lorsque le nouvel incident sera vidé.]
Napoléon en apprenant cette singulière contestation, en éprouva un
premier déplaisir, car il s'était demandé si en effet elle ne serait
pas sérieuse, et si on ne voudrait pas lui faire perdre les sept jours
auxquels il tenait infiniment, car avec l'activité qu'il déployait en
ce moment, chaque heure écoulée lui procurait d'importants résultats.
Mais à la réflexion, en se rappelant ses discussions avec M. de
Metternich, les calculs de temps qu'ils avaient faits ensemble, il
n'avait pu conserver aucun doute sur l'interprétation de la seconde
convention, et loin de s'inquiéter de l'incident, il avait résolu de
s'en servir, et d'en tirer un prétexte nouveau et tout à fait
plausible de perdre encore quelques jours. Il fit sur-le-champ
déclarer par M. de Narbonne à Prague, qu'un étrange incident s'étant
élevé à Neumarckt, le sens de la convention en vertu de laquelle on
allait se réunir et négocier étant contesté, il n'était ni de sa
dignité ni de sa sûreté de traiter avec des gens qui entendaient ainsi
leurs engagements, et qu'avant de faire partir M. de Caulaincourt il
voulait une explication catégorique au sujet de ce qui venait d'être
dit par le général Barclay de Tolly. M. de Narbonne, l'un des deux
plénipotentiaires français, étant déjà rendu à Prague, les devoirs de
politesse se trouvaient remplis selon lui, et le second
plénipotentiaire français pouvait bien ne partir qu'après avoir obtenu
l'explication demandée, et l'avoir obtenue pleinement satisfaisante.
[En marge: Grande irritation des plénipotentiaires russe et prussien,
attendant depuis le 11 à Prague les plénipotentiaires français qui
n'arrivent pas.]
[En marge: Langage que les partisans de la guerre tiennent au sujet du
nouveau retard.]
Lorsque cette nouvelle difficulté fut connue à Prague, et elle le fut
le 18 juillet par une dépêche partie de Dresde le 17, on en ressentit
une impression fort vive et fort naturelle. Les deux plénipotentiaires
prussien et russe affectèrent d'en être irrités, offensés même,
beaucoup plus qu'ils ne l'étaient véritablement. Mais M. de Metternich
en fut consterné, et l'empereur François blessé profondément. L'un et
l'autre désiraient la paix, telle que nous l'avons définie, bien que
l'empereur y crût moins que le ministre, et chaque chance de la
conclure évanouie leur causait de sincères regrets. De plus, ils
étaient humiliés du rôle qu'on leur faisait jouer. Les ennemis de leur
politique de médiation se riaient d'eux, et aimaient à dire que, pour
prix de leurs efforts pacifiques, Napoléon ne leur enverrait pas même
un négociateur, et que ces inventeurs du congrès de Prague, loin de
le conduire à bien, ne pourraient pas même le réunir. Ce fâcheux
pronostic des partisans de la guerre semblait près de se réaliser, car
déjà sous le plus futile prétexte, parce que la ratification de la
seconde convention communiquée officieusement ne l'avait pas été
officiellement, Napoléon avait perdu cinq ou six jours; maintenant,
sous un prétexte aussi frivole, parce que les commissaires de
Neumarckt, simples agents d'exécution, n'ayant aucune autorité morale,
élevaient une difficulté d'interprétation sur un texte qui leur était
inconnu, on allait perdre quelques jours encore. Et quand on avait
vingt jours devant soi, vingt-sept avec le délai contesté, en
sacrifier cinq ou six à chaque occasion, était un jeu visible et
offensant. Le plus grave d'ailleurs ce n'était pas la perte de temps,
car si on voulait bien s'entendre, deux jours, n'en restât-il que
deux, pouvaient suffire: le plus grave, c'était la disposition que
cette manière d'agir révélait chez Napoléon. Puisqu'il se jouait ainsi
de ses adversaires et du médiateur, évidemment il ne souhaitait point
la paix, et après avoir obtenu le temps qu'il avait si ardemment
désiré, et qu'il employait si bien, il ne prenait pas même la peine de
dissimuler à quel point il se moquait de ceux dont il avait fait ses
dupes!--Tel était le langage, malheureusement très-fondé, que les
partisans de la guerre tenaient partout, en ayant soin de le rendre
blessant et amer pour l'empereur François et son ministre.
[En marge: Langage plein de noblesse et de fermeté de M. de
Metternich.]
[En marge: Déclaration formelle que l'armistice ne sera pas prolongé
d'un jour, et qu'au terme expiré, l'Autriche fera partie de la
coalition.]
M. de Metternich vit M. de Narbonne et se montra à lui profondément
affligé.--La nouvelle difficulté que vous venez de soulever, lui
dit-il, n'est pas plus sérieuse que la précédente. Nous vous avions
annoncé amicalement la ratification expresse de la convention en vertu
de laquelle l'armistice est prolongé jusqu'au 16 août; vous ne pouviez
donc pas douter de l'exactitude du fait, et ce n'était pas une raison
de différer la nomination et l'envoi de vos plénipotentiaires, lorsque
ceux des autres parties belligérantes devaient être ici le 12, qu'ils
y arrivaient même le 11. Aujourd'hui les commissaires de Neumarckt,
qui ne sont rien, qui ont toutes les passions des états-majors,
prétendent interpréter un texte qui leur est inconnu, et vous affectez
de prendre la chose au sérieux, jusqu'à vous montrer alarmés! Ce ne
peut être une alarme bien sincère. Croyez-vous qu'on voudrait malgré
nous, et par conséquent sans nous, recommencer les hostilités? le
croyez-vous en vérité? Certainement non. Dès lors de quoi s'agit-il?
D'une difficulté insignifiante, dont vous auriez pu faire le sujet de
notre entretien à la première réunion des plénipotentiaires, et sur
laquelle vous auriez eu l'avis favorable des deux plénipotentiaires
prussien et russe, et en tout cas l'avis décisif du médiateur, dont
l'opinion vous était connue d'avance. Ce n'était donc pas la peine de
perdre encore quelques jours, quand il nous en reste à peine une
vingtaine d'ici au 10 août. Nous ne pouvons voir qu'une chose dans
cette conduite, c'est le désir de l'empereur Napoléon de nous mener
ainsi, sans avoir rien fait, jusqu'au terme de l'armistice. Mais qu'il
ne s'y trompe pas, il ne parviendra pas à faire prolonger d'un jour la
suspension d'armes. Aux difficultés que vous rencontrez à Neumarckt,
vous devez juger de celles que nous avons eu à vaincre nous-mêmes
pour obtenir une première prolongation. Vous n'en obtiendrez pas une
seconde, soyez-en sûr. Que l'empereur Napoléon ne se fasse pas
illusion sur un point plus important encore. Le terme du 10 août
arrivé, il n'y aura plus un mot de paix à dire, et la guerre sera
déclarée. Nous ne serons pas neutres, qu'il ne s'en flatte pas. Après
avoir employé tous les moyens imaginables pour l'amener à des
conditions raisonnables, qu'il connaît bien, que dès le premier jour
nous lui avons fait connaître, sur lesquelles nous n'avons pas pu
varier, car elles constituent le seul état tolérable pour l'Europe, il
ne nous reste plus, s'il les refuse, qu'à devenir belligérants
nous-mêmes. Si nous demeurions neutres (comme au fond il le désire),
les alliés seraient battus, nous n'en doutons pas; mais après leur
tour le nôtre viendrait, et nous l'aurions bien mérité. Nous ne
commettrons donc pas cette faute. Aujourd'hui, quoi qu'on puisse vous
dire, nous sommes libres. Je vous donne ma parole et celle de mon
souverain, que nous n'avons d'engagements avec personne. Mais je vous
donne ma parole aussi que le 10 août à minuit nous en aurons avec tout
le monde, excepté avec vous, et que le 17 au matin vous aurez trois
cent mille Autrichiens de plus sur les bras. Ce n'est pas légèrement,
ce n'est pas sans douleur, car il est père et il aime sa fille, que
l'empereur mon maître a pris cette résolution; mais il doit à son
peuple, à lui-même, à l'Europe, de rendre à tous un état stable,
puisqu'il en a le moyen, et que d'ailleurs l'alternative ne serait
autre que de tomber quelques jours plus tard sous vos coups, dans une
dépendance pire que celle où vous aviez mis la Prusse. Certes nous
savons quelle chance on court en voulant combattre, même quand on est
fort nombreux, l'empereur Napoléon à la tête des armées françaises;
mais après y avoir bien réfléchi, nous préférons cette chance au
déshonneur et à l'esclavage. Qu'on ne vienne donc point après
l'événement nous dire que nous vous avons trompés! Jusqu'au 10 août à
minuit tout est possible, même à la dernière heure; le 10 août passé,
pas un jour, pas un instant de répit, la guerre, la guerre avec tout
le monde, même avec nous!--M. de Narbonne, saisi de ce langage, calme,
triste et grand, dit à M. de Metternich: Quoi! pas un instant de
répit, même si la négociation était commencée!--À une condition
seulement, répondit M. de Metternich, c'est que les bases de la paix
seraient admises en entier, et qu'il n'y aurait plus à régler que les
détails.--
[En marge: M. de Narbonne, comprenant parfaitement cette situation,
mande à Dresde que si on n'est pas décidé à la guerre générale avec
l'Europe entière, il faut ouvrir tout de suite la négociation.]
M. de Narbonne, qui avait parfaitement apprécié cette situation, et
qui voyait bien qu'il n'y avait plus à jouer avec le temps et avec les
hommes, qu'en agissant ainsi on n'abuserait plus personne, et qu'on ne
tromperait que soi, écrivit à M. de Bassano qu'il fallait ou se
décider à la guerre, à la guerre certaine, universelle avec l'Europe,
ou que si on n'avait pas pris ce parti, si on souhaitait la paix, sauf
à en modifier les conditions, il fallait négocier sérieusement, et
même, ne voulût-on qu'une nouvelle prolongation d'armistice, ne pas
paraître se moquer de ceux avec lesquels on traitait. Il demandait
donc qu'on fît partir M. de Caulaincourt, car les négociateurs
prussien et russe menaçaient tous les jours de se retirer (ce dont ils
avaient le droit, puisqu'on était au 20 juillet, et qu'ils attendaient
depuis le 11), et s'ils quittaient Prague tout serait fini. À peine
obtiendrait-on de la bonne foi des coalisés que l'armistice fût
respecté jusqu'au 17 août, et si même on l'obtenait, on ne le devrait
qu'à la prudence et à la modération de l'Autriche.
[En marge: Nouvelle espérance et nouveau calcul de Napoléon.]
[En marge: Il n'espère pas obtenir une prolongation d'armistice, mais
retarder l'entrée en action de l'Autriche, ce qui suffit à ses plans
militaires.]
[En marge: Pour disposer l'Autriche à ce qu'il désire, Napoléon envoie
à M. de Narbonne le pouvoir de commencer la négociation sans M. de
Caulaincourt.]
Ces conseils si sages, dictés par la plus parfaite connaissance des
choses, n'affectèrent pas beaucoup M. de Bassano, et encore moins
Napoléon. Ce dernier toutefois, bien que décidé à la guerre plutôt
qu'aux conditions apportées par M. de Bubna, bien que se flattant avec
ses nouveaux préparatifs de battre tous les coalisés, l'Autriche
fût-elle du nombre, n'était pas indifférent à l'espérance d'une
nouvelle prolongation d'armistice, et à force de la désirer se faisait
l'illusion étrange que peut-être il l'obtiendrait. Il doutait à la
vérité d'amener la Prusse et la Russie à cette prolongation, animées
comme elles paraissaient l'être; mais il y avait une combinaison
meilleure pour lui que celle de retarder les hostilités avec toutes
les puissances, c'était en les laissant commencer avec la Prusse et la
Russie, de les différer encore quelques jours avec l'Autriche seule,
ce qui lui aurait donné le temps d'accabler les deux premières, puis
de se rejeter sur l'Autriche elle-même, _qui aurait son tour_, comme
avait très-bien dit M. de Metternich. Pour y réussir il y avait un
moyen, c'était en ouvrant la négociation vers la fin de l'armistice,
de manière à inspirer quelques espérances à M. de Metternich et à
l'empereur François, d'obtenir qu'on négociât en se battant, ce qui
était possible, ce qui s'était vu en plus d'une occasion, et ce qui
retarderait probablement l'entrée en action de l'Autriche, car tant
que ses conditions auraient chance d'être acceptées, il était
vraisemblable qu'elle ne voudrait pas se mettre en guerre avec la
France. Ainsi arriver non pas à une nouvelle suspension d'armes qui
arrêterait le bras de tout le monde, mais à une négociation continuée
durant les hostilités, qui retiendrait quelques jours encore le bras
de l'Autriche, était sa pensée actuelle. Mais pour cela il fallait
faire quelque chose, et Napoléon, malgré le doute subsistant à
Neumarckt, doute qui n'en était pas un pour lui, fit expédier à M. de
Narbonne ses pouvoirs et ses instructions qui avaient été retenues
jusque-là, avec la faculté accordée aux deux plénipotentiaires
français de traiter l'un en l'absence de l'autre. Dès lors on n'était
plus fondé à dire que la négociation était suspendue, puisque M. de
Narbonne, à lui tout seul, pouvait la commencer, et la conduire même à
son terme. Mais bien qu'on appréciât le mérite de M. de Narbonne en
Autriche et en Europe, le duc de Vicence (M. de Caulaincourt) passait
pour être seul initié à la pensée de Napoléon, et tant qu'il
n'arrivait pas à Prague, on était généralement disposé à considérer la
négociation comme n'étant pas sérieuse. Sur ce point Napoléon fit
répéter que dès que l'énigme de Neumarckt serait éclaircie, il
expédierait le duc de Vicence; et pour se donner un motif spécieux
d'attacher tant d'importance à ce que disaient les commissaires de
Neumarckt, il fit écrire à M. de Metternich que communiquant par ces
commissaires avec les places bloquées de Custrin, de Stettin, de
Dantzig, tant pour les correspondances que pour les vivres, il avait
besoin d'une explication claire et positive, et ne différait le départ
de M. de Vicence que pour être assuré de l'obtenir.
[En marge: Langage trop peu sérieux de M. de Bassano.]
M. de Bassano cherchant sans cesse à se modeler sur son maître, et à
imiter sa coupable mais héroïque indifférence au milieu des dangers,
écrivait à M. de Narbonne ce qui suit:--Je vous envoie, lui disait-il,
plus de _pouvoirs_ que de _puissance_, vous aurez _les mains liées,
mais les jambes et la bouche libres, pour vous promener et
dîner_.--C'est de ce ton que parlait le ministre de l'Empire français,
au moment suprême où se décidait à jamais le sort de son maître et de
sa patrie!
[En marge: M. de Narbonne est autorisé à l'échange des pouvoirs, opéré
en commun, et sans passer par les mains du médiateur.]
Après s'être livré à ces jeux de mots, M. de Bassano permettait à M.
de Narbonne de procéder à l'échange des pouvoirs, mais en tenant au
mode de négocier sur lequel on avait déjà insisté. En conséquence il
devait offrir l'échange des pouvoirs dans une conférence commune, puis
cette formalité remplie, proposer la discussion des matières dans des
conférences auxquelles assisteraient tous les plénipotentiaires, sous
les yeux du médiateur, qui serait ainsi témoin et partie des
négociations mais non pas leur intermédiaire exclusif. Il devait enfin
proposer la rédaction de protocoles, qui assureraient l'authenticité
des conférences. Si toutes ces questions de forme étaient vidées, ce
qui ne pouvait manquer d'être long, M. de Narbonne avait ordre de
présenter pour première base de négociation l'_uti possidetis_,
c'est-à-dire la conservation de ce que chacun possédait dans l'état
présent de la guerre, comme si aucun des événements de 1812 et de 1813
ne s'était accompli.
[En marge: Nouveau chagrin de M. de Metternich en apprenant à quelle
condition est soumis l'échange des pouvoirs.]
[En marge: Depuis qu'on avait laissé percer l'intention d'un
arrangement direct entre la Russie et la France, les Russes et les
Prussiens affectaient de vouloir faire de l'Autriche leur unique
intermédiaire.]
[En marge: Cette disposition poussée au delà des désirs de l'Autriche,
devait rendre insoluble la question de forme.]
La seule question de forme devait exiger beaucoup de temps, car sur
cette question les coalisés avaient leur parti pris, et insister à ce
sujet c'était s'exposer à dépenser inutilement plusieurs mois, quand
on n'avait plus que dix-huit jours. M. de Metternich, en effet, en
apprenant que M. de Narbonne avait reçu ses pouvoirs, ne fut que
médiocrement consolé de l'absence de M. le duc de Vicence, surtout
lorsqu'il sut que M. de Narbonne voulait présenter et échanger ses
pouvoirs dans une réunion générale des plénipotentiaires, s'abouchant
entre eux sous la présidence du médiateur, mais ne s'astreignant pas à
l'accepter pour unique intermédiaire de leurs communications. Ce
dernier point, comme on l'a vu, avait acquis beaucoup d'importance,
depuis que Napoléon avait clairement indiqué, en faisant choix de M.
de Caulaincourt, la pensée de s'entendre directement avec la Russie
aux dépens de l'Autriche. À dater de ce moment, la Prusse et la
Russie, pour ne pas être soupçonnées d'entrer dans l'intention de
Napoléon, surtout pour n'en pas être accusées, affectaient de tenir
plus que l'Autriche elle-même à une forme de négociation qui faisait
tout passer par l'entremise du médiateur. Aussi MM. de Humboldt et
d'Anstett, particulièrement ce dernier, s'étaient-ils hâtés de
remettre leurs pouvoirs à M. de Metternich, et ne voulaient-ils les
remettre qu'à lui seul. M. de Metternich, tranquille désormais sur la
négociation directe entre la Russie et la France, dont il avait voulu
se garantir en venant à Prague, aurait acquiescé au désir de la France
sur cette question de forme, uniquement pour faire commencer la
négociation; mais cela ne dépendait plus de lui, la Russie et la
Prusse tenant à ce qu'il fût rassuré plus même qu'il n'avait besoin de
l'être. Aussi ne manqua-t-il pas de dire à M. de Narbonne que quant à
lui il consentirait bien à cet échange de pouvoirs opéré en commun,
mais que déjà les plénipotentiaires prussien et russe lui avaient
remis directement leurs pouvoirs, s'étaient ainsi légitimés, et que
certainement, ne fût-ce que par amour-propre, ils ne voudraient pas
revenir sur ce qu'ils avaient fait. Il leur proposa en effet de céder
sur ce point, mais il fut refusé, et malgré les autorisations envoyées
à M. de Narbonne, la négociation ne fit pas un pas. M. de Metternich
en montra de nouveau son chagrin à M. de Narbonne, lui répéta que
jusqu'au 10 août le mal ne serait pas irréparable, mais que le 10 à
minuit il serait sans remède.
[En marge: Napoléon ne se faisant plus aucune illusion sur la
possibilité de prolonger l'armistice, et espérant tout au plus
retarder l'entrée en action de l'Autriche, avait le parti pris de
continuer la guerre.]
[En marge: Examen des conditions de paix proposées à la France.]
[En marge: À quel point ces conditions dépassaient même ce que la
France aurait dû désirer, et combien il était évident que l'orgueil
froissé était en ce moment le seul mobile de Napoléon.]
[En marge: Napoléon compromet en ce moment non-seulement la grandeur
sérieuse de la France, mais même la grandeur chimérique qu'il avait
rêvée, et dont on ne lui contestait que quelques portions
insignifiantes.]