III

La Grèce était, comme l'Espagne, l'un des champs de lutte où les

diplomaties anglaise et française avaient, depuis quelques années,

l'habitude de se rencontrer. Même du temps de l'entente cordiale,

il avait suffi que Colettis, chef de ce qu'on appelait à Athènes

le parti français, remplaçât au pouvoir Maurocordato, client de la

légation britannique, pour que le ministre d'Angleterre, sir Edmund

Lyons, digne émule de Bulwer, fît une opposition passionnée au

nouveau cabinet, et pour que notre agent, M. Piscatory, se crût par

contre obligé de le prendre sous sa protection[147]. L'avènement de

lord Palmerston n'était pas pour améliorer la situation. «Je suis

averti, écrivait M. Guizot à l'un de ses ambassadeurs, le 9 novembre

1846, que lord Palmerston penche à se venger en Grèce de son échec

en Espagne[148].» Non seulement Lyons ne fut plus contenu, mais il

fut excité. M. Piscatory n'était pas d'humeur à laisser sans défense

son ami Colettis, quand il était ainsi attaqué. Il se jeta dans

la bataille, avec son ardeur accoutumée, et y remporta plus d'un

avantage, non, il est vrai, sans s'exposer quelque peu à fausser son

rôle diplomatique, en se mêlant d'aussi près aux querelles des partis.

[Note 147: Sur les événements de Grèce jusqu'en 1846, voir plus haut,

t. VI, ch. IV, § III.]

[Note 148: Lettre particulière au comte de Flahault. (_Documents

inédits._)]

Pour tâcher de renverser Colettis, tous les moyens étaient bons à

lord Palmerston et à son agent, même ceux qui menaçaient le trône

d'Othon et l'indépendance de la Grèce. Vers la fin de janvier 1847,

à l'occasion d'un passeport refusé à un de ses aides de camp, le roi

de Grèce avait adressé, dans un bal, quelques paroles assez vives

au ministre de Turquie, M. Musurus. Celui-ci, poussé par sir Edmund

Lyons, grossit aussitôt l'incident, affecta d'y voir un affront dont

il imputait la responsabilité à Colettis, et réclama des excuses.

La question, portée à Constantinople, y fit l'objet de pourparlers,

qui se prolongèrent pendant les mois de février et de mars.

Vainement Othon et son ministre envoyèrent-ils des explications très

acceptables et que les cours continentales, l'Autriche notamment,

jugeaient telles; l'Angleterre excita la Porte à se montrer

intraitable. Ce conseil fut naturellement écouté d'une puissance qui

ne se consolait pas d'avoir vu créer, à ses dépens, l'État grec,

et qui devait saisir toute occasion de le mettre en danger. Ainsi

envenimée, la querelle amena une rupture des relations diplomatiques

entre Constantinople et Athènes, et l'on pouvait se demander si elle

ne finirait pas par une guerre.

Ce n'était pas assez pour lord Palmerston. Les finances avaient

toujours été l'un des points faibles de la Grèce. Le pays était

pauvre et l'administration sans ordre. Les trois puissances

protectrices, la France, l'Angleterre et la Russie, s'étaient souvent

plaintes d'un état de choses dont elles subissaient le contre-coup,

comme garantes de l'emprunt de 60 millions contracté au lendemain de

l'émancipation. Colettis désirait sincèrement remédier au mal, et

y avait travaillé, mais sans beaucoup de succès. De l'aveu de son

ami, M. Guizot, l'ancien palikare n'avait «ni les habitudes ni les

instincts de la régularité administrative». Au commencement de 1847,

il n'était pas encore en mesure de payer complètement les intérêts

de la dette, et se voyait réduit à demander aux puissances un

nouveau délai; il leur offrait en échange beaucoup de promesses et

quelques garanties. La France et la Russie étaient disposées à s'en

contenter, tout en insistant pour de promptes et efficaces réformes.

Mais lord Palmerston répondit en réclamant impérieusement le payement

immédiat du premier semestre de 1847, et en dressant un véritable

acte d'accusation contre le gouvernement grec. En même temps, avec

cette rudesse qui est un peu dans les habitudes des Anglais quand

ils ont affaire aux petits, il appuya ses exigences par l'envoi de

plusieurs navires sur les côtes de l'Attique; la présence de ces

navires, auxquels on croyait mission de saisir de force les revenus

du trésor grec, devait jeter et jeta en effet beaucoup d'alarme et

de trouble dans la population. Un tel conflit venant s'ajouter à

la querelle diplomatique alors engagée avec la Turquie, n'était-ce

pas plus qu'il n'en fallait pour rendre la situation intenable

à Colettis, d'autant qu'il avait alors sur les bras de graves

difficultés dans le Parlement et jusque dans le sein de son parti

et de son ministère? Aussi Palmerston, tout joyeux, se croyait-il

sur le point de nous battre à Athènes, comme, à ce moment même, il

se flattait de nous avoir battus à Madrid[149]. Son imagination

vindicative ne s'arrêtait pas à un changement de ministre; elle

rêvait plus ou moins d'une révolution; ce n'était pas à son insu qu'à

Londres, à Malte, à Corfou, on préparait des insurrections en Grèce,

et que le prince Louis-Bonaparte, alors réfugié à Londres, ébauchait

des intrigues en vue de prendre la place du roi Othon[150].

[Note 149: C'était, en effet, le moment où Isabelle mettait

violemment ses ministres _moderados_ à la porte, pour les remplacer

par les créatures de Bulwer.--Voir la lettre de lord Palmerston à

lord Normanby, du 2 avril 1847. (BULWER, _The Life of Palmerston_, t.

III, p. 308.)]

[Note 150: M. Guizot mentionnait ces intrigues dans une lettre

particulière, écrite le 31 mars 1847, au marquis de Dalmatie,

ministre de France à Berlin, et il terminait par ces mots: «Il n'y a

pas un de ces détails dont je ne sois positivement sûr.» (_Documents

inédits._)]

Le gouvernement français vit le danger. À peine, dans les derniers

jours de mars 1847, fut-il informé des mauvais desseins de lord

Palmerston, que, sans perdre une minute, il les dénonça aux cabinets

de Vienne, de Berlin, de Saint-Pétersbourg. Pour les intéresser à

cette affaire, il fallait leur y montrer autre chose qu'une lutte

d'influence locale entre la France et l'Angleterre. Aussi M. Guizot

affectait-il de n'attacher aucune importance à cette face de la

question. «Je sais trop bien, écrivait-il à son ambassadeur à

Vienne, ce que vaut pour nous l'apparence de l'influence à Athènes,

pour me préoccuper longtemps de ce qui nous ferait perdre cette

influence.» Il insistait, sachant bien que cela toucherait davantage

le cabinet autrichien, sur ce que les menées anglaises risquaient

de provoquer en Grèce une explosion nationale et un soulèvement

anarchique qui bouleverseraient l'Orient et, par suite, l'Europe.

«Lord Palmerston, ajoutait-il, ne s'inquiète guère de mettre en

branle les insurrections et les révolutions, et, quand il a sa

passion à satisfaire, il ne voit plus du tout l'ensemble et l'avenir

des choses. Mais, en vérité, l'Europe n'est pas obligée de s'associer

à son emportement et à son imprévoyance. Est-ce que l'Europe ne

fera rien, ne dira rien, pour empêcher qu'on n'ouvre sur elle cette

nouvelle outre pleine de je ne sais quelle tempête? Est-ce que M.

de Metternich n'avertira pas l'Europe, pour qu'elle se réunisse

et s'entende afin de parer le coup, si cela se peut encore, ou du

moins afin d'en arrêter les conséquences?... Nous croyons qu'avec

un peu de prévoyance et d'action commune, le mal peut être étouffé

dans son germe. Que le prince de Metternich _take the lead_ dans cet

intérêt européen; nous le seconderons de notre mieux.» En même temps,

M. Guizot écrivait à Berlin: «Je ne puis croire que, si l'Europe

continentale se montrait unie dans son improbation, lord Palmerston

n'hésitât pas à aller jusqu'au bout[151].»

[Note 151: Lettres particulières de M. Guizot au comte de Flahault,

en date du 30 mars 1847, et au marquis de Dalmatie, en date du 31

mars. (_Documents inédits._) Les affaires de Grèce étaient de celles

sur lesquelles, à cette même époque, M. de Kindworth avait mission de

proposer une entente à M. de Metternich. (_Mémoires de Metternich_,

t. VII, p. 389.)]

Obtenir des deux cours allemandes une action prompte et énergique,

était chose à peu près impossible. Tout indigné qu'il fût des

menées de lord Palmerston, M. de Metternich laissa voir, au premier

moment, une sorte de résignation fataliste à ce qu'il ne croyait pas

pouvoir empêcher. «Il faut se borner, nous disait-il, à prendre une

attitude et à attendre[152].» N'était-ce pas du reste, en bien des

circonstances, le premier et le dernier mot de sa diplomatie? Quant à

la Prusse, les représentations qu'elle était disposée à faire faire

à Londres perdaient beaucoup de leur force en passant par la bouche

de M. de Bunsen, de plus en plus acquis à lord Palmerston[153]. À

Athènes, les deux envoyés d'Autriche et de Prusse, tout en témoignant

leur sympathie à Colettis, l'engageaient, dans son intérêt, à céder

momentanément devant l'orage. «Plus tard, lui disaient-ils, vous

reviendrez plus fort[154].» Notre gouvernement eût certainement

désiré un concours plus ferme; ce n'en était pas moins un résultat

sérieux d'avoir amené les cabinets de Vienne et de Berlin à déclarer

qu'ils jugeaient comme nous la politique britannique en Grèce, à

adresser à Londres des observations même mal écoutées, et à agir,

non sans efficacité, sur le gouvernement russe pour le détourner de

suivre lord Palmerston[155].

[Note 152: Lettre particulière de M. de Flahault à M. Guizot, du 5

avril 1847. (_Documents inédits._)]

[Note 153: Lettre particulière de M. Guizot à M. de Flahault, du 30

mars 1847. (_Documents inédits._)]

[Note 154: _Mémoires de M. Guizot_, t. VII, p. 370.]

[Note 155: _Mémoires de M. de Metternich_, t. VII, p. 389, 390.]

Toutefois, la meilleure carte de notre jeu était Colettis lui-même.

Celui-ci, loin de faiblir, trouvait dans le péril une occasion de

montrer tout ce qu'il avait de ressources. Un remaniement de son

cabinet, des élections hardiment provoquées et terminées par un

éclatant succès, lui suffirent pour se débarrasser de ses difficultés

intérieures, et il en sortit plus populaire que jamais dans la

nation, plus en crédit auprès du Roi. Sagement préoccupé de mériter

la sympathie des autres puissances continentales, il les fit en

quelque sorte juges de sa conduite et de celle de lord Palmerston, et

s'arrangea pour mettre celui-ci bien dans son tort, en lui faisant

des offres assez sérieuses de garanties ou même de payement. De son

côté, le ministre anglais, chaque jour plus violent, s'aliénait

les autres puissances, sans parvenir à intimider la Grèce; loin

d'ébranler le ministre qu'il détestait, il le fortifiait et le

grandissait, en faisant de lui le représentant du sentiment national

offensé.

Au commencement de septembre 1847, lord Palmerston paraissait donc

avoir échoué dans sa campagne, et le cabinet français se félicitait

du succès de son client, quand arriva tout à coup d'Athènes une

lugubre nouvelle: Colettis, tombé malade au milieu même de sa

victoire, était mourant. Il succomba le 12 septembre, pleuré de la

cour et du peuple. M. Guizot ressentit très vivement la douleur de

cette perte. «La mort de Colettis, écrivait-il à M. de Barante, est

pour moi un vrai chagrin. J'ai fait, deux fois en ma vie, de grandes

affaires avec de vrais amis. Lord Aberdeen est à Haddo. Colettis est

mort. La veille de sa mort, la reine de Grèce, fondant en larmes

avec Piscatory, lui disait: «Et il y a des gens qui ne voient pas

que c'est un grand homme qui meurt[156]!» Notre ministre ne pleurait

pas seulement un ami personnel. Avec Colettis, le «parti français»

à Athènes perdait ses principales chances de succès et à peu près

tout ce qui pouvait nous le rendre intéressant. Cet homme, vraiment

unique sur le petit théâtre où les circonstances l'avaient fait

surgir, ne laissait derrière lui personne en état de le remplacer. M.

Guizot devait se sentir un peu dans la situation d'un joueur qui se

verrait enlever la carte sur laquelle il avait placé tout son enjeu,

et, de la politique suivie jusqu'alors, il ne lui restait guère

que l'embarras de se trouver engagé si avant dans l'inextricable

imbroglio des affaires intérieures de la Grèce.

[Note 156: Lettre du 28 septembre 1847. (_Documents inédits._)]

Par contre, lord Palmerston croyait, grâce à cet accident, tenir

enfin sa revanche. Il la voulait très complète. Vainement le

gouvernement bavarois proposait-il une sorte de désarmement

réciproque et la constitution à Athènes d'un ministère de coalition

où tous les partis seraient représentés; vainement la France se

montrait-elle disposée à entrer dans cette voie et offrait-elle de

rappeler M. Piscatory si l'on faisait de même pour sir Edmund Lyons:

lord Palmerston repoussait toutes ces ouvertures; il lui fallait

un cabinet présidé par Maurocordato, le chef du parti anglais, et

le premier acte de ce cabinet devait être de dissoudre la Chambre

qui venait d'être élue et qui n'avait pas encore siégé. La Grèce et

son roi, blessés de cette arrogance impérieuse, refusèrent de s'y

soumettre et maintinrent le pouvoir aux mains des amis de Colettis.

Lord Palmerston, exaspéré, voulut alors renverser de vive force ceux

qui osaient lui résister. Dans ses conversations, il ne se gênait

pas pour annoncer la chute prochaine d'Othon[157]. Mais, cette fois

encore, sa passion fut trompée. Tel avait été le prestige de Colettis

que, mort, il protégeait encore ceux qui suivaient sa politique et se

recommandaient de son nom. Le cabinet, appuyé par le Roi et par la

grande majorité de la nation, parvint à réprimer les insurrections

fomentées ou en tout cas favorisées par la diplomatie anglaise, mit

fin au conflit diplomatique avec la Porte, et, lorsque la session se

rouvrit, il put se faire honneur de la pacification relative du pays.

[Note 157: De Londres, le duc de Broglie écrivait, le 2 novembre

1847, à M. Guizot: «Lord Palmerston a dit à M. de Bunsen que le

roi Othon serait bientôt détrôné, qu'une révolution se préparait.»

(_Documents inédits._)]

Le gouvernement français aidait le ministère grec à se défendre, mais

avec réserve, «sans l'épouser», comme il avait fait de Colettis.

Il cherchait visiblement à se dégager peu à peu des affaires

helléniques. M. Piscatory, qui comprenait la nécessité de cette

semi-retraite, mais qui éprouvait quelque embarras à l'effectuer

lui-même, était le premier à désirer son rappel. Aussi fut-il

heureux, au commencement de décembre 1847, de se voir nommer à

l'ambassade de Madrid[158]. La gestion de la légation d'Athènes

resta aux mains du premier secrétaire, M. Thouvenel. Ce dernier

était précisément de ceux qui avaient regretté que la politique

française se compromît autant au service de ses clients de Grèce.

Réduit au rôle de spectateur par l'activité débordante de son chef,

M. Piscatory, il avait été, par cela même, d'autant plus porté à

la critique. Sans nier les qualités rares de Colettis, son esprit,

son adresse, son courage, il le trouvait un peu chimérique, homme

d'expédient plus que de solution, capable de faire gagner du temps,

non de créer un gouvernement vraiment régulier. «Sur bien des

points, disait-il, les Anglais voient trop noir; de notre côté, nous

voyons trop blanc; en fondant les deux couleurs, nous arriverions

à une nuance grise qui serait plus vraie et plus juste.» De même,

tout en reconnaissant les mérites de M. Piscatory, en admirant

l'énergie avec laquelle «il forçait le succès», en proclamant qu'il

avait habilement et complètement «battu» sir Edmund Lyons, il lui

reprochait d'avoir «trop mis au jeu» dans les affaires grecques, et

d'y avoir apporté une trop grande «excitation personnelle». À son

avis, la lutte d'influence, si vivement engagée avec l'Angleterre,

était dangereuse pour un pays aussi frêle que la Grèce, et la France

n'en pouvait recueillir des avantages proportionnés aux efforts

faits et aux responsabilités assumées. Athènes lui paraissait être

devenue «un terrain d'une importance exagérée et factice», et,

dans ce qui s'y passait, il ne voyait guère qu'une «tragi-comédie»

assez pitoyable, où il nous était fâcheux d'avoir le premier rôle.

En 1846 et 1847, le jeune secrétaire avait exprimé plus ou moins

librement ces idées, dans les lettres qu'il écrivait à ses amis et

même dans sa correspondance avec le directeur politique du ministère

des affaires étrangères, M. Désages[159], qui était déjà un peu en

méfiance des entraînements philhelléniques de M. Piscatory[160]. On

conçoit qu'avec de telles opinions, M. Thouvenel fût bien préparé

à suivre la politique qui s'imposait, après la mort de Colettis.

Il la définissait ainsi, le 30 décembre 1847, dans une lettre à

M. Désages: «L'oeuvre que M. Piscatory a tenté d'accomplir en

Grèce lui appartenait en propre, et je ne conseille à personne de

la reprendre; mais ce qui nous importe, ce me semble, c'est que

cette oeuvre ne cesse pas brusquement, c'est que notre politique

ne fasse pas de soubresaut. Il faut qu'on ne nous accuse pas de

faiblesse, et cependant que nous rentrions dans une voie normale.

Nous devons désirer que notre bruit ne soit pas plus fort que notre

action réelle, et que nos embarras ne dépassent pas notre profit...

Je pense que six ou huit mois d'un régime plus doux, tel que je

le conçois, suffiront pour donner à notre situation un caractère

moins tranché, mais toujours très amical pour le Roi et pour le

pays, toujours fermes, sauf des irritations personnelles de moins

vis-à-vis de la légation anglaise. En un mot, je tâcherai de faire

en sorte que le successeur de M. Piscatory ne vienne pas à Athènes

pour prendre à son compte tous les actes et toutes les fautes d'un

parti et du gouvernement grec, mais simplement pour être le chef

d'une légation bienveillante[161].» Ce programme était conforme à la

pensée du cabinet de Paris, et M. Désages répondait, le 11 février

1848, à M. Thouvenel: «Nous n'avons, pour le présent, autre chose

à vous demander que ce que vous faites. Continuer _modérément_ M.

Piscatory, prendre à l'égard de ce qu'on appelle le parti français,

parti actuellement sans tête depuis la mort de Colettis, le rôle

de conciliateur plutôt que celui de directeur; se maintenir dans

les meilleurs rapports avec le Roi et la Reine, les conseiller dans

le sens vrai de leur intérêt et de leur dignité, et, sauf le cas

de péril sérieux, se tenir plutôt derrière que devant eux; voilà,

en gros, ce que vous faites et ce que vous avez de mieux à faire.»

Quel eût été le résultat de cette politique? Eût-elle pu maintenir

ce qu'il y avait de légitime et d'essentiel dans notre influence,

tout en diminuant nos compromissions? C'est une question à laquelle

la révolution de Février n'a pas permis d'avoir la seule réponse

vraiment décisive, celle des faits.

[Note 158: Voir plus haut, p. 132.]

[Note 159: _Passim_ dans _La Grèce du roi Othon, Correspondance de M.

Thouvenel avec sa famille et ses amis_, publiée par L. THOUVENEL.]

[Note 160: Lettre de M. Désages à M. de Jarnac, 30 juillet 1847.

(_Documents inédits._)]

[Note 161: _La Grèce du roi Othon_, etc., p. 160, 161.]

Histoire de la Monarchie de Juillet (Volume 7 / 7) · 第 32 / 82 题