SECTION 3.

_A Monsieur le maréchal prince d’Essling. Sur la hauteur en arrière

de Moira, le 26 Septembre, 1810, à 10 heure ½._

J’ai l’honneur de vous adresser une lettre que je viens de recevoir

du général Reynier et copie d’une réponse.

Vous trouverez également ci-joint une lettre du général Reynier

adressée à votre excellence.

Je vous renouvelle, prince, l’assurance de ma haute considération.

(Signé) LE MARÉCHAL DUC D’ELCHINGEN.

_A Monsieur le maréchal duc d’Elchingen. St. Antonio, le 26

Septembre, à 8 heure du matin._

Depuis que le brouillard est dissipé, on apperçoit sur le Serra au

delà de St. Antonio, cinq bataillons Portugais qui étoient à mi-côte

et qui sont montés sur la crête à mesure que le brouillard s’est

éclairci. Il y a de plus au col où passe le chemin, 6 pièces de canon

et un détachement d’infantrie Anglaise, et à mi-côte une ligne de

tirailleurs partie Anglais qui s’étend depuis le chemin qui monte du

village de Carvailha à ma gauche, jusques vis-à-vis des postes du

6^e corps, on voit des troupes sur les sommités qui font face au 6^e

corps; mais comme on ne les apperçoit que de revers, ou ne peut juger

de leur nombre.

On ne peut deviner s’il y a des troupes en arrière, mais d’après

l’organisation de la montagne dont les crêtes, sont étroites, et qui

a des pentes rapides de chaque côte il ne doit pas avoir de terrain

pour y placer de fortes réserves et manœuvres. Cela me parait une

arrière garde mais la position est forte, et il faut faire des

dispositions pour l’attaquer avec succès. J’attends des nouvelles

de ce que l’ennemi fait devant vous pour faire aucun mouvement; si

vous jugez que c’est une arrière garde et que vous l’attaquiez,

j’attaquerai aussi. Si vous jugez convenable d’attendre les ordres

de Monsieur le maréchal prince d’Essling, j’attendrai aussi, comme

je pense qu’il viendra vers votre corps, je vous prie de lui faire

parvenir le rapport ci-joint avec les vôtres.

J’ai l’honneur de vous prier, Monsieur le maréchal, d’agréer

l’hommage de mon respect.

(Signé) REYNIER.

_A Monsieur le Général Reynier. Sur la hauteur en arrière de Moira,

le 26 Septembre 1810, à 10 heures ½ du matin._

Je reçois à l’instant, mon cher général, votre lettre de ce jour.

Je pense qu’une grande partie de l’armée Anglo-Portugaise a passé

la nuit sur la crête des montagnes qui domine toute la vallée de

Moira. Un paysan dit qu’il existe de l’autre côté de ces montagnes

une plaine assez belle d’une demi-lieue d’étendue, et très garnie

d’Oliviers. Depuis ce matin, l’ennemi marche par sa gauche, et semble

diriger ses colonnes principales sur la route d’Oporto; cependant

il tient encore assez de monde à la droite du parc qui couvre le

couvent des minimes nommé Sako; et il montre une 12^{ne} de pièces

d’artillerie. Le chemin de Coïmbre passe très près de ce courent.

J’ai envoyé ce matin un de mes aides-de-camp au prince d’Essling pour

lui dire que nous sommes en présence, et qu’il serait nécessaire

qu’il arrivât pour prendre un parti. Si j’avais le commandement,

j’attaquerais sans hésiter un seul instant; mais je crois, mon cher

général, que vous ne pouvez rien compromettre en vous échelonnant

sur la droite de l’ennemi; et en poussant ses avant-postes, car

c’est véritablement par ce point qu’il faudrait le forcer à faire sa

retraite.

Je vous renouvelle, &c.

(Signé) LE MARÉCHAL DUC D’ELCHINGEN.

History of the war in the Peninsula and in the south of France from the year 1807 to the year 1814, vol. 3 · 第 3 / 20 章