[Note 74-4: _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, p. 62.]
[Note 75-1: _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, p. 63.]
[Note 75-2: _Id._, p. 62.]
[Note 75-3: _Id._, p. 63.]
[Note 75-4: _Lettre sur la Musique_, p. XLVII.]
[Note 76-1: _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, p. 62.]
[Note 76-2: _Id._, pp. 62-63.]
[Note 76-3: C'est à sa _Communication à mes Amis_ (_Eine
Mittheilung an meinen Freunden_: _Gesammelte Schriften_, t. IV)
que fait allusion Richard Wagner.]
[Note 76-4: _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, p. 62.]
[Note 76-5: R. Wagner et F. Listz, Correspondance (_Briefwechsel
zwischen Wagner und Listz._ Leipzig, Breitkopf und Härtel, 1887).]
[Note 76-6: Cf. _in Revue Wagnérienne_, t. III, les _Notes
chronologiques_ (déjà signalées) de M. H.-S. Chamberlain.--Imprimé
aussitôt (1853), mais, comme je l'ai noté p. 11, seulement pour
les amis de Wagner (lettre et envoi à Liszt, 11 février), le Poème
ne fut public que dix ans plus tard (1863). L'édition (B. Schott's
Söhne, Mayence, 1876) dont, sauf indications contraires, j'ai dû
me servir, présente d'assez nombreuses variantes, si on le compare
soit à ce premier texte, soit à celui de la Partition.]
[Note 77-1: _Lettre sur la Musique_, p. LIV.--Déclaration déjà
citée à la note (4) de la p. 10.]
[Note 77-2: _Lettre à Liszt_ [V. note (5) de la p. 76; 9 novembre
1852]]
[Note 78-1: Cf. p. 31, note (1).]
[Note 78-2: Tel est le cas du beau livre de M. Schuré, _Le Drame
Musical_ (Paris, Perrin et Cie, éd.: t. II: _Richard Wagner_),
livre à consulter, mais avec prudence.]
[Note 79-1: Surtout les trois volumes de la _Revue Wagnérienne_;
et spécialement, dans cette _Revue_, les articles de MM. Pierre et
Charles BONNIER, Houston-Stewart CHAMBERLAIN, Edouard DUJARDIN,
Alfred ERNST, de FOURCAUD, Teodor de WYZEWA.--Si je n'y ajoute
pas ceux de M. Catulle MENDÈS, c'est que chacun peut, encore
maintenant, se les procurer en librairie (_Richard Wagner_,
Charpentier, éd. Ce volume, dont il serait naïf de vanter
l'admirable langue, ne saurait être déprécié par certaines
erreurs singulières, dont je ne m'explique pas l'origine:
cf. _Le Crépuscule-des-Dieux_, scène entre Siegfried et les
Filles-du-Rhin.)]
[Note 80-1: _Gesammelte Schriften und Dichtungen_, tome II.]
[Note 80-2: Cf. _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, p. 33: «Un
drame légendaire naturel de cette espèce, tel qu'il résultait
dans mon esprit de l'étude de notre noble légende nationale
des _Nibelungen_, commença à occuper ma pensée bien qu'il
ne pût trouver une existence réelle que dans une atmosphère
toute différente de la situation actuelle de toutes les scènes
d'opéra. J'imaginai un tel drame comme une œuvre d'art qui
devait embrasser l'inspiration idéale de la nation, qui devait
présenter l'être humain purement naturel dans son état de liberté
absolue...... C'est à ce moment où, dans la plénitude de mon
effort pour atteindre la plus haute réalisation de mon art, je me
détournais de la vie autour de moi, que survint l'insurrection à
Dresde même, en 1849.»]
[Note 80-3: Cf. in _Revue Wagnérienne_, l'excellente analyse des
œuvres théoriques, par M. Edouard DUJARDIN.]
[Note 81-1: _Lettre sur la Musique_, nouv. éd., p. XXIII.]
[Note 81-2: _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, trad. citée, p.
56.]
[Note 81-3: _Lettre sur la Musique_, p. XXIII.]
[Note 81-4: _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, p. 6.]
[Note 82-1: _Lettre sur la Musique_, pp. XXIII-XXIV.]
[Note 83-1: _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, pp. 56-57.]
[Note 83-2: _Lettre sur la Musique_, p. XXIV.]
[Note 83-3: «Mais après un court examen de ces systèmes je
commençai à être troublé en me demandant si l'élément purement
humain, qui était le fondement de la révolution, n'allait pas être
perdu de vue au milieu des disputes prédominantes des partis sur
la valeur des différentes formes du gouvernement, la différence
entre elles étant, après tout, simple question de préférence...
Quand je vis que mes idées personnelles sur ce qui devait être le
motif essentiel d'une révolution étaient absolument étrangères
aux politiciens, dont les efforts étaient limités uniquement aux
intérêts temporaires du moment, je me détournai de nouveau des
réalités des choses et je considérai encore mon monde idéal. Je me
dévouai plus sérieusement que jamais, dans mon art, à appliquer
exclusivement le programme que j'avais adopté, celui de l'homme
libre, fort et noble, tel que la nature l'a fait.» (_L'Œuvre et
la Mission de ma Vie_, pp. 48-49).]
[Note 83-4: _Das Kunstwerk der Zukunft_ (_Gesammelte Schriften_,
t. III). Sur la portée de ce titre, cf. ci-dessus pp. 49 et
(surtout) 70.]
[Note 84-1: _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, p. 58: «Il était
évident qu'en cela je me trouvais en opposition avec les idées
ordinaires maintenues par l'esprit antiartistique de mon époque,
mais je me sentis involontairement en étroite sympathie avec les
plus nobles pensées et les efforts de ces artistes du passé qui
avaient été dans leur noble isolement les seuls représentants
véritables de l'art dans son plus haut sens.»]
[Note 84-2: _Lettre sur la Musique_, pp. XXIV-XXV.]
[Note 85-1: _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, pp. 57-58.]
[Note 85-2: _Lettre sur la Musique_, pp. XXV-XXVI.]
[Note 86-1: _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, p. 58.--Cf.
ci-dessus la note (1) de la p. 40.]
[Note 86-2: _Lettre sur la Musique_, p. XXVI.]
[Note 86-3: _Oper und Drama_ (_Gesammelte Schriften_, t. III et
IV).--Sur l'origine et le but de cet écrit, cf. ci-dessus, pp.
71-72.]
[Note 86-4: Cf. ci-dessus note (1) de la p. 72.]
[Note 87-1: Cf., au tome 1er de la _Revue Wagnérienne_,
l'excellente analyse des œuvres théoriques, par M. Edouard
Dujardin.]
[Note 87-2: _Lettre sur la Musique_, p. XXXII.--Sur le Mythe, cf.
_L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, p. 31.]
[Note 87-3: Fidèle aux principes de «renoncement» qui m'ont
poussé, pour ce travail, à tendre vers l'exactitude, non vers
l'originalité, de manière à faire sur Wagner, et sur l'Art de
Richard Wagner, la lumière la plus éclatante, je me suis donné
la plus grande peine pour former, de cette troisième partie, une
image tirée, presque exclusivement, de la _Lettre sur la Musique_,
et précisée par cette dernière. Je n'ai voulu me rappeler que deux
choses: la première, c'est que je parle à des lecteurs français,
à des lecteurs d'une traduction, pour lesquels la _Lettre sur
la Musique_ aurait du être, je l'ai prouvé (Cf. ci-dessus, pp.
5-12), la Préface naturelle de la _Tétralogie_; la deuxième,
c'est que, parmi les documents français (et même allemands),
cette _Lettre_ est le meilleur, peut-on dire, de la théorie
wagnérienne. Par malheur son défaut, pour nous autres Français,
consiste en _l'absence d'un plan net_. J'espère en avoir fait un
clair--sans faux raccords, et qui sûrement m'a pris (je me dois de
le constater) plus d'heures, beaucoup plus d'heures qu'un travail
personnel.]
[Note 88-1: _Lettre sur la Musique_, pp. XXXII-XXXIII.]
[Note 88-2: _Id._, pp. XXXIII-XXXIV.]
[Note 89-1: Cf. _Lettre sur la Musique_, pp. XXXIV-XL, _passim_.]
[Note 89-2: _Id._, p. LXIX.]
[Note 89-3: _Id._, pp. LXIX-LXX.]
[Note 89-4: _Id._, pp. XL-XLI.]
[Note 90-1: _Lettre sur la Musique_, p. XLI.]
[Note 90-2: _Id._, p. XLII.]
[Note 90-3: _Id._, _ibid._]
[Note 90-4: _Id._, p. XLIII. Cf. p. 89, note [4].]
[Note 90-5: _Id._, pp. XLIII-XLIV.]
[Note 91-1: _Lettre sur la Musique_, p. LXX.]
[Note 91-2: _Id._, p. XLIV.]
[Note 91-3: _Id._, _ibid._]
[Note 91-4: _Id._, p. LXXI.]
[Note 92-1: _Lettre sur la Musique_, pp. XLIV-XLV.]
[Note 92-2: _Id._, pp. LXX-LXXI.--Cf. _L'Œuvre d'Art de
l'Avenir_: «L'Art de la Danse est le plus réaliste de tous les
arts. Il représente l'Homme vivant, non seulement dans une
partie de son être, mais dans cet être entier, de la plante des
pieds jusqu'à la tête. Il y a différents degrés dans cet art; le
sauvage, en effet, dominé par la passion, ne connaît dans sa danse
que le mouvement violent ou le repos apathique. L'homme civilisé
se manifeste par la richesse et la diversité des nuances entre
les sentiments, par un rythme plus complexe.» (_Das Kunstwerk der
Zukunft_; _Gesammelte Schriften_, t. III, p. 87).]
[Note 93-1: _Lettre sur la Musique_, p. LXXI.]
[Note 93-2: _Id._, p. XLIII.]
[Note 93-3: _Id._, pp. XXXI-XXXII.]
[Note 94-1: _Lettre sur la Musique_, pp. LXXI-LXXII.]
[Note 94-2: _Id._, p. LXI.]
[Note 95-1: _Lettre sur la Musique_, pp. LXII-LXIII.]
[Note 95-2: Cf. _Gesammelte Schriften_, tome IV (_Oper und Drama_,
p. 174): «Le poète doit faire converger, doit concentrer en un
seul point, aussi éclairé que possible, les «moments» épars de
l'action, du sentiment, de la passion: au musicien alors, cette
dense concentration, de la développer, d'après la nature de son
contenu émotionnel, jusqu'à la plus débordante plénitude.»]
[Note 96-1: _Lettre sur la Musique_, pp. LXXII-LXXIII.]
[Note 96-2: Par cette phrase on comprend dès lors pourquoi Wagner,
non seulement devait être l'ennemi des concerts fragmentaires de
musique _dramatique_, mais encore et surtout voulait que le chef
d'orchestre, chargé de mener l'exécution d'une œuvre musicale
destinée à la scène, dirigeât, et dirigeât seul, celle aussi du
Drame en entier, puisque Poème, Plastique, Musique, forment un
Tout indivisible.--Je ne puis insister sur ces vues, que les
lecteurs connaissant l'allemand trouveraient exposées tout au
long dans le traité par Richard Wagner, _sur l'art de diriger le
Drame_, en ses _Gesammelte Schriften und Dichtungen_, tome VIII.]
[Note 97-1: _Lettre sur la Musique_, pp. LXXIII-LXIV.--«Qui
n'embarrasse jamais»?... J'entends les plaisanteries chères à
presque tous les habitués de nos théâtres-de-musique. Qu'on
veuille bien attendre, pour plaisanter, d'avoir lu les notes (1)
de la p. 110 et (2) de la p. 132: on s'y pourra convaincre qu'à
Bayreuth l'orchestre est disposé de façon spéciale, et doit,
à cette disposition, non seulement, comme disait Wagner, une
«sonorité» toute «mystique», mais encore l'avantage de permettre,
aux acteurs, une _netteté parfaite d'articulation_. J'ai entendu
des gens, le conterai-je? se plaindre que l'orchestre, ainsi,
ne produisît plus assez de bruit.... Que ceux-là retournent à
l'Opéra! Quant à la musique de Wagner, elle n'a pas besoin de
tant de vacarme, puisqu'il s'agit, pour elle, de concourir au
Drame (au même titre que le Poème), d'en soutenir la déclamation,
de la rendre plus pénétrante, d'en préciser les sens cachés, les
sous-entendus, les silences, et non pas de réussir à nous faire
oublier l'imbécillité d'un livret.]
[Note 98-1: Cf. _Lettre sur la Musique_, p. LXXVI.]
[Note 99-1: Dans une lettre à Uhlig, déjà citée deux fois (pp.
70, 71), Wagner dit qu'il livre bataille à la forme consacrée en
cinq actes. A partir du _Vaisseau-Fantôme_ inclusivement, ses
drames en ont en effet trois, à l'exception, bien entendu, de
_L'Or-du-Rhin_, qui n'est qu'un Prologue (Cf. p. 27, note (1).]
[Note 99-2: Les Arts Optiques: «_Lichtwelt_»--le
Monde-de-la-Lumière (Wagner).]
[Note 100-1: Cf. _L'Œuvre d'Art de l'Avenir_: «Ce qui appartient
à l'œil, c'est l'extérieur de l'homme. L'œil saisit la forme
animée de l'homme, la compare avec les objets ambiants et l'en
différencie. Ce qu'il voit _immédiatement_, ce sont les mouvements
extérieurs, inconscients, causés par une douleur ou une joie.
Ensuite viennent les émotions de l'homme intérieur _médiatement_,
c'est-à-dire par l'intermédiaire de la physionomie et des
gestes...» (p. 78).]
[Note 100-2: Cf. _L'Œuvre d'Art de l'Avenir_: «C'est par le
peintre que le théâtre doit atteindre à sa complète vérité
artistique.» (_Das Kunstwerk der Zukunft_; _Gesammelte Schriften_,
t. III, p. 75).]
[Note 100-3: Cf. _L'Œuvre d'Art de l'Avenir_: La peinture
«représentera le paysage, qui, vivant, sera comme le fond
devant lequel se manifestera l'homme vivant. La scène, qui doit
représenter l'image de la vie humaine, doit pouvoir contenir
l'image de la nature pour la pleine compréhension de la vie dans
laquelle l'homme se meut. (_Id._, _ibid._)]
[Note 101-1: Cf. _in Revue Wagnérienne_, t. Ier,--l'excellente
analyse des _Œuvres théoriques_, par M. Edouard DUJARDIN.]
[Note 102-1: Cf. _in Revue Wagnérienne_, t. III, la critique de
_La Valkyrie_, de Victor Wilder, par M. H.-S. CHAMBERLAIN.]
[Note 102-2: Cf. _in Revue Wagnérienne_, _passim_, la critique
(par M. Edouard DUJARDIN)--d'un Essai de traduction rythmée,
fait pour le 1er acte de la _Walküre_ et le premier «duo» du
_Crépuscule-des-Dieux_, par M. Henri La Fontaine, président de
l'Association Wagnérienne de Bruxelles (1886).]
[Note 102-3: Cf. ci-dessus les pp. 89-90.]
[Note 102-4: _Lettre sur la Musique_, nouv. éd., p. XLI.]
[Note 103-1: _Lettre sur la Musique_, nouv. éd., p. XLII.]
[Note 103-2: Cf. _in Revue Wagnérienne_, t. III, la critique de
_La Valkyrie_, de Victor Wilder, par M. H.-S. CHAMBERLAIN.]
[Note 104-1: Cf. _in Revue Wagnérienne_, t. III.]
[Note 104-2: Cf. _Id._, _ibid._--«Ce qu'il y a de plus splendide
dans le génie de Wagner, c'est cette facilité de créer, pour
chaque œuvre nouvelle, une langue nouvelle.» (Friedrich
NIETZSCHE, _Richard Wagner in Bayreuth_; Schloss-Chemnitz,
Schmeitzner, 1876.--Traduction française de Mme _Marie_
BAUMGARTNER, Leipzig, 1876). On sait que Nietzsche a depuis
écrit contre Wagner (_Le Cas Wagner_, etc.); sur la présente
question du moins, son opinion n'a pas changé. «Pareille maîtrise
de langue, affirme-t-il en somme, ne s'est point rencontrée en
Allemagne depuis Gœthe.» (Cf. Alfred ERNST, _L'Art de Richard
Wagner: l'Œuvre poétique_, p. 65, où l'on trouvera des citations
significatives, extraites de l'opuscule ci-dessus mentionné.)]
[Note 105-1: M. H. Stewart CHAMBERLAIN a excellemment développé
ce point de vue, dans ses nombreuses études de la _Revue
Wagnérienne_.--J'ai cru devoir renvoyer toujours à ce précieux
document français, les lecteurs d'une Traduction n'ayant que faire
(c'est dommage!) du beau livre du même auteur: _Das Drama Richard
Wagner's_. (Leipzig, Breitkopf und Härtel, 1892.)]
[Note 105-2: _Lettre sur la Musique._--Cf., ci-dessus, p. 90, note
(4).]
[Note 106-1: Cf. _Gesammelte Schriften und Dichtungen_, tome III
(_Das Kunstwerk der Zukunft_, p. 127).]
[Note 107-1: Cf. Richard Wagner, _Gesammelte Schriften_, t. IV,
pp. 265, 270.]
[Note 107-2: Cf. _Id._, _ibid._]
[Note 107-3: Cf. _in Revue Wagnérienne_, t. III, la critique de la
_La Valkyrie_, de Victor Wilder, par M. H.-S. CHAMBERLAIN.]
[Note 108-1: Il serait injuste, il est injuste, de rejeter sur les
éditeurs (MM. B. Schott's Söhne, de Mayence) la responsabilité
de cette profanation. M. Wilder était un excellent critique; il
soutenait,--à sa façon,--mais enfin il soutenait, de bonne foi,
la haute cause de l'Art de Wagner, à une époque, en des milieux,
où il y avait crânerie à le faire: qu'on se soit adressé à lui,
quoi de surprenant? Son autorité semblait grande, son influence
était utile, son bon vouloir ne fait pas doute. Par malheur, il
eût fallu là un vrai poète, non un critique; mais ce poète, où
le trouver? Si terrible est la tâche! Le trouvera-t-on jamais,
seulement?--Cf. encore la note ci-dessous.]
[Note 108-2: Ici encore, pourquoi condamner, sans appel, les
éditeurs allemands de la version Wilder? Il faut les plaindre,
bien plutôt, d'être liés par leurs traités.--Si je suis bien
renseigné, ne font-ils pas ce qu'ils peuvent? N'ont-ils pas
(m'assure-t-on) confié à M. Ernst le soin de remanier tels
«livrets» français? Pour le coup, nous aurions espoir! Oui, mais
ne pas se contenter d'espérer en silence! Aider de toutes ses
forces, au contraire, par des paroles et par des actes, cet espoir
à se réaliser!]
[Note 109-1: L'administration de l'Opéra a-t-elle l'excuse de
l'ignorance? C'est bien invraisemblable, mais possible en somme.
Il paraît néanmoins qu'elle ait eu, tout d'abord, une juste
intuition, si ce n'est pas un scrupule. Elle avait en effet
confié à un poète (au dévouement duquel personne, quand il s'agit
d'une belle cause d'art, et surtout de la cause wagnérienne,
n'a jamais fait appel en vain), elle avait confié, dis-je, à M.
Catulle Mendès, le soin de faire sur l'œuvre entière, au public
de la répétition générale et de la première représentation, deux
conférences accompagnées d'exécutions, au piano, d'importants
fragments de _L'Or-du-Rhin_. Idée rudimentaire et critiquable
encore, mais qui, étant donné le choix du conférencier, fournit
des résultats vraiment inespérés. Evidemment l'on n'aurait pu,
sans une indiscrétion blessante, demander au même poète, qui a
son œuvre à faire, de se constituer son propre phonographe à
chacune des représentations ultérieures de _La Valkyrie_. Mais
n'eût-on pas trouvé sans peine, dans tout Paris, et notamment
parmi les hommes dont j'ai cru devoir citer et rapprocher les
noms (ci-après, p. 120, et note) assez de bonnes volontés pour
suivre un tel exemple? On eût habitué le public, de cette manière,
à l'idée de la nécessité d'une représentation totale, qui se
fût vite imposée d'elle-même. Voilà ce qu'il fallait faire pour
_L'Anneau du Nibelung_, ou alors il fallait ne rien faire et se
résigner à l'élection d'un des autres Drames wagnériens, pour
lequel de telles objections n'auraient plus eu nulle raison
d'être, si d'ailleurs se fussent acharnées, quant à l'acoustique
et l'optique, d'autres objections très sérieuses, irréductibles
par nature, spécifiées dans la note suivante, et confirmées par
l'une de celles de la page 132.]
[Note 110-1: Précisons: «L'optique de la décoration wagnérienne
a des rapports qu'on ne peut négliger avec la construction et
l'aménagement du théâtre où elle doit s'offrir aux regards.
L'unification des places, disposées toutes sur des gradins, face
à la scène, _l'invisibilité de l'orchestre_, _l'obscurité dans la
salle_, _la suppression de la rampe_ ou plutôt sa neutralisation
par un _éclairage sur herses_ excellemment réglé, sont connues
de tous ceux qui ont visité le théâtre de Bayreuth, ou qui
en ont lu une exacte description. Plus de souffleur, plus de
gesticulations du chef d'orchestre apparentes aux regards, plus
d'archets s'agitant, plus de prosaïques détails de l'exécution
matérielle. Les divers assistants sont placés dans des conditions
presque égales, comparables du moins; ils voient tout et entendent
tout..... Le rideau s'ouvre par le milieu, les pans s'écartent
en se relevant, ce qui est d'une symétrie heureuse, et surtout
permet de voir immédiatement le décor par sa région centrale et
sur toute sa hauteur. Il se referme par le mouvement inverse, qui
présente des avantages analogues. Tout est calculé pour faire
paraître la scène plus profonde, plus vaste, pour reculer la
toile de fond, amplifier les déplacements des personnages, prêter
même à ces personnages l'apparence d'une taille plus haute, d'une
importance optique plus grande. Pour cela, il fallait tromper
le spectateur sur la distance qui le sépare du plan moyen de la
scène, et, par suite, des acteurs: _l'obscurité y contribue,
laissant la scène seule lumineuse_,--région dont le regard
_ne peut se détacher_, et qui éclate dans l'ombre du théâtre.
D'ailleurs, cette obscurité et la pente sensible des gradins
s'opposent à une appréciation exacte des distances. La scène
étant vue de toutes les places suivant une perspective légèrement
«cavalière»,--pour prendre le mot technique,--ses dimensions
souffrent d'un raccourci moindre que si les gradins étaient
sur plan horizontal. L'existence du proscenium, celle surtout
du _toit qui recouvre la fosse de l'orchestre,--toit courbé en
segment de tore_ et que le regard remonte en quelque façon suivant
tout l'arc du cercle générateur,--donnent l'illusion d'un recul
considérable de la région moyenne où agissent les personnages.»
(Alfred Ernst, _L'Art de Richard Wagner: l'Œuvre Poétique_, pp.
156-157.) Déjà, dans une note antérieure (p. 97), j'ai montré
quelle sonorité «mystique, purement spirituelle», suivant les
expressions de Wagner, l'orchestre doit à cette disposition;
j'ai dit comment elle rend possible une articulation très
nette--et sans grimaces--des mots chantés. Je ne puis m'imaginer,
vraiment, qu'avec un peu de bonne volonté, on ne réussirait
pas, sur certaines scènes françaises, à réaliser (les soirs de
Wagner), sans pour cela reconstruire les salles, des conditions
_équivalentes_ à celles ci-dessus énumérées. Quoi qu'il en soit,
une note prochaine (p. 132) décrira _l'infaillible effet_ toujours
produit, par ces dernières, à Bayreuth, sur les spectateurs, et
prouvera qu'on pourrait aussi, même à Paris, _si l'on s'y voulait
adapter_, nous offrir _l'Anneau du Nibelung_ lui-même, _avec tout
son surnaturel_, _sans avoir rien à craindre_, en somme, de notre
désolante ironie nationale.]
[Note 111-1: Cf. _Lettre sur la Musique_, pp. VII-VIII: «Avant
tout, le poète dramatique, en abordant le théâtre, trouve en lui
un élément de l'art déjà constitué; il est tenu de se fondre avec
lui, avec les lois particulières qui le régissent, pour voir ses
propres conceptions réalisées. Si les tendances du poète sont en
parfait accord avec celles du théâtre, il ne saurait être question
du conflit que j'ai signalé; et la seule chose à considérer, pour
apprécier la valeur de l'œuvre produite et exécutée, c'est le
caractère de cet accord. Si ces tendances sont, au contraire,
radicalement divergentes, on comprend sans peine l'extrémité
fâcheuse où l'artiste est réduit: il se voit forcé d'employer,
pour exprimer ses idées, un organe destiné, dès l'origine, à des
buts différents du sien.»]