Modes

[Illustration: Costume d'intérieur.--Robe de chambre.]

Chacune des quatre saisons de l'année ramenait autrefois à son ouverture

et à un jour invariablement fixé l'adoption simultanée d'un costume

spécial dont les étoffes, et nous dirons presque les couleurs, étaient à

l'avance déterminées.

Cette coutume générale était-elle une conséquence forcée retour plus

régulier des saisons, ou tenait-elle seulement à un cérémonial obligé

dont nous nous sommes depuis longtemps affranchis? C'est un problème

dont nos lectrices peuvent chercher la solution.

Toujours est-il que l'instabilité du printemps et les brusques

variations de l'atmosphère ne nous permettent pas de faire aujourd'hui

ce que nous faisions autrefois.

Il n'est donc pas rare de retrouver dans son boudoir, près d'un feu vif

et clair, et revêtue d'une robe de chambre en velours dont les

ouvertures lacées permettent d'apercevoir une riche jupe de dessous

telle que nous la représentons ici, la femme élégante que l'on a

rencontrée dans la matinée à la promenade ou en visite avec une tout

autre toilette... Le matin, en effet, elle avait une robe à volant plat,

collet à châle renversé, manches à la Suissesse, ornées de jockey

étagés; elle portait à la main l'ombrelle douairière de Verdier,

destinée à protéger contre les rayons d'un soleil rare, mais perfide,

les couleurs si tendres d'un chapeau de crêpe, costume dont nous avons

donné la gravure dans notre dernier numéro.

Ne déplorons donc pas ces alternatives de froid et de chaud: la mode vit

de contrastes.

On a annoncé la découverte de la suite du _Don Juan_ de lord Byron; la

nouvelle a fait son tour d'Europe. _L'Illustration_ a cru pouvoir

risquer l'innocente plaisanterie de donner le dix-septième chant comme

un fragment de cette prétendue découverte. Beaucoup y ont été pris. Les

éditeurs français des traductions de Byron nous ont proposé de traiter

pour le droit d'insérer cette suite dans leurs éditions. Des traducteurs

allemands nous ont écrit de leur adresser l'original pour faire

connaître le chef-d'oeuvre à leurs concitoyens. Cette note répondra à

tous, même à la _Revue de Paris_, qui a eu besoin pour deviner la chose,

qu'on lui dise le nom de l'auteur.

Correspondance.

Réponses.

_A m. d'O_--M. N. a refusé de laisser dessiner son portrait. Peut-être

sa qualité de fonctionnaire public nous autorisait-elle à passer outre

et nous en aurions les moyens, mais nous croyons devoir respecter sa

volonté et sa modestie, vertu trop rare par les temps qui court pour

qu'on ne s'incline pas devant elle.

_A M. R... de Nancy_--Nous n'oublions pas l'industrie. Nous publierons

certainement ce qui se produira de nouveau et d'intéressant dans cette

série, sans attendre, croyez-le bien, l'exposition des produits de

l'industrie de 1844, qui, sans doute, nous fournira un grand nombre de

sujets intéressants et variés Une branche de l'industrie appellera

surtout notre attention dès cette année: c'est celle qui se rapproche de

l'art et qui contribue le plus à former le goût public.

_A M. B..._--On grave une autre carte des chemins de fer en France,

beaucoup plus étendue et plus complète, et on donnera successivement des

des cartes semblables pour d'autre pays.

_A M. J. T..., de Rouen et autres._--Le 4e numéro est réimprimé.

_A madame A... de Sedan_.--Non-seulement cette vue, madame, mais

beaucoup d'autres sur le même sujet. Les plaisirs varient suivant lis

saisons; à notre début, c'étaient les concerts et les bals qui

dominaient» ensuite est venu le Salon, puis les courses. Voici le temps

des fêtes des environs de Paris, des bains, des voyages. Notre tâche est

de suivre le courant naturel de actualités: nous nous exerçons à saisir

au passage tout ce qui peut exciter la curiosité et l'intérêt. Avec du

zèle, nous arriverons à ce qu'il faut de rapidité et d'universalité.

_A M. V. G... de Barèges._--A défaut de dessin, une vue au daguerréotype

suffira.

_A M. I. B..._--La place a manqué.

_A M. T. D..._--La question n'a rien d'indiscret Voici la réponse: cinq

mille deux cents; et nous espérons mieux.

_A M. L. R. d._--La gravure demandée passera dans le prochain numéro.

_A M. S. P. Dum._--Ce n'est point de l'indécision, c'est de la prudence.

Dès que les inconvénients n'existeront plus, nous commencerons.

_A. M. D... de Provins._--Les deux séries s'organisent; elles offraient

de grandes difficultés. Il fallait s'assurer de correspondances

lointaines. Il eût été facile de supposer ce que nous ne savions pas,

d'appeler l'imagination à notre aide; nous avons préféré attendre et être

sincères.

_A M. Ad. C... de Marseille._--L'article n'a pas été inséré, parce qu'il

contenait des personnalités offensantes pour une personne dont l'âge et

le caractère doivent commander le respect, même de ceux qui ne partagent

pas ses opinions.

_A M. M. F... de Cahors_--L'idée est excentrique: nous l'acceptons,

quoique avec un peu de crainte.

_A mademoiselle El. M..._--Nous recevons la communication de ce dessin

avec plaisir.

_A M. le colonel R..._--La place a manqué: les deux portraits seront

publiés en juin.

_A M. Ch. Q... de Lyon_--Ce Mirait désirable, sans doute, mais c'est

impossible. La gravure en taille-douce est trop lente et trop coûteuse;

elle exigerait deux tirages. On ne peut pas espérer raisonnablement une

exécution très rapide et toujours parfaitement agréable. Ceux qui savent

à quel degré d'inhabileté et d'inexpérience était encore l'art de la

gravure sur bois en France il y a dix ans, loin d'être sévères

s'étonnent et nous tiennent compte de nos efforts. Les burins

travaillent jour et nuit. Il n'y avait pas en France, jusqu'à ce

jour, un pareil exemple d'activité.

_A M. Lob., de Nantes_--Certains malheurs ne peuvent pas et ne doivent

pas être représentés. En France, il y a une pudeur, dans la pitié

publique, que l'on ne blesserait pas en vain.

_A M. H. B. X... Fontaines-Saint-Georges_--Nous ne pouvons pas prendre à

cet égard d'engagement définitif. Un journal conçu sur un plan nouveau

ne vient pas au jour tout formé: il grandit peu à peu sous les regards

du public. Il n'en est pas de même lorsqu'on se borne à imiter dans

toutes leurs parties des journaux déjà existants; il ne serait pas juste

de nous appliquer la même mesure.

_A M. C. C., d'Abbeville._--En 1825. C'est un sujet trop rétrospectif,

et qui ne pourra être traité qu'à l'occasion d'un fait nouveau.

_A. M. Mel. Lo._--Le mémoire est d'un grand intérêt, mais trop long. Il

devrait être réduit de plus d'un tiers. Nous confierons le dessin à un

artiste habile, et, si l'on consent à la réduction, la publication

pourra avoir lieu dans quinze jours.

_A. M. Del., d'Auxerre._--Les portraits d'O'Connell et du docteur

Chalmers doivent paraître dans le prochain numéro.

_A. M. Rel., de Montereau_--Une vue de votre maison ne serait-elle pas

mieux placée dans les _Petites affiches._

_A. M. Val., de Paris_--A M. Ren., de Montpellier.--Nous avancerons

désormais d'un jour la publication.

_A M. de P., de Brest_--L'observation est juste. Sous l'ancien régime (et

nous ajouterons pendant la Révolution et sous l'Empire), un journal

illustré aurait eu peut-être plus de scènes variées, plus de fêtes plus

d'originalités à présenter à ses lecteurs. L'égalité de rang et de

fortune a conduit à plus d'uniformité; mais cette égalité est loin

d'être parfaite, et nous espérons montrer que notre époque est encore

assez riche en événements pour que l'intérêt de notre Recueil languisse

rarement. Ce sont d'ailleurs les faits du monde entier, la vie de tous

les peuples que nous avons le projet de représenter à nos lecteurs.

Amusements des sciences.

L'Illustration, No. 0014, 3 Juin 1843 · 第 18 / 24 题