[Note 347-1: «_Il (Odin) donne la victoire à ses fils_, à

quelques-uns la richesse, l'éloquence à ceux qui sont généreux, la

raison aux hommes, le vent aux navigateurs, l'esprit poétique aux

poètes et _le courage viril à beaucoup de guerriers_.» (_Edda_ de

Sœmund: _Poème de Hyndla_, 3.)]

[Note 347-2: Grimm (_Deutsche Mythologie_, édition citée, I,

p. 308) montre que Sigmund est un nom d'Odin.--Point de vue:

considérer Siegmund comme une «incarnation» de Wotan.]

[Note 347-3: _Voir_ la note (1) de la page 337.]

[Note 348-1: Le Prélude de _La Walküre_ indique nettement, par

le thème de l'_Incantation de Donner_ (voir _L'Or-du-Rhin_,

scène quatrième), cette intervention de Wotan, _Sturmvater_, le

Père-des-Orages, dirigeant la fuite de Siegmund.]

[Note 349-1: _Voir_ la note (1) de la page 354.]

[Note 349-2: «FRIGG _chanta_: «Ne racontez jamais vos aventures

aux races humaines, ni ce que deux Ases ont fait dans les temps

anciens.» (_Le Festin d'Æger_, 25.)]

[Note 350-1: _Heervater_, «le Père-des-Armées». C'est l'un des

noms d'Odin (Wotan) dans les _Eddas_: «FRIGGA: Je conseille

au _Père-des-Armées_ de rester dans son palais divin.»

(_Vafthrudnismal_, 2.)]

[Note 350-A: Le motif de la Lance s'élève ici à l'orchestre, pour

rappeler les traités jurés par Wotan (partition, page 110).

La forme de ce motif est ici très nette. Il serait superflu de

commenter le fait de son affinité (qu'on remarque ici) avec le

thème de Walhall. Il présente pourtant, malgré cette affinité, un

caractère très arrêté de sombre énergie. Ce motif, on le sait, est

principalement constitué par le thème de la servitude. Là surtout

est l'intention dramatique.]

[Note 351-1: «Le moins libre»: c'est évident, et Wotan insiste

plus loin: «Maître du Monde grâce aux traités, me voici l'esclave

des traités.»]

[Note 351-2: _Voir_ la note (3) de la page 263.]

[Note 352-1: Donc cette connaissance du Passé est une condition

suffisante pour qu'Erda connaisse également l'Avenir.--Qu'on

prenne la peine de lire Wagner entre les lignes: à chaque instant

l'on y trouvera de ces significations profondes, sans que la

marche du Drame en soit interrompue, puisque le poète se garde

bien de les présenter comme apophtegmes.]

[Note 352-2: «Elle (Wola) était assise seule en dehors, lorsque

vint le vieillard, l'auteur des Ases, et elle lut dans son

œil.--«Que me demandes-tu? pourquoi me tenter?»... Le père des

armées fit choix pour elle de bagues et de chaînes d'or,... des

sons magiques et des chants puissants. Elle regarda bien avant

dans tous les mondes... Dans tous les lieux où elle recevait

l'hospitalité, on la nommait Heidi et Wola-la-Savante...»

(_Völuspa_, 22, 23, 25.)]

[Note 353-1: L'_Edda_ de Snorro dit d'Odin: «La terre était sa

fille et sa femme.» (_Gylfaginning._)]

[Note 353-2: «Avec tes huit sœurs.» Le texte dit seulement: «De

l'univers la plus savante femme--[T']enfanta, toi, Brünnhilde,

à moi.--[C'est] avec huit sœurs--[Que] je t'élevai,» etc.--Mon

interprétation n'en est pas moins exacte (partition, ensemble

de l'œuvre, gloses des commentateurs les moins incompétents,

m'autorisent à l'affirmer telle): aux sagaces de voir par la suite

pourquoi le texte de Wagner laisse seulement deviner, des autres

Walküres, ce qu'il dit de Brünnhilde en termes précis.--Quant au

nombre neuf ou trois fois trois, il jouissait, en Scandinavie,

comme dans l'Inde ancienne, d'une faveur toute particulière, dont

la trace est en plus d'un mythe. Le _Poème de Helge, vainqueur de

Hating_, dit d'une chevauchée de Walkyries: «Elles étaient trois

bandes, de neuf chacune», etc.]

[Note 353-3: «Gladshem est la cinquième demeure céleste. Walhall

tout resplendissant d'or y tient une vaste place; Odin y fait

tous les jours un choix parmi les hommes tués sur les champs de

bataille. Ils ont grande impatience de se rendre chez Odin pour

voir sa salle; le plafond en est cannelé avec des bois de lances;

le toit est couvert de boucliers; des cottes de mailles sont

étendues sur ses bancs... Un loup est enchaîné devant la porte de

l'ouest, et un aigle plane au-dessus» (_Poème de Grimner_, 8, 9,

10, dans l'_Edda_ de Sœmund), sans doute pour signifier, comme

le suppose M. Léouzon-le-Duc, que ceux qui avaient pu nourrir les

aigles et les loups des cadavres de leurs ennemis étaient seuls

dignes d'entrer dans cette glorieuse demeure.]

[Note 353-4: «Ganglere continua: «Tu m'as dit que tous les

hommes morts sur le champ de bataille, depuis la création du

monde, sont maintenant à Walhall avec Odin.» (_Edda_ de Snorro,

_Gylfaginning_.) «Ganglere dit alors: «Walhall est peuplée d'une

multitude immense, et Odin doit avoir bien de l'habileté pour

gouverner tant de monde.» (_Id._) «Ganglere dit: «Il faut que

Walhall soit un édifice immense; la foule doit en rendre l'entrée

et la sortie fort difficiles.» Har répondit: «Il n'est pas plus

difficile de trouver place à Walhall que d'y entrer». On trouve

dans le chant de Grimner le passage suivant: «Walhall possède, je

crois, cinq cents portes et quarante encore. Huit cents Einhærjars

peuvent sortir de front par chacune de ses portes, quand ils vont

combattre le loup.» (_Edda_ de Snorro.) Le _Poème de Grimner_ (23)

qui fait partie de l'_Edda_ de Sœmund, contient en effet bien

ce passage. _Einheriars_ est le nom que portent les élus d'Odin

(de _ein_, un; et _heri_, héros, combattant. _Einheriar_, d'après

Bergman, serait bien rendu par _Monomaque_, ou guerrier qui lutte,

à lui seul, contre un ou plusieurs adversaires). Quant au loup

qu'ils ont à combattre, c'est Fenris, l'ennemi d'Odin, qu'au

Crépuscule-des-Dieux sa gueule doit engloutir.]

[Note 354-1: «Elles sont appelées les Walkyries. Odin les envoie

sur tous les champs de bataille; elles savent quels sont les

guerriers qui succomberont, et disposent de la victoire. Gunn,

Rota, et Skuld, la plus jeune des nornes, sont toujours à cheval;

elles marquent les guerriers qui doivent périr, et dirigent le

cours des batailles.» (_Edda_ de Snorro, _Gylfaginning_.)]

[Note 355-1: Littéralement: «Moi qui par des Pactes [suis]

Maître,--[C'est] des Pactes [que] je suis à présent le valet.»]

[Note 355-A: Précédant ces paroles de Wotan:

«Un seul peut ce qui m'est impossible...»

le thème du _Péril des Dieux_ apparaît à l'orchestre (partition,

page 123). Il se combine aussitôt avec le thème de la douleur de

Wotan.

Outre ce thème et le beau mouvement de la bénédiction du Nibelung

(page 133), il faut citer les réminiscences de _Rheingold_, qui

commentent fort logiquement le long récit de Wotan.

Le thème du _Péril des Dieux_ semble résulter de la fusion des

deux motifs des Nornes et du Crépuscule-des-Dieux. Sur le thème

du Péril-des-Dieux, Voy., _Or-du-Rhin_, la note relative à

l'Ur-Mélodie.]

[Note 358-1: Et maintenant, le lecteur juge-t-il que cette

«longue» scène soit une «longueur»?--Il paraît que c'en est une,

pourtant! Hé bien, je prie les critiques de nous déduire en

quoi... Je sais beaucoup d'«actions» fort grouillantes, pour ma

part, qui sont plus «longues» que cette «longueur»: l'«action?»

mais, dans le «récit» de Wotan, ne progresse-t-elle pas de phrase

en phrase, de vers en vers, de mot en mot? Voudra-t-on comprendre,

à la fin, que _La Walküre_ n'est point faite pour être jouée

seule? Je ne veux pas me refuser le plaisir, dans tous les cas,

de noter: qu'en une lettre à Liszt, Wagner nomme cette scène (et

pour cause!)--«_la plus importante du quadruple Drame_.»--Qu'en

pense-t-on? Cela vaudrait qu'on y pensât, j'espère!--Cf. p. 307,

n. (1).]

[Note 358-2: _Siegvater_, «le Père-des-Victoires.» C'est, dans

l'_Edda_ de Sœmund (_Poème de Grimner_, 48), un autre des surnoms

d'Odin, recueilli par Snorro dans son _Gylfaginning_.]

[Note 361-A: L'orchestre paraphrase divers motifs de l'Amour

de Siegmund et de Sieglinde, celui de la Mélodie du Regard,

principalement (partition, page 156).]

[Note 361-B: La scène quatrième débute par un magnifique passage

orchestral. Le thème de l'Interrogation de la Destinée (dont

nous entendrons une réminiscence lors de la marche funèbre du

_Crépuscule des Dieux_) rythme trois notes, mornes comme un écho

dans une caverne (tubas); une mélodie lui répond:--l'Annonce

de la Mort (cuivres). Mais, aussitôt, comme une lointaine

aurore de résurrection, voici, par bouffées, les ineffables

harmonies du Walhall, douces et majestueuses.--La Walkyrie

s'avance...--Beaucoup estiment cette scène la plus belle de toute

la _Walküre_; avec raison, peut-être. Bien plus profondément que

dans la fameuse _Chevauchée des Walkyries_,--cette prodigieuse

page décorative,--le véritable aspect psychique des Walküres

scandinaves, de ces symboles sublimes de mort et de résurrection,

est ici impérissablement fixé. (Partition, pages 156 et 157.)]

[Note 362-1: _Walvater_, «le Père-des-Prédestinés-au-Carnage.»

Encore l'un des surnoms d'Odin dans les _Eddas_ (_Völuspa_, 1;

_Vegtams-Kvidha_, 5): «On donne à Odin le nom... de Valfader,

père des prédestinés, parce que les guerriers qui succombent

sur les champs de bataille sont ses élus. Ils ont des places

à Walhall..., où ils portent le nom d'Einhærjars». (_Edda_ de

Snorro: _Gylfaginning_.)]

[Note 362-A: Durant tout ce dialogue entre Brünnhilde et Siegmund,

le thème de l'Annonce de la Mort, développé, alterne avec les

motifs de la Destinée, du Walhall (partition, pages 157-158), des

Walkyries (page 160 et seq.), de Freya. Le thème d'Amour reprend,

amenant une phrase qui exprime l'émotion de Brünnhilde.]

[Note 363-1: «Mais à quoi les Einhærjars passent-ils le temps

quand ils ne sont pas occupés à boire?» Har répondit: «Tous

les jours, après avoir fait leur toilette, ils prennent leurs

armes, se rendent dans la cour pour se combattre et se vaincre

mutuellement. Ce sont leurs jeux. Vers le moment du déjeuner, ils

rentrent à cheval dans Walhall, et se mettent à boire comme il

est dit ici: «Tous les Einhærjars combattent chaque jour dans la

cour d'Odin; puis ils reviennent s'asseoir à la salle du festin et

sont amis comme auparavant.» (_Edda_ de Snorro, _Gylfaginning_.)

Le passage cité par Snorro se trouve, plus ou moins textuellement,

dans l'_Edda_ de Sœmund, au _Vafthrudnismal_, 41.]

[Note 363-2: _Wunschmädchen_, «Filles-de-Désir», ou

«Filles-du-Désir» est la traduction littérale de l'islandais

_ôskmeyjar_, dénomination donnée aux Walküres dans l'_Edda_ de

Sœmund et la _Völsunga_. D'autre part, _Oski_ signifie «Désir»

(_Wunsc_) et c'est l'un des noms que s'attribue Odin dans les

vieux poèmes scandinaves. Grimm, qui rappelle tous ces détails

(_Deutsche Mythologie_, édition citée, I, 347) les résume en cette

phrase que j'ai déjà reproduite: «Die Walküre ist ein Wunschkint,

Wunsches Kint.»]

[Note 364-1: «Il y a encore d'autres femmes à Walhall; elles sont

chargées de verser à boire, de frotter les tables et les coupes.

Voici leurs noms, comme on les trouve dans le poème de Grimner:

«Je veux que Hrist» (Bruit-des-Boucliers) «et Mist» (Désordre)

«m'apportent la coupe. Skeggjœld et Skœgul» (Hache et Fuite)

«Hikl et Thrud» (Courage et Persistance) «... servent la bière

forte aux Einhærjars.» (_Edda_ de Snorro, _Gylfaginning_).

«Elles sont appelées les Walkyries.» (_Id._) Ganglere demanda:

Où trouve-t-on de quoi désaltérer les Einhærjars? boivent-ils

de l'eau?--Har répondit: Tu me fais maintenant une singulière

question. Odin inviterait-il chez lui des rois, des jarls ou

d'autres hommes illustres, pour leur donner seulement de l'eau à

boire? La plupart de ceux qui viennent à Walhall trouveraient, je

crois, que cette eau leur coûte cher; je parle des guerriers dont

les blessures et la mort ont été douloureuses. Mais j'ai autre

chose à te raconter à ce sujet. Il y a dans Walhall une chèvre

appelée Hejdrun, elle mange les feuilles de Lerad, sapin célèbre;

de ses mamelles coule l'hydromel nécessaire pour remplir une cuve

très grande et enivrer tous les Einhærjars.» (_Id._)]

[Note 366-1: Je signale, aux commentateurs des «Qu'il mourût», cet

exemple de ce que nos bons pédants nomment «le sublime.»]

[Note 366-2: Au VIIIe siècle, Radbot, prince des Frisons, recula

devant le baptême, quand il apprit que, comme chrétien, il ne

retrouverait pas dans le ciel ses compatriotes païens.]

[Note 366-3: _Hella_, _Héla_ ou _Hel_, dans la mythologie

norraine, est la fille de Loki ou Loke et d'une géante.

Personnification de la Mort, elle règne sur ceux qui ne sont morts

ni en combattant ni en se suicidant. «Odin précipita Hel dans

Niflhem, et lui donna puissance sur neuf mondes, afin qu'elle pût

faire changer de demeure aux hommes qu'on lui envoie, c'est-à-dire

qui meurent de maladie et de vieillesse. Elle y possède de

grandes habitations entourées de murailles excessivement hautes.

Sa principale salle se nomme _Eljudener_; son écuelle _Hunger_

(la disette); son couteau _Svœlt_ (la faim); son esclave mâle

_Senfærdig_ (lent); son esclave femelle _Sena_ (lente). Le seuil

de la porte par laquelle on passe pour entrer chez Hel est appelé

_Fællande-Svek_ (piège perfide); son lit Tiensot (la phtisie);

les rideaux de ce lit sont appelés _Fortærande-Sorg_ (chagrin

dévorant). Une moitié du corps de Hel est bleue, l'autre a la

carnation humaine; son aspect est effrayant et sinistre; elle

est fort connue.» (_Edda_ de Snorro.) Une citation de ce genre

ne manquera pas de faire rire, aux dépens des «barbares» vieux

Norses, tels critiques tant pieusement pâmés (1894) sur les

allégories intolérables d'un _Lutrin_.]

[Note 368-A: Mélodie du Sommeil. (Partition, pages 176 et seq.)]

[Note 368-B:

«... Quelque rêve bienheureux sourit à sa tristesse.»

Un des motifs du _lied_ du Printemps accompagne ces paroles.]

[Note 370-1: «Sa colère s'enflamma en même temps contre le Géant,

et peu s'en fallut qu'il ne lui fît à l'instant _goûter_ son

marteau.» (_Edda_ de Snorro; Épisode de Thor chez Hymer.)]

[Note 371-1: Wotan nous est ainsi montré comme dieu de la mort.

Mais est-ce bien un nouvel aspect, car lequel des dieux Wotan

n'est-il point? Il conviendra toutefois de se le rappeler, cet

aspect, lors de telle victoire de Siegfried sur Le Voyageur

(Wotan), au drame de _Siegfried_.--A propos de Hunding, j'ai

d'autre part noté, vers le début de l'Acte Deuxième, quelle

confusion consciente il semble que Wagner ait établie entre Fricka

(Frigg) et Freya, relativement à la tradition suivant laquelle la

moitié des héros tués «appartenaient» à la dernière. Cf. p. 340,

note (1).]

[Note 371-A: Le thème de la _Détresse des Dieux_ accompagne la

sortie de Wotan. (Partition, page 187.)

Quel que soit notre effort à démêler, à travers le touffu de la

partition, les lignes maîtresses des principaux thèmes, nous ne

pouvons pousser cette nomenclature jusqu'à noter, dans ces thèmes,

les nuances, les subtiles transformations, les points précis de

développement, par où s'expriment--plus complètement peut-être

que par le texte--des situations morales complexes. Un exemple:

Brünnhilde, incarnation de l'intime désir, du cœur même de Wotan,

en voulant sauver Siegmund, agit selon le secret mouvement de ce

cœur. Mais Wotan, pour les raisons que l'on sait, doit taire

son cœur, laisser mourir Siegmund. La musique de Wagner, toute

en combinaison de rappels, d'harmonies diverses simultanément

contrepointées, de nuances suggestives, était merveilleusement

apte,--mieux que n'importe quel texte,--à décrire un tel état

d'âme dédoublée. Mais quelle analyse verbale voudrait suivre,

en ses infinis méandres, une telle polyphonie? Il faut tout un

orchestre pour rendre sensible la signification des motifs ainsi

combinés.]

[Note 373-1: Tous ces noms de Walküres ont chacun un sens, comme

ceux des Walkyries donnés par les _Eddas_ (_Poème de Grimner_, 36;

_Völuspa_, 24; _Edda_ de Snorro, _voir_ ci-dessus la note (1) de

la p. 364. M. Schuré a essayé, à défaut d'une vraie traduction,

la transposition de quelques-uns: par exemple celle de _Helmwige_

en _Berceheaume_; celle de _Rossweisse_ en _Blanchecrine_; ou

celle de _Schwertleite_ en _Conduirépée_. D'autres me semblent

moins heureuses: _Siegrune_ (Rune-de-Victoire) deviendrait

_Grondevictoire_, etc.) Je devais au lecteur la mention de ces

jeux innocents autant qu'inutiles; mais je les imiterai d'autant

moins que ces noms sont dans le drame huit noms, et rien de plus.]

[Note 373-A: _La Chevauchée des Walkyries!_ Quelque admiration que

l'on éprouve pour cette prodigieuse page décorative, il ne faut

pas oublier qu'elle n'est dans le drame qu'un élément secondaire.

On entend dire:--«Allez donc voir la _Chevauchée des Walkyries_.»

J'estime que ce n'est pas la raison principale d'écouter la

_Walküre_. D'autres chefs-d'œuvre, sans doute, ont, de même,

frappé par d'autres côtés que ceux où leur auteur s'attendait à

provoquer le plus d'émotion. Mais jamais Art n'ayant été plus

volontaire que l'Art de Wagner, il ne faut pas que là, encore,

il en aille ainsi. Certes la plastique physique du drame, son

intensité musicale aussi, deviennent ici formidables. Mais Wagner,

très probablement, n'entendit ni ne put y mettre aucune réelle

_sensation d'âme_. Le fond de l'œuvre ne s'ouvre pas, n'a pas à

s'ouvrir ici. L'interprétation la plus juste que Wagner ait donnée

de cette création scandinave des Walküres, c'est, selon nous, la

scène de l'Annonce de la Mort (Voy. note de la page 361).

Les lignes suivantes de M. Alfred Ernst donneront, de cette épique

_Chevauchée des Walkyries_, une belle idée musicale:

«Quelques traits de cordes, violents, incisifs mettent en branle

les trilles des instruments à vent, depuis les clarinettes

jusqu'aux petites flûtes. Sous ce _fortissimo_ rageur, cors,

bassons et violoncelles jettent un rythme entraînant de galop.

Bientôt des traits s'envolent aux bois et aux cordes, sur chaque

temps de la mesure, en tous sens, sifflants, exaspérés, avec un

déchirement de rafale furieuse. La trompette basse, renforcée de

deux cors, attaque le _thème des Walkyries[373-A-a]_. Une deuxième

phrase, née du même motif, éclate, martelée par quatre cors et

par toutes les trompettes. Puis, dans le tourbillon croissant, le

thème recommence, rugi par les trombones, tandis que le rideau

s'ouvre sur un paysage sinistre.» (Partition, page 188 et seq.)

(_La Chevauchée des Valkyries_ a été éditée à part.)]

[Note 373-A-a: Voy. note de la page 310. Voy. partition, pages 80

à 83; le thème y est donné pour la première fois.]

[Note 375-1: «Dans une masse nuageuse», etc. J'ai déjà fait

remarquer ailleurs (mais il n'est pas mauvais de le rappeler

quelquefois) que Wagner, en cette géniale synthèse des mythologies

septentrionales, en cette géniale synthèse qu'est à titre

secondaire, mais à titre réel, la _Tétralogie_, Wagner donc n'a

jamais omis de suggérer, pour chaque personnage introduit par

lui dans ses drames, toutes les virtuelles interprétations se

rapportant, physiques ou morales, au personnage. C'est une des

multiples raisons pour lesquelles chacune des Walküres arrive au

milieu d'un nuage illuminé par les éclairs; c'est encore de même

que Waltraute, en une magnifique scène du _Crépuscule-des-Dieux_,

viendra vers Brünnhilde au galop; et, quand Waltraute s'éloignera:

«Éclair et nuée», lui criera Brünnhilde, «éclair et nuée, par le

vent soufflée, va-t-en donc et ne reviens jamais!» Maints passages

nous laissent entrevoir, dans les vieux poèmes scandinaves,

cette signification mythique; voici l'un des plus transparents:

«Elles étaient trois bandes de neuf chacune, mais une vierge

chevauchait à leur tête; elle était blanche sous le casque. Les

chevaux secouèrent leur crinière, la rosée tomba dans les vallées

profondes, et la grêle sur les arbres élevés.» (_Poème de Helge,

vainqueur de Hating_, 28, dans l'_Edda_ de Sœmund).--Plus d'un

commentateur a d'ailleurs expliqué, dit avec justesse Henri Heine,

que les Walkyries sont ces nuages qui jadis jouaient un grand rôle

dans les batailles, et auxquels on faisait souvent des sacrifices

avant la lutte.--Cf. _Commentaire musicographique_, pp. 307-309.]

[Note 376-1: Un Witeg apparaît, dans le _Nibelunge-nôt_, à la

cinquantième strophe de la XXVIIe aventure. Wittich, d'ailleurs,

est l'un des principaux héros de la _Wilkina_ ou _Thidreks

Saga_.--De même un Sindolt, «le guerrier choisi», est mentionné

par l'épopée (aux strophes 10 et 11 pour la première fois) et

y fait figure à plusieurs reprises.--Il fallait de semblables

détails, pour que fût plus complète l'évocatrice synthèse

qu'est,--entre autres choses,--la _Tétralogie_.]

[Note 378-1: Voy. la note (1) de la p. 354.]

[Note 379-1: Sur Grane, voy. au drame de _Siegfried_, la note (1)

de la p. 504.]

[Note 380-1: _Heervater_, «le Père-des-Armées». Voy. la note (1)

de la p. 350.]

[Note 381-1: _Walvater_, «le Père-des-Prédestinés». Voy. la note

(1) de la p. 362.]

[Note 381-2: Dans les sagas, ce cheval d'Odin est blanc.--Dans les

_Eddas_, il naît d'une façon merveilleuse, s'appelle Sleipner,

et a huit pieds.--Dans Wagner, on voit ce qu'il devient. Encore

dans _Siegfried_, lorsqu'approche Wotan, sous la forme du Voyageur

accompagné d'un vent d'orage: «Là! quelle est cette lueur qui

brille?» dit Alberich. «Elle se rapproche, elle resplendit, c'est

une éblouissante clarté; il court comme un _coursier d'éclairs_

qui se fraye par la Forêt passage, en s'ébrouant.» Puis, au moment

où le quitte le Dieu: «Il part, sur sa _monture de flamme_...»

etc. (Voy. _Siegfried_, acte II, scène Ire.)]

[Note 381-3: _Der wilde Jäger_: autre preuve du génie synthétique

de Wagner. On sait que, d'après les mythographes, le _Chasseur

sauvage_ des légendes n'est autre que Wotan (Odin), lequel

n'est lui-même autre chose que la tempête poussant les nuages

devant elle: «_Selbst Wuotans wüthendes Heer was ist anderes

als eine Deutung des durch die Luft heulendes Sturmwindes?_»

dit Grimm. (_Deutsche Mythologie_, édition citée, I, 526.) A

tout insolite bruit nocturne, le paysan de Norvège, encore,

profère que «c'est Odin qui passe!» Si le vent gémit dans les

sapins, «C'est la chasse d'Odin qui poursuit les loups.» Pauvres

mythes, d'être ainsi réduits, par la critique de notre époque, à

ces phénoménalités! Mais heureux mythes puisqu'un Wagner, sans

négliger _l'exactitude_ (_relative_) de leurs sens physiques, a

mis en pleine lumière en quatre Drames vivants, nonobstant la

critique myope, et sans dissertations «savantes», toute l'immense

_vérité_ latente (_absolue_), de leur principe moral.]

[Note 382-1: «Elle s'appelait Sigurdrifa et elle était Walkyrie.

Elle raconta comment deux rois se faisaient la guerre: l'un avait

nom Hialmgunnar: il était vieux, c'était le plus vaillant des

guerriers et Odin lui avait promis la victoire. L'autre s'appelait

Agnar, frère d'Auda, _et personne ne voulait le protéger_.

Sigurdrifa tua Hialmgunnar dans le combat.» (_Sigurdrifumàl_.)]

[Note 383-1: Littéralement: «Le volant», «le flottant.»--Cf. p.

375, note.]

[Note 384-1: Faut-il signaler à nos pions cet autre exemple de

«sublime»? Ils ont le _droit_ d'admirer, nous le leur affirmons.]

[Note 385-1: «Fafnir se dirigea vers la Guitaheide, s'y fit une

couche, prit la forme d'un dragon et s'étendit sur l'or.» (_Edda_

de Snorro.)]

[Note 385-A: Ces paroles de Siegrune et de Schwertleite sont

soulignées, à l'orchestre, par les motifs de l'Anneau et du

Dragon. (Partition, pages 227 et 228.) Le Motif du Dragon a déjà

paru, dans _Rheingold_ (partition de _Rheingold_, page 150),

lors de la première métamorphose d'Alberich. On remarquera le

souci qu'eut Wagner de ménager des retours de ce motif, qui n'est

point pourtant fondamental dans l'œuvre. Mais cela prouve que

sa conception lui est présente, à tout instant, dans tous ses

détails,--détails non improvisés...--Ces lignes pour qui pourrait

croire,--après d'autres,--que le Dragon est une fâcheuse...

superfétation.]

[Note 386-A: A ces paroles:

«... Des héros du monde, le plus sublime.»

La Tétralogie de l'Anneau du Nibelung · 第 38 / 48 段