Erfurth, le 12 octobre 1808.
_Lettre de S. M. l'empereur Napoléon aux rois de Bavière, de Saxe, de
Westphalie, de Wurtemberg, au grand-duc de Bade et au Prince-Primat._
Monsieur mon frère, les assurances données par la cour de Vienne que les
milices étaient renvoyées chez elles et ne seraient plus rassemblées,
qu'aucun armement ne donnerait plus d'inquiétude pour les frontières de
la confédération; la lettre que je reçois de l'empereur d'Autriche, les
protestations réitérées que m'a faites M. le baron de Vincent, et plus
que cela, le commencement d'exécution qui a eu déjà lieu en ce moment
en Autriche, de différentes promesses qui ont été faites, me portent
à écrire à V. M. que je crois que la tranquillité des états de la
confédération n'est d'aucune manière menacée, et que V. M. est maîtresse
de lever ses camps et de remettre ses troupes dans leurs quartiers de
la manière qu'elle est accoutumée de le faire. Je pense qu'il est
convenable que son ministre a Vienne reçoive pour instruction de tenir
ce langage, que les camps seront reformés, et que les troupes de la
confédération et du protecteur seront remises en situation hostile
toutes les fois que l'Autriche ferait des armemens extraordinaires et
inusités; que nous voulons enfin tranquillité et sûreté.
Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.