NOTE 41, _pages_ 136-137. [p.303]

Vers 2101-2103.

Grans biens ne vient pas en poi d'ore;

_La fortune est lente à venir,

Longa mora est nobis quae gaudia differt_.

(Ovid. ep. 19, vers 3.)

(Lantin de Damery.)

NOTE 42, _pages_ 138-139.

Vers 2136-2138.

Quant li disciples qui escoute,

_Légère enim et non inteîîigere, negîigere est_.

NOTE 43, _pages_ 140-141.

Vers 2173-2175.

Après te garde de retraire

Chose des gens qui face à taire;

..... _Gravis est culpa tacenda hqui_,

(Ovid. _Art. Am_., iib. II, vers 604.)

(LANTIN DE DAMEREY)

Toutes les citations latines que nous reproduisons

sont tirées de l'édition de Méon.

NOTE 44, _pages_ 140-141.

Vers 2176-2179.

En Keux le seneschal te mire.

Keux, le sénéchal, étoit fils d'Anthor, père nourricier du roi Artus,

qu'il avoit fait nourrir comme [p.304] son propre fils par sa femme,

ayant donné à Keux une autre nourrice; voilà pourquoi Anthor disoit à

Artus: «Si Keux est félon et dénaturé, souffrez-en ung petit, car pour

vous nourrir il est tout dénaturé.» (_Roman de Merlin_, tome I, chap.

95.) Quoique Keux eût la réputation d'être le plus médisant de la cour

du roi Artus, on ne trouve cependant dans le _Roman de Lancelot_, où il

est souvent parlé du sénéchal, guère de ces traits de son caractère

médisant. Le plus marqué est celui qu'il lâcha contre Perceval, qui

venait d'être reçu compagnon de Table-Ronde.

«Artus fit Keux son sénéchal par tel convenant, que tant qu'il vivroit

il seroit maître gouffanier du royaume de Logres.» (_Roman de Merlin_,

chap. 100.)

Par cette commission, Keux réunissoit en sa personne les deux plus

grandes charges de l'État: comme gonfanier, il portoit la grande

bannière, et comme sénéchal, il étoit le grand maître de la maison du

roi, ce que l'on appeloit _Dapifer et princeps coquorum_, ou

grand-queux.

Cette charge de grand maître était considérable, puisque ceux qui en

étoient revêtus signoient les actes de conséquence, comme on le voit

dans plusieurs chartres.

Keux étoit encore maître-d'hôtel, ce qui se prouve par un passage du

_Roman de Merlin_, chap. 107:

«Et lors vecy venir Keux le sénéchal, et le villain le veit, et lui dit:

damps sénéchal, tenez ses oyseaux, si les donnez ce soir à souper à

vostre roi.»

Sénéchal se prenoit aussi pour un pourvoyeur.

Judas estoit sénéchaux des apôtres,

dit un autre roman de Merlin.

[p.305]

_Juda Schariot era camerlingo et despenciere de beni loro_ (les apôtres)

_dati per Dio_,» dit un auteur italien.

Aujourd'hui le sénéchal est la même chose que le grand-bailli.

_Sénéchal_ vient du mot celtique _seniesscalc_ ou _senikschal_,

c'est-à-dire officier de la famille expérimenté dans le gouvernement

d'une maison.

Cette charge se donnoit anciennement à des chevaliers déjà âgés. (Lantin

de Damery.)

NOTE 45, _pages_ 140-141.

Vers 2179-2181.

Tant cum Gauvains li bien apris.

_Gauvain_, un des chevaliers de la Table-Ronde, dont les hauts faits

sont écrits au roman de Lancelot du Lac. Il étoit fils du roi Loth, et

neveu du roi Artus; il naquit en Orcanie, dans la ville de Lordelone, au

IIIe siècle de l'ère chrétienne.

«Il aima pouvres gens, et fit voulentiers bien aux meseaux (ladres) plus

qu'aux autres: il ne fut médisant ne envieux; il fut toujours plus

courtois que nul, et pour sa courtoisie l'aimèrent plus dames et

damoiselles que pour sa chevalerie où il excelloit. Telle étoit sa

coutume que toujours empiroit sa force entour midy; et sitôt comme midy

étoit passé, si lui revenoit au double le coeur, la force et la vertu.

Il se vantoit d'avoir tué plus de quarante chevaliers dans les courses

qu'il avoit faites tout seul.»

L'auteur du _Roman de Lancelot_ remarque que Gauvain alloit à confesse

rarement, et qu'ayant passé quatre ans sans s'acquitter de ce devoir,

comme on lui conseilloit de faire pénitence, il disoit: «Que de

pénitence ne pouvoit-il la peine souffrir.»

Il mourut en partie [p.306] des blessures que lui fit Lancelot: il portoit d'or

au lion de gueule. (Lantin de Damery.)

NOTE 46, _pages_ 142-143.

Vers 2204-2206. Jehan de Meung eût bien dû méditer ces vers de Guillaume

de Lorris et mettre en pratique cette sage maxime.

NOTE 47, _pages_ 144-145.

Vers 2252-2254.

Lave tes mains et tes dens cure.

_Curer_ signifiait aussi bien nettoyer que soigner. On disait curer un

fossé et curer son esprit.

Pour tout ce passage, il est intéressant de consulter Ovide, _L'Art

d'aimer_, livre I.

.............._Careant rubigine denies

Nu vagus in laxâ pes tibi pelle natet.

Nec malé deformet rigidos tonsura capillos

Sit coma, sit docta barba resecta manu;

Et nihil eminicat, et sint sine sordibus ungues.

Cetera lascivoe faciant, concede, puellae

Et si quis maie vir quaerit habere virum_.

Au vers suivant:

Mais ne te farde ne ne guigne,

que nous traduisons par:

Mais le clin d'yeux, le fard dédaigne,

M. Francisque Michel traduit _guigner_ par _observer_. [p.307] Cette

traduction est insuffisante. _Guigner_ veut dire: regarder du coin de

l'oeil, cligner de l'oeil. La véritable traduction moderne serait

plutôt: faire de l'oeil, voire encore: lorgner.

NOTE 48, _pages_ 146-147.

Vers 2289-2291.

Se tu as la voiz clere et saine.

_Si vox est, canta; si mollia brachia, salta_.

(Ovid., _De Arte amandi_, lib. II.)

NOTE 49, _page_ 149.

Vers 2309. _Sa mie_. Bien que _s'amie_ soit plus correct, comme c'est

aujourd'hui l'usage d'écrire _sa mie_, nous nous sommes décidé à suivre

l'usage.

NOTE 50, _pages_ 150-151.

Vers 2332-2334.

Qui en mains leus son cuer départ,

Partout en a petite part;

_Deficit ambobus qui vult servire duobus_.

NOTE 51, _page_ 151.

Vers 2344. _Guerdon_, récompense. Mot vieilli et même aujourd'hui tout à

fait hors d'usage. Il était pourtant fort usité au XVIe et même au XVIIe

siècle.

Dieu te doint pour guerdon de tes oeuvres si saintes.

(Math. Régnier, _Sat_. XIII.)

Le roman de la rose - Tome I · 第 126 / 150 题