Et pourtant, si!--quelque chose lui disait qu'il en avait, du coeur,
mais qu'il était un grand enfant que la vie de la mer avait perdu. Avec
un attendrissement très doux, elle retrouvait sa figure noble et
tranquille, sa voix, son sourire des bons moments où il était sage....
L'abandonner?... À cette idée qu'il s'en irait seul, tout à fait perdu
alors, et jetant tout au diable, livré à ses vices et à ceux des autres,
recommencer sa vie de débauches avec d'autres femmes, naviguer au loin,
puis vieillir seul, délaissé, épuisé par l'alcool!... Oh! à cette idée
de le quitter, elle était prise d'une angoisse plus horrible que tout:
elle sentait qu'elle était rivée à lui maintenant par un lien plus fort
que toute raison, que toute volonté humaine. Elle l'aimait éperdument,
sans avoir conscience de la grandeur de son amour.... Non, plutôt, si
elle ne pouvait pas l'en retirer, elle se laisserait rouler avec lui
dans la dernière fange pour l'avoir encore dans ses bras jusqu'à l'heure
de mourir.