Les réceptions.
«Convier quelqu’un, c’est se charger de son bonheur pendant tout le
temps qu’il est sous notre toit», dit Brillat-Savarin.
En ces quelques mots, si heureusement choisis, se résume tout l’art de
«recevoir».
Quels que soient le pays, les usages, les modes, les conditions de
temps, de lieu, de fortune même, nous devons à nos hôtes toute la somme
de satisfactions que nous sommes en mesure de leur procurer, et, si tel
est le devoir d’hospitalité envers l’hôte de passage, combien n’est-il
pas plus impérieux envers l’hôte convié!
En l’invitant à venir s’asseoir à votre table, ou partager vos plaisirs,
vous êtes en somme engagé d’honneur à le dédommager de la peine qu’il a
prise pour se rendre chez vous, de la violence qu’il a faite à ses
habitudes, si, casanier de mœurs, il met le «sweet home» au-dessus de
tout, ou si, au contraire, lancé dans le tourbillon mondain, il a dû,
pour faire honneur à votre invitation, en refuser une autre plus
séduisante.
Et puis, un amour-propre, bien placé dans ce cas, commande que l’on
reste fidèle aux bonnes traditions de famille, que l’on maintienne cette
noble et belle réputation d’avoir «une maison où l’on reçoit bien».
Enfin, les relations de parenté, d’amitié, d’affaires, de service,
profitent largement de ces réunions où chacun apporte sa part de bonne
volonté, de bonne humeur et d’agrément.
Nous allons donc traiter ce chapitre intéressant des _réceptions_; mais,
avant de l’entamer, je dois prier mes lectrices de n’y chercher ni
indications de détails, ni recettes, ni menus, ni rien qui procède du
convenu, du passager, du fantaisiste de la mode. Les journaux, les
manuels, voire même les almanachs! les renseignent suffisamment sur tous
ces points; nous ne traiterons ici que des principes généraux et de leur
application pratique, en laissant de côté tout ce qui est renseignement
spécial.