[Note 583-3: «Est-ce que nous élèverons des bâtards, répliqua

Hagene; d'aussi braves guerriers en tireront peu d'honneur.

Puisqu'il s'est vanté aux dépens de sa suzeraine, il le paiera de

sa vie, ou je veux mourir.» (_Nibelunge-nôt_, XIV, 132.)]

[Note 583-4: «Écoute, ma vaillante bien-aimée, je ne puis croire

que tu veuilles rendre le jeune Sjurd victime d'une trahison.»

Puis Gunnar ajouta: «Il ne peut en être ainsi. Sjurd est mon

frère par serment, je ne puis rien lui faire.» (_Chants des Iles

Féroë._) Dans l'_Edda_ de Sœmund, au contraire, c'est Gunnar qui

tient à tuer Sigurd, et c'est Högni (Hagen) qui l'en dissuade:

«Mais Högni lui répondit: «Nous ne pouvons commettre ce crime de

violer avec le fer nos serments, nos serments solennels et la

foi jurée.» (_Sigurdakvidha Fáfnisbana Thridja._) Et ailleurs:

«Pourquoi te prépares-tu au meurtre et à la vengeance, ô Gunnar,

fils de Giuki? Qu'a donc commis de si grave Sigurd,» etc. (_Brot

af Brynhildarkvidhu._)]

[Note 584-1: «Le roi allait complotant avec ses amis; Hagene

de Troneje ne le laissait jamais en repos. Les fidèles du roi

auraient voulu tout oublier, mais Hagene ne prétendait pas

abandonner son projet.» (_Nibelunge-nôt_, XV, 134).]

[Note 584-2: Dans le _Nibelunge-nôt_, après le serment de

Siegfrid, Gunther, «l'opulent roi reprit la parole: «Ta parfaite

innocence m'est complètement démontrée.» (XIV, 131.)]

[Note 584-3: A Sigurd: «GRIPIR: Elle dira à Gunnar que tu n'as pas

été fidèle à ta promesse, tandis que ce chef, l'héritier de Giuki,

avait placé en toi toute sa confiance.» (_Grepisspà._) A Gunnar:

«HÖGNI: C'est Brynhild, au cœur dur, qui te pousse à commettre ce

crime. Elle est jalouse du mariage qu'a fait Gudrun, et elle n'est

pas heureuse d'être ton épouse.» (_Brot af Brynhildarkvidhu._)]

[Note 584-4: «Je réfléchis maintenant à tout ce que vous m'avez

fait, quand vous m'avez trompée par vos ruses. Depuis lors, j'ai

vécu sans joie et sans bonheur.» (_Sigurdarkvidha Fáfnisbana

Thridja._)]

[Note 585-1: «Mais personne n'y songea plus, si ce n'est Hagene

qui répétait à chaque instant à Gunther que, si Siegfrid

cessait de vivre, maint territoire de roi lui serait soumis. Le

prince en devint sombre.» (_Nibelunge-nôt_, XIV, 132.) Dans le

_Sigurdakvidha Fáfnisbana Thridja_, c'est Gunnar qui dit à Högni

(Hagen): «Nous aideras-tu, Högni, à tuer le héros? Il est bon de

posséder l'or du Rhin, de disposer de ce riche trésor suivant son

plaisir et de jouir en paix du bonheur.»]

[Note 585-2: «Gunnar devint sombre et son âme s'emplit de

tristesse. Il demeura tout le jour silencieux sans savoir à quoi

se résoudre. Il ne parvenait pas à voir ce qui valait le mieux

pour lui. Il songeait à la mort du descendant de Wälsung, et ne

pouvait se consoler de la mort de Sigurd... Il fit appeler Högni

pour consulter avec lui; car il avait pleine confiance en lui.»

(_Sigurdakvidha Fáfnisbana Thridja._)]

[Note 585-3: Voir la note (1) de la page 585.]

[Note 585-4: «Le roi Gunther répliqua: «Mais comment cela

pourrait-il se faire?--«Je vais vous le faire savoir», répondit

Hagene.» (_Nibelunge-nôt_, XIV, 133.) Toute semblable est

l'intonation dans les _Chants des Iles Féroë_, quand Gunnar

se décide au meurtre, après avoir longuement lutté contre les

suggestions de Brinhild.]

[Note 586-1: «Brynhild parla, la fille de Budli: «Qu'elle soit

privée de ses enfants et de son mari, Gudrun, celle qui t'a

fait verser des larmes et prononcer, dès le matin, ces tristes

paroles.» (_Gudrunarkvidha fyrsta._)--«Sjurd visita Gudrun, mais

le héros perdit la vie. Brinhild parla et des larmes coulaient

de ses yeux: «Gudrun, la fille de Juki, ne jouira pas du bonheur

de posséder le brave guerrier.» Brinhild s'écria à haute voix:

«Je veux lui créer des soucis, car enlever ce qu'un autre possède

donne rarement du bonheur.» (_Chants des Iles Féroë._) Et plus

loin, Brinhild à Gunnar: «C'est Gudrun, ta sœur, qui est cause

de ma douleur, car elle possède Sjurd, le brave compagnon,» etc.

(_Id._) Et plus loin encore, Brinhild à Gudrun: «Que tu sois

heureuse avec ce puissant guerrier, je ne le permettrai pas. J'ai

obtenu l'amour de Sjurd avant que tu l'aies vu.» (_Id._) Et, après

la mort de Siegfrid: «Brunhilt la belle était assise dans son

outrecuidance. Quelles que fussent les plaintes de Kriemhilt, elle

s'en inquiétait peu.» (_Nibelunge-nôt_, XVIII, 165.)]

[Note 586-2: «Je crois pouvoir tout préparer si secrètement qu'il

portera la peine des pleurs de Brunhilt.» (_Nibelunge-nôt_, XIV,

133.)]

[Note 586-3: Gunther, dans le _Nibelunge-nôt_: «Je veux aller

chasser l'ours et le sanglier dans le Waskemwald, ainsi que je

l'ai fait souvent.» C'était là le conseil de Hagene, l'homme très

déloyal. «On dira à tous mes hôtes que je veux chevaucher de bon

matin.»... Hagene se hâta de dire au roi comment il comptait

vaincre le fier guerrier; jamais ne s'accomplit une aussi grande

trahison. Ces hommes déloyaux préparaient ainsi sa mort...»

(_Nibelunge-nôt_). Les sources scandinaves ignorent, en général,

cette trahison dans la forêt; d'après elles, c'est le jeune

frère de Gunnar et d'Högni, c'est Gutthorm qui frappe le héros

reposant à côté de Gudrun. Toutefois la conclusion (en prose) d'un

des fragments de l'ancienne _Edda_ constate ceci: «Des hommes

originaires d'Allemagne racontent qu'il (Sigurd) a été tué dans

la forêt.» (_Brot af Brynhildarkvidhu._) Et les _Chants des Iles

Féroë_: «Les Jukungen veulent chevaucher dans la forêt,» etc.

(Voir la note relative à la mort de Siegfried, ci-dessous, p.

606.)]

[Note 587-1: Dans le _Nibelunge-nôt_, Kriemhilt dit à Siegfrid,

avant le départ: «Laisse là cette chasse. J'ai rêvé cette nuit

d'un malheur, comme si _deux sangliers_ sauvages te poursuivaient

sur les bruyères; et la terre en devenait rouge... Je crains

fortement des machinations ennemies...» (XVI, 140). (Voir la note

1 de la p. 610).]

[Note 587-2: Dans le _Nibelunge-nôt_, Siegfrid assassiné, les

chasseurs se consultent «pour savoir comment on cacherait que

c'était Hagene qui l'avait tué. Plusieurs d'entre eux dirent: «...

Nous devons cacher le fait et dire d'un commun accord: L'époux de

Kriemhilt étant allé chasser seul, des brigands l'ont tué.» (XVI,

151).]

[Note 587-3: «Gunnnar: Sigurd m'a juré son serment, il m'a juré

et il l'a trahi. Il m'a indignement trompé, tandis qu'il devait

respecter sa promesse.» (_Brot af Brynhildarkvidhu_) (Voir aussi

la note 2 de la p. 620).]

[Note 587-4: _Allrauner_, «Celui-qui-chuchote-partout»; ou plutôt,

pour rapprocher le mot à la fois d'une ancienne racine et d'un nom

fréquemment donné à des Walküres: «celui-qui-sait-tout», toutes

les Runes (_Allrune_).--D'ailleurs, si l'on en croit Geijer (_Svea

rikes Häfder_, 1 Del. sid. 135), le vieux mot suédois _runa_

(Rune, chant, discours, lettre, écriture) = murmurer, parler bas

(d'où l'idée de mystère qu'implique le mot Rune).]

[Note 588-1: _Voir_ la note (1) de la p. 585.]

[Note 588-2: Dans le _Nibelunge-nôt_, Hagene s'écrie (strophe

185): «...Ah! puisse ce trésor venir au pays des Burgondes!» (XII,

118).]

[Note 588-3: _Voir_ la note (1) de la p. 539.]

[Note 588-4: _Nacht-Hüter_, «Gardien-de-la-Nuit»,

«Gardien-des-Ténèbres». On se rappelle qu'Alberich, plus haut,

fut qualifié _Nacht_-Alberich (Cf. les notes des pp. 434, 558,

etc).--En une autre note précédente (p. 501, Cf. aussi la note

(2) de la p. 569) j'ai promis de compléter (si vaines qu'elles

me paraissent, à moi, personnellement, pour l'interprétation du

_Ring_) j'ai promis de compléter les notions fournies, là, sur

Sigurd, comme «héros solaire». Le moment me semble ici propice,

les pages ayant rapport au meurtre de Siegfried devant être

surchargées de gloses, et les expressions «Nacht-Hüter», «le

Radieux Héros», du présent «couplet», venant de préparer l'esprit

du lecteur.--Rouvrons, à la p. 138, la _Mythologie comparée_

(traduction française déjà citée) de Max MULLER: «Il y a dans

la nature beaucoup de souffrance pour ceux qui savent entendre

la plainte des douleurs muettes, et c'est cette tragédie--la

tragédie de la nature--qui est la source de toutes les tragédies

de l'ancien monde. L'idée d'un jeune héros, soit qu'on l'appelle

Balder, Sigfrid, Achille, Meléagre ou Képhalos, expirant dans la

plénitude de sa jeunesse, cette histoire si fréquemment contée,

localisée et individualisée, fut suggérée à l'origine par le

soleil mourant à la fin du jour dans toute la vigueur de la

jeunesse, frappé par les puissances de la nuit, ou percé à la fin

de la saison solaire par l'aiguillon de l'hiver. Le destin fatal

en vertu duquel ces héros solaires devaient abandonner l'objet

de leur premier amour, lui devenir infidèles ou en être trahis,

était aussi emprunté à la nature. Leur sort était inévitable:

ils devaient mourir soit de la main de leurs parents ou de leurs

meilleurs amis, soit par une trahison involontaire. Le Soleil

abandonne l'Aurore, meurt à la fin du jour, pour obéir aux lois

d'une inexorable destinée, et la nature entière le pleure; ou

bien le Soleil du printemps épouse la Terre, puis l'abandonne,

se refroidit, et est enfin tué par l'aiguillon de l'Hiver. C'est

là une ancienne histoire, mais elle est toujours nouvelle dans

la mythologie et dans les légendes du monde antique. Ainsi dans

l'Edda scandinave, Balder, le prototype divin de Sigurd et de

Sigfrid...... Ainsi Isfendiar, dans le poème épique de la Perse,

le _Schahnameh_, ne peut être blessé par aucun glaive; cependant

il doit être tué par une épine lancée en guise de flèche dans son

œil par Roustem. Roustem, à son tour, ne peut être tué que par

son frère; Héraclès, par l'amour égaré de sa femme; Sigfrid, par

la sollicitude inquiète de Krimhild ou par la jalousie de Brunhild

qu'il a abandonnée. Il n'est vulnérable qu'à un seul endroit,

comme Achille, et c'est là que Hagen (l'épine) le frappe. Tous ces

contes sont des fragments de mythes solaires.» Ainsi soit-il! Dieu

merci, il y a autre chose dans la _Tétralogie_ de Wagner: ce qui

ne veut pas dire que Wagner n'a point profité de ces données pour

auréoler son héros d'un surcroît d'éclatante splendeur. On aura pu

remarquer ci-dessus l'indication scénique suivante: «Le Soleil se

lève et se mire dans le Fleuve. Siegfried survient soudain, tout à

fait près de la berge», etc., sans parler d'une foule de détails

épars (Cf. la scène grandiose de la mort de Fafner). On pourra

s'en souvenir plus loin, à titre tout à fait secondaire, lors de

la successive et double apothéose qu'est la fin de Siegfried et

celle de Brünnhilde.]

[Note 589-1: «Il y eut grande réjouissance dans le pays des

Burgondes... mais le roi se tenait écarté de ses hommes. Quoi

qu'on fit, on le voyait marcher pensif et triste. L'humeur

de Siegfrid et celle de Gunther étaient bien différentes.

(_Nibelunge-nôt_, strophes 653, 654, 655, X, 1OO.)]

[Note 590-A: Nous reprenons ici la nomenclature des Thèmes.--C'est

ici, en effet, qu'au bout de leur immense progression à travers

les quatre drames, ils arrivent enfin à leur signification

entière, à leur summum musical. Les idées qu'ils expriment sont

alors complètes; venues des plus lointaines profondeurs du drame,

elles déversent, en un suprême épanchement, tous les frissons

qu'elles ont recueillis dans leur marche. Un examen attentif de la

musique de ce troisième acte est indispensable à qui veut se faire

une idée précise de la technique musicale observée par Wagner dans

la _Tétralogie_. Ajoutons que, de toutes les partitions de Wagner,

celle-ci donne de la technique musicale du Maître l'idée la plus

complète.--_Tristan_ est plus vivant (et les procédés mêmes de

Wagner s'y sont trouvés absorbés dans l'emportement passionnel de

cette œuvre inouïe), _Parsifal_, plus sublime, mais aucune de ces

deux immortelles partitions ne donne de tels exemples de thèmes

développés, repris à l'infini, et, après toutes ces palpitations

accidentées comme la vie même, revenant réaliser, forts de

toutes ces ferveurs d'immense pèlerinage, l'idéal qu'ils avaient

pressenti dès leur naissance.

A cet instant suprême du but atteint, c'est en rapprochant ses

thèmes d'une façon soudaine, imprévue, que Wagner a dégagé les

significations les plus complètes. Ainsi, à la dernière page du

_Crépuscule-des-Dieux_, deux thèmes, celui de la Nature et celui

de la Rédemption par l'Amour, très espacés dans le courant de

l'œuvre, se trouvent d'un coup avoisiner.--Et c'est alors comme

une Révélation.--On voit quelle Révélation.

--Le Prélude du troisième acte suggère nettement ce qui va

suivre.--(Partition, page 231.)--A ces sombres sons de trompe

qui répondent inlassablement, funèbrement à la fanfare si connue

du cor de Siegfried, on pressent déjà le meurtre du Héros. C'est

la sombre trompe de Hagen noyant la fanfare de toutes les joies

et de toutes les vaillances. A quoi bon tant de luttes? Il

faudra bien en revenir à la paix primitive; et voici, doucement,

l'antique mélodie du Rhin à chuchoter l'initiale ingénuité des

choses. (Partition, page 232, en haut.) (L'Ur-melodie est ici

en fa-majeur.) Elle se fait vraiment trop cruelle, la nostalgie

de l'originelle sérénité!--Et la plainte des filles du Rhin

s'élève[590-A-a].]

[Note 590-A-a: Elle se modifie ensuite, suivant deux nouveaux

dessins. (Partition, pages 234 et seq.)]

[Note 592-1: Wagner s'est inspiré çà et là, dans cette scène, d'un

passage analogue du _Nibelunge-nôt_:--Kriemhilt (Gutrune), devenue

la femme du roi Etzel, et songeant à venger Siegfrid, invite

Gunther à la venir voir. Vainement Hagene, l'homme de Gunther,

cherche à le détourner d'accepter; comme il n'y a point réussi, il

consent à devenir le guide de son maître et de ses compagnons. On

arrive au bord du Danube, mais on ne trouve aucune barque pour le

traverser. Hagene bat la contrée en tous sens afin de découvrir un

moyen d'atteindre la rive opposée. «Tout à coup il entendit bruire

les eaux; il se mit à écouter: c'étaient des femmes blanches

qui faisaient ce bruit dans une source limpide. ... Hagene les

aperçut; il se glissa invisible jusqu'auprès d'elles... Le héros

prit leurs vêtements et ne leur fit aucun mal. L'une de ces femmes

des eaux parla: «Noble chevalier Hagene, si vous nous rendez nos

vêtements, nous vous ferons connaître comment se passera votre

voyage...» Semblables à des oiseaux, elles planaient autour de

lui sur les flots. Il lui parut que leurs sens étaient puissants

et subtils. Il en fut d'autant plus disposé à croire ce qu'elles

allaient lui dire.» (XXV, 229.) L'une, dans le but de ravoir leurs

voiles, lui prédit de grands honneurs dans le pays d'Etzel. La

ruse réussit, «Hagene se réjouit en son cœur de ce discours. Il

leur donna leurs vêtements sans plus tarder.» (_Id._, 230.) (Pour

la suite, voir les notes ci-dessous, p. 596.)]

[Note 594-1: Dans le _Nibelunge-nôt_, Siegfrid, la chasse finie,

poursuit un ours (voir la note (2) de la page 411): «L'ours fuit.

L'époux de Kriemhilt veut le dépasser, mais la bête se réfugie

dans une clairière remplie d'arbres abattus; la poursuite y était

impossible.» (XVI, 143).]

[Note 596-1: _Voir_ la note (1) de la p. 592.--«Quand elles eurent

revêtu leurs voiles merveilleux, elles exposèrent au vrai ce que

devait être le voyage dans le pays d'Etzel...: «Hagene, fils

d'Aldrian, je veux t'avertir. Pour ravoir ses vêtements, ma tante

t'a menti. Si tu arrives chez les Hiunen, tu seras terriblement

trompé. Il faut t'en retourner, il est encore temps. Votre

destinée est telle, vaillants héros, qu'il vous faut mourir au

pays d'Etzel. Ceux qui s'y rendront ont la mort sur leurs pas.»

(_Nibelunge-nôt_, XXV, 230).]

[Note 596-2: _Voir_ la note (1) de la p. 596.--«Mais Hagene

répondit:--_Vous trompez sans nécessité._ Comment se pourrait-il

que nous soyons tous tués par là l'inimitié d'une seule personne?»

(_Nibelunge-nôt_, XXV, 230.)]

[Note 596-3: _Voir_ ci-dessus la note (1) de la p. 396.--«L'une

d'elles parla: «_Il en doit être ainsi_: nul d'entre vous n'en

réchappera, nul, excepté le chapelain du roi. _Nous le savons de

science certaine._» (_Nibelunge-nôt_, XXV, 230.)]

[Note 597-1: «Sigurd: Quand je verrais la mort devant moi, je ne

reculerais pas.» (_Sigurdrifumàl_).]

[Note 597-2: «Fafnir: Je le sais, si tu avais pu grandir sous

la protection des tiens, tu aurais été intrépide dans les

combats; mais maintenant _tu n'es pas libre_: _tu es prisonnier_

de guerre.--Sigurd: ... Jamais je n'ai été ici ni captif ni

prisonnier de guerre. Tu as bien senti que j'étais libre. Fafnir:

Dans tout ce que je dis tu trouves des reproches. Mais je te

prédis une chose: cet or au son retentissant, ce métal aux reflets

rouges, ces anneaux te tueront. Sigurd: Chacun jusqu'à son dernier

jour désire posséder des richesses. Mais tout homme doit enfin

quitter la terre pour descendre vers Hel. Fafnir: _Tu dédaignes

les paroles des Nornes et ma prédiction, comme si elle manquait

de sens._ Si tu navigues dans la tempête, tu périras dans les

flots. Tout est mortel pour ceux qui doivent mourir...» Etc.

(_Fafnismal._)]

[Note 598-1: «On sonna une seule fois très fortement de la trompe,

afin qu'on sût au loin qu'on pouvait trouver le noble prince à

la halte. Un des piqueurs de Siegfrid parla: «J'entends par le

son de la trompe que nous devons nous rendre au campement. Je

vais y répondre.» Et, de tous côtés, le son du cor rappelait les

chasseurs.» (_Nibelunge-nôt_, XVI, 143.)]

[Note 598-2: «Les chasseurs ne restèrent pas longtemps ensemble.»

(_Nibelunge-nôt_, XVI, 141).]

[Note 599-1: «La chasse tirait à sa fin... Ceux qui voulaient

s'approcher du foyer y apportaient la peau de mainte bête et

du gibier en abondance. Ah! que de vivres on prépara pour la

compagnie. Le roi fit annoncer aux chasseurs de haute lignée qu'il

allait prendre son repas... On pria les fiers compagnons de chasse

de se rendre à table; sur une belle pelouse ils étaient assis

très nombreux. Ah! quels mets de chevalier on servit à ces braves

chasseurs.» (_Nibelunge-nôt_, XVI, 143 et 145.)]

[Note 599-2: «Tout ce que le chien faisait partir, était abattu

par la main de Siegfrid le hardi, le héros de Niderlant. Son

cheval courait si vite que rien ne lui échappait. Il reçut

les éloges de chacun pour la manière dont il chassait.»

(_Nibelunge-nôt_, XVI, 141 et 142) Suit l'énumération des victimes

du héros: sangliers, aurochs, élan, etc, et même un lion (en

Allemagne!) «Ces exploits de chasse furent connus de tous les

Burgondes. Les piqueurs lui dirent: «Faites-nous cette grâce,

seigneur Siegfried, épargnez une partie du gibier. Car sinon

vous rendrez désertes la montagne et la forêt.»... Les Burgondes

croyaient faire en sorte d'obtenir le prix de la chasse; mais cela

ne fut point possible quand on vit arriver le fort Siegfrid auprès

du feu du campement.» (_Id._, _ibid._, 142, 143.)]

[Note 600-1: _Voir_ la note (2) de la p. 596.--«Tandis qu'il

(Hagene) les conduisait sains et saufs sur les ondes, il pensa,

la bonne épée, à l'étrange prédiction que lui avaient faite les

femmes sauvages des eaux.» (_Nibelunge-nôt_, XXV, 235.) «Deux

femmes des eaux m'ont annoncé ce matin de bonne heure que nous ne

reviendrions pas de ce voyage.» (_Id._, XXVI, 237.)]

[Note 600-2: «J'ai soif!» Ce passage est de ceux que M. de

Wolzogen signale comme précisant, dans la _Tétralogie_, le rôle

_libérateur, rédempteur_,--de Siegfried. M. Ernst relève cette

observation, et, craignant qu'on ne l'interprète mal, ajoute

bien vite: «Au moins doit-on reconnaître que cette parole

(_J'ai soif!_) est si naturellement présentée que l'idée d'une

assimilation irrévérencieuse ne vient pas à l'esprit; il y

faut voir plutôt un simple ressouvenir ou une très lointaine

analogie... mais il faut observer que des réminiscences de ce

genre sont assez fréquentes chez les poètes allemands, ce qui

s'explique, en partie, par le caractère de l'éducation première»

(protestante). C'est se donner bien du mal pour justifier

Wagner d'une intention qu'il n'a pas eue. Je m'explique. Par la

comparaison continuelle des sources, des principaux passages

des sources, avec les phrases correspondantes du poème qui

les synthétise, le lecteur a pu se faire, je pense, une idée

nette de la manière dont ces sources, Wagner les utilisa:

simplification dans la création, ou plutôt création nouvelle à

force de simplification, ainsi pourrait-on justement caractériser

sa méthode--sans doute intuitive, au reste. J'ai vingt fois

répété comment tout un récit, tout un chant, assez souvent même

presque toute une mythologie! sont évoqués par lui d'un seul

vers, d'un seul mot. Or ce _J'ai soif!_ ce _Mich dürstet!_ est

l'un de ces mots, ni plus ni moins. Il n'est besoin de se creuser

l'esprit ni pour accuser ni pour justifier, ni pour parler d'un

signe, voulu, du rôle _rédempteur_ de Siegfried. Qu'on prenne le

_Nibelunge-nôt_: L'heure suprême de Siegfrid est proche. Quand les

chasseurs sont attablés, «les échansons, qui devaient apporter le

vin, venaient lentement.» (XVI, 114.) Si lentement, que Siegfrid

s'en irrite: longue, interminable est la scène; enfin «Hagene de

Troneje dit: «Mon cher seigneur, je croyais que la chasse aurait

lieu aujourd'hui dans le Spehtshart; c'est là que j'ai envoyé le

vin... Je connais tout près d'ici une fraîche fontaine, et, afin

que vous ne vous irritiez point, nous allons nous y rendre.» «_La

soif pressait Siegfrid le héros._ Il commanda d'enlever aussitôt

les tables, afin d'aller vers la montagne, à la recherche de la

source. Hagene avait donné ce conseil dans une intention perfide.»

(XVI, 145 et 146.) Version tout à fait similaire dans les _Chants

des Iles Féroë_: «Ils chevauchent dans la forêt, joyeux et sans

souci. Ils donnèrent à Sjurd des mets très salés et _rien à

boire_. Eux, ils boivent à longs flots dans leur corne, tandis que

celle de Sjurd est restée dans la salle de Juki... Sjurd est assis

sur le dos de Grani, _et il désire boire_...» Etc, etc.]

[Note 601-1: Dans le _Nibelunge-nôt_, le piège est différent,

mais semblable est l'intonation: «Hagene parla: «On m'a souvent

dit que nul ne pouvait suivre, à la course, l'époux de Kriemhilt.

Voudrait-il nous le faire voir?» (_Nibelunge-nôt_, XVI, 147.)]

[Note 602-1: Högni à Gunnar: «Je vois bien la route que tu suis.

Brynhild te tourmente; tu ne peux la satisfaire.» (_Sigurdakvidha

Fáfnisbana Thridja._)]

[Note 603-A: A cet endroit du Récit de Siegfried, voici, de

nouveau, mélancolique effluve de jeunesse, éphémère épanouissement

d'idylle sur le fond sanglant du drame,--la symphonie des Murmures

de la Forêt. (Partition, page 287.) Le radieux épisode refleurit

comme une fleur rafraîchie. La phrase de l'oiseau épand encore ses

perles[603-A-a]; la phrase de l'oiseau qui ramène ainsi la mélodie

de Woglinde et tout le souvenir des félicités primitives.--Rappels

incessants, poignants.]

[Note 603-A-a: Elle revient absolument identique, comme dans le

texte.]

[Note 605-1: «Sigurd succomba du côté du sud, aux bords du Rhin.

Du haut d'un arbre un corbeau s'écria: «Atli rougira le fer

dans votre sang. Assassins, vous porterez la peine de la foi

violée.» .... Le soir était venu.... Le chef des guerriers songe

profondément à ce qu'ils se disaient entre eux, l'aigle et le

corbeau...» (_Brot af Brynhildarkvidhu._)]

[Note 606-1: _Voir_ la note 1 de la p. 605.]

La Tétralogie de l'Anneau du Nibelung · 第 46 / 48 段