon Dieu; il est temps que je dise au revoir à ma tante, si je
dois encore passer chez Mme de Saint-Ferréol, et je dîne chez Mme Leroi.
Et elle se leva sans me dire adieu. Elle venait d'apercevoir Mme Swann,
qui parut assez gênée de me rencontrer. Elle se rappelait sans doute
qu'avant personne elle m'avait dit être convaincue de l'innocence de
Dreyfus.
--Je ne veux pas que ma mère me présente à Mme Swann, me dit Saint-Loup.
C'est une ancienne grue. Son mari est juif et elle nous le fait au
nationalisme. Tiens, voici mon oncle Palamède.