Oui! les peintres ont menti par la gorge, la main, la couleur et la
pensée, quand ils s’imaginent retracer les traits adorés par nous,
et que, nous, nous avons la lâcheté de le souffrir! Fussent-ils
Raphaël lui-même,--ce chaste Raphaël qui mourut dans le lit infect
d’une courtisane, mais dont la pensée ne posa jamais le bout de son
blanc pied d’ange là où il n’eut pas honte d’appuyer ses lèvres
enivrées,--ils ne seraient pas dignes de retracer celle dont l’image
a d’un regard--d’un seul regard--passé indélébile dans nos cœurs, ces
voiles de sainte Véronique, mais sur lesquels le sang qui peint la tête
adorée est le nôtre, et non pas le sien.