Au palais des Tuileries, le 30 mars 1806.
_Message au sénat conservateur._
Sénateurs,
«Nous avons chargé notre cousin, l'archi-chancelier de l'empire, de vous
donner connaissance, pour être transcrits sur vos registres: 1°. Des
statuts qu'en vertu de l'article 14 de l'acte des constitutions de
l'empire, en date du 28 floréal an 12, nous avons jugé convenable
d'adopter: ils forment la loi de notre famille impériale. 2°. De la
disposition que nous avons faite du royaume de Naples et de Sicile, des
duchés de Berg et de Clèves, du duché de Guastalla et de la principauté
de Neufchâtel, que différentes transactions politiques ont mis entre
nos mains. 3°. De l'accroissement de territoire que nous avons trouvé à
propos de donner, tant à notre royaume d'Italie, en y incorporant tous
les états vénitiens, qu'à la principauté de Lucques.
«Nous avons jugé, dans ces circonstances, devoir imposer plusieurs
obligations, et faire supporter plusieurs charges à notre couronne
d'Italie, au roi de Naples et au prince de Lucques. Nous avons ainsi
trouvé moyen de concilier les intérêts et la dignité de notre trône, et
le sentiment de notre reconnaissance pour les services qui nous ont été
rendus dans la carrière civile et dans la carrière militaire. Quelle
que soit la puissance à laquelle la divine Providence et l'amour de nos
peuples nous aient élevé, elle est insuffisante pour récompenser tant
de braves, et pour reconnaître les nombreux témoignages de fidélité
et d'amour qu'ils ont donnés à notre personne. Vous remarquerez dans
plusieurs des dispositions qui vous seront communiquées, que nous ne
nous sommes pas uniquement abandonné aux sentimens affectueux dont nous
étions pénétré, et au bonheur de faire du bien à ceux qui nous ont si
bien servi: nous avons été principalement guidé par la grande pensée de
consolider l'ordre social et notre trône qui en est le fondement et la
base, et de donner des centres de correspondance et d'appui à ce grand
empire; elle se rattache à nos pensées les plus chères, à celle à
laquelle nous avons dévoué notre vie entière, la grandeur et la
prospérité de nos peuples.»