Une chose frappante s’est produite à l’égard des dernières explosions.
Les insultes ont plu sur les anarchistes, c’était inévitable. Mais
tout le temps elles se mêlaient jusque dans la presse bourgeoise, à
des signes de respect.
A côté des Guesde et des Maxime du Camp qui en parlaient l’écume à la
bouche et le venin sur les lèvres,--on voyait les Zola déclarer:
«Osons le dire, ce sont aussi des bons, des généreux, d’une bonté
impulsive--inconsciente, soit,--mais leur mobile est désintéressé: ils
veulent détruire pour arriver plus vite à ce règne de justice qu’ils
croient de demain.» (_Figaro_ du 8 avril).
Eh bien! au lieu d’abuser de ce mouvement d’opinion pour prêcher la
dynamite, voici ce qu’écrit la _Révolte_:
Aux anarchistes de ne pas abuser de ce sentiment des masses.
Érigé en système, le terrorisme cesserait d’être ce qu’il a été
jusqu’à présent,--un acte de révolte de l’individu contre tout un
régime qui l’obsède.
Et il ferait oublier l’autre élément,--le grand, le seul qui fasse les
révolutions,--les masses, les foules dans la rue.
Les masses dans la rue! La révolution sociale! Voilà ce que veut Jean
Grave! La dynamite au coin des rues?... Il est trop intellectuel!...
Voici une remarquable analyse de la situation du moment. L’article est
du 30 avril 1892;