CHAPITRE VIII[1]

A cette occasion, ma tante Elisabeth me raconta que mon

arrière-grand-père était né à Avignon, ville de Provence, pays _où

venaient les oranges_, me dit-elle avec l'accent du regret, et

beaucoup plus rapprochée de Toulon que Grenoble. Il faut savoir que la

grande magnificence de la ville c'étaient soixante ou quatre-vingts

orangers en caisse, provenant peut-être du connétable de Lesdiguières,

le dernier grand personnage produit par le Dauphiné, lesquels, à

l'approche de l'été, étaient places en grande pompe dans les environs

de la magnifique allée des Marronniers, plantée aussi, je crois, par

Lesdiguières[2]. «Il y a donc un pays où les orangers viennent en

pleine terre?» dis-je à ma tante. Je comprends aujourd'hui que, sans

le savoir, je lui rappelais l'objet éternel de ses regrets.

Elle me raconta que nous étions originaires d'un pays encore plus beau

que la Provence (nous, c'est-à-dire les Gagnon), que le grand-père de

son grand-père, à la suite d'une circonstance bien funeste, était venu

se cacher à Avignon à la suite[3] d'un pape; que là il avait été

obligé de changer un peu son nom et de se cacher, qu'alors il avait

vécu du métier de chirurgien.

Avec ce que je sais de l'Italie d'aujourd'hui, je traduirais ainsi:

qu'un M. Guadagni ou Guadanianno, ayant commis quelque petit assassinat

en Italie, était venu à Avignon vers 1650, à la suite de quelque légat.

Ce qui me frappa beaucoup alors, c'est que nous étions venus (car je

me regardais comme Gagnon et je ne pensais jamais aux Beyle qu'avec

une répugnance qui dure encore en 1835), que nous étions venus d'un

pays où les orangers croissent en pleine terre. Quel pays de délices,

pensais-je!

Ce qui me confirmerait dans cette idée d'origine italienne, c'est que

la langue de ce pays était en grand honneur dans la famille, chose

bien singulière dans une famille bourgeoise de 1780. Mon grand-père

savait et honorait l'italien, ma pauvre mère lisait le Dante, chose

fort difficile, même de nos jours; M. Artaud, qui a passé vingt ans en

Italie et qui vient d'imprimer une traduction de Dante, ne met pas

moins de deux contre-sens et d'une absurdité par page. De tous les

Français de ma connaissance, deux seuls: M. Fauriel, qui m'a donné les

histoires d'amour arabes, et M. Delécluze, des _Débats_, comprennent

Dante, et cependant tous les écrivailleurs de Paris gâtent sans cesse

ce grand nom en le citant et prétendant l'expliquer. Rien ne m'indigne

davantage.

Mon respect pour le Dante est ancien, il date des exemplaires que je

trouvai dans le rayon de la bibliothèque paternelle occupé par les

livres de ma pauvre mère et qui faisaient ma seule consolation pendant

la _tyrannie Raillane._

Mon horreur pour le métier de cet homme et pour ce qu'il enseignait par

métier arriva à un point qui frise la manie.

Croirait-on que, hier encore, 4 décembre 1835, venant de R[ome] à

C[ivit]à-V[ecchia], j'ai eu l'occasion de rendre, sans me gêner, un

fort grand service à une jeune femme que je ne soupçonne pas fort

cruelle. En route, elle a découvert mon nom malgré moi, elle était

porteur d'une lettre de recommandation pour mon secrétaire. Elle a des

yeux fort beaux et ces yeux m'ont regardé sans cruauté pendant les huit

dernières lieues du voyage. Elle m'a prié de lui chercher un logement

peu cher; enfin il ne tenait probablement qu'à moi d'en être bien

traité; mais, comme j'écris ceci depuis huit jours, le fatal souvenir

de M. l'abbé Raillane était réveillé. Le nez aquilin, mais un peu

trop petit, de celte jolie Lyonnaise, Mme ...[4], m'a rappelé celui

de l'abbé, dès lors il m'a été impossible même de la regarder, et j'ai

fait semblant de dormir en voiture. Même, après l'avoir fait embarquer

par grâce et moyennant huit écus au lieu de vingt-cinq, j'hésitais à

aller voir le nouveau lazaret pour n'être pas obligé de la voir et de

recevoir ses remerciements.

Comme il n'y a aucune consolation, rien que de laid et de sale, dans

les souvenirs de l'abbé Raillane, depuis vingt ans au moins je détourne

les yeux avec horreur du souvenir de cette terrible époque. Cet homme

aurait dû faire de moi un coquin, c'était, je le vois maintenant, un

parfait jésuite[5], il me prenait à part dans nos promenades le long

de l'Isère, de la porte de la Graille[6] à l'embouchure du Drac, ou

simplement à un petit bois au-delà du travers de l'île A[7] pour

m'expliquer que j'étais imprudent en paroles: «Mais, Monsieur, lui

disais-je en d'autres termes, c'est vrai, c'est ce que je sens.

--N'importe, mon petit ami, il ne faut pas le dire, cela ne convient

pas.» Si ces maximes eussent pris, je serais riche aujourd'hui, car

trois ou quatre fois la fortune a frappé à ma porte. (J'ai refusé en

mai 1814 la direction générale des subsistances (blé) de Paris, sous

les ordres de M. le comte Beugnot, dont la femme avait pour moi la plus

vive amitié; après son amant, M. Pépin de Bellile, mon ami intime,

j'étais peut-être ce qu'elle aimait le mieux.) Je serais donc riche,

mais je serais un coquin, je n'aurais pas les charmantes visions du

beau, qui souvent remplissent ma tête à mon âge de _fifty two._

Le lecteur croit peut-être que je cherche à éloigner cette coupe fatale

d'avoir à parler de l'abbé Raillane.

Il avait un frère, tailleur au bout de la Grande-rue, près la place

Claveyson, qui était l'ignoble en personne. Une seule disgrâce manquait

à ce jésuite[8], il n'était pas sale, mais au contraire fort soigné

et fort propre. Il avait le goût des serins des Canaries, il les

faisait nicher et les tenait fort proprement, mais à côté de mon lit.

Je ne conçois pas comment mon père souillait une chose aussi peu saine.

Mon grand-père n'était jamais remonté dans la maison[9] après la mort

de sa fille, il ne l'eût pas souffert, lui: mon père, Chérubin Beyle,

comme je l'ai dit, m'aimait comme le soutien de son nom, mais nullement

comme fils.

La cage des serins, en fils de fer attachés à des montants en bois,

eux-mêmes attachés au mur par des happes à plâtre, pouvait avoir neuf

pieds de long, six de haut et quatre de profondeur. Dans cet espace

voltigeaient tristement, loin du soleil, une trentaine de pauvres

serins de toute couleur. Quand ils nichaient, l'abbé les nourrissait

avec des jaunes d'œuf, et de tout ce qu'il faisait cela seul

m'intéressait. Mais ces diables d'oiseaux me réveillaient au point du

jour, bientôt après j'entendais la pelle de l'abbé qui arrangeait son

feu avec un soin que j'ai reconnu plus tard appartenir aux jésuites

[10]. Mais cette volière produisait beaucoup d'odeur, et à deux pieds

de mon lit et dans une chambre humide, obscure, où le soleil ne donnait

jamais. Nous n'avions pas de fenêtre sur le jardin Lamouroux, seulement

un _jour de souffrance_ (les villes de parlement sont remplies de mots

de droit) qui donnait une brillante lumière à l'escalier L[11],

ombragé par un beau tilleul, quoique l'escalier fût au moins à quarante

pieds de terre. Ce tilleul devait être fort grand.

L'abbé se mettait en colère calme, sombre et méchante d'un diplomate

flegmatique, quand je mangeais le pain sec de mon goûter près de ses

orangers. Ces orangers étaient une véritable manie, bien plus incommode

encore que celle des oiseaux. Ils avaient les uns trois pouces et les

autres un pied de haut, ils étaient placés sur la fenêtre O, à laquelle

le soleil atteignait un peu pendant deux mois d'été. Le fatal abbé

prétendait que les miettes qui tombaient de notre pain bis attiraient

les mouches, lesquelles mangeaient ses orangers. Cet abbé aurait donné

des leçons de petitesse aux bourgeois les plus bourgeois, les plus

_patets_ de la ville. (Patet, prononcez: _Patais_, extrême attention

donnée aux plus petits intérêts.)

Mes compagnons, MM. Chazel et Reytiers[12], étaient bien moins

malheureux que moi. Chazel était un bon garçon déjà grand, dont le

père, méridional je crois, Ce qui veut dire homme franc, brusque,

grossier, et commis-commissionnaire de MM. Périer, ne tenait pas

beaucoup au latin. Il venait _seul_ (sans domestique) vers les dix

heures, faisait mal son _devoir_ latin et filait à midi et demi,

souvent il ne venait pas le soir.

Reytiers, extrêmement joli garçon, blond et timide comme une

demoiselle, n'osait pas regarder en face le terrible abbé Raillane.

Il était fils unique d'un père le plus timide des hommes et le plus

religieux. Il arrivait dès huit heures, sous la garde sévère d'un

domestique qui venait le reprendre comme midi sonnait à Saint-André

(église à la mode de la ville, dont nous entendions fort bien les

cloches). Dès deux heures, le domestique ramenait Reytiers avec son

goûter dans un panier. En été, vers cinq heures M. Raillane nous menait

promener, en hiver rarement, et alors c'était vers les trois heures.

Chazel, qui était un _grand_, s'ennuyait de la promenade et nous

quittait bien vite.

Nous ambitionnions beaucoup aller du côté de l'île de l'Isère: d'abord

la montagne, vue de là, a un aspect délicieux, et l'un des défauts

littéraires de mon père et de M. Raillane était d'exagérer sans cesse

les beautés de la nature (que ces belles âmes devaient bien peu sentir;

ils ne pensaient qu'à gagner de l'argent). A force de nous parler

de la beauté du rocher de la Buisserate[13], M. l'abbé Raillane

nous avait fait lever la tête. Mais c'était un bien autre objet qui

nous faisait aimer le rivage près l'île. Là nous voyions, nous autres

pauvres prisonniers, des jeunes gens qui _jouissaient de la liberté_,

allaient et venaient _seuls_ et après se baignaient dans l'Isère et un

ruisseau affluent nommé la Biole[14]. Excès de bonheur dont nous

n'apercevions pas même la possibilité dans le lointain le plus éloigné.

M. Raillane, comme un vrai journal ministériel de nos jours, ne savait

nous parler que des dangers de la liberté. Il ne voyait jamais un

enfant se baignant sans nous prédire qu'il finirait par se noyer,

nous rendant ainsi le service de faire de nous des lâches, et il a

parfaitement réussi à mon égard. Jamais je n'ai pu apprendre à nager.

Quand je fus libre, deux ans après, vers 1795, je pense, et encore en

trompant mes parents et faisant chaque jour un nouveau mensonge, je

songeais déjà à quitter Grenoble, à quelque prix que ce fût, j'étais

amoureux de Mlle Kably, et la nage n'était plus un objet

assez intéressant pour moi pour l'apprendre. Toutes les fois que je me

mettais à l'eau, Roland (Alphonse) ou quelque autre _fort_ me faisait

boire.

* * * * *

Je n'ai point de dates pendant l'affreuse tyrannie Raillane; je

devins sombre et haïssant tout le monde. Mon grand malheur était

de ne pouvoir jouer avec d'autres enfants; mon père, probablement

très fier d'avoir un précepteur pour son fils, ne craignait rien à

l'égal de me voir _aller avec des enfants du commun_, telle était la

locution des aristocrates de ce temps-là. Une seule chose pourrait

me fournir une date: Mlle Marine Périer[15] (sœur du

ministre Casimir Périer) vint voir M. Raillane, qui peut-être était

son confesseur, peu de temps avant son mariage avec ce fou de Camille

Teisseire, patriote enragé qui plus tard a brûlé ses exemplaires de

Voltaire et de Rousseau, qui, en 1811, lui étant sous-préfet par la

grâce de M. Crétet, son cousin, fut si stupéfait de la faveur dont

il me vit jouir dans le salon[16] de madame la comtesse Daru (au

rez-de-chaussée sur le jardin de l'hôtel de Biron, je crois, hôtel de

la Liste civile, dernière maison à gauche de la rue Saint-Dominique,

au coin du boulevard des Invalides). Je vois encore sa mine envieuse

et la gaucherie de sa politesse à mon égard. Camille Teisseire s'était

enrichi, ou plutôt son père s'était enrichi en fabriquant du _ratafia

de cerises_, ce dont il avait une grande honte.

En faisant rechercher dans les actes de l'état-civil de Grenoble

(que Louis XVIII appelait Grelibre) l'acte de mariage de M. Camille

Teisseire (rue des Vieux-Jésuites ou place Grenette, car sa vaste

maison avait deux entrées) avec Mlle Marine Périer, j'aurais

la date de la tyrannie Raillane.

J'étais sombre, sournois, mécontent, je traduisais Virgile, l'abbé

m'exagérait les beautés de ce poète et j'accueillais ses louanges

comme les pauvres Polonais d'aujourd'hui doivent accueillir les

louanges de la bonhomie russe dans leurs gazettes vendues; je haïssais

l'abbé, je haïssais mon père, source des pouvoirs de l'abbé, je

haïssais encore plus la religion[17] au nom de laquelle il me

tyrannisait. Je prouvais à mon compagnon de chaîne, le timide Reytiers,

que toutes les choses qu'on nous apprenait étaient des contes. Où

avais-je pris ces idées? Je l'ignore. Nous avions une grande bible à

estampes reliée en vert, avec des estampes gravées sur bois et insérées

dans le texte, rien n'est mieux pour les enfants. Je me souviens que je

cherchais sans cesse des ridicules à cette pauvre bible. Reytiers, plus

timide, plus croyant, adoré par son père et par sa mère, qui mettait

un pied de rouge et avait été une beauté, admettait mes doutes par

complaisance pour moi.

Nous traduisions donc Virgile à grand'peine, lorsque je découvris dans

la bibliothèque de mon père une traduction de Virgile en quatre volumes

in-8° fort bien reliés, par ce coquin d'abbé Desfontaines, je crois. Je

trouvai le volume correspondant aux Géorgiques et au second livre que

nous écorchions (réellement nous ne savions pas du tout le latin). Je

cachai ce bienheureux volume aux lieux d'aisance, dans une armoire où

l'on déposait les plumes des chapons consommés à la maison; et là, deux

ou trois fois pendant notre pénible _version_, nous allions consulter

celle de Desfontaines. Il me semble que l'abbé s'en aperçut par la

débonnaireté de Reytiers, ce fut une scène abominable. Je devenais de

plus en plus sombre, méchant, malheureux. J'exécrais tout le monde, et

ma tante Séraphie superlativement.

Un an après la mort de ma mère, vers 1791 ou 92, il me semble

aujourd'hui que mon père en devint amoureux, de là d'interminables

promenades aux _Granges_[18], où l'on méprenait en tiers en prenant

la précaution de me faire marcher à quarante pas en avant dès que

nous avions passé la porte de Bonne. Cette tante Séraphie m'avait

pris en grippe, je ne sais pourquoi, et me faisait sans cesse gronder

par mon père. Je les exécrais et il devait y paraître puisque, même

aujourd'hui, quand j'ai de l'éloignement pour quelqu'un, les personnes

présentes s'en aperçoivent sur-le-champ. Je détestais ma sœur cadette,

Zénaïde (aujourd'hui Mme Alexandre Mallein[19]), parce

qu'elle était chérie par mon père, qui chaque soir l'endormait sur

ses genoux, et hautement protégée par Mlle Séraphie. Je

couvrais les plâtres de la maison (et particulièrement des gippes)

de caricatures[20] contre Zénaïde _rapporteuse._ Ma sœur Pauline

(aujourd'hui Mme veuve Périer-Lagrange) et moi accusions

Zénaïde de jouer auprès de nous le rôle d'espion, et je crois bien

qu'il en était quelque chose. Je dînais toujours chez mon grand-père,

mais nous avions fini de dîner comme une heure et quart sonnait à

Saint-André, et à deux heures il fallait quitter le beau soleil de la

place Grenette pour les chambres humides et froides que l'abbé Raillane

occupait sur la cour de la maison paternelle, rue des Vieux-Jésuites.

Rien n'était plus pénible pour moi; comme j'étais sombre et sournois,

je faisais des projets de m'enfuir, mais où prendre de l'argent?

Un jour, mon grand-père dit à l'abbé Raillane:

«Mais, monsieur, pourquoi enseigner à cet enfant le système céleste de

Ptolémée, que vous savez être faux?

--Mais il explique tout, et d'ailleurs est approuvé par l'Eglise.»

Mon grand-père ne put digérer cette réponse et souvent la répétait,

mais en riant; il ne s'indignait jamais contre ce qui dépendait des

autres, or mon éducation dépendait de mon père, et moins M. Gagnon

avait d'estime pour son savoir, plus il respectait ses droits de père.

Mais cette réponse de l'abbé, souvent répétée par mon grand-père,

que j'adorais, acheva de faire de moi un impie forcené et d'ailleurs

l'être le plus sombre. Mon grand-père savait l'astronomie, quoiqu'il

ne comprit rien au calcul; nous passions les soirées d'été sur la

magnifique terrasse de son appartement, là il me montrait la grande et

la petite Ourse et me parlait poétiquement des bergers de la Chaldée et

d'Abraham. Je pris ainsi de la considération pour Abraham, et je dis

à Reytiers: Ce n'est pas un coquin comme ces autres personnages de la

Bible.

Mon grand-père avait à lui, ou emprunté à la bibliothèque publique,

dont il avait été le promoteur, un exemplaire in-4° du voyage de

_Bruce en Nubie et Abyssinie._ Ce voyage avait des gravures, de là son

influence immense sur mon éducation.

J'exécrais tout ce que m'enseignaient mon père et l'abbé Raillane. Or,

mon père me faisait réciter par cœur la géographie de _Lacroix_, l'abbé

avait continué; je la savais bien, par force, mais je l'exécrais.

Bruce, descendant des rois d'Ecosse, me disait mon excellent

grand-père, me donna un goût vif pour toutes les sciences dont il

parlait. De là mon amour pour les mathématiques et enfin cette idée,

j'ose dire de génie: _Les mathématiques peuvent me faire sortir de

Grenoble._

[Footnote 1: Le _chapitre VIII_ est le chapitre VI du manuscrit (fol. 99 à

121).--Écrit à Cività-Vecchia, les 5 et 6 décembre 1835.]

[Footnote 2: ... _la magnifique allée des Marronniers, plantée ... par

Lesdiguières._--Il s'agit de la promenade de la Terrasse du

Jardin-de-Ville. Les orangers de la Ville de Grenoble proviennent en

effet de Lesdiguières. Lors de la vente de l'hôtel de Lesdiguières

aux Consuls de Grenoble pour en faire un Hôtel-de-Ville, il y eut

une longue discussion au sujet de la cession de l'orangerie et des

orangers. Ceux-ci furent définitivement compris dans le contrat de

vente du 5 août 1719 (Arch. mun. de Grenoble, DD 101).--Il importe

toutefois de noter que la terrasse et l'orangerie ne furent pas

l'œuvre de Lesdiguières lui-même. Elles datent en effet de 1675

environ.--Les orangers sont encore aujourd'hui,--mais non plus «en

grande pompe»,--placés dans le Jardin-de-Ville et sur la place Grenette.]

[Footnote 3: ... _était venu se cacher à Avignon à la suite ..._--Après ces

mots il y a dans le manuscrit un blanc d'une demi-ligne.]

[Footnote 4:--_cette jolie Lyonnaise, Mme ..._--Le nom a été laissé

en blanc par Stendhal.]

[Footnote 5: ... _un parfait jésuite ..._--Ms.: «_Tejé._»]

[Footnote 6: ... _la porte de la Graille ..._--Cette porte se trouvait

sur l'actuel quai Créqui. Elle a été démolie en 1884, lors de

l'agrandissement de l'enceinte. (Voir notre plan de Grenoble en 1793.)]

[Footnote 7: ... _au-delà du travers de l'île A ..._--Ici un plan

explicatif.--L'île a disparu aujourd'hui; elle s'appelait l'île Sirand.]

[Footnote 8: _Une seule disgrâce manquait à ce jésuite ..._--Ms.: «_Tejé._»]

[Footnote 9: _Mon grand-père n'était jamais remonté dans la maison ..._--Suit

un plan d'une partie de la «maison paternelle», rue des Vieux-Jésuites.]

[Footnote 10: ... _que j'ai reconnu plus tard appartenir aux jésuites._--Ms.:

«_Tejés._»]

[Footnote 11: ... _qui donnait une brillante lumière à l'escalier L

..._--Ainsi désigné par Stendhal dans son plan de la maison paternelle:

«Escalier rejoignant celui de la maison.»]

[Footnote 12: ... _Reytiers ..._--Teisseire. (Note de Stendhal.)]

[Footnote 13: ... _la beauté du rocher de la Buisserate ..._--La montagne du

Néron, appelée aussi, improprement, le Casque de Néron, qui se termine

au-dessus de la Buisserate (hameau de Saint-Martin-le-Vinoux) par un

rocher à pic de 300 mètres environ.]

[Footnote 14: ... un _ruisseau affluent nommé la Biole._--Mot patois

signifiant petit ruisseau. Il s'agit sans doute d'un petit cours d'eau,

dénommé aujourd'hui canal de la Scierie, et qui du temps de Stendhal

servait au colmatage des terrains voisins.]

[Footnote 15: _ Mlle Marine Périer ..._--Adélaïde-Hélène, dite

Marine Périer, a épousé Camille-Hyacinthe Teisseire le 13 thermidor an

II (31 juillet 1794).]

[Footnote 16: ... _la faveur dont il me vit jouir dans le salon ..._

--Variante: «_Où il me vit établi dans ..._»]

[Footnote 17: ... _je haïssais encore plus la religion ..._--Ms.: «_Gion._»]

[Footnote 18: ... _d'interminables promenades aux_ Granges ...--Ce quartier

suburbain, alors peuplé en grande partie de peigneurs de chanvre, est

aujourd'hui à l'intérieur de la ville. Il est situé aux alentours de

l'église Saint-Joseph. (Voir notre plan de Grenoble en 1793.)]

[Footnote 19: ... _Mme Alexandre Mallein

..._--Marie-Zénaïde-Caroline Beyle, née le 10 octobre 1788, épousa le

30 mai 1815 Alexandre-Charles Mallein, contrôleur des Contributions

directes.]

[Footnote 20: _Je couvrais les plâtres de la maison de caricatures ..._--Je

me rappelle d'une fort plaisante. Zénaïde était représentée

dévidant du fil placé sur un tour; elle y était dessinée en pied,

assez grotesquement, avec cette devise au bas: «_Zénaïde, jalousie

rapportante, Caroline Beyle._» (Note au crayon de R. Colomb.)]

Vie de Henri Brulard, tome 1 · 第 35 / 82 题