_Rheingold_ et trois pour chacune des autre «Journées». Il serait
d'un noir comique que la superstition fût pour rien dans les
déraisons (car on ne peut nommer cela «raisons») qui empêchent nos
théâtres de nous jouer l'œuvre en sa totalité parfaite. Il est
vrai qu'en ce cas, s'ils y tenaient vraiment, nous aurions de quoi
les rassurer: _L'Or-du-Rhin_ n'est en somme qu'un acte en quatre
«Scènes» (en quatre «Tableaux», si l'on veut), lesquelles, reliées
l'une à l'autre, ainsi qu'on s'en pourra convaincre à la lecture,
par un interlude musical et un simple mouvement progressif du
décor, sont jouées et doivent l'être sans interruption, comme les
tragédies helléniques.]
[Note 28-1: Mon ami Edmond Barthélemy n'en a pas moins été
forcé, dans son _Commentaire Musicographique_, de renvoyer à ces
«réductions» (le mot dit tout!) pour piano.--Les causes? on ne les
comprend que trop bien, n'est-il pas vrai?]
[Note 28-2: Cf. ci-dessous pp. 107-108, et _passim_, le
développement de cette assertion.]
[Note 28-3: Voir entre autres, au drame de _Siegfried_, les
irréfutables notes (1) de la p. 494 et (1) de la p. 510.--Les
exemples foisonnent! j'en ai tout un dossier. Dans le beau livre
dont j'ai parlé, et dont je reparlerai bientôt, M. Ernst en relève
quelques-uns (spécialement sur la conclusion de _Tannhäuser_, p.
376, en note).]
[Note 30-1: _Lettre sur la Musique_, nouv. éd., p. XL.]
[Note 31-1: _L'Art de Richard Wagner: l'Œuvre Poétique_, par
Alfred Ernst (E. Plon, Nourrit et Cie, éditeurs, Paris, 1893, 1
vol. in-18 de IV-544 pages).--Ce précieux volume n'est, du même
auteur, ni le premier, sur Richard Wagner, ni, Dieu merci, le
dernier non plus (il sera suivi d'un autre, non moins nécessaire,
dont s'y trouve annoncée l'apparition prochaine: _L'Art de
Richard Wagner: l'Œuvre Musicale_): lui-même fut précédé d'une
œuvre (titre: _Richard Wagner et le Drame Contemporain_) assez
inférieure, à celle que j'indique, en ce que chacun des Drames
y est analysé non seulement un peu vite, peut-être, mais à un
point de vue surtout thématique: c'est dire que ce même point de
vue reste aussi bien traité que l'a permis à l'auteur, alors,
le peu de place dont il disposait; toutefois, pour des raisons
d'ordre particulier (encore que M. Alfred Ernst ait généreusement
accordé, à mon ami Barthélemy, la gracieuse autorisation d'en
utiliser maints passages pour son _Commentaire Musicographique_)
j'aurai l'ingratitude de ne pas recommander l'œuvre:--_L'Art de
Richard Wagner_ la supplée si richement! Oui: je n'ai, à l'heure
présente, jamais vu M. Ernst; jamais je ne le verrai sans doute;
mais j'affirme, sans craindre qu'on ne me contredise, que ce
livre, de toute la Critique wagnériste, est le seul livre français
qui puisse, actuellement, donner de l'Art de Wagner une idée
nette, complète, libre de toute erreur sérieuse.--Je n'aurais
de réserves à faire que: sur un seul chapitre, intitulé: _L'art
Religieux_ (mais cela n'importe pas ici); sur l'absence d'un
chapitre synthétique final (mais sans doute fut-il plus logique
de le réserver pour le second volume annoncé, si impatiemment
attendu); enfin sur ce fait que l'auteur, en sa piété d'ailleurs
touchante, suppose que son public a tout d'abord eu soin de
prendre la connaissance des Drames. Or, où l'aurait-il prise--pour
_L'Anneau du Nibelung_? Dans la version Wilder? Non, verra-t-on
bientôt. Cette lacune, le présent volume va la combler; et alors,
d'être mieux intelligible encore, l'œuvre de M. Ernst n'en
paraîtra que plus belle. Sur la Langue, la Métrique, la Plastique,
la Mimique, le Décor, les Sources, les Symboles, on y trouvera,
plus développées, sous une forme à la fois savante et captivante,
une foule d'observations que je ne pouvais qu'indiquer, de
citations traduites pour la première fois (j'ai fait mon profit
de quelques-unes, mais le livre de M. Ernst en fournit seul le
commentaire): bref une véritable encyclopédie de l'œuvre poétique
wagnérienne, un monument durable auquel je me fais une joie de
rendre ce public témoignage.]
[Note 32-1: Je laisse à cette place ces deux noms, parce qu'ils
sont venus sous ma plume dans le feu de la première improvisation:
n'obsèdent-il pas l'esprit de quiconque, ayant une cause d'Art à
soutenir, manque, hélas! de l'autorité qu'il y faudrait? J'entends
bien néanmoins que ceux qui portent ces noms sachent, et me
fassent l'honneur de croire: qu'à personne je ne demande rien,
ni pour moi-même, ni pour ce livre.--C'est pour l'Art de Wagner,
seulement, que j'espère en eux!]
[Note 35-1: _Art et Révolution._--_L'Œuvre d'Art de
l'Avenir._--_Opéra et Drame._--Ils sont analysés ci-dessous, pp.
80-98.]
[Note 36-1: Cf. _Lettre sur la Musique_, nouv. éd., pp. XLV, XLVI,
XLVII, _passim_.]
[Note 37-1: Etant donné le Public auquel s'adresse ce livre,
j'ai cru ne devoir citer ici (_autant que possible_) que les
œuvres déjà traduites; à force de les voir mentionnées, peut-être
éprouvera-t-il le désir de les lire? Pour ma part, j'en vais
éditer bientôt deux autres, et même trois, s'il faut tenir compte
de _L'Art et la Révolution_.--Sur ce double sujet, plus nettement
m'expliquerai-je; cf., ci-dessous, pp. 78-80; et p. 87, note (3).]
[Note 37-2: _Lettre sur la Musique_, nouv. éd., p. XVIII.--Cf.
_L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, trad. Hippeau (Dentu, éd.),
pp. 25 et 27. Quelque précieux que soit ce dernier document, je
suis obligé, en le recommandant, de mettre le lecteur en garde,
une fois pour toutes, contre telles des _gloses_ erronées dont
l'estimable traducteur,--par patriotisme sincère, mais partial et
mal entendu,--a jugé utile de l'enguirlander.]
[Note 38-1: Cf. Richard Wagner, _Souvenirs_ (Charpentier, éd.),
traduits, par M. Camille Benoit, de l'_Autobiographische Skizze_
(_Esquisse Autobiographique_) placée, dans les _Œuvres complètes_
(_Gesammelte Schriften_), au t. 1er.]
[Note 38-2: Cf. _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, trad. citée,
p. 27.]
[Note 39-1: _Lettre sur la Musique_, nouv. éd., p. LVII.]
[Note 39-2: _Id., ibid._]
[Note 39-3: _Id._, p. LVI.]
[Note 39-4: _Id., ibid._]
[Note 39-5: _Id._, p. XX.]
[Note 40-1: Cf. _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, pp. 42,
58, 77.--Du reste, si ce fut bien à Paris que les exécutions
«réellement parfaites» données par Habeneck au Conservatoire,
furent décisives pour le génie de Wagner, la première impression
profonde, qu'il eût ressentie, de cette terrible page musicale,
datait de sa toute première jeunesse: au _Gewandhaus_ de Leipzig,
déjà, elle avait été ce qu'il appelle «la source mystique de
mes plus hautes extases.» (_Id._, p. 29).--Enfin, lorsque la
pierre d'assise du Théâtre des Festivals (_Festspielhaus_) fut
posée à Bayreuth (1872), cette grande journée fut célébrée par
une exécution modèle de la _Symphonie avec Chœurs_: «elle-même
était la pierre d'assise de l'Art national qu'allait donner au
peuple allemand le premier exemple actuel d'une grande solennité
scénique, d'une représentation dramatique et musicale qui serait
la perfection même.» (_Id._, p. 77).--Cf. ci-dessous encore
l'_Avant-Propos_, pp. 60, 85-86, 89, 91; et les pages profondes
consacrées, soit à _Beethoven_ dans le tome IX, soit à la
_Neuvième Symphonie_ dans le même tome IX, et dans le tome II des
_Gesammelte Schriften und Dichtungen_.]
[Note 41-1: Cf. _Un Pèlerinage chez Beethoven_, _passim_ (Richard
Wagner, _Gesammelte Schriften und Dichtungen_, t. 1er).]
[Note 42-1: _Lettre sur la Musique_, nouv. éd., pp. LXXIII-LXXIV.]
[Note 43-1: _Lettre sur la Musique_, nouv. éd., p. LVII.]
[Note 43-2: «L'idéal flottait devant sa pensée.»--_Id._, p. XIV.]
[Note 43-3: «Pour bien saisir ce que je veux dire, comparez
la richesse infinie, prodigieuse du développement dans une
symphonie de Beethoven avec les morceaux de musique de son opéra
de _Fidelio_; vous comprenez sur-le-champ combien le maître se
sentait ici à l'étroit, combien il étouffait, combien il lui était
impossible d'arriver jamais à déployer sa puissance originelle;
aussi, comme s'il voulait s'abandonner une fois au moins à la
plénitude de son inspiration, avec quelle fureur désespérée il se
jette sur l'ouverture, et y ébauche un morceau d'une ampleur et
d'une importance jusque-là inconnues! Cet unique essai d'opéra le
laisse plein de dégoût.» (_Id._, _ibid._)]
[Note 43-4: _Id._, p. LXXVII.]
[Note 44-1: _Lettre sur la Musique_, éd. nouv., p. LXXVIII.]
[Note 44-2: 1835.]
[Note 45-1: Cf. _Lettre sur la Musique_, éd. nouv., p. XXI.]
[Note 45-2: _Id._, pp. LVII-LVIII.]
[Note 45-3: _Id._, p. XXXI.]
[Note 46-1: Cf. _Lettre sur la Musique_, éd. nouv., p. LVIII.]
[Note 46-2: Cf. _Id._, p. LIX.]
[Note 47-1: Cf. _Lettre sur la Musique_, éd. nouv., p. LIX.]
[Note 47-2: Cf. _Id._, p. LXII.]
[Note 47-3: Sur cet «étrange français», cf. ci-dessous p. 49, note
(1).]
[Note 48-1: Cf. _Lettre sur la Musique_, éd. nouv., pp. LIX-LX.]
[Note 48-2: «La catastrophe finale naît ici, sans le moindre
effort, d'une lutte lyrique et poétique où nulle autre puissance
que celle des dispositions morales les plus secrètes n'amène le
dénouement, de sorte que la forme même de ce dénouement relève
d'un élément purement lyrique.» (_Id._, p. LX).]
[Note 48-3: Cf. _Id._ LXXVII.]
[Note 48-4: Cf. _Id._, p. LXXXI.]
[Note 48-5: Cf. _Id._, p. LXXXIII.]
[Note 49-1: Cf. _Lettre sur la Musique_, éd. nouv., p.
LXXXIII.--«_La concession_ que je me suis interdite, quant au
sujet,_ m'a donc affranchi_, en même temps, de toute concession,
quant à l'exécution musicale.» C'est ainsi que la pensée de Wagner
est trahie par le traducteur de la _Lettre sur la Musique_;
j'ai parlé ci-dessus de l'«étrange français» de ce traducteur
(aujourd'hui, académicien...): cette phrase en fournit un
exemple: à s'en rapporter au sens strict, elle pourrait signifier
que Wagner, qui dit le contraire, a été «_affranchi_» par une
«_concession_».--Ce n'est point une querelle de pédant que je
cherche à M. Challemel-Lacour; mais il me fallait bien saisir une
occasion pour expliquer que malgré mes très nombreux emprunts à la
_Lettre sur la Musique_, j'aie mieux aimé rompre ses phrases au
rythme de mon propre style. J'ai dit d'ailleurs que, «négligée»,
la traduction Challemel-Lacour n'en est pas moins des plus
«fidèles», en un certain sens _général_. Que le lecteur ne craigne
donc pas de s'y référer; bien étudiée, elle aurait pu et peut
encore rendre d'immenses services; et la preuve, c'est que de cet
_Avant-Propos_ le chapitre III, tout de compilation volontaire
(ainsi que je l'expliquerai plus loin), sera composé, en grande
partie, d'extraits intégralement reproduits.--Etant donné mon
but:--là, je ne pourrai faire mieux.]
[Note 49-2: _Id._, p. LXXXIII.--On verra ci-après, p. 70, ce
qu'entendait Wagner par ces mots: _L'Œuvre d'Art_ (et non pas la
«musique») _de l'Avenir, Das Kunstwerk der Zukunft_.]
[Note 50-1: _Lettre sur la Musique_, nouv. éd., p. LX.]
[Note 51-1: Charles Baudelaire.--Au point de vue des lecteurs
français, les pages de Baudelaire sur Wagner, qu'on trouvera dans
le recueil d'articles intitulé _L'Art Romantique_, demeureront,
avec leurs citations de Liszt, parmi celles qu'on peut consulter
le plus utilement pour toute la période _antérieure_ (au moins
depuis _le Vaisseau-Fantôme_) à la conception de _L'Anneau du
Nibelung_.]
[Note 52-1: Cf. _Lettre sur la Musique_, nouv. éd., p. LI.]
[Note 52-2: _Communication à mes Amis_ (_Eine Mittheilung an
meinen Freunden; Gesammelte Schriften_, t. IV).--Cette phrase se
rapportait, d'ailleurs, à un état moral intime plus intéressant,
plus poignant. Je n'y puis pas insister ici: Cf. Alfred Ernst,
_L'Art de Richard Wagner: l'Œuvre poétique_, pp. 338-339.]
[Note 53-1: Cf. _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, p. 47: «Je vis
que, en vue de plaire réellement au public moderne d'opéra, je
devais être un autre que je n'étais, et que je ne pouvais pas être
ce que je voulais; je sentis non moins clairement que ma véritable
position me condamnait alors comme auparavant, pour la seule
cause de gagner des moyens d'existence, à la nécessité de couvrir
ma véritable nature et mes opinions avec un détestable masque
d'hypocrisie et de conventionnalisme social. Je fus envahi par
un amer dédain pour de telles nécessités, et plus je vis briller
la lumière de l'idéal, plus je vis distinctement le cours que je
devais prendre.»]
[Note 54-1: _Communication à mes Amis_ (t. IV).]
[Note 55-1: «... qui n'avait _rien à faire avec_ le drame
véritable», peut-on lire dans la traduction de la _Lettre sur la
Musique_, p. IX.--Sur cet «étrange français», cf. ci-dessus les
notes (3) de la p. 47, et (1) de la p. 49.]
[Note 55-2: «En Italie, où s'est constitué d'abord l'opéra, quelle
était la mission unique du musicien? Il avait à écrire pour tels
ou tels chanteurs, chez qui le talent dramatique n'avait qu'une
place tout à fait secondaire, des airs destinés exclusivement à
fournir à ces virtuoses l'occasion de déployer leur habileté.
Poème et scène n'étaient qu'un prétexte, ne servaient qu'à prêter
un temps et un lieu à cette exhibition de virtuoses; la danseuse
alternait avec la chanteuse, elle dansait ce que la première avait
chanté; et le compositeur avait, pour tout emploi, à fournir des
variations d'un type d'airs déterminé.» (_Lettre sur la Musique_,
p. IX).]
[Note 55-3: «L'opéra réunissait, en Italie, un public qui
consacrait sa soirée à l'amusement, et se donnait, entre autres
amusements, celui de la musique chantée sur la scène; on prêtait
de temps en temps l'oreille à cette musique, lorsqu'on faisait
une pause dans la conversation; pendant la conversation et les
visites réciproques d'une loge à l'autre, la musique continuait:
son emploi était celui qu'on réserve à la _musique de table_
dans les dîners d'apparat, savoir, d'animer, d'exciter, par son
bruit, l'entretien qui languirait sans elle. La musique, qui est
jouée dans ce but et pendant ces conversations, forme le fond
proprement dit d'une partition italienne; au contraire, la musique
qu'on écoute réellement ne remplit pas peut-être un douzième de
la partition. L'opéra italien doit contenir au moins un air qu'on
écoute volontiers; pour son succès, il faut que la conversation
soit interrompue et qu'on puisse écouter avec intérêt au moins
six fois. Mais, le compositeur qui sait fixer l'attention des
auditeurs sur sa musique jusqu'à douze fois est déclaré homme
de génie et vanté comme un créateur inépuisable de mélodies.
Maintenant, qu'un tel public se trouve tout à coup en présence
d'un ouvrage qui prétend à une égale attention, pendant toute sa
durée et pour toutes ses parties; qu'il se voie arraché violemment
à toutes les habitudes qu'il porte aux représentations musicales;
qu'il ne puisse reconnaître pour identique avec sa mélodie
bien-aimée ce qui ne saurait, dans l'hypothèse la plus heureuse,
lui paraître qu'un ennoblissement du bruit musical, de ce bruit
qui, dans son emploi le plus naïf, lui facilitait autrefois une
conversation agréable, tandis qu'il l'importune aujourd'hui de
sa prétention d'être entendu réellement; le moyen de savoir à ce
public mauvais gré de sa stupeur et de son épouvante? A coup sûr,
il demanderait à cris redoublés sa douzaine ou sa demi-douzaine de
mélodies, ne fût-ce qu'afin que la musique des intervalles amenât
et protégeât la conversation, la chose capitale assurément d'une
soirée d'opéra.» (_Id._, pp. LXIII-LXV.)]
[Note 56-1: «Appropriées au caractère de la nation, à l'état
de la poésie dramatique et des arts de représentation qui
venaient de prendre un essor remarquable, les exigences de ces
arts s'imposaient aussi impérieusement à l'opéra. Au _Grand
Opéra_, se forma un style fixe, qui, emprunté dans ses traits
principaux aux règles du _Théâtre-Français_, satisfaisait à toutes
les conventions, à toutes les exigences d'une représentation
dramatique.» (_Lettre sur la Musique_, p. X)]
[Note 56-2: «L'auteur trouvait un cadre exactement circonscrit;
et ce cadre, il avait à le remplir au moyen d'une action et de
la musique, avec le concours d'acteurs et de chanteurs exercés,
connus d'avance, et en parfait accord avec lui pour réaliser ce
qu'il se proposait.» (_Id._, pp. X-XI.)]
[Note 57-1: Cf. Lettre de Richard Wagner à M. Gabriel Monod: «Si
l'on combat à ce point de vue l'influence de l'esprit français sur
les Allemands, on ne combat point pour cela l'esprit français;
mais on met naturellement en lumière ce qui est, dans l'esprit
français, en contradiction avec les qualités propres de l'esprit
allemand, et ce dont l'imitation serait funeste pour nos qualités
nationales.»]
[Note 58-1: Cf. _Lettre sur la Musique_, nouv. éd., p. IX.]
[Note 59-1: Cf. _Lettre sur la Musique_, nouv. éd., pp. XI-XIII.]
[Note 59-2: _Id._, pp. XII-XIII.--«Nulle part, un théâtre modèle
d'opéra, un théâtre mené dans une direction intelligente, un
théâtre qui donnât le ton; une éducation défectueuse des voix
mêmes, quand il s'en rencontrait, ou bien l'absence de toute
éducation, et partout dans l'art l'anarchie. Vous sentez que, pour
le musicien véritable et sérieux, ce théâtre d'opéra n'existait
pas, à vrai dire.»]
[Note 60-1: Cf. _Lettres sur la Musique_, nouv. éd., p. XIII.]
[Note 60-2: «Le Français, par exemple, se trouvant en face d'une
forme perfectionnée, dont toutes les parties constituaient un
harmonieux ensemble, assujetti à des lois qui le contentaient
pleinement et qu'il acceptait sans résistance comme immuables, se
sentait astreint à une perpétuelle reproduction de cette forme, et
par suite condamné à une sorte de stagnation (ce mot pris dans un
sens supérieur); l'Allemand, sans nier les avantages d'une telle
situation, n'en reconnaissait pas moins ses inconvénients et ses
périls; les lourdes entraves qu'elle créait ne lui échappaient
pas, et il voyait en perspective une forme idéale, qui lui offrait
ce que toute forme avait d'impérissable, mais débarrassée des
chaînes du hasard et du faux.» (_Id._, pp. XVI-XVII).]
[Note 61-1: Cf. _Lettre sur la Musique_, nouv. éd., pp. XIV-XVI.]
[Note 61-2: Cf. _Id._, p. XVII.]
[Note 62-1: _Lettre sur la Musique_, éd. nouv., p. XIX.]
[Note 62-2: Cf. _Id._, p. LXXIX: «Presque partout, nous trouvons
cette odieuse juxtaposition, du récitatif absolu, et de l'air
absolu, qui oppose à toute espèce de grand style un invincible
obstacle; nous la voyons interrompre, briser la continuité du
courant musical, de celui même que comporte un poème défectueux;
et avec cela nous voyons, dans leurs plus belles scènes, nos
grands maîtres triompher complètement de cet inconvénient;
déjà, ils y donnent au récitatif une signification rythmique et
mélodique, qui se relie d'une façon insensible à l'édifice plus
vaste de la mélodie proprement dite. Quand nous avons senti le
puissant effet de cette méthode, de quelle impression pénible ne
sommes-nous pas affectés, sans pouvoir nous en défendre, lorsque
éclate à l'improviste le banal accord qui nous dit: maintenant,
vous allez entendre de nouveau le récitatif tout sec. Puis, avec
le même inattendu, l'orchestre tout entier reprend la ritournelle
ordinaire pour annoncer l'air, cette même ritournelle, dis-je,
qui, déjà employée ailleurs par le même maître comme transition,
d'une manière profondément expressive, déployait à mes yeux une
beauté et une plénitude de sens d'où nous recevions, sur le
fond de la situation même, la lumière la plus intéressante. Et,
lorsque après une de ces fleurs de l'art nous voyons paraître
immédiatement un morceau composé pour flatter le goût le plus bas,
que n'éprouvons-nous pas? Quelle déception, lorsque, saisi jusqu'à
l'âme par une belle et noble phrase, nous la voyons soudainement
déchoir en cadence rebattue avec les deux roulades obligées et
l'inévitable note soutenue, et qu'alors le chanteur oublie tout
d'un coup ses rapports avec le personnage auquel cette phrase
est adressée, s'avance au bord de la rampe, et se tourne vers la
claque pour lui donner le signal des applaudissements!»]
[Note 63-1: «Je voyais dans l'opéra une institution dont la
destination spéciale est presque exclusivement d'offrir une
distraction et un amusement à une population aussi ennuyée
qu'avide de plaisir; je le voyais en outre obligé de viser au
résultat pécuniaire pour faire face aux dépenses que nécessite
l'appareil pompeux qui a tant d'attrait, et je ne pouvais me
cacher qu'il y eût une vraie folie à vouloir tourner cette
institution vers un but diamétralement opposé, c'est-à-dire
l'appliquer à arracher un peuple aux intérêts vulgaires
qui l'occupent, tout le jour, pour l'élever au culte et à
l'intelligence de ce que l'esprit humain peut concevoir de plus
profond et de plus grand.» (_Lettre sur la Musique_, éd. nouv.,
pp. XXII-XXIII).]
[Note 64-1: Cf. _Lettre sur la Musique_, p. VII.]
[Note 64-2: Cf. _Id._, _ibid._]
[Note 64-3: Cf., en un recueil d'articles (_Etudes sur le
XIXe Siècle_, Paris, Perrin et Cie, 1888) de M. Edouard Rod,
d'utiles pages sur _Wagner et l'Esthétique allemande_ (pp.
99-116).--Consulter néanmoins ces pages avec prudence, en en
rectifiant certaines assertions d'après les documents contenus
dans le présent _Avant-Propos_, particulièrement dans les pp.
36-37 et surtout 7, note (2).]
[Note 65-1: _Frédéric Barberousse_ (_Friedrich der Rothbart_;
1844-48);--_Jésus de Nazareth_ (_Jesus von Nazareth, ein
dichterischer Entwurf aus dem Jahre 1848_; Leipzig, Breitkopf
und Härtel, 1887);--_La Mort de Siegfried_ (_Siegfried's Tod_)
dont il sera parlé ci-dessous,--_Achille_ (1849-1850);--_Wieland
le Forgeron_ (_Wieland der Schmied_: cf. ci-après, p. 71);--sans
parler de la première idée des _Maîtres-Chanteurs_ qui est de
1845...]
[Note 66-1: Cf. ci-dessus, p. 45.]
[Note 67-1: 1848-1874. Cf. ci-dessus, p. 11.]
[Note 67-2: Depuis 1844.]
[Note 67-3: _Tannhäuser_ (1840-1845).--_Lohengrin_ (1842-1847).]
[Note 67-4: Dans l'_Appendice_ (pp. 629-633); _De la version
première (1848) de L'Anneau du Nibelung (1852)_; et aussi dans les
notes (2) de la p. 267, et (2) de la p. 387.]
[Note 68-1: _Gesammelte Schriften und Dichtungen_, t. II.]
[Note 68-2: Très substantiels, souvent même trop. Cf. ci-dessous
p. 73.]
[Note 68-3: _Gesammelte Schriften und Dichtungen_, t. II.]
[Note 69-1: Cf. _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_ (pp. 47-48):
«Je compris que le caractère de l'art théâtral dépendait du
caractère du public, que le caractère du public dépendait de
toute la vie sociale du monde moderne, et que j'étais absolument
étranger à ce monde aussi bien comme artiste que comme Allemand.»]
[Note 69-2: Cf. _Id._, p. 48: «Comme artiste je me trouvai poussé
à représenter, dans ce nouvel aspect des affaires, les droits
de l'art si facilement oubliés ou négligés. Il était évident
pour moi que mon plan de réforme, déjà conçu jusque dans les
plus petits détails pratiques, ne serait accueilli que par un
silence dédaigneux de la part du gouvernement existant pour
l'administration des matières d'art. Je me retournai donc vers le
nouveau mouvement qui était si plein de promesses pour mon rêve.»]
[Note 70-1: Cf. _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, pp. 55-56.]
[Note 70-2: Cf. _Lettre sur la Musique_, pp. XXVI-XXVII.]
[Note 70-3: Lettre de Wagner à Uhlig, datée de Zurich, 27 déc.
1849 (R. Wagner, _Briefe an Uhlig, Fischer und Heine_; Leipzig,
Breitkopf und Härtel, 1888)]
[Note 71-1: _Gesammelte Schriften und Dichtungen_, t. III.--Dans
son livre: _L'art de Richard Wagner: L'Œuvre poétique_, pp.
200-202, M. Ernst a donné, de _Wieland le Forgeron_, l'unique
analyse qui en soit en France.--Sur le sens symbolique de ce
splendide sujet, cf. le même volume, pages 168-173.]
[Note 71-2: Lettre (déjà citée) de Wagner à Uhlig. (Zurich, 27
déc. 1840.)]
[Note 72-1: «Je me croyais, dans ce livre, obligé de combattre,
avant tout, l'opinion erronée de ceux qui s'étaient imaginé que,
dans l'opéra proprement dit, l'idéal se trouvait atteint ou
du moins immédiatement préparé.» _Lettre sur la Musique_ (pp.
XXVII-XXVIII).]
[Note 72-2: Février 1851.]
[Note 72-3: Cf. _L'Œuvre et la Mission de ma Vie_, p. 61.]
[Note 73-1: _Communication à mes Amis (Eine Mittheilung an meinen
Freunden: Gesammelte Schriften und Dichtungen_, t. IV, p. 416).]
[Note 73-2: _Id._, _ibid._]
[Note 74-1: _Gesammelte Schriften und Dichtungen_, t. II.--Cf. sur
ce _Projet_, ci-dessus, l'_Avant-Propos_, pp. 68-69.]
[Note 74-2: Cf. _in Revue Wagnérienne_, t. III, les _Notes
chronologiques_ de M. Chamberlain.]