Il est une heure et demie, quand la duchesse d'Orléans entre dans
la Chambre, tenant par la main ses deux fils, suivie de plusieurs
officiers et gardes nationaux. Elle est vêtue de deuil, et son voile
à demi relevé laisse voir sa figure pâle et ses yeux rougis par les
larmes. L'assemblée, attendrie par ce spectacle, se lève et pousse
des acclamations répétées: «Vive la duchesse d'Orléans! vive le
comte de Paris! vive le Roi! vive la Régente!» Presque aucun cri
discordant ne se fait entendre. La princesse et ses enfants prennent
place sur des sièges que le président fait disposer en hâte dans
l'hémicycle, au pied de la tribune. Presque aussitôt après, arrive le
duc de Nemours qui s'est frayé, non sans peine, un chemin à travers
la foule obstruant déjà toutes les issues. Il presse vainement la
duchesse d'Orléans de s'en aller. La voyant résolue à rester, il
demeure auprès d'elle pour la protéger et pour partager ses périls.
En même temps que la princesse et son escorte, beaucoup de personnes
étrangères à la Chambre ont pénétré dans la salle, entre autres les
délégués du _National_. C'est le commencement d'une invasion qui ne
pourra que grossir. Si donc l'on veut faire quelque chose, il faut
aller très vite, profiter de l'attendrissement du premier moment, ne
pas laisser aux envahisseurs le temps de recevoir des renforts et
d'agir.
Le président du conseil, M. Odilon Barrot, auquel il appartiendrait
de prendre l'initiative, est toujours absent. À son défaut, M.
Dupin, pressé par plusieurs députés, monte à la tribune, annonce
l'abdication, la régence, et demande que la Chambre «fasse inscrire
au procès-verbal les acclamations qui ont accompagné et salué le
comte de Paris comme roi, et la duchesse d'Orléans comme régente».
Le président, entrant dans cette idée, constate ces «acclamations
unanimes». La grande majorité des députés approuve; mais des
protestations s'élèvent, surtout dans la foule qui remplit les
tribunes et les couloirs. Plus que jamais, il importe de se hâter.
Les ennemis comprennent, au contraire, de quel intérêt il est
pour eux de gagner du temps. M. Marie, complice des délégués du
_National_, monte à la tribune. De sa place, M. de Lamartine, non
moins empressé à exécuter les conditions de son marché, demande
que la séance soit suspendue à raison de «la présence de l'auguste
princesse». Par une étrange aberration, M. Sauzet, qui croit M.
de Lamartine bien disposé, donne dans le panneau qu'il lui tend,
et déclare que «la Chambre va suspendre sa séance, jusqu'à ce que
madame la duchesse d'Orléans et le nouveau roi se soient retirés».
De nombreuses réclamations éclatent sur les bancs des députés. La
princesse se refuse à sortir; se tournant vers le président, elle lui
dit avec dignité: «Monsieur, ceci est une séance royale!» Aux amis
effrayés pour sa vie qui l'engagent à partir, elle répond avec un
sourire triste: «Si je sors d'ici, mon fils n'y rentrera pas.» Elle
demeure donc, immobile, calme, au milieu de la foule qui l'enveloppe
de plus en plus. Par instants seulement, quand son fils, plus
violemment pressé, se serre instinctivement contre elle, une angoisse
rapide passe sur son visage; elle se penche vers l'enfant, mais,
aussitôt après, se redresse et reprend son expression de douceur
résolue. Le duc de Nemours ne quitte pas des yeux sa belle-soeur et
ses neveux; un député est venu l'avertir qu'on en veut à sa vie;
tout entier à son rôle de protecteur, il ne s'inquiète pas de ce qui
le menace personnellement. M. Marie est toujours à la tribune, sans
pouvoir parler. Le général Oudinot parvient à se faire entendre.
«Si la princesse, s'écrie-t-il, désire se retirer, que les issues
soient ouvertes, que nos respects l'entourent... Accompagnons-la
où elle veut aller. Si elle demande à rester dans cette enceinte,
qu'elle reste, et elle aura raison, car elle sera protégée par notre
dévouement.» Le président s'obstine et invite de nouveau «toutes les
personnes étrangères à la Chambre à se retirer de l'enceinte». Le
tumulte redouble. La situation devient intenable dans l'hémicycle,
pour la duchesse d'Orléans et ses enfants, littéralement étouffés et
écrasés par la foule. Précédée du duc de Nemours et suivie des jeunes
princes, la duchesse gravit les degrés de la salle par le couloir du
centre. Est-ce donc qu'elle se décide à s'en aller? Non; arrivée aux
bancs supérieurs du centre gauche, elle s'y assoit, aux acclamations
de la Chambre presque entière.
M. Sauzet n'insiste plus pour la sortie de la princesse. Mais un
temps précieux a été perdu, pendant lequel le nombre des intrus a
augmenté dans les couloirs et l'hémicycle. Ce n'est pas encore une
invasion de vive force et en masse; c'est une sorte d'infiltration
continue. Comprendra-t-on enfin la nécessité de conclure? Le
président annonce que la Chambre va «délibérer». M. Marie, qui est
à la tribune depuis longtemps, prend la parole; il objecte aux
partisans de la duchesse d'Orléans la loi qui attribue la régence
au duc de Nemours; scrupule étrange chez un homme qui, à ce même
moment, fait une oeuvre ouvertement révolutionnaire; il conclut,
sans nommer la république, en demandant l'organisation immédiate
d'un gouvernement provisoire. Le président et la majorité, qui, au
milieu de ce brouhaha, n'ont visiblement plus possession entière de
leurs esprits, ne protestent pas contre une discussion qui suppose
le gouvernement vacant. Encouragé par cette tolérance, M. Crémieux
appuie la proposition de M. Marie[592].
[Note 592: M. Crémieux ne mérite certes pas d'occuper longtemps
l'histoire. Toutefois, c'est un singulier rôle que celui de cet
homme qui, le matin, se proclamant hautement dynastique, s'improvise
à plusieurs reprises conseiller du Roi, véritable mouche du coche
dans lequel est emporté la monarchie; qui se propose ensuite comme
le conseiller de la régence, au point d'apporter à la duchesse
d'Orléans, griffonné sur un chiffon de papier, un projet de discours
qu'elle ne lui avait certes pas demandé; qui, aussitôt après, se
prononce pour le gouvernement provisoire et la république. Il est
vrai que, quand on lui demandera de lire la liste des membres de
ce gouvernement provisoire, il répondra: «Je ne puis pas la lire,
mon nom n'y est pas.» Il finira par l'y faire mettre, sinon par l'y
mettre lui-même. Ce n'est pas la moindre humiliation de ces jours
de révolution, de voir l'influence qu'ils permettent à de tels
personnages de prendre sur les destinées du pays.]
Cependant M. Odilon Barrot, informé de la présence de la duchesse
d'Orléans au Palais-Bourbon, s'est enfin décidé à y venir. À peine
paraît-il qu'il est entraîné dans un bureau par les délégués du
_National_; ceux-ci lui offrent une place dans le gouvernement
provisoire, à condition qu'il abandonne la régence; il refuse avec
indignation, s'arrache aux bras qui veulent le retenir, et rentre
dans la salle. Des voix nombreuses l'appellent à la tribune. Après
quelques généralités sur le mal de la guerre civile: «Notre devoir,
dit-il, est tout tracé. Il a heureusement cette simplicité qui saisit
une nation. Il s'adresse à ce qu'il y a de plus généreux et de plus
intime: à son courage et à son honneur. La couronne de Juillet
repose sur la tête d'un enfant et d'une femme.» À ces paroles bien
inspirées et bien dites, la grande majorité des députés répond par
des acclamations. La duchesse d'Orléans et, sur son indication, le
comte de Paris se lèvent et saluent. Puis, presque aussitôt, la
princesse fait signe qu'elle veut parler. «Messieurs, dit-elle avec
fermeté, je suis venue avec ce que j'ai de plus cher au monde...»
Sa voix ne parvient pas à dominer le tumulte. Vainement quelques
députés crient-ils: «Laissez parler madame la duchesse!» D'autres,
qui ne se rendent pas compte de ce qui se passe ou qui redoutent
cette intervention, crient: «Continuez, monsieur Barrot!» Et M.
Barrot continue, ajoutant ainsi le son de sa parole à tous les
bruits qui étouffent la voix de la princesse. Ne s'est-il donc pas
aperçu qu'elle voulait parler, ou a-t-il cru qu'il dirait mieux
ce qui convenait? La duchesse d'Orléans, restée un instant debout
dans l'attitude résolue de quelqu'un qui veut haranguer une foule,
retombe accablée sur son banc. Que serait-il arrivé si elle avait pu
se faire entendre? Elle eût certainement trouvé dans son coeur de
princesse et de mère des accents inconnus aux avocats parlementaires.
Eussent-ils suffi à rétablir une fortune déjà si compromise? En
tout cas, l'occasion, une fois perdue, ne pourra plus se retrouver.
La princesse le sent: aussi est-ce pour elle l'instant le plus
douloureux. Depuis le départ du Roi, gardant, en dépit de tout, une
certaine confiance dans sa popularité personnelle, se sentant l'âme
et le courage d'une Marie-Thérèse, elle a été soutenue par l'espoir
de se rencontrer face à face avec le peuple, de lui en imposer par
son attitude, par sa parole, et de redresser ainsi à elle seule le
trône à demi abattu de son fils. C'est pour cela que, tout à l'heure,
elle était prête à aller à l'Hôtel de ville et que, malgré le duc de
Nemours, elle a voulu venir à la Chambre. Cet espoir s'écroule.
La fin du discours de M. Odilon Barrot ne vaut pas le début. La
pensée s'amollit en se délayant. Les phrases se suivent, sans agir
sur les auditeurs. Et puis, au bout, pas un acte, pas une initiative.
Pour toute conclusion, la menace de donner sa démission si l'on
n'adopte pas son avis. Il faut certes la naïveté de M. Barrot pour
s'imaginer qu'on arrête une révolution en posant la question de
cabinet. Le ministre n'ayant fait aucune proposition par laquelle
on puisse clore le débat, celui-ci se prolonge. La parole est aux
vaincus de 1830 qui voient, avec une joie cruelle, leurs vainqueurs
aux prises à leur tour avec la révolution. «Messieurs, s'écrie M.
de la Rochejacquelein, il appartient peut-être à ceux qui, dans le
passé, ont toujours servi les rois, de parler maintenant du peuple.
Aujourd'hui, vous n'êtes rien ici; vous n'êtes plus rien... Il faut
convoquer la nation, et alors...» À ce moment, comme pour répondre à
cet appel, la porte de gauche, frappée violemment à coups de crosse,
cède et livre passage à une foule d'hommes armés, gardes nationaux,
ouvriers, étudiants, portant des drapeaux et criant: «À bas la
régence! La déchéance!» Le flot tumultueux remplit l'hémicycle et
déborde sur les premiers gradins. Les députés refoulés se serrent
sur les bancs supérieurs. Le président se couvre et déclare «qu'il
n'y a point de séance en ce moment», mais il reste à son fauteuil.
La duchesse d'Orléans est toujours à sa place, le duc de Nemours à
côté d'elle[593]. M. Odilon Barrot est immobile, les bras croisés,
au pied de la tribune d'où les envahisseurs proclament que le peuple
a repris sa souveraineté. L'un d'eux annonce que «le trône vient
d'être brisé aux Tuileries et jeté par les fenêtres». M. de la
Rochejacquelein, s'adressant à l'un des chefs, lui dit: «Nous allons
droit à la république.--Quel mal y a-t-il à cela?--Aucun, reprend M.
de la Rochejacquelein; tant pis pour eux, ils ne l'auront pas volé.»
Enfin, M. Ledru-Rollin parvient à prendre la parole. Au nom du peuple
dont il salue les représentants dans les envahisseurs, il dénie à la
Chambre le droit de constituer une régence. M. Berryer trouve qu'il
ne va pas assez vite. «Pressez la question, lui crie-t-il; concluez;
un gouvernement provisoire!» M. Ledru-Rollin se décide à finir en
réclamant un gouvernement provisoire nommé par le peuple, non par la
Chambre.
[Note 593: Le _Moniteur_, si complet et si exact sur cette séance, se
trompe, quand il dit que la princesse est partie au moment de cette
invasion.]
Voici M. de Lamartine à la tribune. Il est salué par des
applaudissements. Cette ovation rend quelque espoir aux partisans de
la duchesse d'Orléans qui ignorent l'engagement pris par l'orateur
envers les républicains, et qui se rappellent qu'en 1842, il s'était
prononcé avec éclat pour la régence féminine. Ils veulent voir en
lui l'homme capable de charmer, de toucher, de dompter cette foule.
La cause à défendre ne semble-t-elle pas faite pour le séduire? Du
haut de la tribune, il peut voir les deux clients qui s'offrent à son
éloquence: à ses pieds, l'émeute grouillante, hurlante, menaçante,
qui cherche à étouffer par la force la libre délibération des élus
du pays; en face de lui, immobile et digne, une princesse en larmes,
une mère en deuil, qui, son enfant à la main, est venue se confier à
la représentation nationale; d'un côté, la violence dans ce qu'elle
a de plus cynique et de plus hideux; de l'autre, le droit sous sa
forme la plus touchante. Comment supposer qu'un poète, d'âme tendre
et délicate, d'inspiration chevaleresque, puisse un moment hésiter?
Son imagination rêvait un beau rôle: où en trouver un plus beau et
qui convienne mieux à son talent? En effet, les premières paroles de
l'orateur semblent un appel à la pitié en faveur «d'une princesse se
défendant avec son fils innocent, et venant se jeter du milieu d'un
palais désert au milieu de la représentation du peuple». L'émeute,
surprise, murmure et ébauche des gestes de menace. Quelques amis de
la princesse se retournent vers elle, avec une lueur d'espoir dans le
regard; mais elle leur répond par un sourire triste, indiquant d'un
léger signe du doigt qu'elle n'a pas leur illusion. M. de Lamartine
ne laisse pas longtemps l'auditoire dans l'incertitude; il ajoute
que, «s'il partage l'émotion qu'inspire ce spectacle attendrissant
des plus grandes catastrophes humaines, il n'a pas partagé moins
vivement le respect pour le peuple glorieux qui combat depuis trois
jours afin de redresser un gouvernement perfide». Un frémissement
douloureux parcourt les rangs des amis de la monarchie, tandis que
l'émeute, rassurée, applaudit. L'orateur continue en contestant la
portée des «acclamations» sur lesquelles on a prétendu fonder la
régence, et, «du droit de la paix publique, du droit du sang qui
coule», il demande que «l'on constitue à l'instant un gouvernement
provisoire».
Ce «peuple», que l'orateur flatte si misérablement, ne va pas
lui laisser finir son discours. Les portes, de nouveau forcées,
vomissent une seconde invasion plus hideuse encore que la première.
Les émeutiers se précipitent à la fois par les tribunes et par les
entrées du bas, ivres de violence et de vin, vêtements déchirés,
chemise ouverte, bras nus, brandissant leurs armes, hurlant: «À
bas la Chambre! Pas de députés! À la porte les corrompus! Vive la
république!» L'un d'eux, d'une main mal assurée, ajuste son fusil
dans la direction du bureau. «Ne tirez pas, ne tirez pas, lui
crie-t-on; c'est Lamartine qui parle!» Ses voisins parviennent
enfin à relever son arme. «Président des corrompus, va-t'en!» dit
un insurgé en arrachant le chapeau de M. Sauzet, qui disparaît, non
sans déclarer la séance levée. Les députés épouvantés s'échappent par
toutes les issues. Le groupe royal n'a plus autour de lui qu'un petit
nombre d'amis. Des insurgés, qui ont fini par le découvrir, braquent
leurs fusils de ce côté. La duchesse d'Orléans ne se trouble pas; le
duc de Nemours est toujours auprès d'elle. Leurs amis les entraînent
par un corridor étroit et obscur que la foule obstrue. Séparée
violemment de ses deux fils, la princesse pousse des cris déchirants:
«Mes enfants! mes enfants!» Au bout de quelques instants, le comte de
Paris, porté ou plutôt lancé de bras en bras, parvient à l'extrémité
du corridor; on le fait sortir par une fenêtre, et il rejoint sa
mère dans l'hôtel de la Présidence. Peu après, on apprend que le
duc de Chartres, un moment renversé sous les pieds de la foule, a
été relevé et se trouve en sûreté dans l'appartement d'un huissier.
Impossible de rester à la Présidence, qui va être probablement
envahie. On décide de se réfugier à l'hôtel des Invalides, qui est à
peu de distance. Une voiture se trouve dans la cour; la princesse y
monte avec le comte de Paris et quelques fidèles. Pendant ce temps,
le duc de Nemours a été entraîné par des amis qui le savent plus
menacé que tout autre; ils lui font revêtir un costume de garde
national. Insoucieux de son propre péril, il ne songe qu'à celui de
sa belle-soeur, et se hâte de la rejoindre aux Invalides.
Désormais, dans la salle du Palais-Bourbon, il n'y a plus de Chambre:
ce n'est qu'un club, et quel club! À peine une douzaine de députés
républicains sont-ils restés au milieu des envahisseurs en armes qui
remplissent l'enceinte. M. de Lamartine est toujours à la tribune,
et M. Dupont de l'Eure a été porté au fauteuil. Au milieu du tapage,
M. de Lamartine parvient, non sans peine, à faire comprendre qu'on
va soumettre au «peuple» la liste des membres du gouvernement
provisoire. Plusieurs noms sont jetés à la foulé. C'est ce que M.
Dupin a pu appeler «une nomination à la criée». Pourquoi tels noms
plutôt que tels autres? Pour cette seule raison que la coterie du
_National_ a eu l'idée de les inscrire sur sa liste. Au milieu des
acclamations, des huées, des apostrophes diverses qui se croisent,
il est difficile de savoir d'une façon précise qui a été admis, et
même souvent qui a été proposé. Les noms qui semblent surnager sont
ceux de Lamartine, Arago, Dupont de l'Eure, Ledru-Rollin, Marie. Pour
mettre un terme à cette scène de confusion tumultueuse, l'acteur
Bocage s'écrie: «À l'Hôtel de ville! Lamartine en tête!» L'appel est
entendu: une partie de la foule sort avec Lamartine et Dupont de
l'Eure. Une autre partie est demeurée dans la salle. M. Ledru-Rollin,
jaloux sans doute du rôle joué par M. de Lamartine, a pris possession
de la tribune. Sous le prétexte qu'un «gouvernement ne peut se nommer
à la légère», il recommence la «criée», ajoutant à la liste première
les noms de MM. Crémieux et Garnier-Pagès, qui ne laissent pas que de
soulever quelques protestations. Cela fait, il part à son tour pour
rejoindre Lamartine à l'Hôtel de ville. Le peuple se décide alors
à évacuer la salle, non sans avoir percé de balles le portrait de
Louis-Philippe dans le tableau qui est au-dessus du bureau et qui
représente la prestation du serment en 1830. Il est alors environ
quatre heures du soir.