«Mercredi dernier, je m'excusais de parler d'un subalterne chenapan du
nom de Maubec, alléguant que nul, dans le monde des journaux, ne le
surpassait en ignominie. Je l'appelais, pour cette raison: _Roi de la
Presse_.
«Quelques-uns ont trouvé cela excessif. On m'a reproché de m'être laissé
emporter par mon sujet, d'avoir donné trop d'importance à ce drôle
chétif, au préjudice d'Albert Wolff et de quelques autres, d'une bien
plus aveuglante splendeur de salauderie morale.
«Je confesse que le reproche peut paraître fondé. Il est incontestable
qu'à ce point de vue, le courriériste du _Figaro_,--pour ne parler,
aujourd'hui, que de celui-là,--a plus de crédit et plus d'envergure.
«C'est sur le globe qu'il plane, ce condor d'abomination! Il soutire si
puissamment, à lui seul, l'universelle pourriture contemporaine, qu'il
en devient positivement _volatile_ et qu'il a l'air de s'enlever dans
les nues.
«Mais, sans prétendre l'égaler, on peut encore être diablement
prodigieux, et c'est le cas du petit Maubec.
«D'ailleurs, tous ces monstres engendrés d'un même suintement verdâtre
de notre charogne de société, en copulation immédiate avec le néant,
sont tellement identiques par leur origine, qu'on croit toujours
contempler le plus horrible, quand on les regarde successivement.
* * * * *
«Albert Wolff a eu son Plutarque en M. Toudouze, romancier cynocéphale
qui aurait pu se contenter d'être un impuissant de lettres, mais qui a
choisi de faire bonne garde aux alentours du «grand chroniqueur,» comme
si la pestilence ne suffisait pas.
«Le livre de ce chien est, en effet, un essai d'apothéose d'Albert
Wolff.
«Certes, je peux me flatter d'avoir lu terriblement dans mon existence
de quarante ans! Mais, jamais, je n'avais lu une chose semblable.
«Ici, la bassesse de la flatterie tient du surnaturel, puisqu'on a
trouvé le secret d'_admirer_ un être, soi-disant humain, dont le nom
seul est une formule évocatoire de tout ce qu'il y a de plus déshonorant
et de plus hideux dans l'humanité.
«Il paraît que M. Toudouze est un riche qui n'a pas besoin de faire ce
sale métier, que la plus déchirante misère n'excuserait pas. Mais la
vanité d'un pou de lettres est inscrutable et profonde comme la nuit de
l'espace, c'est une épouvantante contre-partie de la miraculeuse
puissance de Dieu, ... et celui-là, qui s'en va chercher sa pâture aux
génitoires absents d'Albert Wolff,--dans l'inexprimable espérance d'une
familiarité à épouvanter des léproseries,--est cent fois plus confondant
qu'un thaumaturge qui ranimerait de vieux ossements.
* * * * *
«Feu Bastien Lepage, que de lointaines ressemblances physiques et
morales rendaient sympathique à Wolff, le peignit, un jour, dans
l'ignoble débraillé de son intérieur.
«Ce portrait, aussi ressemblant que pourrait l'être celui d'un gorille,
eut un succès de terreur au salon de 1880.
«La brutale autant que précieuse médiocrité du peinturier, avait trouvé
là sa formule.
«Il fut démontré que Bastien Lepage avait été engendré pour peindre
Wolff, et Wolff lui-même, pour être étonné du génie de Bastien Lepage,
dont la destinée fut, dès lors, accomplie et qui, promptement, s'alla
recoucher le premier, dans les puantes ténèbres de leur commune
esthétique.
«Ce portrait devrait être acquis par l'État et conservé avec grand soin
dans notre Musée national. Il raconterait plus éloquemment notre
histoire que ne le ferait un Tacite, à supposer qu'un Tacite français
fût possible, et que la désespérante platitude de notre canaillerie
républicaine ne le décourageât pas!
* * * * *
«Il est assez connu des gens du boulevard, ce grand bossu à la tête
rentrée dans les épaules, comme une tumeur entre deux excroissances; au
déhanchement de balourd allemand, qu'aucune fréquentation parisienne n'a
pu dégrossir depuis vingt-cinq ans,--dégaîne goujate qui semble appeler
les coups de souliers, plus impérieusement que l'abîme n'invoque
l'abîme.
«Quand il daigne parler à quelque voisin, l'oscillation dextrale de son
horrible chef ouvre un angle pénible de quarante-cinq degrés sur la
vertèbre, et force l'épaule à remonter un peu plus, ce qui donne
l'impression quasi fantastique d'une gueule de raie émergeant derrière
un écueil.
«Alors, on croirait que toute la carcasse va se désassembler comme un
mauvais meuble vendu à crédit par la maison Crépin, et la douce crainte
devient une espérance, quand le monstre est secoué de cette hystérique
combinaison du hennissement et du gloussement, qui remplace pour lui la
virilité du franc rire.
«Planté sur d'immenses jambes qu'on dirait avoir appartenu à un autre
personnage, et qui ont l'air de vouloir se débarrasser, à chaque pas, de
la dégoûtante boîte à ordures qu'elles ne supportent qu'à regret,
maintenu en équilibre par de simiesques appendices latéraux qui semblent
implorer la terre du Seigneur,--on s'interroge sur son passage pour
arriver à comprendre le sot amour-propre qui l'empêche encore, à son
âge, de se mettre franchement à quatre pattes sur le macadam.
* * * * *
«Quant au visage, ou, du moins, ce qui en tient lieu, je ne sais quelles
épithètes pourraient en exprimer la paradoxale, la ravageante
dégoûtation.
«J'ai dit, un peu inconsidérément, que Maubec faisait repoussoir à Wolff
et le rendait, par là, presque beau.
«Je n'avais, alors, que le punais Maubec devant les yeux, et je ne
démêlais pas très bien mes sensations.
«En réalité, ce vomitif gredin est surtout lépreux. Il porte sur sa
figure,--où tant de claques retentirent,--la purulence infinie d'une âme
récoltée pour lui dans l'égout, et il tient beaucoup plus de la charogne
que du monstre.
«Wolff est le monstre pur, le monstre _essentiel_, et il n'a besoin
d'aucune sanie pour inspirer l'horreur. Il lui pousserait des
champignons bleus sur le visage, que cela ne le rendrait pas plus
épouvantable. Peut-être même qu'il y gagnerait ...
«L'aspect général rappelle immédiatement, mais d'une manière invincible,
le fameux _homme à la tête de veau_, qu'on exhiba l'an passé, et dont
l'affreuse image a souillé si longtemps nos murs.
«Je connais un poète qui avait entendu: _l'homme à la tête de Wolff_ et
qui n'en voulut jamais démordre. Il trouvait, peut-être, un peu moins de
vivacité spirituelle dans l'œil du chroniqueur. À cela près, il les
aurait crus jumeaux.
* * * * *
«La face entièrement glabre, comme celle d'un Annamite ou d'un singe
papion, est de la couleur d'un énorme fromage blanc, dans lequel on
aurait longuement battu le solide excrément d'un travailleur.
«Le nez, passablement osseux, comme il convient aux gibbosiaques, sans
finesse ni courbure aquiline, un peu groinant à l'extrémité, solidement
planté d'ailleurs, mais sans précision plastique, éveille confusément
l'idée d'une ébauche de monument religieux, que des sauvages découragés
auraient abandonné dans une infertile plaine.
«En haut, des sourcils en forme de cirrus, s'envolent dans un front de
Tartare, au-dessus d'une paire d'yeux cupides, bridés et pochetés de
vieille catin, devenue entremetteuse et patronne achalandée d'un bas
tripot.
«La bouche est inénarrable de bestialité, de gouaillerie populacière, de
monstrueuse perversité supposable.
«C'est un rictus, c'est un vagin, c'est une gueule, c'est un suçoir,
c'est un hiatus immonde. On ne peut dire ce que c'est ...
«Les images les plus infâmes se présentent seules à l'esprit.
«On ne peut s'empêcher de croire que cette bouche de mauvais esclave, ou
d'espion décrié, fut exclusivement faite pour engloutir des ordures et
pour lécher les semelles du premier maître venu, qui ne craindra pas de
décrotter sa chaussure à ce mascaron vivant.
«Et c'est tout. Il n'y a pas de menton. La lippe pendante de ce gâteux
de demain, ne recouvre rien que le fuyant dessous d'entonnoir de son
museau de poisson, qui disparaît ainsi, pour notre subite consternation,
dans le plus ridicule accoutrement de cuistre sordide qu'on ait jamais
rencontré sur nos boulevards.
* * * * *
Le moral du sire est en harmonie parfaite avec le physique. Sa vie,
dénuée de toute péripétie juponnière,--pour l'excellente raison d'un
hermaphrodisme des plus frigides,--est aussi plate que celle du premier
cabotin venu, dont la carrière aurait été sans orages.
«Albert Wolff est né Juif et Prussien, à Cologne, dans les bras de la
grand'mère de Béranger.
«Parvenu à l'âge _viril_,--pour lui dérisoire,--on le trouve copiste
d'actes chez un notaire, à Bonn, mêlé aux étudiants de l'Université,
dont il partage les études de physiologie.
«Il s'amuse même, dit son biographe, à décapiter des grenouilles,--en
attendant celles, qu'en des jours meilleurs, il devra manger.
«Puis, la vocation littéraire s'allumant tout à coup en lui, comme une
torche, il écrit _Guillaume le Tisserand_, conte moral qui fit pleurer
des familles, assure-t-on.
«Seulement, ces choses se passaient en Prusse et son ambition ne pouvait
se satisfaire à si peu de frais.
«Il lui fallait Paris et le café de _Mulhouse_, où se réunissaient
alors, vers 1857, la rédaction du _Figaro_ hebdomadaire, fœtus plein de
santé du puissant journal qui règne aujourd'hui sur les cinq parties du
monde.
* * * * *
«Il ne s'agissait pas précisément d'avoir du génie pour être admis à
partager la fortune de ce perruquier.
«Il s'agissait, surtout, de faire rire Villemessant et le balourd y
parvint.
«Dès ce jour, il fut jugé digne d'entrer dans le groupe des farceurs,
par qui la France est devenue, intellectuellement, ce que vous savez, et
il ne s'arrêta plus de monter, lentement, sans doute, à cause de la
pesanteur de son gros esprit, mais avec l'infaillible sécurité du
cloporte.
«L'héroïque Toudouze raconte, sans aucun agrément, cette plate Odyssée
de journaliste, jugée par lui cent fois plus épique que l'Odyssée du
vieil Ulysse.
«Il s'arrête çà et là,--comme un âne gratté,--pour exhaler d'idiotes
réflexions admiratives, à propos d'Aurélien Scholl, de Jules Noriac,
d'Alexandre Dumas, père et fils, ou de tout autre décrocheur de timbale
de l'_arrivage_ parisien.
«Au fond, toute cette histoire n'est rien de plus qu'un livre de caisse,
où le comptable inscrit exactement les recettes et dépenses de son
héros.
«On voit bien que c'est là l'essentiel pour le narré et le narrateur.
«Aussi, quelle exultation pour celui-ci, quand il relate le succès
d'argent de cette honorable brochure: les _Mémoires de Thérésa, écrits
par elle-même_, mémoires inventés par Wolff, en collaboration avec Blum
et Peragallo, et quels lyriques accents désolés, quand sa conscience
implacable le force à mentionner une perte de jeu de _cent
quatre-vingt-quinze mille francs_.
«Cette catastrophe, arrivée en 1877, fut, sans doute, pour beaucoup,
dans la vocation de Salonnier, de l'hermaphrodite du _Figaro_.
«Il avait, une minute, pensé au suicide, mais il se tint ce raisonnement
lucide, qu'après tout il serait bien imbécile de se faire périr, comme
un vulgaire décavé, quand il avait sous la main la riche mamelle de la
vache à lait d'un Salon sincère.
«La Fortune recommença donc à rouler vers lui, à dater de cette
réflexion salvatrice.
«Il devint très puissant, sa _sincérité_ prussienne n'ayant plus de
bornes, et, du même coup, le malheur ayant fait tomber les squames qui
enténébraient son génie, le simple pitre qu'il avait été jusque-là, fit
enfin place au grand moraliste, que consultent, avec respect, les
magistrats les plus sévères, et qui tient l'humanité contemporaine sous
son arbitrage.
* * * * *
«Telle est sa dernière et, probablement, définitive incarnation. Albert
Wolff crèvera dans la peau d'un moraliste révéré.
«Nous en sommes venus à ce point.
«Ce semblant d'homme, raté même comme eunuque, ce _bas-bleu
germanique_,--suivant l'expression de Glatigny,--dispose d'une autorité
si grande, que le plus sublime artiste du monde relèverait de son bon
plaisir, et qu'il a le pouvoir de faire tomber des têtes ou de
déterminer des verdicts d'acquittement.
«Ce vermineux juif de Prusse est le roi que nous avons élu dans notre
inexprimable avilissement, roi respecté de l'opinion, comme Louis XIV ne
le fut pas, et devant qui bave de peur toute la rampante crapule des
journaux.
«Bismarck peut dormir tranquille.
«Son bon lieutenant est le maître en France.
«Il se charge de nous émasculer, comme il est émasculé lui-même, et de
tellement nous mettre par terre, qu'il ne reste plus qu'à nous piétiner
comme un fumier de peuple, bon à engraisser le sol de l'universelle
Allemagne de l'avenir.
* * * * *
«Lorsque la guerre de 1870 éclata, la situation de l'horrible drôle, non
assise comme elle l'est aujourd'hui, ne fut plus tenable.
«Il se vit forcé de disparaître, ainsi que la plupart de ses
compatriotes. Il erra, dit-on, par toute l'Europe, comme un chacal
inassouvi, attendant que le Belluaire de Prusse eût achevé sa besogne et
que le vieux lion français, épuisé de vieillesse, fût abattu, pour venir
l'achever de sa lâche gueule.
«Il n'osa pas immédiatement reparaître après la Commune. Il y avait
encore, pour lui, trop de bouillonnement et trop de calottes dans l'air
parisien.
«Il se fit imperceptible, il s'aplatit sous les meubles comme une
punaise, il se coula dans la boiserie.
«Avec la ténacité d'acarus de sa double race, il se cramponna au bitume,
essuyant les crachats et l'ordure dont l'inondait le passant stupéfait
de son impudence, voulant, quand même, s'imposer à Paris, qu'un atome de
fierté lui eût conseillé de fuir.
«Humble, mais inarrachable d'abord, victorieux et superbe, à la fin des
fins.
* * * * *
«Il ne lui suffisait pas d'être implanté parmi nous. Il lui fallait
régner par le _Figaro_, et Villemessant fut assez infâme pour le lui
abandonner.
«On sait, d'ailleurs, la reconnaissance du légataire, et le mot,
révélateur de la beauté de son âme, qu'il laissa tomber, en manière
d'oraison funèbre, sur la montagneuse charogne de son bienfaiteur.
«Il venait de rembourser quatorze cent cinquante francs à la caisse du
journal, pour dette de jeu contractée envers le patron.
«Presque aussitôt, le télégraphe apporte la nouvelle de la mort de
Villemessant.
«Après la première _émotion_, Wolff dit à ses camarades:
«--Je n'ai jamais eu de chance avec notre rédacteur en chef. Si la
nouvelle était arrivée quelques heures plus tôt, je ne payais pas les
quatorze cent cinquante francs et la famille ne les aurait jamais
réclamés.
«Il ne reste plus qu'à rapprocher de cette anecdote, le cantique
d'allégresse des journaux allemands, apprenant la sinistre farce de
naturalisation du chroniqueur, et, félicitant l'Allemagne d'être
débarrassée d'une fière _canaille_ aux dépens de cette imbécile de
France qui s'empressait de la recueillir.
«J'ai parlé de pertes au jeu. Une étude sur Albert Wolff ne serait pas
complète, si on oubliait de mentionner ce trait essentiel.
«Fort tranquille du côté des femmes, il se rattrape au tripot.
«Paris ne connaît pas de plus forcené joueur.
«Cette passion est telle, qu'il fuit d'instinct tout cercle
honorable,--s'il en existe,--et ne fréquente que d'infâmes tripots où il
lui est plus aisé de la satisfaire.
«Détesté des autres joueurs, redouté des directeurs et prêteurs, à cause
de sa formidable situation au _Figaro_, il règne en despote, là comme
ailleurs, abhorré mais inexpulsable.
«Profitant de la terreur qu'il inspire, il se fait ouvrir de démesurés
crédits. Quand il a pris sa _culotte_, ainsi qu'il s'exprime, le prêteur
est obligé, neuf fois sur dix, d'attendre qu'il ait regagné, pour
rattraper son pauvre argent, sans aucun espoir de retour du même
service,--Wolff ayant affiché son principe d'emprunter toujours et de ne
prêter jamais.
«L'argent gagné, d'ailleurs, s'éloigne très promptement de nos rivages.
«Le bon Prussien envoie fidèlement son numéraire chez un banquier
Berlinois, et s'empresse de brûler les reçus,--ou de faire croire qu'il
les brûle,--pour se mettre hors d'état de retirer les sommes ou d'en
négocier les titres, avant l'échéance, complexe turpitude que je livre à
de compétentes méditations.
«Rien n'égale la morgue insolente de ce Dégoûtant, vis-à-vis des
misérables qu'il peut se flatter de terrifier par sa plume et rien, non
plus, ne saurait être comparé à son humble réserve, quand il est en
présence d'un véritable homme que ses vils potins ne sauraient
atteindre.
«On raconte qu'il a eu des duels. Je n'y étais pas, hélas! mais je doute
fort qu'il en accepte désormais.
«Le temps n'est plus où il avait besoin de réclame.
«Puis, l'âge descend sur ce monstre, comme il descendrait sur le front
auguste d'un patriarche, certaine chose qu'il sait bien va, peut-être,
s'aggravant de jour en jour, et, plus que personne, le VIRGINAL Albert
Wolff doit craindre d'être enfilé.
* * * * *
«On sait que je n'ai pas l'âme ouverte à de bien enivrants espoirs, et
que je n'attends aucune propre chose d'un avenir même éloigné.
«Pourtant, s'il nous venait une seule minute d'énergie et de généreuse
révolte contre l'effroyable vermine qui nous dévore, il me semble qu'on
la devrait employer, cette bienheureuse minute, à l'expulsion immédiate
de ce Prussien de malheur, qui nous empoisonne, qui nous souille, qui
nous conchie à son plaisir; qui ose se permettre de nous moraliser et de
nous juger;--comme si ce n'était pas assez de la rage d'avoir été vaincu
et piétiné par un million d'_hommes_, et qu'il nous fallût encore avaler
la suprême honte d'être opprimé, par cette vieille SALOPE, sans esprit,
ni cœur, ni sexe, ni conscience, plus pestilentielle, en sa personne,
que les croupissants détritus de tout un peuple en putréfaction!
«S'il arrive enfin, le trois fois désirable hoquet du dégoût sauveur, il
faudra se jeter sur les balais, sur les pelles, sur les chenêts, sur les
fouets et les fléaux, sur tout objet propre à l'extirpation d'un
vénéneux malfaiteur, et rejeter par-dessus la frontière,--avec
d'irrémédiables malédictions,--cette vomissure allemande, cette ordure
de l'ennemi, cette ineffable monstruosité physiologique et morale, qu'un
siècle de gloire ne nous absoudrait pas d'avoir supportée!»