Quelques jours après, Marchenoir reçut de Périgueux la lettre suivante
du notaire de sa famille, en réponse à une réclamation sans espoir, déjà
vieille de plusieurs semaines:
«Monsieur, j'ai l'honneur de répondre à votre lettre du 25 mai, relative
au règlement définitif de la succession de feu monsieur votre père,
règlement que je n'ai pu mener plus tôt à bonne fin, malgré mon désir de
vous être agréable, à cause des formalités à remplir et des difficultés
que nous avons eues à réaliser la vente de l'immeuble.
«Tout étant enfin terminé dans les meilleures conditions possibles, je
vous adresse, sous ce pli, le compte détaillé de la succession, duquel
il résulte qu'il vous revient _Deux mille cinq cents francs_. Comme vous
m'avez laissé procuration et quittance en blanc, je vous envoie cette
somme par lettre chargée.
«Veuillez agréer, Monsieur et cher client, mes salutations empressées.
«CHARLEMAGNE VOBIDON.»
Ce message inattendu produisit sur Marchenoir l'effet admirable de lui
restituer aussitôt toute son énergie. Il y avait en ce Périgourdin un
tel ressort, qu'on pouvait toujours s'attendre à quelque surprenante
manifestation de sa force, au moment même où il paraissait le plus
renversé sur lui-même et le plus irrémédiablement déconfit. Dans la même
heure, il se releva de toutes ses poussières et prit une résolution
formidable, qu'il commença, sur-le-champ, d'exécuter.
Puisque tous les journaux lui étaient fermés et que son livre futur
était une opération financière très lointaine, d'un insuccès à peu près
certain, il allait risquer cette somme qui lui tombait du ciel, dans une
entreprise des plus hasardeuses, mais capable, après tout,--en supposant
un sourire de la Fortune,--de rémunérer le téméraire. Car les ressources
allaient lui manquer, et cette angoisse trop connue s'ajoutait à toutes
les autres.
Il décida de publier, à ses frais, un pamphlet périodique dont il serait
l'unique rédacteur, qu'il remplirait de toutes les indignations de sa
pensée et qu'il lancerait, chaque semaine, sur Paris, comme un tison.
Qui sait? Paris s'allumerait peut-être par quelque endroit.
Approximativement, il calcula qu'avec son argent seul, sans la balance
d'aucune recette fructueuse, il pourrait tenir environ deux mois. Il
faudrait vraiment que tous les démons s'en mêlassent, pour que l'inouïe
vocifération dont il méditait d'assaillir ses contemporains ne produisît
aucun résultat. Une circonstance favorable, assurément, sortirait de
l'ombre, jusqu'alors implacable, de sa destinée. Une commandite, une
adhésion efficace quelconque, lui permettrait de pousser plus avant et
de se rendre aussi redoutable par la durée que par la vigueur sauvage de
ses revendications et de ses anathèmes.
Et puis, il fallait surtout qu'il changeât d'hygiène morale, s'il tenait
à ne pas périr, et l'activité endiablée d'une lutte si terrible
découragerait infailliblement l'obsession mortelle qui l'assassinait.
Il s'estima sauvé et courut chez Leverdier qui trembla de crainte, en
voyant un semblant de joie sur le visage habituellement désolé de son
ami. Ce fut bien autre chose quand il connut son dessein.
--Mais, insensé, lui dit-il, tu veux donc tenter Dieu? Ton pamphlet sera
étouffé par la presse entière. Tu perdras, sans aucun profit, l'argent
que tu viens de recevoir, lequel vous ferait vivre, une année entière,
Véronique et toi, en te permettant d'achever ton livre. Il faudrait
cinquante mille francs de réclames et la complicité de tous les
journaux, pour lancer une pareille machine. Le marchand le plus habile
et commissionné de la façon la plus onéreuse, ne t'en vendra pas dix
exemplaires sur cent.
L'honnête séide, qui ne savait pas la détresse d'âme du désespéré,
épuisa vainement les trésors de sa sagesse. Marchenoir avait pris son
parti. Il fallut, en gémissant, préparer encore ce naufrage.
Ils dépensèrent l'un et l'autre une activité si fiévreuse qu'au bout de
huit jours, en pleine semaine de la fête nationale, parut le premier
numéro du CARCAN _hebdomadaire_, dans le format de l'ancienne
_Lanterne_, à couverture couleur de feu, offrant cet étrange dessin,
dicté par l'auteur à Félicien Rops, que Leverdier lui avait fait
connaître: Un chèvre-pieds riant aux larmes, fixé par le cou à un
immense poteau noir, allant de la terre au ciel, et ses immondes sabots
sur un tas de morts.
Ce pamphlet, qui eut le sort annoncé par Leverdier, et que le silence
des journaux éteignit sans peine, fut, néanmoins, remarqué de tous les
artistes, et son insuccès postiche est encore regardé, par quelques
indépendants, comme l'une des iniquités les plus déplorables de ce temps
maudit.
Il suffira d'en citer deux articles pour donner l'idée de cette œuvre de
haute justice et de magnifique fureur, qui n'allait à rien moins qu'à
faire dérailler le train des opinions contemporaines,--si n'importe quel
effet du Verbe simplement humain pouvait accomplir ce désirable prodige!
Voici donc le premier, celui par lequel Marchenoir ouvrit sa trop courte
campagne:
_LE PÉCHÉ IRRÉMISSIBLE_
«Ce soir, 14 juillet, s'achève enfin, dans les moites clartés lunaires
de la plus délicieuse des nuits, la grande fête nationale de la
République des Vaincus. Ah! c'est peu de chose, maintenant, cette
allégresse de calendrier, et nous voilà terriblement loin des
anachroniques frénésies de la première année! Ce début,--légendaire
déjà!--de la plus crapuleuse des solennités républicaines, je m'en suis,
aujourd'hui, trop facilement souvenu, devant l'universel effort constipé
d'un patriotisme, évidemment indéfécable, et d'un enthousiasme qui se
déclarait lui-même désormais incombustible.
«La nuit avait eu beau se faire désirable comme une prostituée, et
l'entremetteuse municipalité parisienne avait eu beau multiplier ses
incitations murales à la joie parfaite, on s'embêtait manifestement. Les
pisseux drapeaux des précédentes commémorations flottaient
lamentablement sur de rares et fuligineux lampions, dont l'afflictive
lueur offensait le masque poncif des Républiques en plâtre, que la
goujate piété de quelques fidèles avait clairsemées sous des frondaisons
postiches. Comme toujours, de nobles arbres avaient été mutilés ou
détruits, pour abriter de leurs expirants feuillages les soulographies
sans conviction ou les sauteries en plein air achalandées par les
putanats ambiants. Nulle invention, nulle fantaisie, nulle tentative de
nouveauté, nulle infusion d'inédite jocrisserie dans cette imbécile
apothéose de la Canaille.
«On avait été trop sublime, la première fois! Chaque acéphale avait
tenu, alors, à se faire une tête, pour honorer l'épouvantable salope
dont la France moderne fut engendrée. La nation entière s'était ruée au
pillage du trésor commun de la stupidité universelle. Mais, à présent,
c'est bien fini, tout cela. On continue de célébrer l'anniversaire de la
victoire de trois cent mille hommes sur quatre-vingts invalides, parce
qu'on a de l'honneur et qu'on est fidèle aux grands souvenirs, et aussi,
parce que c'est une occasion de débiter de la litharge et du pissat
d'âne. On y tient, surtout, pour affirmer la royauté du Voyou qui peut
au moins, ce jour-là, vautrer sa croupe sur les gazons, contaminer la
Ville de ses excréments et terrifier les femmes de ses insolents
pétards. Mais la foi est partie, avec l'espérance de ne pas crever de
faim sous une république dont l'affamante ignominie décourage jusqu'aux
souteneurs austères qui lui ont livré le plus bel empire du monde.
* * * * *
«Ce mensonge de fête idiote, ce puant remous de honte nationale dans le
sillage de la banqueroute, me fit venir, une fois de plus, la pensée peu
folâtre, que cette misérable nation française est bien décidément
vaincue de toutes les manières imaginables, puisqu'elle est vaincue même
comme cela, dans l'opprobre de ses infertiles réjouissances.
«Cette Vomie de Dieu n'a même plus la force de s'amuser ignoblement. De
toutes ses anciennes supériorités qui faisaient d'elle la régulatrice
des peuples, une seule, en vérité, lui est demeurée,--mais tellement
méconnue d'elle-même, tellement méprisée, décriée, déshonorée, jetée à
l'égout, qu'il se trouve que c'est précisément comme une autre façon
d'être vaincue qu'elle a inventée, ayant trouvé le moyen de faire
tourner à son irréparable déconfiture l'unique richesse qui pouvait
encore payer sa rançon!
«La France est vaincue militairement et politiquement, en Orient comme
en Occident; elle est vaincue dans ses finances, dans son industrie et
dans son commerce; vaincue encore scientifiquement, par un tas
d'étrangers dont elle ne sait pas même utiliser les découvertes; elle
est vaincue partout et toujours, à ce point de ne pouvoir jamais,
semble-t-il, se relever.
«Elle n'a pas même su conserver la supériorité du Vice. Les plus
irréfragables documents attestent que des villes protestantes, telles
que Londres, Berlin ou Lausanne, ont le droit de considérer comme rien
la juvénile débauche de Paris, où le voluptueux repli d'une savante
cafardise est à peine soupçonné.
«Ah! nous sommes fièrement vaincus, archi-vaincus de cœur et d'esprit!
Nous jouissons comme des vaincus et nous travaillons comme des vaincus.
Nous rions, nous pleurons, nous aimons, nous spéculons, nous écrivons et
nous chantons comme des vaincus. Toute notre vie intellectuelle et
morale s'explique par ce seul fait, que nous sommes de lâches et
déshonorés vaincus. Nous sommes devenus tributaires de tout ce qui a
quelque ressort d'énergie dans ce monde en chute, épouvanté de notre
inexprimable dégradation.
«Nous sommes comme une cité de honte assise sur un grand fleuve de
stupre, descendu pour nous, des montagnes conspuées de l'antique
histoire des nations que le genre humain a maudites.
* * * * *
«Mais enfin, une supériorité nous reste, une seule, incontestable, il
est vrai, et absolue: la supériorité littéraire. Ascendant tellement
victorieux, que personne au monde ne prend plus la peine de l'affirmer,
et que tout ce qui est capable d'une vibration intellectuelle, en
quelque lieu que ce soit, sollicite humblement une niche à chiens sous
le gras évier de la cuisine où se condimente la littérature française.
«On pourrait croire que la France, éperdue de gratitude, ne sait plus de
quel duvet de phénix renaissant capitonner le lit de la demi-douzaine
d'enfants merveilleux qui lui font cette suprême gloire. On devrait
supposer, au moins, qu'elle les comble de richesses et d'honneurs et
qu'ensuite, elle se déclare tout à fait indigne de lécher la trace de
leurs pas ... Elle les fait simplement crever de misère dans
l'obscurité.
«Elle n'a pas de mépris et d'avanies assez énormes pour les abreuver.
Depuis Baudelaire jusqu'à Verlaine, toutes les abominations et toutes
les ordures ont été versées en cataractes de déluge sur tous les fronts
de lumière. Les journaux, pleins de terreur, se sont barricadés avec
furie contre ces pestiférés d'idéal, dont le contact épouvantait la
muflerie contemporaine. Cette horreur est si grande et la répression
qu'elle exige est si attentive, qu'on a pu voir d'infortunés imbéciles
condamnés à périr de désespoir, sur une mensongère inculpation de talent
ou d'originalité.
«Mais cette guerre serait mal faite si elle se contentait d'être
défensive. On a donc suscité des catins de lettres pour la supplantation
du génie. Trois cents journaux vont en avant pour leur balayer le haut
du pavé, d'une diligente nageoire, et le suffrage universel est leur
dispensaire. Vieilles ou jeunes, croûtonnantes ou chauves, liquides ou
pulvérulentes, il suffit que leur bêtise ou leur ignobilité soit
irréprochable. On ira même jusqu'à leur passer un semblant de fraîcheur,
si c'est un ragoût de plus pour les séniles concupiscences dont
l'éréthisme est ambitionné.
«À Baudelaire agonisant dans l'indigence et quasi fou, on oppose, par
exemple, un Jean Richepin rutilant de gloire et gorgé d'or. Celui-là,
d'ailleurs, parfaitement assuré d'être le premier d'entre les fils de la
femme, juge sa part insuffisante et vocifère, sous sa casquette, contre
le client détroussé. Le délectable Paul Bourget, _préfacier_ chéri des
baronnes, se dresse en sifflotant sur sa petite queue, contre l'immense
artiste Barbey d'Aurevilly, qui se couche, formidable, dans le fond des
cieux, et ... il l'efface. Flaubert, à son tour, est dépecé et grignoté
par l'acarus Maupassant, engendré de ses testicules magnanimes, lequel,
devenu poulain, promulgue littérairement le maquerellage et l'étalonnat.
«Nul, parmi les grands, n'est excepté. Le boueur passe dans la rue et
réclame les gens de talent. La reine du monde n'en veut plus. Elle a mal
au cœur de ces tubéreuses. Il lui faut, à l'heure présente,
exclusivement, l'huile de bêtise et le triple extrait de pourrissoir,
qui lui sont offerts par les tripotantes mains des vendeurs de jus que
sa propre déliquescence est en train de saturer.
* * * * *
«Il serait long, le défilé des médiocres et des abjects, que le fromage
de notre décadence a spontanément enfantés pour l'inexorable dévoration
du sens esthétique!
«Et d'abord, le plus glorieux de tous ces élus,--le Jupiter tonnant de
l'imbécillité française,--Georges Ohnet, le squalide bossu millionnaire,
dont la prose soumise opère une succion de cent mille écus par an, sur
l'obscène pulpe du bourgeois contempteur de l'art. Immédiatement après,
son illustre fils, Albert Delpit, le virtuose du foyer correct et le
peseur vanté de fécule psychologique, Lovelace châtré, au strabisme
innocemment déprédateur.
«Puis, une sale tourbe: Bonnetain, le Paganini des solitudes, dont la
main frénétique a su faire écumer l'archet;--Armand Sylvestre, l'éternel
rapsode du pet, que ses latrinières idylles ont fait adorer des
multitudes;--le virginal Fouquier, moraliste hautain, héritier du bois
de lit de feu Feydeau, ferré aux quatre pieds sur toutes les disciplines
conjugales et juge rigide en matière de dignité littéraire;--l'aquatique
Mendès, aux squammes d'azur, ami de Judas par _charité_ et lapidateur de
l'adultère par esprit de justice, espèce de bifront sémite à double
sexe, l'un pour empoisonner, l'autre pour trahir;--Dumas fils, le
législateur du divorce et du relevage, qui inventa de remplacer la Croix
par le speculum, pour la rédemption des sociétés;--Alphonse Daudet, le
Tartarin sur les Alpes du succès, pour avoir pris la peine de naître
copiste de Dickens, eunuque trop fécond qu'il trouve le moyen de
tronçonner encore depuis quinze ans;--les deux batraciens oraculaires,
Wolff et Sarcey, de qui relèvent tous les jugements humains et dont la
disparition calamiteuse, en la supposant conjecturable, produirait
immédiatement l'universelle cécité;--enfin, pour n'en pas nommer
cinquante autres, Ernest Renan, le sage entripaillé, la fine tinette
scientifique, d'où s'exhale vers le ciel, en volutes redoutées des
aigles, l'onctueuse odeur d'une âme exilée des commodités qui l'ont vu
naître, et regrettant sa patrie au sein des papiers qu'il en rapporta,
comme des reliques à jamais précieuses, pour l'éducation critique des
siècles futurs!...
* * * * *
«Après cela, que voulez-vous qu'il fasse, le petit troupeau des vrais
artistes, qui ne savent rien du tout que frémir dans la lumière et qui
ne furent jamais capables de cuisiner les gros ragoûts de la populace?
Ils ne sont pas nombreux, aujourd'hui, cinq ou six, à grand'peine, et
l'immonde avalanche a peu de mérite à les engloutir.
«Ce serait assez, pourtant, si la France avait un reste de cœur, pour
lui restituer, intellectuellement, la première place. L'Europe n'a aucun
écrivain vivant, parmi les jeunes, à mettre en balance avec deux ou
trois romanciers de génie, qui périssent actuellement de faim, dans le
cachot volontaire de leur probité d'artistes. La mort de Dostoïewsky a
fait l'universel silence autour de Paris, et Paris, à genoux devant les
cabotins qui le déshonorent, n'a pas même un morceau de pain à donner à
ceux-là qui empêchent encore son vieux bateau symbolique de chavirer
dans les étrons!...
«Si ce n'est pas là le Péché irrémissible dont il est parlé dans
l'Évangile, je demande ce qu'il peut être, ce fameux péché, ce blasphème
contre l'Esprit, que rien ne pourra, dit-on, faire pardonner....
«Il n'est pas croyable que la Providence ait fait des hommes de génie
tout exprès pour être vomis. L'aventure, je le sais bien, est arrivée à
un fameux prophète. Mais cette Vomissure s'est ramassée d'elle-même et
s'en est allée parler à la plus terrible ville de tout l'Orient, qui l'a
écoutée avec respect. Paris n'aurait écouté Jonas d'aucune manière et
cet infortuné serviteur de Dieu eût été peut-être forcé de supplier son
requin de le réavaler.
«Les hommes assez malheureux, aujourd'hui, pour être de grands
écrivains, doivent attendre la mort et la désirer diligente et sûre, car
leur vie est désormais sans saveur comme sans objet. Tout ce qu'ils
pourraient faire, en les supposant des saints, serait de supplier le
Dieu terrible--et trop longanime!--de les considérer, à son tour, comme
moins que rien et de ne pas ouvrir, pour leur vengeance, les stercorales
écluses qui menacent évidemment Paris du seul déluge qu'il ait mérité,
et qu'on s'étonne de voir si obstinément fermées!»
* * * * *
L'autre article qui parut dans le sixième et dernier numéro du _Carcan_,
fut, pour Marchenoir, la plus atroce de toutes les dérisions de son
enragé destin. Cet article eut un succès retentissant, énorme, et ce
succès lui fut inutile. La recette du numéro, le seul qui se soit vendu,
ne couvrit qu'à peine ses derniers frais, sans lui donner aucun moyen de
continuer. L'imprimeur, plein de défiance, et peut-être menacé, refusa
obstinément tout crédit.
Le pamphlétaire vit ainsi la fortune se dérober en riant, au moment même
où elle paraissait s'offrir et dut renoncer, définitivement, à toute
espérance, avec l'aggravation de cette cuisante certitude que son
triomphe aurait été assuré, s'il avait eu la pensée de débuter par ce
grand coup.
_L'HERMAPHRODITE PRUSSIEN_