CHAPITRE XXVI[1]

Mais revenons à Mlle Kably. Que j'étais loin de l'envie, et

de songer à craindre l'_imputation d'envie_, et de songer aux autres de

quelque façon que ce fût dans ce temps-là! La vie commençait pour moi.

Il n'y avait qu'un être au monde: Mlle Kably; qu'un

événement: devait-elle jouer ce soir-là, ou le lendemain?

Quel désappointement quand elle ne jouait pas, et qu'on donnait quelque

tragédie!

Quel transport de joie pure, tendre, triomphante, quand je lisais son

nom sur l'affiche! Je la vois encore, cette affiche, sa forme, son

papier, ses caractères.

J'allais successivement lire ce nom chéri à trois ou quatre des

endroits auxquels on affichait: à la porte des Jacobins[2], à la

voûte du Jardin[3], à l'angle[4] de la maison de mon grand-père.

Je ne lisais pas seulement son nom, je me donnais le plaisir de relire

toute l'affiche. Les caractères un peu usés du mauvais imprimeur qui

fabriquait cette affiche devinrent chers et sacrés pour moi, et, durant

de longues années, je les ai aimés, mieux que de plus beaux[5].

Même, je me rappelle ceci: en arrivant à Paris, en novembre 1799, la

beauté des caractères me choqua; ce n'étaient plus ceux qui avaient

imprimé le nom de Kably[6].

Elle partit, je ne puis dire l'époque. Pendant longtemps je ne pus plus

aller au spectacle. J'obtins d'apprendre la musique, ce ne fut pas sans

peine: la religion de mon père était choquée d'un art si profane, et

mon grand-père n'avait pas le plus petit goût pour cet art.

Je pris un maître de violon, nommé Mention, l'homme le plus plaisant:

c'était là l'ancienne gaieté française mêlée de bravoure et d'amour.

Il était fort pauvre, mais il avait le cœur d'artiste; un jour que je

jouais plus mal qu'à l'ordinaire, il ferma le cahier, disant: «Je ne

donne plus leçon.»

J'allai chez un maître de clarinette, nommé Hoffmann (rue de Bonne),

bon allemand; je jouais un peu moins mal. Je ne sais comment je quittai

ce maître pour passer chez M. Holleville, rue Saint-Louis, vis-à-vis

Mme Barthélemy, notre cordonnière. Violon fort passable, il

était sourd, mais distinguait la moindre fausse note. Je me rencontrais

là avec M. Félix Faure (aujourd'hui pair de France, Premier Président,

jugeur d'août 1835). Je ne sais comment je quittai Holleville.

Enfin, j'allai prendre leçon de musique vocale, à l'insu de mes

parents, à six heures du matin, place Saint-Louis, chez un fort bon

chanteur.

Mais rien n'y faisait: j'avais horreur tout le premier des sons que

je produisais. J'achetais des airs italiens, un, entre autres, où je

lisais _Amore_, ou je ne sais quoi, _nello cimento_: je comprenais:

_dans le ciment, dans le mortier._ J'adorais ces airs italiens auxquels

je ne comprenais rien. J'avais commencé trop tard. Si quelque chose eût

été capable de me dégoûter de la musique, c'eût été les sons exécrables

qu'il faut produire pour l'apprendre. Le seul _piano_ eût pu me faire

tourner la difficulté, mais j'étais né dans une famille essentiellement

inharmonique.

Quand, dans la suite, j'ai écrit sur la musique, mes amis m'ont fait

une objection principale de cette ignorance. Mais je dois dire sans

affectation aucune qu'au même moment je sentais dans le morceau qu'on

exécutait des nuances qu'ils n'apercevaient pas. Il en est de même pour

les nuances des physionomies dans les copies du même tableau. Je vois

ces choses aussi clairement _qu'à travers un cristal._ Mais, grand

Dieu! on va me croire un sot!

Quand je revins à la vie après quelques mois de l'absence de

Mlle Kably, je me trouvai un autre homme.[7]

Je ne haïssais plus Séraphie, je l'oubliais; quant à mon père, je ne

désirais qu'une chose: ne pas me trouver auprès de lui. J'observai,

avec remords, que je n'avais pas pour lui une _goutte_ de tendresse ni

d'affection.

Je suis donc un monstre, me disais-je. Et pendant de longues années je

n'ai pas trouvé de réponse à cette objection. On parlait sans cesse et

_à la nausée_ de tendresse dans ma famille. Ces braves gens appelaient

_tendresse_ la vexation continue dont ils m'honoraient depuis cinq ou

six ans. Je commençai à entrevoir qu'ils s'ennuyaient mortellement et

qu'ayant trop de vanité pour reprendre avec le monde, qu'ils avaient

imprudemment quitté à l'époque d'une perte cruelle, j'étais leur[8]

ressource contre l'ennui.

Mais rien ne pouvait plus m'émouvoir après ce que je venais de sentir.

J'étudiai ferme le latin et le dessin, et j'eus un premier prix, je ne

sais dans lequel de ces deux cours, et un second. Je traduisis avec

plaisir la _Vie d'Agricola_ de Tacite, ce fut presque la première fois

que le latin me causa quelque plaisir. Ce plaisir était gâté amèrement

par les taloches que me donnait le grand Odru, gros et ignare paysan

de Lumbin, qui étudiait avec nous et ne comprenait rien à rien. Je me

battais ferme avec Giroud, qui avait un habit rouge. J'étais encore un

enfant pour une grande moitié de mon existence.

Et toutefois, la tempête morale à laquelle j'avais été en proie durant

plusieurs mois m'avait mûri, je commençai à me dire sérieusement:

«Il faut prendre un parti et me tirer de ce bourbier.»

Je n'avais qu'un moyen au monde: les mathématiques. Mais on me les

expliquait si bêtement que je ne faisais aucun progrès; il est vrai que

mes camarades en faisaient encore moins, s'il est possible. Ce grand M.

Dupuy nous expliquait les propositions comme une suite de recettes pour

faire du vinaigre[8].

Cependant, Bezout était ma seule ressource pour sortir de Grenoble.

Mais Bezout était si bête! C'était une tête comme celle de M. Dupuy,

notre emphatique professeur.

Mon grand-père connaissait un bourgeois à tête étroite, nommé Chabert,

lequel _montrait les mathématiques en chambre._ Voilà le mot du pays

et qui va parfaitement à l'homme. J'obtins avec assez de peine d'aller

dans cette chambre de M. Chabert; on avait peur d'offenser M. Dupuy, et

d'ailleurs il fallait payer douze francs par mois, ce me semble.

Je répondis que la plupart des élèves du cours de mathématiques, à

l'École centrale, allaient chez M. Chabert, et que si je n'y allais

pas je resterais le dernier à l'École centrale. J'allai donc chez M.

Chabert. M. Chabert était un bourgeois assez bien mis, mais qui avait

toujours l'air endimanché et dans les transes de gâter son habit et

son gilet et sa jolie culotte de Casimir _merde d'oie_; il avait aussi

une assez jolie figure bourgeoise. Il logeait rue Neuve[9], près la

rue Saint-Jacques et presque en face de Bourbon, marchand de fer, dont

le nom me frappait, car ce n'était qu'avec les signes du plus profond

respect et du plus véritable dévouement que mes bourgeois de parents

prononçaient ce nom. On eût dit que la vie de la France y eût été

attachée.

Mais je retrouvai chez M. Chabert ce manque de faveur qui m'assommait

à l'École centrale et ne me faisait jamais appeler au tableau. Dans

une petite pièce et au milieu de sept à huit élèves réunis autour d'un

tableau de toile cirée, rien n'était plus disgracieux que de demander

à monter au tableau, c'est-à-dire à aller expliquer pour la cinquième

ou sixième fois une proposition que quatre ou cinq élèves avaient déjà

expliquée. C'est cependant ce que j'étais obligé de faire quelquefois

chez M. Chabert, sans quoi je n'eusse jamais _démontré._ M. Chabert me

croyait un _minus habens_ et est resté dans cette abominable opinion.

Rien n'était drôle, dans la suite, comme de l'entendre parler de mes

succès en mathématiques.

Mais dans ces commencements ce fut un étrange manque de soin et, pour

mieux dire, d'esprit, de la part de mes parents, de ne pas demander

si j'étais en état de _démontrer_, et combien de fois par semaine

je montais au tableau; ils ne descendaient pas dans ces détails. M.

Chabert, qui faisait profession d'un grand respect pour M. Dupuy,

n'appelait guère au tableau que ceux qui y parvenaient[10] à l'École

centrale. Il y avait un certain M. de Renneville, que M. Dupuy appelait

au tableau comme noble et comme cousin des Monval; c'était une sorte

d'imbécile presque muet et les yeux très ouverts; j'étais choqué à

déborder quand je voyais M. Dupuy et M. Chabert le préférer à moi.

J'excuse M. Chabert, je devais être le petit garçon le plus

présomptueux et le plus méprisant. Mon grand-père et ma famille me

proclamaient une merveille: n'y avait-il pas cinq ans qu'ils me

donnaient tous leurs soins?

M. Chabert était, dans le fait, moins ignare que M. Dupuy. Je trouvai

chez lui Euler et ses problèmes sur le nombre d'œufs qu'une paysanne

apportait au marché, lorsqu'un méchant lui en vole un cinquième, puis

elle laisse toute la moitié du reste, etc., etc.

Cela m'ouvrit l'esprit, j'entrevis ce que c'était que se servir de

l'instrument nommé algèbre. Du diable si personne me l'avait jamais

dit, sans cesse M. Dupuy faisait des phrases emphatiques sur ce sujet,

mais jamais ce mot simple: c'est une _division du travail_ qui produit

des prodiges, comme toutes les divisions du travail, et permet à

l'esprit de réunir toutes ses forces sur un seul côté des objets, sur

une seule de leurs qualités.

Quelle différence pour nous si M. Dupuy nous eût dit: Ce fromage est

mou, ou il est dur; il est blanc, il est bleu; il est vieux, il est

jeune; il est à moi, il est à toi; il est léger, ou il est lourd. De

tant de qualités ne considérons absolument que le poids. Quel que soit

ce poids, appelons-le A. Maintenant, sans plus penser absolument au

fromage, appliquons à A tout ce que nous savons des quantités.

Cette chose si simple, personne ne nous la disait dans cette province

reculée; depuis cette époque, l'École polytechnique et les idées de

Lagrange auront reflété vers la province.

Le chef-d'œuvre de l'éducation de ce temps-là était un petit coquin

vêtu de vert, doux, hypocrite, gentil, qui n'avait pas trois pieds de

haut et apprenait par cœur les _propositions_ que l'on démontrait,

mais sans s'inquiéter s'il les comprenait le moins du monde[11]. Ce

favori de M. Chabert non moins que de M. Dupuy s'appelait, si je ne me

trompe, Paul-Émile Teisseire. L'examinateur pour l'École polytechnique,

frère du grand géomètre, qui a écrit cette fameuse sottise (au

commencement de la _Statique_), ne s'aperçut pas que tout le mérite de

Paul-Émile était une mémoire étonnante.

Il arriva à l'École; son hypocrisie complète, sa mémoire et sa jolie

figure de fille n'y eurent pas le même succès qu'à Grenoble; il en

sortit bien officier, mais bientôt fut touché de la grâce et se fit

prêtre. Malheureusement, il mourut de la poitrine: j'aurais suivi de

l'œil sa fortune avec plaisir. J'avais quitté Grenoble avec une envie

démesurée de pouvoir un jour, à mon aise, lui donner une énorme volée

de calottes.

Il me semble que je lui avais déjà donné un à-compte chez M. Chabert,

où il me primait avec raison par sa mémoire imperturbable.

Pour lui, il ne se fâchait jamais de rien et passait avec un sang-froid

parfait sous les volées de: _petit hypocrite_, qui lui arrivaient de

toutes parts, et qui redoublèrent un jour que nous le vîmes couronné de

roses et faisant le rôle d'ange dans une procession.

C'est à peu près le seul caractère que j'aie remarqué à l'École

centrale. Il faisait un beau contraste avec le sombre Benoît, que je

rencontrai au cours de belles-lettres de M. Dubois-Fontanelle et qui

faisait consister la sublime science dans l'amour socratique, que le

docteur Clapier, le fou, lui avait enseigné.

Il y a peut-être dix ans que je n'ai pensé à M. Chabert; peu à peu

je me rappelle qu'il était effectivement beaucoup moins borné que M.

Dupuy, quoiqu'il eût un parler plus traînard encore et une apparence

bien plus piètre et bourgeoise.

Il estimait Clairaut et c'était une chose immense que de nous mettre

en contact avec cet homme de génie, et nous sortions un peu du plat

Bezout. Il avait Bruce, l'abbé Marie, et de temps à autre nous faisait

étudier un théorème dans ces auteurs. Il avait même en manuscrit

quelques petites choses de Lagrange, de ces choses bonnes pour notre

petite portée.

Il me semble que nous travaillions avec une plume sur un cahier de

papier et à un tableau de toile cirée[12].

Ma disgrâce s'étendait à tout, peut-être venait-elle de quelque

gaucherie de mes parents, qui avaient oublié d'envoyer un dindon,

à Noël, à M. Chabert ou à ses sœurs, car il en avait et de fort

jolies, et sans ma timidité je leur eusse bien fait la cour. Elles

avaient beaucoup de considération pour le petit-fils de M. Gagnon, et

d'ailleurs venaient à la messe à la maison, le dimanche.

Nous allions lever des plans au graphomètre et à la planchette; un jour

nous levâmes un champ à côté du chemin des Boiteuses[13]. Il s'agit

du champ B C D E. M. Chabert fit tirer les lignes à tous les autres sur

la planchette, enfin mon tour vint, mais le dernier ou l'avant-dernier,

avant un enfant. J'étais humilié et fâché; j'appuyai trop la plume.

«Mais c'était une ligne que je vous avais dit de tirer, dit M. Chabert

avec son accent traînard, et c'est une barre que vous avez faite là.»

Il avait raison. Je pense que cet état de défaveur marquée chez MM.

Dupuy et Chabert, et d'indifférence marquée chez M. Jay, à l'école

de dessin, m'empêcha d'être un sot. J'y avais de merveilleuses

dispositions, mes parents, dont la morosité bigote déclamait sans

cesse contre l'éducation publique, s'étaient convaincus sans beaucoup

de peine qu'avec cinq ans de soins, hélas! trop assidus, ils avaient

produit un chef-d'œuvre, et ce chef-d'œuvre, c'était moi.

Un jour, je me disais, mais, à la vérité, c'était avant l'École

centrale: Ne serais-je point le fils d'un grand prince, et tout ce que

j'entends dire de la Révolution, et le peu que j'en vois, une fable

destinée à faire mon éducation, comme dans _Émile?_

Car mon grand-père, homme d'aimable conversation, en dépit de ses

résolutions pieuses, avait nommé _Émile_ devant moi, parlé de la

_Profession_[14] _de foi du vicaire savoyard_, etc., etc. J'avais

volé ce livre à Claix, mais je n'y avais rien compris, pas même les

absurdités de la première page, et après un quart d'heure l'avais

laissé. Il faut rendre justice au goût de mon père, il était

enthousiaste de Rousseau et il en parlait quelquefois, pour laquelle

chose et pour son imprudence devant un enfant il était bien grondé de

ma tante Séraphie.

[Footnote 1: Le _chapitre XXVI_ est le chapitre XXII du manuscrit (fol. 372 à

386).--Écrit a Rome, les 3, 4 et 6 janvier 1836.--En face du feuillet

commençant le chapitre, on lit: «Treize pages en une heure et demie.

Froid du diable. 3 janvier 1836.»]

[Footnote 2: ... _à la porte des Jacobins ..._--La porte des Jacobins

était située place Grenette, à remplacement de l'actuelle rue de la

République.]

[Footnote 3: ... à _la voûte du Jardin ..._--Le Jardin-de-Ville.]

[Footnote 4: ... _à l'angle de la maison ..._--Stendhal orthographie:

«_Engle._» Et il ajoute: «Engle, orthographe de la passion, peinture

des sons, et rien autre.»]

--Au verso du fol. 372 est un plan de la place Grenette et de ses

environs, avec les emplacements où étaient collées les affiches

théâtrales.]

[Footnote 5: ... _mieux que de plus beaux._---On lit en haut du fol. 373: «4

janvier 1836. A trois heures, idée de goutte à la main droite, dessus,

douleur dans un muscle de l'épaule droite.» Aussi Stendhal n'a-t-il

écrit ce jour-là qu'une page et un tiers environ.]

[Footnote 6: ... _le nom de Kably._--Les deux tiers du fol. 373 ont été

laissés en blanc.]

[Footnote 7: ... _j'étais leur ressource ..._--Un blanc d'un tiers de ligne.]

[Footnote 8: ... _recettes pour faire du vinaigre._--Le fol. 379, qui se

termine ici, est aux trois-quarts blanc. On lit en tête du fol. 380,

qui suit: «6 janvier 1836. Les Rois. Le froid est revenu et me donne

sur les nerfs. Envie de dormir.»]

[Footnote 9: _Il logeait rue Neuve ..._--Aujourd'hui rue du Lycée. Un plan

du carrefour des rues Neuve, Saint-Jacques et de Bonne est dessiné au

verso du fol. 380. On y voit l'appartement de M. Chabert, figuré au

troisième étage de l'immeuble portant actuellement le n° 15 de la rue

du Lycée. A l'angle de la rue de Bonne et de la place Grenette, «ici

fut dix ans plus tard la maison bâtie sur mes plans et qui a ruiné mon

père».]

[Footnote 10: ... _ceux qui y parvenaient ..._--Variante: «_Montaient._»]

[Footnote 11: ... _s'il les comprenait le moins du monde._--La première moitié

du fol. 383 a été laissée en blanc.]

[Footnote 12: ... _sur un cahier de papier et à un tableau de toile

cirée._--Suit un plan de la salle d'études.]

[Footnote 13: ... un _jour noue levâmes un champ à côté du chemin des

Boiteuses._--Suit un plan explicatif.--Le chemin des Boiteuses allait

depuis la porte de Bonne jusqu'au cours de Saint-André. Il est remplacé

aujourd'hui par les rues Lakanal et de Turenne. Stendhal y figure,

non loin de la porte de Bonne, en «T, maison de ce fou de Camille

Teisseire, jacobin qui, en 1811, veut brûler Rousseau et Voltaire»;

plus loin, en «A, hôtel de la Bonne Femme; elle est représentée sans

tête, cela me frappait beaucoup». Cet établissement, dit de la Femme

sans Tête, a subsiste longtemps rue Lakanal; il a disparu il y a une

huitaine d'années, en 1905.]

[Footnote 14: ... _parlé de la_ Profession de foi du vicaire savoyard

...--Ms.: «_Confession._»]

Vie de Henri Brulard, tome 1 · 第 64 / 82 题