NOTE 3, _pages_ 4-5. [p.282]

Vers 41-44.

La matière en est bonne et neuve.

Comme dit M. Ampère, _bonne_, je ne dis pas non; mais _neuve_, c'est

autre chose.

NOTE 4, _pages_ 6-7.

Vers 79-79. _Kalandre_.

C'est l'alouette huppée qu'on voit toujours voletant le long des routes.

Dans l'Orléanais, de nos jours encore, on ne la nomme pas autrement.

NOTE 5, _page_ 12.

_Félonie--Vilenie_. Nous ferons remarquer ici que ces deux images n'en

font qu'une dans le plus beau et le meilleur manuscrit de la Bibliothèque

nationale, n° 380 ancien fonds français. Ce magnifique travail de Nicolas

Flamel, exécuté vers la fin du XIVe siècle pour le duc Jean de Berri,

oncle de Charles VI, est, de tous les manuscrits français, celui qui se

rapproche le plus du texte de Méon. L'auteur dit qu'à gauche se dressait

Félonie, qui était appelée Vilenie. Nous préférons le texte tel que l'a

restitué Méon.

NOTE 6, _pages_ 12-13.

Vers 178-178.

Et fame qui petit séust

D'honorer ceus qu'ele déust.

Ce dernier trait convient parfaitement au personnage peint par le poète. [p.283]

Il y a, dans le recueil de fabliaux publié par Méon, un long poème

malheureusement incomplet intitulé: _le dit de Trubert_, du nom du

personnage principal, qui est justement le type du vilain au sens

primitif et au sens figuré du mot. Il n'y a pas de méchant tour qu'il ne

joue au duc son seigneur. C'est le pendant de l'esclave antique. Privé

de tous les droits les plus chers à l'homme, il devient rusé, méchant;

sa vie n'a plus qu'un but: la vengeance. (E. Cougny.)

NOTE 7, _page_ 15.

Vers 197.

D'un héritage dépouillés.

Ici se présente pour la première fois un participe décliné.

A l'époque où vivaient les auteurs du _Roman de la Rose_, tous les

participes sans exception se déclinaient. Jusqu'au XVIIe siècle, ils

restèrent déclinables à volonté. L'Académie trancha la difficulté, et

rendit tous les participes directs indéclinables avec l'auxiliaire

avoir. Toutefois, elle toléra, en poésie seulement, qu'on pût encore

parfois décliner les participes, pourvu qu'ils fussent placés entre le

verbe auxiliaire et leur régime, comme par exemple dans ces deux vers de

Malherbe:

O Dieu dont les bontés, de nos larmes touchées,

Ont aux vaines fureurs les armes arrachées.

Nous nous sommes arrêté à cette règle après de longues hésitations; mais

comme elle nous permettait [p.284] de conserver un nombre incalculable

de vers presque dans leur intégrité, sans trop choquer la grammaire

moderne, nous espérons qu'on n'osera pas trop nous reprocher cette

licence.

NOTE 8, _pages_ 16-17.

Vers 224-226.

Et une cote de brunete.

M. Francisque Michel traduit _brunete_ par _bure_, de sorte que le vers

se traduirait ainsi: «Et une cote de bureau.» C'est une erreur. Nous en

voyons la preuve au vers 4569, au début de la partie de Jehan de Meung:

Car ausinc bien sunt amoretes

Sous buriaus comme sous brunetes.

Lorsqu'il arrive à ce passage, il traduit _brunete_ par _espèce

d'étoffe_. Mais, d'après ces deux vers, il est impossible de se

méprendre sur la véritable signification de _brunete_. C'est bien (comme

on le voit au Glossaire) un drap fin dont se vêtaient les personnes de

qualité. Il tirait son nom de sa couleur foncée.

NOTE 9, _pages_ 18-19.

Vers 248-250.

Que s'elle voit ou s'elle ouït.

Nous avons ici conservé _s'elle_ pour _si elle_.

Cette élision est très-compréhensible, et il est très regrettable, à nos

yeux, qu'elle ne soit plus usitée. Elle est tout aussi naturelle que

_s'il_ pour _si il_.

Le roman de la rose - Tome I · 第 120 / 150 题