M. Verdale était devenu tout pâle de joie.

--Ah! tu es un ami incomparable!... s'écria-t-il.

Me Roberjot était du mois un ami comme on en trouve peu, car c'était

bien la vérité pure qu'il avait dite.

N'ayant pas de fonds disponibles, il lui fallait, pour obliger son

ancien copain, vendre pour huit mille francs d'un titre de six mille

livres de rentes en cinq pour cent, qui constituait plus du tiers de sa

fortune.

Il est vrai de dire, et cela diminuait un peu le mérite de sa belle

action, qu'il était depuis plusieurs jours décidé à vendre une portion

de cette rente pour faire face aux dépenses indispensables de sa

campagne électorale.

Cependant c'est de la meilleure grâce du monde qu'il tira de sa caisse

et confia à son ami le précieux titre, en ayant soin d'y joindre une

lettre où il donnait les ordres à son agent de change.

Me Roberjot étant fort occupé, c'était bien le moins que M. Verdale

se chargeât des quelques courses que nécessitait l'opération.

Et certes, il ne songeait pas à s'en plaindre.

C'est avec une sorte de respectueuse stupeur qu'il regardait ce papier

qui représentait une fortune.

Jusque-là, il avait été tourmenté de doutes, n'osant croire à son

bonheur, ne pouvant se persuader que véritablement on allait lui prêter

sans garanties ces huit mille francs dont il se promettait de tirer des

millions.

Tandis que maintenant...

Il se jeta au cou de son ami, et le serrant à l'étouffer:

--Va, s'écria-t-il, je serai millionnaire, et toi tu seras député... _Tu

Marcellus erîs._

La dégringolade · 第 49 / 157 题