Quant à Joséphine, elle était pour M. d’Artinel ce qu’elle était pour
nous tous dans le monde. On ne pouvait l’accuser d’une petite mine de
plus ou de moins avec lui, quoiqu’elle se fût bien aperçue, sans doute,
qu’elle intéressait au plus haut point le vénérable conseiller. Les
femmes, quand elles nous intéressent, n’ont-elles pas toutes un divin
moniteur qui leur parle de nous tout bas, une espèce de génie, comme
celui de Socrate,--mais qui, comme celui de Socrate, ne conseille pas
précisément la sagesse?--Joséphine acceptait sans trouble les discrets
hommages de M. Baudouin d’Artinel. Il est à croire même qu’elle eût été
la meilleure amie de sa femme si madame d’Artinel eût vécu. Du moins,
elle et lui, quand ils en parlaient, se le disaient-ils l’un à l’autre.