Comment Narcisus se mira
A la fontaine, et souspira
Par amour, tant qu'il fist partir
S'âme du corps, sans départir.
Si vit en l'iaue clere et nete
Son vis, son nés et sa bouchete,
Et cis maintenant s'esbahi;
Car ses umbres l'ot si trahi,
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Torturé fut encore un jour 1517
Et consumé du même amour,
C'est-à-dire sans espérance,
Pour qu'il eût enfin conscience
Du deuil qu'a le loyal amant
Qu'on rejette si vilement.
A sa prière raisonnable,
Dieu sut se montrer favorable
Et voulut que Narcisse un jour
S'en vint justement, de retour
De la chasse, vers cette source,
Fatigué d'une longue course,
Chercher l'ombre sous le grand pin.
Par monts, par vaux, dès le matin,
Il courait le bois et la plaine;
Exténué, tout hors d'haleine,
Altéré par l'âpre chaleur,
Il vit sous l'arbre protecteur
La source vive et transparente.
Pour étancher sa soif ardente
Et tremper ses lèvres dans l'eau,
Il se pencha sur le ruisseau.
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