Situation du 2e corps.--Démoralisation des Bavarois.--Mission auprès du
comte Lubenski.
Comme il est important d'indiquer les causes qui avaient réuni le 2e
corps au surplus de l'armée dont il s'était séparé dès le commencement
de la campagne, je dois reprendre l'abrégé de son historique depuis le
mois d'août, lorsque, après avoir battu les Russes devant Polotsk, le
maréchal Saint-Cyr fit établir auprès de cette place un immense camp
retranché gardé par une partie de ses troupes et distribua le surplus
sur les deux rives de la Düna. La cavalerie légère couvrait les
cantonnements, et, ainsi que je l'ai déjà dit, la brigade Castex, à
laquelle mon régiment était attaché, fut placée à Louchonski, sur la
petite rivière de la Polota, d'où nous étions à même de surveiller les
grandes routes venant de Sébej et de Newel.
L'armée de Wittgenstein, après sa défaite, s'était retirée en arrière de
ces villes, de sorte qu'il existait entre les Russes et les Français un
espace de plus de vingt-cinq lieues, non occupé à poste fixe, mais où
chacun des deux partis envoyait des reconnaissances de cavalerie, ce qui
donnait lieu à de petits combats peu importants. Du reste, comme les
environs de Polotsk étaient suffisamment garnis de fourrages et de
grains encore sur pied, et qu'il était facile de comprendre que nous y
ferions un long séjour, les soldats français se mirent à faucher et à
battre les blés, qu'on écrasait ensuite dans de petits moulins à bras,
dont chaque maison de paysan est garnie.
Ce travail me paraissant trop lent, je fis réparer à grand'peine deux
moulins à eau situés sur la Polota, auprès de Louchonski, et dès ce
moment le pain fut assuré pour mon régiment. Quant à la viande, les bois
voisins étaient remplis de bétail abandonné; mais comme il fallait y
faire une traque chaque jour pour avoir la provision, je résolus
d'imiter ce que j'avais vu pratiquer à l'armée de Portugal et de former
un troupeau régimentaire. En peu de temps, je parvins à réunir 7 à 800
bêtes à cornes, que je confiai à la garde de quelques chasseurs
démontés, auxquels je donnai les chevaux du pays, trop petits pour
entrer dans les rangs. Ce troupeau, que j'augmentai par de fréquentes
excursions, exista plusieurs mois, ce qui me permit de donner au
régiment de la viande _à discrétion_ et entretenait la bonne santé de ma
troupe, qui me sut gré des soins que je prenais d'elle. J'étendis ma
prévoyance sur les chevaux, pour lesquels on construisit de grands
hangars, recouverts en paille et placés derrière les baraques des
soldats, de sorte que notre bivouac était presque aussi confortable
qu'un camp établi en pleine paix. Les autres chefs de corps firent des
établissements analogues, mais aucun ne forma de troupeaux: leurs
soldats vivaient au jour le jour.
Pendant que tous les régiments français, croates, suisses et portugais
s'occupaient sans relâche du soin d'améliorer leur situation, les
Bavarois seuls ne faisaient rien pour se soustraire à la misère et aux
maladies!... En vain le général comte de Wrède cherchait-il à les
stimuler en leur montrant avec quelle activité les soldats français
construisaient les baraques, moissonnaient, battaient le blé, le
transformaient en farine, bâtissaient des fours et faisaient du pain,
les malheureux Bavarois, totalement démoralisés depuis qu'ils ne
recevaient plus de distributions _régulières_, admiraient les travaux
intelligents de nos troupes sans essayer de les imiter; aussi
mouraient-ils comme des mouches, et il n'en serait pas resté un seul si
le maréchal Saint-Cyr, sortant momentanément de sa nonchalance
habituelle, n'eût engagé les colonels des autres divisions à fournir
quotidiennement du pain aux Bavarois. La cavalerie légère, placée plus
avant dans les campagnes et près des forêts, leur envoyait des vaches.
Cependant, ces Allemands, si mous lorsqu'il fallait travailler, étaient
fort braves devant l'ennemi; mais dès que le péril cessait, ils
retombaient dans leur complète apathie. La nostalgie, ou maladie du
pays, s'emparait d'eux; ils se traînaient vers Polotsk, et, gagnant les
hôpitaux établis par les soins de leurs chefs, ils demandaient la
_chambre où l'on meurt_, s'étendaient sur la paille et ne se relevaient
plus! Un très grand nombre périrent de la sorte, et les choses en
vinrent au point que le général de Wrède se vit obligé de placer dans
son fourgon les drapeaux de plusieurs bataillons qui n'avaient plus
assez d'hommes pour les garder. Cependant, on était au mois de
septembre, le froid ne se faisait pas encore sentir; le temps était, au
contraire, fort doux; aussi les autres troupes étaient en bon état et
vécurent gaiement en attendant les événements futurs.
Les cavaliers de mon régiment se faisaient surtout remarquer par leur
bonne santé, ce que j'attribuais d'abord à la quantité de pain et de
viande que je leur donnais, et surtout à l'eau-de-vie que j'étais
parvenu à me procurer en abondance, par suite d'une convention conclue
avec les Jésuites de Polotsk. Ces bons Pères, tous Français, avaient à
Louchonski une grande ferme dans laquelle se trouvait une distillerie
d'eau-de-vie de grain; mais, à l'approche de la guerre, les ouvriers
s'étant enfuis vers le monastère en y apportant les alambics et tous les
ustensiles, la fabrication avait cessé, ce qui privait les religieux
d'une partie de leur revenu. Cependant, l'agglomération de l'armée
autour de la ville avait rendu les alcools si rares et si chers, que les
cantiniers faisaient plusieurs jours de marche pour aller en chercher
jusqu'à Wilna. Il me vint donc en pensée de faire avec les Jésuites un
traité par lequel je devais protéger leurs distillateurs, faire ramasser
et battre par mes soldats le blé nécessaire, à condition que mon
régiment aurait chaque jour une partie de l'eau-de-vie qui en
proviendrait. Ma proposition ayant été acceptée, les moines eurent de
grands bénéfices en faisant vendre de l'alcool au camp, et j'eus
l'immense avantage d'en faire distribuer trois fois par jour à mes
soldats, qui depuis qu'ils avaient passé le Niémen ne buvaient que de
l'eau.
Je sais qu'au premier aspect ces détails sont oiseux, mais je les
rappelle avec plaisir parce que les soins que je pris de mes hommes
sauvèrent la vie à beaucoup d'entre eux et maintinrent l'effectif du 23e
de chasseurs fort au-dessus de celui des autres régiments de cavalerie
du corps d'armée, ce qui me valut de la part de l'Empereur un témoignage
de satisfaction dont je parlerai plus loin.
Parmi les précautions que je pris, il en est encore deux qui sauvèrent
la vie à beaucoup de mes cavaliers. La première fut de les contraindre,
dès le 15 septembre, à se munir tous d'une de ces redingotes en peau de
mouton avec toison qu'on trouvait en quantité dans les habitations des
villages abandonnés. Les soldats sont de grands enfants, dont il faut
prendre soin pour ainsi dire malgré eux. Les miens prétendirent d'abord
que ces grandes pelisses étaient inutiles et surchargeaient leurs
chevaux; mais dès le mois d'octobre ils les placèrent avec plaisir sous
leurs manteaux, et, lorsque les grands froids furent venus, ils me
remercièrent de les avoir forcés à les garder.
La seconde des précautions que je crus devoir prendre fut d'envoyer sur
les derrières de l'armée tous les chasseurs démontés par le feu ennemi
ou dont les chevaux étaient morts de fatigue. Un ordre du jour du major
général prescrivait d'envoyer tous ces hommes sur Lepel, en Lithuanie,
où ils devaient recevoir des chevaux qu'on attendait de Varsovie. Je me
préparais à exécuter cet ordre, lorsque, ayant appris que le dépôt de
Lepel était encombré de cavaliers à pied, manquant de tout et n'ayant
rien à faire, car il n'arrivait pas un seul cheval de remonte, je pris
sur moi d'envoyer tous mes hommes démontés directement à Varsovie, sous
le commandement du capitaine Poitevin, qui avait été blessé. Je savais
très bien que ce que je faisais était contraire aux règlements; mais
dans une armée _immense_, transportée aussi loin et placée dans des
conditions aussi extraordinaires, il était physiquement impossible que
l'état-major et l'administration pussent pourvoir aux besoins des
troupes. Il fallait donc qu'un chef de corps pût prendre bien des choses
sous sa responsabilité; aussi, le général Castex, qui ne pouvait me
donner une autorisation officielle, m'ayant promis de fermer les yeux
sur ce qui se passait, je continuai à agir de la sorte tant que cela fut
possible, si bien qu'insensiblement le nombre de chasseurs démontés
envoyés par moi à Varsovie s'éleva à 250. Après la campagne, je les
retrouvai sur la Vistule, tous habillés de neuf, bien équipés et ayant
d'excellents chevaux, ce qui fut un très bon renfort pour le régiment.
Les hommes démontés appartenant à d'autres corps et réunis à Lepel, au
nombre de plus de 9,000, ayant été surpris par la grande retraite des
troupes revenant de Moscou, furent presque tous faits prisonniers ou
périrent de froid sur les routes! Il eût été cependant si facile de les
diriger pendant l'été et l'automne sur Varsovie, dont le dépôt de
remonte avait beaucoup de chevaux et manquait de cavaliers.
Je passai à Louchonski un grand mois dans le repos, ce qui avança la
guérison de la blessure que j'avais reçue en juillet à Jakoubowo. Nous
étions bien, dans ce camp, sous le rapport matériel, mais fort inquiets
de ce qui se passait vers Moscou, et n'avions que très rarement des
nouvelles de France. Je reçus enfin une lettre, par laquelle ma chère
Angélique m'annonçait qu'elle venait de donner le jour à un garçon. Ma
joie, quoique bien vive, fut mêlée de tristesse, car j'étais bien loin
de ma famille, et, sans prévoir tous les dangers auxquels je serais
exposé avant peu, je ne me dissimulais pas que de grands obstacles
s'opposeraient à notre réunion.
Vers le milieu de septembre, le maréchal Saint-Cyr me donna une mission
fort délicate. Elle avait un double but: d'abord, aller reconnaître ce
que faisaient les ennemis dans les environs de Newel, et revenir ensuite
par les rives du lac Ozérichtchi, afin de m'aboucher avec le comte
Lubenski, le plus grand seigneur du pays et l'un des rares Polonais
disposés à tout entreprendre pour secouer le joug des Russes.
L'Empereur, qui, tout en hésitant à proclamer le rétablissement de
l'ancienne Pologne, voulait organiser en départements les parties déjà
conquises, avait éprouvé beaucoup de refus de la part des seigneurs
auxquels il s'était proposé d'en confier l'administration; mais,
d'après les assurances qui lui furent données sur le patriotisme du
comte Lubenski, Sa Majesté venait de le nommer préfet de Witepsk. Ce
seigneur vivant retiré dans une terre située au delà des cercles occupés
par les Français, il était difficile de lui faire parvenir sa nomination
et d'assurer son arrivée. Napoléon avait donc ordonné d'envoyer un parti
de cavalerie légère vers le comte Lubenski.
Chargé de remplir cette mission, avec trois cents hommes de mon
régiment, je choisis les cavaliers les plus braves, les mieux montés,
et, après les avoir pourvus de pain, de viandes cuites, d'eau-de-vie et
de tout ce qui était nécessaire, je quittai, le 14 septembre, le camp de
Louchonski, où je laissai la brigade Castex et le surplus de nos
escadrons. J'emmenai avec moi Lorentz, qui devait me servir
d'interprète.
La vie de partisan est périlleuse et très fatigante. Éviter les grandes
routes, nous cacher le jour dans les forêts sans oser y faire du feu,
prendre dans un hameau des vivres et des fourrages, que nous allions
consommer à quelques lieues de là, afin de donner le change aux espions
ennemis; marcher toute la nuit, en se dirigeant quelquefois vers un
point différent de celui où l'on doit aller; être sans cesse sur le
_qui-vive_, telle fut la vie que je menai lorsque, lancé avec trois
cents hommes seulement dans une contrée immense et inconnue pour moi, je
dus m'éloigner de l'armée française et me rapprocher de celle des
Russes, dont je pouvais rencontrer de nombreux détachements. Ma
situation était fort difficile; mais j'avais confiance dans ma destinée,
ainsi que dans la valeur des cavaliers dont j'étais suivi. J'avançais
donc résolument, en côtoyant à deux ou trois lieues au large la route
qui, de Polotsk, se rend à Newel par Tomtschino, Krasnopoli et
Petschski.
Je ne vous ferai pas le récit détaillé des événements peu intéressants
qui nous survinrent; il vous suffira de savoir que, grâce aux bons avis
que nous donnaient les paysans, antagonistes déclarés des Russes, nous
fîmes le tour de la ville de Newel en évitant tous les postes ennemis,
et que, après huit jours, ou plutôt huit nuits de marche, nous parvînmes
au lac Ozérichtchi, sur les rives duquel est situé le magnifique château
qui appartenait alors au comte Lubenski.
Je n'oublierai jamais la scène qui se passa à notre arrivée dans cet
antique et vaste manoir. La lune éclairait une superbe soirée d'automne.
La famille du comte était réunie pour célébrer l'anniversaire de sa
naissance et se réjouir de la victoire remportée par Napoléon à la
Moskova, lorsque des domestiques accourant annoncer que le château est
cerné par des soldats à cheval qui, après avoir placé des postes et des
sentinelles, pénétraient déjà dans les cours, on pensa que c'était la
police russe qui venait arrêter le maître du logis. Celui-ci, homme des
plus courageux, attendait avec calme qu'on le conduisît dans les prisons
de Saint-Pétersbourg, quand un de ses fils, que la curiosité avait porté
à ouvrir une fenêtre, vient dire: «Ces cavaliers parlent français!»
À ces mots, le comte Lubenski, suivi de sa nombreuse famille et d'une
foule de serviteurs, se précipitant hors du château, les réunit sur un
immense péristyle, dont je montais alors les degrés, et, s'avançant vers
moi les bras tendus, il s'écria d'un ton tragique: «Sois le bienvenu,
généreux Gaulois, qui apportes la liberté dans ma patrie si longtemps
opprimée!... Viens, que je te presse sur mon cœur, guerrier du grand
Napoléon, libérateur de la Pologne!...» Non seulement le comte
m'embrassa, mais il voulut que la comtesse, ses filles et ses fils
fissent de même. Puis l'aumônier, les précepteurs, les institutrices
vinrent me baiser la main, et toute la domesticité posa ses lèvres sur
mon genou!... Bien que fort étonné des honneurs de divers degrés qu'on
me rendait, je les reçus avec toute la gravité dont j'étais capable, et
je croyais la scène terminée, lorsque, sur un mot du comte, chacun se
prosternant se mit en prière.
Entré au château, je remis à M. Lubenski sa nomination de préfet de
Witepsk, revêtue de la signature de l'empereur des Français, et lui
demandai s'il acceptait: «Oui, s'écria-t-il avec force, et je suis prêt
à vous suivre!...» La comtesse montra le même enthousiasme, et il fut
convenu que le comte, accompagné de son fils aîné et de deux serviteurs,
partirait avec moi. J'accordai une heure pour faire les préparatifs du
voyage. Il n'est pas besoin de dire qu'elle fut employée à donner un bon
souper à mon détachement, qui fut obligé de le manger à cheval, tant je
craignais d'être surpris. Les adieux faits, nous allâmes coucher à
quatre lieues de là, dans une forêt où nous restâmes cachés tout le jour
suivant. La nuit d'après, nous continuâmes notre marche; mais, pour
dépister les partis ennemis, qui auraient pu être surpris de la présence
d'un détachement français dans ces parages, je me gardai bien de
reprendre les chemins que j'avais suivis en venant, et, passant par
Lombrowka, Swino et Takarena, tantôt par des sentiers, tantôt à travers
champs, je parvins, au bout de cinq jours, à Polotsk. Je me félicitai
d'autant plus d'avoir changé de route en revenant, que j'appris plus
tard, par des marchands de Newel, que les Russes avaient envoyé un
régiment de dragons et 600 Cosaques m'attendre aux sources de la Drissa,
vers Krasnopoli.
Après avoir rendu compte de ma mission au maréchal Saint-Cyr et lui
avoir présenté M. Lubenski, je regagnai le bivouac de Louchonski, où je
retrouvai le général Castex et la partie de mon régiment que j'y avais
laissée. Mon expédition avait duré treize jours, pendant lesquels nous
avions éprouvé bien des fatigues, quelques privations; mais je ramenais
mon monde en bon état. Nous n'avions pas combattu, car les petits
groupes d'ennemis que nous avions aperçus s'étaient tous enfuis en nous
voyant.
Le trajet que le comte Lubenski avait fait avec nous m'avait mis à même
de le juger et de l'apprécier. C'était un homme fort instruit, capable,
aimant son pays par-dessus tout, mais dont l'exaltation faussait
quelquefois le jugement lorsqu'il s'agissait de choisir les moyens de
reconstituer la Pologne. Néanmoins, si tous ses compatriotes avaient
partagé son ardeur et eussent pris les armes à l'arrivée des Français,
la Pologne eût peut-être recouvré son indépendance en 1812; mais, à peu
d'exceptions près, ils restèrent tous dans la plus profonde apathie.
En s'éloignant de Polotsk, le comte alla prendre possession de sa
préfecture. Il ne la garda pas longtemps, car un mois s'était à peine
écoulé que l'armée française, après avoir quitté Moscou, traversait la
province de Witepsk en effectuant sa retraite. Forcé, par ce fatal
événement, d'abandonner sa préfecture et de se soustraire à la vengeance
des Russes, le comte Lubenski se réfugia dans la Galicie, en Pologne
autrichienne, où il possédait de très grands biens. Il y vécut en paix
jusqu'en 1830, époque à laquelle il revint dans la Pologne russe,
lorsqu'elle prit les armes contre le Czar. J'ignore quelle a été la
destinée du comte Lubenski pendant et après ce soulèvement. Plusieurs de
ses compatriotes m'ont assuré qu'il s'était de nouveau retiré sur ses
terres de Galicie. C'était un grand patriote et un excellent homme.
Peu de jours après notre retour à Louchonski, je fus grandement surpris
en voyant arriver de France un détachement de trente cavaliers de mon
régiment. Ils venaient de Mons et avaient par conséquent traversé la
Belgique, les provinces rhénanes, toute l'Allemagne, une partie de la
Prusse, de la Pologne, et parcouru plus de 400 lieues sous le
commandement d'un simple sous-officier. Cependant, pas un homme n'était
resté en arrière et pas un cheval n'était blessé!... Cela suffirait pour
démontrer le zèle et le bon esprit dont le 23e de chasseurs était
animé.