EMPLOI DU SEL MARIN COMME ENGRAIS.

Les agronomes s'accordent généralement à admettre que le sel marin joue,

vis-à-vis des plantes, le rôle d'un véritable poison. Cependant, il

semble bien que cette opinion doive être tenue pour excessive, ou tout

au moins trop absolue: on effet, malgré la salure qui les caractérise,

les terrains bas avoisinant la mer ne sont pas nécessairement stériles,

puisque certaines plantes peuvent y vivre et s'y développer,

probablement en vertu d'une sorte d'accoutumance, grâce à laquelle elles

finissent par s'adapter à leur milieu. Il est, du reste, très

vraisemblable _a priori_ qu'il en doit être du sel comme de la plupart

des substances médicamenteuses; néfastes quand on les absorbe à doses

massives, elles sont au contraire bienfaisantes quand elles sont données

on quantité convenable à l'organisme.

C'est ce que paraissent démontrer des recherches poursuivies depuis

quatre ans en Hongrie, à la station agronomique royale de Magyarovar et

dont M. Janesco Bêla vient de publier le compte rendu. Sans vouloir

entrer dans le détail des expériences instituées à ce sujet, il convient

de noter qu'en terre meuble, complantée de betteraves à sucre,

l'épandage en ligne de 175 kilos de sel brut par hectare a fait

accroître de 14.000 kilos le rendement en poids des tubercules récoltés:

si l'avenir confirme les espérances des observateurs hongrois en

démontrant que le rondement en sucre est augmenté, lui aussi, ou tout au

moins qu'il n'est pas diminué, nul doute que l'emploi du sel comme

engrais ne se généralise très vite. Pour le moment, tout ce qu'il est

permis d'en dire, c'est qu'un important problème agricole se trouve

désormais posé et qu'il faut souhaiter pour lui une solution aussi

prochaine que possible.

L'Illustration, No. 3674, 26 Juillet 1913 · 第 39 / 47 题