Les explosions de Paris ont été suivies de toute une série d’attentats
à la dynamite, en France et ailleurs. C’est une prise d’armes, dirigée
surtout contre ceux que la société bourgeoise entoure de son plus
grand respect: les juges, «les magistrats», comme on aime dire dans ce
monde.
Tous ces attentats n’ont causé que des dégâts matériels et ils ont
provoqué pour quelques jours une panique incroyable dans les classes
aisées--panique passée aussi vite qu’elle est venue.
Une autocratie, dans des cas pareils, perd entièrement la tête. Elle
voit déjà dans son imagination un vaste complot, une formidable
organisation occulte. Elle tremble pour son existence et s’empresse de
prendre des mesures si disproportionnées au danger réel, si vexantes
pour le grand nombre, qu’elle se fait bientôt abhorrer par ceux mêmes
qui en étaient hier les supports fidèles.
Plus habile que les autocrates, la bourgeoisie ne se laisse pas si
facilement entraîner à l’épouvante par des faits isolés, tant que le
peuple, les masses ne bougent pas. Aussi les deux bourgeoisies,
française et anglaise, ont vite mesuré la profondeur du mouvement;
elles ont vite compris qu’elles n’avaient devant eux que des individus
isolés...
Ce que l’histoire du moment nous demande, ce ne sont pas des hommes
rêvant barricades, explosions et autres accessoires des révolutions,
mais des hommes voulant, appelant de tout leur être la révolution
sociale elle-même.
Voyons! de telles lignes ont provoqué Léauthier? (Vif mouvement).
Voilà pour les excitations aux _attentats contre les personnes_.
Voici, maintenant, pour les _attentats contre les propriétés--le vol_.
Oh! ici, la _Révolte_ est formelle: