XII

Comment Narcisus se mira

A la fontaine, et souspira

Par amour, tant qu'il fist partir

S'âme du corps, sans départir.

Si vit en l'iaue clere et nete

Son vis, son nés et sa bouchete,

Et cis maintenant s'esbahi;

Car ses umbres l'ot si trahi,

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Torturé fut encore un jour 1517

Et consumé du même amour,

C'est-à-dire sans espérance,

Pour qu'il eût enfin conscience

Du deuil qu'a le loyal amant

Qu'on rejette si vilement.

A sa prière raisonnable,

Dieu sut se montrer favorable

Et voulut que Narcisse un jour

S'en vint justement, de retour

De la chasse, vers cette source,

Fatigué d'une longue course,

Chercher l'ombre sous le grand pin.

Par monts, par vaux, dès le matin,

Il courait le bois et la plaine;

Exténué, tout hors d'haleine,

Altéré par l'âpre chaleur,

Il vit sous l'arbre protecteur

La source vive et transparente.

Pour étancher sa soif ardente

Et tremper ses lèvres dans l'eau,

Il se pencha sur le ruisseau.

* * *

Le roman de la rose - Tome I · 第 91 / 150 题