[Note 500-A: «Ici, dit M. Ernst[500-A-a], la musique de

Wagner semble reculer les limites du Sublime: une solennelle

harmonie,--des plus simples en elle-même,--inaugure l'incomparable

Réveil. Assise sur le tertre de mousse, ses longs cheveux dénoués

flottant sur ses épaules, tandis qu'à ses pieds brillent ses

armes éparses, Brünnhilde contemple autour d'elle la radieuse

nature. Les yeux grands ouverts, les bras levés vers le ciel où le

soleil flamboie, toute à l'immense félicité de son extase, elle

reprend peu à peu conscience du monde et de la vie. De nouveau,

les accords du Réveil sonnent majestueusement à l'orchestre.

Brünnhilde salue le Jour, tandis que de religieux arpèges vont

s'épanouir, à l'extrême aigu, en un trille aérien d'une sérénité

infinie.--Il n'y a ici nul conflit de sentiments, mais lorsque la

poésie atteint ce degré de grandeur, elle agit sur l'âme humaine

tout entière. Je sais plus d'un spectateur qui a pleuré au réveil

de Brünnhilde.» (Partition, pages 296 et 297.) Le thème héroïque

de Siegfried répond solennellement à l'hymne de Brünnhilde (page

298).]

[Note 500-A-a: Partition, page 235--note.]

[Note 501-1: «Mais» (lorsque fut coupée sa cotte de mailles) «elle

se réveilla, se souleva, vit Sigurd et dit: «Qui coupe ma cotte

de mailles? _Qui interrompt mon sommeil? Qui me délivre de ses

sombres liens?_» Sigurd: «C'est le fils de Sigmund. _L'épée de

Sigurd_ a coupé la cotte de mailles.» Sigurdrifa: «_J'ai dormi

longtemps; longtemps le sommeil m'a tenue captive._ Longtemps

durent les souffrances des humains. Odin a ordonné que je ne

puisse secouer les runes du sommeil.» Sigurd s'assit et demanda

son nom. Elle prit une corne pleine d'hydromel et lui donna la

boisson de la bienvenue: «_Salut, ô jour! salut ô fils du jour!

Salut, ô nuit, et toi, terre nourricière, salut._ Jetez sur nous

des regards bienveillants et accordez-nous la victoire.--_Salut

à vous, Ases! Salut à vous, Asinies! Salut à toi, campagne

féconde._ Accordez-nous à nous deux, qui avons un noble cœur, la

parole et la sagesse et des mains toujours pleines de guérisons.»

(_Sigurdrifumàl._) L'_Edda_ de Snorro dit sèchement: «Elle

s'éveilla et dit qu'elle s'appelait Hilde. Son nom était Brunhilde

et c'était une Walkyrie. Sigurd s'en alla chevauchant et arriva

près d'un roi, etc.» Les chants des Iles Féroë gardent un pâle,

très pâle reflet du splendide réveil de Sigurdrifa dans le poème

de l'_Edda_ de Sœmund, plus haut cité.]

[Note 501-2: «_Eveilleur de la vie, toi, victorieuse Lumière!_»

et, plus loin: «Joie du Monde»--«Splendide!»--«Trésor du

Monde»--«Vie de la Terre»--«lumineux rejeton,» etc.--Force m'est

bien de rappeler que, suivant la «science» moderne, Sigurd

(Siegfried) est un «héros solaire».--«Ainsi Wagner ne néglige

rien; il se garde bien de ramener étroitement toutes ces figures

mythologiques à la météorologie, comme certaines écoles qu'on

sait trop; mais il fait leur part à ces hypothèses, dont le

naturisme, dépouillé de ses exagérations grotesques,--recèle une

vérité relative.» Cette Note de _L'Or-du-Rhin_ (p. 308), que je

me permets de répéter, indique assez que le rôle du Siegfried

de Wagner ne doit avoir et n'a qu'un sens _purement humain_.

Néanmoins, par acquit de conscience, et pour préparer certaines

Notes futures, je copie, de M. Max Muller, les phrases qui

suivent: «[La nature entière était divisée en deux royaumes: l'un

noir, froid, semblable à l'hiver et à la mort; l'autre brillant,

chaud, plein de vie, comme l'été.] Sigurd, le _héros solaire_

de l'_Edda_, le descendant d'Odin, tue le serpent Fafnir, et

conquiert le trésor sur lequel Andvari, le nain, avait prononcé

sa malédiction. C'est le trésor des Niflung's ou des Nibelung's,

_le trésor de la terre, que les sombres pouvoirs de la nuit et

de l'obscurité_ avaient emporté comme des voleurs. Sigurd, _qui

représente ici le soleil du printemps_, reprend le trésor, et,

comme Déméter ayant recouvré sa fille, _la terre_ s'enrichit

pour un moment de tous les trésors du printemps. Puis, selon

l'_Edda_, Sigurd délivre Brunhild, qui avait été condamnée à un

sommeil magique, après qu'Odin l'eut blessée avec une épine,

mais qui maintenant, _comme le printemps après le sommeil de

l'hiver_, renaît à une nouvelle vie par l'amour de Sigurd.»

(_Mythologie comparée_, traduction française, p. 140.)--Entre

cette conception de Brunhild (Brynhildr) et celle de la Brünnhilde

du Drame de Wagner, la différence est donc sensible. Je ferai

remarquer toutefois avec quel art Wagner, ne pouvant sacrifier

tout élément mythique, et transposant de l'_Edda_ les premiers

mots de Brünnhilde («Salut à toi, soleil! salut à toi, lumière!

salut à toi, splendeur du jour!»), les lui fait prononcer de

manière qu'ils puissent paraître s'adresser, soit réellement au

jour, réellement au soleil; soit, symboliquement, à Siegfried. La

chose est d'autant plus frappante que si, d'après les _hypothèses_

(d'après les hypothèses _seulement_), Brynhildr, aux Chants de

l'_Edda_, personnifiait la Terre,--ici Brünnhilde est, _en effet_,

fille de la Terre-personnifiée. Mais, encore une fois, tout cela

est bien vain, et, tout en nous montrant Wagner soigneux des plus

minimes détails, ne doit point nous faire oublier qu'ici,--le

profond sens _humain_ des personnages importe seul.--Cf. p.588, n.

(4).]

[Note 502-A:

«O si tu savais, Joie du Monde.....»

Ineffable, la phrase de sérénité, qui, dans l'orchestre, soupire,

à ces paroles. (Partition, page 302.)]

[Note 503-1: Dans les chants des Iles Féroë, Brinhild est

fille d'un roi Budli. «Et dans les chants héroïques on disait

d'elle qu'elle faisait pâlir l'éclat du jour.» Elle rayonne

du poudroiement d'or d'un mythe en ruines: «Une vive lueur

jaillissait de ses épaules et c'était comme si l'on avait vu du

feu.» En vain son père la presse, elle ne veut point se marier:

«Il n'est pas encore venu le vaillant guerrier que je puis prendre

pour époux...--Vers l'est, au-delà de la forêt, mon cœur s'élance

vers lui. Et cet homme s'appelle Sjurd, fils de Sigmund, et c'est

la jeune Riördis» (Sieglinde) «qui le mit au monde... Ce sont les

Nornes qui l'ont voulu ainsi. Cet amour emplit mon cœur. Il y a

neuf hivers que j'aime Sjurd, _et mes yeux ne l'ont jamais vu_...

Tu me permettras de préparer une salle dans la marche solitaire...

Une flamme, la Waberlohe, et de la fumée entoureront cette salle.

Cette flamme, la Waberlohe, me protégera; seul l'illustre Sjurd

osera s'y attaquer.» Budli exauce sa fille. «Et il fit brûler une

si grande flamme, la Waberlohe, que les nains ne pouvaient s'en

approcher par trahison.» Et, nouvelle trace du mythe perdu, «et

c'était de bon matin; le soleil rougissait les montagnes.» Puis

«Brinhild est assise dans sa chaise d'or, la belle jeune fille.

_Elle attire de loin Sjurd vers elle pour son malheur._»]

[Note 504-1: Dans toutes les sources scandinaves, Grani est

le cheval de Sigurd avant même la mort de Fafnir, avant même

que Regin lui ait forgé l'épée. «Va,» dit à Sigurd la veuve de

Sigmund, «va vers la cascade et jette une pierre dans le fleuve et

prends le cheval qui ne recule pas devant toi.» Il alla vers la

cascade, jeta une pierre dans le fleuve et prit le cheval qui ne

recula pas devant lui. Il était choisi parmi tous ceux du royaume,

et c'était le meilleur, et il fut appelé Grani, le cheval de

Sjurd.» (_Chants des Iles Féroë._) Le cheval de Sigurdrifa, celui

qui «l'avait emportée hors de la mêlée», s'appelait d'autre part

_Wingskornir_, d'après le _Fafnismal_ de l'ancienne _Edda_.]

[Note 505-1: «Brinhild est assise à Hildarfiall, elle est rebelle

à l'amour.» (_Chants des Iles Féroë._) «Ecoute-moi, Sjurd, fils de

Sigmund, ne sois point si prompt.» (_Id._)]

[Note 507-1: «L'inclination du héros se tourna vers celle qui

prétendait l'avoir aimé de tout son cœur avant de l'avoir

vu.» (_Le Poème Antique sur les Vœls_, 2.) Il s'agit là de

Helge, autre fils de Sigmund; et de Sigrun, autre Walkyrie.

Mais la légende de leurs amours est si voisine de celle de

Sigurd et Brynhild, qu'on peut véritablement croire à quelque

identification.]

[Note 508-1: «Elle s'appelait Sigurdrifa et elle était Walkyrie.

Elle raconta comment deux rois se faisaient la guerre.» etc.

(_Sigurdrifumàl._ Voir l'annotation de _la Walküre_.) «Sigurd dit:

«... Je le jure, je veux que tu sois à moi, car tu es comme je le

désire.» Elle répondit: «C'est toi que je préfère et nul autre,

quand j'aurais à choisir parmi tous les hommes.» Et leurs serments

confirmèrent ces paroles.» (_Id._) «Va d'abord à la cour de mon

père et demande-lui conseil.» Sjurd, fils de Sigmund, parla; il

était à la fois sage et beau: «Tu as reçu peu de bons avis de ton

père, car tu as attendu longtemps ma venue. Je ne vais point vers

ton père, afin de lui demander son conseil.» Les liens de l'amour

l'attachèrent à la jeune fille pleine de savoir. ... Il se coucha

dans les bras de Brinhild.» (_Chants des Iles Féroë._)]

[Note 510-1: Ne nous refusons pas le triste plaisir d'indigner

le lecteur, encore tout ému par cette scène sublime (sublime

au sens concret du Drame, sublime et redoutable au sens

symbolique,--puisqu'il s'agit de la fin d'un Monde!), en mettant

sous ses yeux l'étonnant résumé qu'en trouva naguère--car c'est

une trouvaille!--l'un des commentateurs qui le plus contribuèrent

(avec les meilleures intentions, je me hâte de le reconnaître) à

répandre chez nous l'idée que Richard Wagner, cet incomparable

Poète! ne fut que son propre librettiste: «Après les amours de

frère à sœur, _ceux de tante à neveu_!» (p. 237). Oui, ces

sublimes symboles, voilà ce que c'est, lecteurs: n'est-il pas

vrai que c'est à pleurer? car on ne peut rire de cela--qu'aux

larmes!--Je ne multiplierai point des exemples pareils. Que

celui-ci suffise, et celui de la page 494! En les fournissant,

j'accomplis un devoir, qui m'est fort cruel, je puis le dire,

car j'aimerais beaucoup mieux qu'on eût compris Wagner. Mais il

faut avant tout démontrer au lecteur avec quelle prudence il

importe de consulter certains livres, riches d'ailleurs de détails

biographiques précieux quoique présentés sous un faux jour.]

[Note 510-A: Le thème qui domine, parmi toute l'ampleur fervente

de ces dernières harmonies, est le thème de l'Amour de Siegfried

et de Brünnhilde. Il s'avoisine de plus en plus, vers l'extrême

fin, ayant accéléré son dessin, aux motifs d'impétuosité

entendus, au début de l'acte, dans le tableau de l'enfance de

Siegfried. Ce que certains wagnéristes, et non des moindres,

ont regretté.--Pourquoi? Peut-être, au strict point de vue de

l'expression musicale, ont-ils raison. Mais qu'on laisse revenir

en sa mémoire d'autres harmonies d'amour, les motifs de l'Amour de

Siegmund et Sieglinde.--Comparaison mélancolique! Alors, les Dieux

fleurissaient encore. Ils mettaient dans l'âme de leurs enfants

cet infini bercement, qui s'exhalait en vagues cantilènes parmi la

religieuse sérénité des nuits de printemps.--Mais ici l'Humanité

se lève, prompte, ivre d'elle-même,--ne voyant qu'elle. On saisit

la nuance. (Partition, de la page 297 à la fin.)]

[Note 513-A: Prélude.--Après les harmonies du Réveil de

Brünnhilde, voici, plus majestueusement réapparu[513-A-a], plus

profond, le Thème de la Nature Eternelle. Par deux fois le rythme

se gonfle; il demeure suspendu. Puis au bout d'un long, d'un morne

silence, lorsqu'a surgi la formidable apparition des Nornes, il

revient, s'étale en sombres ampleurs; et, après un accord formé du

motif mélodique de la Nature, la première Norne commence son grave

chant.

(Partition du _Crépuscule-des-Dieux_, pages 1 et 2.)]

[Note 513-A-a: Il ne faudrait pas croire que ce thème réapparaît

selon la même suite qu'au début de _Rheingold_. Les deux motifs

constitutifs en sont, au contraire, intervertis ici. Le motif

qui, dans _Rheingold_, apparaît le premier et se développe

tout d'abord, figurant un fil méthodique, sur l'épanchement

ininterrompu des accords, n'arrive ici que le second.]

[Note 514-1: «_Il faisait nuit_ dans le château; les Nornes...

arrivèrent... _Elles filèrent avec force le fil du destin_, et

tout le château trembla dans Brölund. _Elles déroulèrent la

ganse d'or et la fixèrent_ en-dessous de la salle de la lune.

_Elles en attachèrent les bouts_ à l'Est et à l'Ouest. Alors la

sœur de Nere _lança un fil au Nord_, en lui ordonnant de durer

éternellement.» (_Le Poème sur Helge_, ou _Helge-Kvidha_, dans

l'_Edda_ de Sœmumd.)]

[Note 515-1: «Quelle est la première et la plus sainte place

suivant les Dieux?... C'est auprès du frêne Yggdrasel; les Dieux

s'y assemblent tous les jours... Yggdrasel est le plus grand et

le plus beau de tous les arbres; ses rameaux s'étendent sur tout

l'univers et s'élèvent au dessus du ciel. Il est soutenu par trois

racines... En-dessous de la racine qui touche aux Hrimthursars,

se trouve le puits de Mimer; la Raison et la Sagesse y sont

cachées... Odin vint un jour en ce lieu et demanda une gorgée de

cette eau; il ne put l'obtenir qu'après avoir mis son œil en

gage... La troisième racine du frêne Yggdrasel atteint le ciel,

elle abrite une fontaine d'une sainteté particulière; c'est la

fontaine d'Urd» (la plus ancienne des Nornes); «les dieux se

réunissent près d'elle... Il y a sous le frêne Yggdrasel, et

près de la fontaine d'Urd, un très bel édifice d'où l'on voit

sortir trois vierges nommées Urd, Verdandi et Skuld. Ces vierges

disposent de la vie de tous les hommes; ce sont les Nornes.»

(_Edda_ de Snorro, _Gylfaginning_.) «L'une d'elles se nomme Urd,

la seconde Verdandi; elles créèrent Skuld, la troisième, avec leur

baguette, qu'elles sculptèrent. Elles font des lois, décident de

la vie, et racontent au monde les arrêts du destin.» (_Völuspa_,

20, 21, dans l'Edda de _Sœmund_.) «J'aime cette représentation

qu'ils» (les Scandinaves) «avaient de l'Arbre Igdrasil. Toute

la vie est figurée par eux comme un Arbre. Igdrasil, le Frêne,

arbre de l'Existence, a ses racines profondément enfoncées dans

les royaumes de Héla ou Mort. A ses pieds, dans le Royaume de

la Mort, se tiennent trois _Nornes_, Fatalités,--le Passé,

le Présent, le Futur; arrosant les racines d'eau puisée à la

Source Sacrée. Ses «rameaux», avec leur bourgeonnements et leurs

effeuillements--événements, choses souffertes, choses faites,

catastrophes,--s'étendent à travers toutes les terres et tous les

temps. Chacune de ses feuilles n'est-elle pas une biographie,

chaque fibre, là, un acte ou un mot? Ses rameaux sont les

Histoires des Nations... C'est Igdrasil, l'Arbre de l'Existence.

C'est le Passé, le Présent, et le Futur; ce qui a été fait, ce

qui se fait, ce qui sera fait; l'infinie conjugaison du verbe

_Faire_. Considérant comment les choses humaines circulent,

chacune inextricablement en communion avec toutes, comment le mot

avec lequel je vous parle aujourd'hui est emprunté... de tous les

hommes depuis que le premier homme commença à parler, je ne trouve

aucune assimilation si vraie que celle d'un Arbre. Belle: tout à

fait belle et grande. La «_Machine_ de l'Univers»--hélas! pensez

seulement à cela comme contraste.» (Carlyle, _les Héros_, trad.

citée, pp.33-34).]

[Note 516-1: «Cet arbre endure plus de souffrances que les hommes

ne peuvent se l'imaginer: le cerf mord sa tête, son côté pourrit,

et Nidhœgg ronge ses racines» (_Poème de Grimner_, dans l'_Edda_

de Sœmund.)]

[Note 516-2: Relativement à l'usage fait (par le traducteur)

des temps du verbe dans cette scène, Cf. ci-dessus, p. 302, mon

Annotation de _L'Or-du-Rhin_.]

[Note 516-3: Au Ragnarœcker (Crépuscule-des-Dieux) «toutes

les chaînes, tous les liens seront rompus.» (_Edda_ de Snorro,

_Gylfaginning_.)]

[Note 517-1: «C'est aussi une très frappante conception que celle

du _Ragnarök_, Consommation ou _Crépuscule des Dieux_. Elle est

dans le chant de _Völuspa_; à ce qu'il semble, une très vieille,

prophétique idée. Les Dieux et les Jötans, les divines Puissances

et les Puissances chaotiques et brutes, après une longue lutte

et une victoire partielle des premières, se rencontrent à la fin

dans un combat universel, dans un duel embrassant le monde.., et

la ruine, «le crépuscule», s'abîmant dans les ténèbres, engloutit

l'Univers créé.» (Carlyle, _les Héros_, trad. citée, pp. 62-63.)]

[Note 518-A: A ces paroles de la 3me Norne, la fanfare du cor de

Siegfried passe rapide dans l'Orchestre (Partition, page 17, en

bas), comme suscitée par le thème de l'Epée, qui vient de jaillir

(Voy. même page, la ligne au-dessus, 3e mesure).]

[Note 518-B: A la rupture du câble, gronde le thème, deux fois

répété, de la Malédiction d'Alberich! (Partition, page 18.)]

[Note 519-1: «Il demeura sept mois dans la résidence de la jeune

fille.--«Brinhild, donne-moi ma selle et mon bouclier et ma

cuirasse. D'autres devoirs m'appellent ailleurs» (_Chants des Iles

Féroë._)]

[Note 519-2: «SIGURD:... Que dira la voyante à Sigurd qui

puisse être utile à ce héros?--GRIPIR: Elle t'enseignera les

runes puissantes que tous les hommes voudraient connaître; elle

t'apprendra à parler toutes les langues et à distinguer les

baumes qui guérissent. Salut, ô roi!--SIGURD: Tout est bien; j'ai

recueilli la science et je suis prêt à chevaucher plus loin...»

(_Grepinspà._)]

[Note 519-3: Voir _la Walküre_, note (1) de la p. 393.]

[Note 519-A: L'Orchestre développe ici magnifiquement le thème de

Brünnhilde réveillée à l'Amour, devenue femme. (Partition, page 20

et seq.).

Plus loin, va surgir, sur d'héroïques accords, la fanfare

agrandie du cor de Siegfried (partition, pages 1, puis 25).

Ce développement solennel de la Fanfare de Siegfried est très

important. Il exprime comme une vaillance plus virile. Le Héros

est devenu homme. Nous le retrouverons notamment dans la marche

funèbre du _Crépuscule-des-Dieux_.]

[Note 520-1: «Sigurd lui répondit et la pria de lui _communiquer

la sagesse_, _elle qui connaissait tous les mystères de

l'univers_. Sigurdrifa parla: «Je t'apporte, ô chêne des combats,

de la bière mêlée de force et de gloire, _pleine de chants et de

paroles bienfaisantes_, _pleine des charmes qui donnent le bonheur

et des runes_ qui procurent la joie.» (Suit l'énumération des

runes) «Apprends à les connaître et laisse-les agir jusqu'à ce

que les dieux meurent. _Maintenant, c'est à toi de choisir_, car

tu dois faire un choix, vaillant héros, semblable au chêne des

forêts. Songes-y bien, il faut parler ou te taire. Tous les actes

ont leurs suites nécessaires.»--«... Sigurd dit: «_Il n'y a point

de femme qui en sache autant que toi, et, je le jure, je veux que

tu sois à moi, car tu es comme je le désire._» (_Sigurdrifumàl._)

Dans la _Völsunga_, Brynhild, pareillement, communique à Sigurd

les Runes.]

[Note 520-A: Voy. la note précédente, 2e alinéa.]

[Note 521-1: «Et leurs serments confirmèrent ces paroles.»

(_Sigurdrifumàl._) «Appuyé sur sa poitrine, il dit: «Je te fais le

serment de fidélité, jamais je ne te trahirai.» (_Chants des Iles

Féroë._) «SIGURDRIFA: «Je te conseille ensuite de ne jamais prêter

un serment sans y être fidèle...» (_Sigurdrifumàl._)]

[Note 521-2: «Il déposa douze anneaux d'or sur ses genoux: «Voilà

le premier lien de nos fiançailles.» Il déposa les douze anneaux

d'or sur les genoux de la jeune femme, _et tout au-dessus il

plaça son anneau royal auquel il tenait tant_. Les douze anneaux

d'or, il les mit dans ses bras: «Ce sera là le second lien de nos

fiançailles.» (_Chants des Iles Féroë._)]

[Note 522-1: Ce don de Grane par Brünnhilde est une idée de

Wagner.--Dans l'_Edda_, il est dit que «Sigurd se rendit là où

Hialprek élevait ses chevaux, et parmi ceux-ci il se choisit

un étalon qui depuis lors fut appelé Grani.» (_Sigurdakvidha

Fáfnisbana önnur._)--Voir aussi la note (1) de la p. 504.]

[Note 522-2: «Grani... était doué d'une intelligence humaine.»

(_Chants des Iles Féroë._)]

[Note 522-3: «SIGURD: Quand je verrais la mort devant moi, je ne

reculerais pas. Je ne suis point né lâche. Je suivrai tes bons

conseils tant que je vivrai.» (_Sigurdrifumàl._)]

[Note 523-1: «Puisses-tu avoir longue vie, bonheur et succès en

tout! _Nous nous quittons cette fois au milieu de la félicité

et la joie._» Sjurd, le noble héros, lui donna cette réponse:

«Jamais, ma vaillante bien-aimée, jamais tu ne sortiras de mon

cœur.» Et c'était Sjurd, fils de Sigmund, qui se tenait sur la

selle et il embrassa Brinhild, la jeune femme, de tout son cœur.»

(_Chants des Iles Féroë_).]

[Note 523-2: Pour une fois, à la traduction quelque peu gauche

de ce passage (_sept ou huit autres_ motiveraient des réflexions

tout analogues), je n'essaierai point de substituer une adaptation

dramatique. Il est en effet capital: si le texte n'était si

précis, je développerais volontiers pourquoi. Sommairement, j'aime

mieux être «gauche» que de dénaturer l'idée, beaucoup «plus

humaine qu'historique, et nullement limitée à l'accomplissement

d'exploits matériels» (cf. Carlyle), que se faisait Wagner

du Héros complet. Je conseille au lecteur d'en chercher le

commentaire dans le livre de M. Ernst (_L'Art de Richard

Wagner_: _l'Œuvre poétique_, pp. 478-482), qui lui démontrera

que Siegfried, à ce point de vue, s'achève par Brünnhilde,

et que «le Héros complet, l'Homme intégral, c'est le couple

héroïque», Siegfried et Brünnhilde, «l'Humanité neuve qui rayonne,

souverainement belle et forte, sous une double figure, _une et

pourtant totale_.»]

[Note 524-1: «Elle le suivit longtemps sur le chemin et lui

souhaita un bon voyage.» (_Chants des Iles Féroë._)]

[Note 524-A: Voy. Partition, page 39.]

[Note 524-B: Ici commence la symphonie du Voyage sur le Rhin.

Elle débute par un développement de la fanfare du cor de Siegfried

(page 40, en bas, et 41). Le Héros descend les eaux du fleuve, et

la Urmelodie épanche de nouveau ses rythmes puissants (page 42).

Mais voici le thème de la Fin-des-Dieux (_ibid._), et il semble

roulé aux ondes de la Mélodie primitive, qui continue par dessus

(page 42 en bas, et 40, en haut). La fanfare du cor de Siegfried

sonne, puissante, par l'ampleur du fleuve (page 43); et, comme

naissant à cet appel, un rythme lent s'élève, s'élargit en plainte

mélancolique, la plainte des filles du Rhin (Cf. partition de

_Rheingold_, page 215), qui semblent implorer du Héros Rédempteur

la restitution de l'Or perdu (page 43). Très important est le sens

dramatique de cette page symphonique qui exprime la venue du Héros

dans le Monde, dans ce Monde en proie au mal. Il arrive pur sur

une route de pureté (le Rhin).--C'est ici, en quelque sorte, la

première grande confrontation du Drame avec le Héros; une prise de

connaissance des choses.

Pour l'ensemble de la symphonie, voy. la partition de la page 39 à

la page 45. (Voy. aussi la note de la page 428.)]

[Note 525-1: On verra, dans l'_Étude_ d'Edmond Barthélemy, p.

143, qu'un _Gibico_ burgunde (Gibich, le Giuki des sources

scandinaves) figure, en la _Loi_ dite _Gombette_, comme père de

_Gundahar_ (Gunther ou Gunnar).--Le même Gibico devient _Ghibic_

et frank, siégeant à Worms, avec _Gunther_ pour fils et _Hagan_

(cf. ci-dessous, p. 569, note (2) pour vassal, dans le _Waltharius

manu fortis_ (poème en vers latins, du Xe siècle).--Enfin, le

_Nibelunge-nôt_ a recueilli (sans savoir pourquoi,--comme si

souvent) le nom de Gibeke, dont il fait (XXIIe aventure, 8e

strophe) un vassal d'Etzel (Attila), mais sans le moindre lien de

parenté soit avec Gunther, soit avec Hagen.--Cf. encore la note

suivante.]

[Note 525-A: Deux thèmes principaux paraissent au début de ce 1er

acte: La fanfare des Gibichungen et le motif de Hagen (partition,

page 45).]

La Tétralogie de l'Anneau du Nibelung · 第 43 / 48 段