A raffiner tous les metaux,
Et changer ces fiers animaux
En belles assez raisonnables.
Or, pour marque de son sçavoir,
Dans sa loge vous pouvez voir
Des testes de femmes et filles
Qu'il a fondues dextrement,
Et fait devenir plus docilles
Par l'effort de son instrument.
On repare icy les cerveaux
Des femmes les plus obstinées
Qu'on arrive en mille vaisseaux.
Pour mettre sous ses cheminées.
Ce vallet qui court promptement
Les reçoit à chaque moment,
Ravy de voir tant de pratique.
Cet homme avec son hottereau
Va decharger en la boutique
La pesanteur de son fardeau.
Un certain envoye à la forge,
Par un crocheteur rude et fort,
Malgré elle et tout son effort,
Sa femme, afin qu'on la reforge.
Elle veut toujours resister,
Mais enfin il l'y fait porter
Pour qu'on l'y refasse la teste.
Vous y viendrez, chez le limeur,
Luy disoit-il, méchante beste,
Pour faire changer votre humeur.
Sur le dos d'une beste asine
Deux paniers je vois proprement
Qu'un singe assis plaisamment
Guidoit avec une houssine;
L'animal gemit sous le faix
De ces testes pleines d'excès
Dont on souffre tant de caprice.
Au dessous on voit en escrit:
Il est plus chargé de malice
Que le singe qui le conduit.
En voicy une infinité,
A pied, à cheval, en civière,
Qui viennent de chaque costé,
Comme en cage, en coche, en littière;
On les porte chez l'artisan,
Qui se montre lassé d'ahan
Lors que sur la langue il les touche;
Car, les retirant du fourneau,
Pour adoucir leur fière bouche
Il la rabat de son marteau.
Or, l'enseigne de sa maison
C'est une femme decollée,
Qu'à bon tiltre et juste raison
Tout-en-est-bon il a nommée.
Pour son secret rare et divin
On l'appelle le medecin
Et l'operateur cephalique;
Et, comme il est tres-obligeant,
Il aide de son art chimique
Sans recevoir aucun argent.
Mais si cet homme incomparable
Fond les testes si dextrement
De ce sexe altier et charmant,
Qui nous est tant inexorable,
On en doit pourtant excepter
Ces objets qu'on voit habiter
La merveille des autres villes,
Où, sans perdre leur gravité,
Les dames sont aussi civilles
Qu'elles sont pleines de beauté.
Elles surpassent en blancheur
Le teint du lys et de la neige;
Et leur attrayante douceur
Finit un tourment, ou l'allege.
Leur taille, leur grace et leurs yeux
Font des efforts victorieux
Sur les coeurs des plus indomptables;
Et leur bouche, et leurs belles mains,
Sous des loix assez equitables
Asservissent tous les humains.
Ce n'est donc pas dessus sa forge
Que cet insigne LUSTUCRU,
Grand raffineur d'esprit bouru,
Ramolissoit leur belle gorge.
Les belles dames de Paris
Font trop d'honneur à leurs maris,
Pour meriter qu'on les relime;
Et celles que les ouvriers
Repurgeoient d'ordure et de crime
Estoient toutes d'autres quartiers.
Mais que vois-je icy de nouveau?
Sont des femmes qui font carnage,
Et qui, dans cet autre tableau,
Exercent leur fiel et leur rage;
Sur le corps d'un seul innocent
Elles vont toutes s'empressant
Pour le trancher en mille pièces;
Sans doute il n'evitera pas
La fureur de tant de tigresses,
Qui luy vont causer le trespas.
Qu'elles monstrent de passion
En faisant cette boucherie,
Et qu'en cette infame action
On voit de rage et de furie!
A coups de besche et de marteaux,
De pelle, de broche et coûteaux,
Elles luy font mille taillades;
Et cet excellent reforgeur,
Aussi bien que ses camarades,
Est bafoué comme un voleur.
Bien qu'elles soient toutes galantes,
Et que de riches just-à-corps
Ornent la beauté de leurs corps,
Elles contrefont les bacchantes.
Hola! belles, arrestez-vous!
Ne ressemblez pas à ces foux
Qui ne veulent qu'on les reprenne,
Et ne vueillez pas massacrer
Celuy dont la forge et la peine
Concouroit à vous reparer.
Si Penthée, fils d'Echion,
Meurtry dans sa terre natale,
Souffrit l'horrible oppression
D'Agavé, sa mère brutale,
Il avoit un peu méprisé
Ce Dieu si fort authorisé,
Qu'on revère dans la Bourgongne,
Mais le sujet de vos fureurs
Montre bien par sa rouge trongne
Qu'il aime le Dieu des beuveurs.
Mais, pimbèches pleines de rages,
Ces discours ne vous touchent pas,
Et vous l'allez mettre au trépas
De peur qu'il ne vous rende sages.
On dit que vostre intention
Est de traitter en espion
Cet autheur de tant de mystères,
En haine d'un de ses ayeux
Qui découvrit vos adultères
A la face de tous les Dieux.
Les Menades en leur transport
Commirent la mesme injustice,
Persecutans jusqu'à la mort,
Le noble mary d'Euridice.
Et, voyant ce chef tronçonné
A mille opprobres destiné,
Dont vous élevez un trophée,
Il me resouvient qu'autre fois
Les femmes tuèrent Orphée
Pour s'estre mocqué de leurs lois.
Enfin, tant d'excès rigoureux
Luy ont ravy sa pauvre vie,
Sans que dans son sort mal-heureux
Vostre ire puisse estre assouvie;
Car, après l'avoir saccagé,
Et de mille coups outragé
Par une fureur meurtrière,
Vous l'y donnez honteusement
Le beau milieu d'une rivière
Pour honorable monument.
Toutefois, perfides mutines
Qui l'avez tué méchamment,
Vous recevrez le châtiment
De ces cruautez feminines:
Car il eust purgé vos espoux
D'un esprit fantasque et jaloux
S'il eust peu vivre davantage;
Mais vous sentirez leurs rigueurs,
Leurs dépits, leur fougue et leur rage,
Comme il a senty vos fureurs.
_Catalogue des Princes, Seigneurs, Gentilshommes et autres qui
accompaignent le Roy de Pologne._
_A Lyon, par Benoist Rigaud, 1574._
_Avec permission._
In-8[81].
[Note 81: Henri, duc d'Anjou, fut élu roi de Pologne par
la diète de Varsovie, le 9 mai 1573. Le 10 septembre
suivant, après la messe, il prêta serment à Notre-Dame,
devant l'autel, en présence des treize ambassadeurs qui
étoient venus de Pologne à Paris lui apporter le décret de
son élection. Le 27 du même mois il quitta Paris, avec la
brillante suite dont nous donnons ici le _Catalogue_, et
après de fréquentes haltes sur la route et toutes sortes de
lenteurs, calculées sur l'espoir qu'il avoit d'être rappelé
en France pour succéder à son frère Charles IX, déjà
gravement malade, il n'entra dans Cracovie que le 8 février
1574, pour être couronné trois jours après.]
* * * * *
BENOIST RIGAUD[82] AUX LECTEURS.
[Note 82: Il publia, quelques mois après, un _Extrait
des lettres d'un gentilhomme de la suitte de Monsieur de
Rambouillet, ambassadeur du roy au royaume de Pologne, à un
seigneur de la court, touchant la legation dudit seigneur_,
etc. De Cracovie, 12 décembre 1573, in-8. Cette pièce a été
reproduite dans les _Archives curieuses_, 1re série, t. IX,
p. 137.]
M'estant de tout temps voué au service du public, je desire ne
laisser chose en arrière qui puisse proffiter ou delecter; pourtant,
ayant recouvert le present catalogue des Princes, seigneurs et autres
conduisans le roy de Polongne en son royaume, je le vous ay bien
voulu communiquer, lecteurs debonnaires. Je suis tout asseuré que
le depart de ce magnanime prince de la très noble et très illustre
maison de France causera un regret indicible à tout vray François;
mais, considerant que Sa Majesté s'achemine à un ample et florissant
Royaume, duquel la coronne luy est apprestée, au grand contentement
et resjouissance de tous ses fidèles sujects en iceluy, vous ne devez
de vostre part luy envier son heur, ains en souvenance de ses rares
vertus, bonté naturelle, et de ses plus que heroïques deportemens
en ses tendres ans[83], au service de noste Roy très chrestien, son
frère, et de la patrie[84], prier Nostre Seigneur pour sa prosperité.
A Dieu.
[Note 83: N'ayant encore que dix-sept ans, le duc d'Anjou
avoit gagné la bataille de Jarnac et de Montcontour.]
[Note 84: C'étoit alors un mot nouveau et à la mode. Selon
Ménage, en ses _Observations sur la langue françoise_,
p. 306, c'est Joachim Du Bellay qui l'avoit employé le
premier dans son traité de la _Défense et illustration de
la Langue françoise_. Trois ans après on le traitoit encore
comme un néologisme. «Le nom de _patrie_, dit Ch. Fontaine,
est obliquement entré et venu en France nouvellement.»
(_Quintil Censeur_, Lyon, 1576, in-12, p. 165.)]
PREMIEREMENT.
La maison de Sa Majesté, assavoir: maistres d'hostel,
escuyers, gentilshommes servans, vallets de chambre et autres
officiers, c chevaux.
Monsieur de Villequier, grand maistre et grand
chambellan[85], 24
Monsieur de Chomberc, grand mareschal de la court[86], 14
Monsieur de Villequier l'aisné, premier gentilhomme
de la chambre[87], 9
Monsieur le viconte de la Guierche, maistre de la garderobe[88], 9
Monsieur de Larchant, capitaine de la garde[89], 8
Monsieur Miron, premier médecin[90], 4
[Note 85: René de Villequier, baron de Clairvaux. «Il
suivit le duc d'Anjou en Pologne, dit Lenglet-Dufresnoy
dans ses notes sur le _Journal de Henri III_ (t. I, p.
214), et le servit en qualité de grand-maître de sa
maison.» V., sur lui, les _Additions à Castelnau_, t. II,
p. 818, et les _Mémoires_ de Marguerite de Valois, édit.
elzev., p. 134.]
[Note 86: L'un des mignons du prince. Il fut tué avec
Maugiron dans le duel qui eut lieu en 1578 sur le marché
aux chevaux des Tournelles, devenu depuis la place Royale.]
[Note 87: Frère de celui qui a été nommé tout à l'heure.]
[Note 88: Nous ne le connoissons que par cette mention et
par la tentative qu'il fit en janvier 1577 pour entrer dans
Châtellerault.]
[Note 89: Nicolas de Grémonville L'Archant. Henri III le
garda toujours près de lui, comme capitaine des gardes, et
l'on sait le rôle qu'il joua dans le drame de l'assassinat
du duc de Guise, à Blois.]
[Note 90: Marc Miron, que Henri III garda comme premier
médecin. C'est à lui qu'étant à Cracovie et tourmenté de
remords, il fit, une nuit, une relation si curieuse des
massacres de la Saint-Barlhélemy. Miron l'écrivit presque
sous sa dictée, et on l'a publiée dans la collection
Petitot, 1re série, t. 44, p. 496-518, avec ce titre:
_Discours du roi Henri III à un personnage d'honneur et de
qualité estant près de Sa Majesté, à Cracovie, des causes
et motifs de la Saint-Barthélemy_.]
_Chancellerie du dit Seigneur._
Monsieur de Pibrac[91], conseiller au conseil privé du Roy, 9
Monsieur Sarred, secretaire d'Estat, 9
Monsieur de l'Isle[92], 8
Monsieur de Beaulieu, sieur de Ruzé, secretaire ordinaire[93], 9
Monsieur le tresorier general, 9
Monsieur des Portes, secretaire[94], 3
[Note 91: Guy Dufaur, seigneur de Pibrac, auteur des fameux
_Quatrains_, et, ce qui est moins moral, d'une apologie
de la Saint-Barthélemy, sous ce titre: _Lettre sur les
affaires de France_. Aignan a publié cette pièce au t. I de
sa _Bibliothèque étrangère_. Quand le duc d'Anjou quitta
la Pologne, comme un fugitif, pour venir recueillir en
France l'héritage de son frère Charles IX, Pibrac partagea
les vicissitudes de sa fuite, et rien n'est plus plaisant
que le récit qu'en fait son biographe Pascal. Dans ce
pauvre homme, traqué par des paysans à demi sauvages et
forcé de se donner pour cachette les roseaux d'un marais
où il s'enfonce jusqu'à mi-corps, on a peine à reconnoître
le conseiller intime d'un prince deux fois roi, qui
abandonne un royaume pour en gagner un autre. (V. _Archives
curieuses_, 1re série, t. X, p. 258-262.)]
[Note 92: Sans doute Gilles de Noailles, abbé de L'Isle,
qui en effet alla en Pologne. (_Mémoires_ de Jean Choisnin,
coll. Michaud, 1re série, t. XI, p. 393.)]
[Note 93: Martin Ruzé, sieur du Beaulieu. Aux états de
Blois, il étoit encore secrétaire de Henri III, et c'est
lui qui, après l'assassinat, croyant voir encore en M.
de Guise quelque reste de vie, lui donna le conseil «de
demander pardon à Dieu et au roy».]
[Note 94: C'est le poëte Philippe Desportes, qui déjà
avoit salué par ses vers l'avénement du prince, par sa
_Complainte pour M. le duc d'Anjou, élu roi de Pologne_.
«Il accompagna le prince dans son royaume lointain, dit
M. Sainte-Beuve, et, après neuf mois de séjour maudit, il
quitta cette contrée pour lui trop barbare, avec un adieu
de colère.» (_Tableau histor. et crit. de la poésie franç.
au XVIe siècle_, édit. Charpentier, p. 424.)]
_Princes._
Monsieur de Nevers[95], 35
Monsieur le marquis du Mayne[96], 30
Monsieur le marquis Dalbeuf[97], 25
Monsieur le grand prieur[98]. 25
[Note 95: Louis de Gonzague, duc de Nevers, le même dont on
a de si intéressants _Mémoires_, publiés pour la première
fois en 1665, 2 vol. in-fol.]
[Note 96: Celui qui devint, un peu plus tard, le célèbre
duc de Mayenne.]
[Note 97: De la famille des Guise, et même cousin germain
du duc, comme arrière-petit-fils de Cl. de Guise. Il fut un
de ceux qu'on arrêta dans Blois après l'assassinat.]
[Note 98: Encore un Guise, et l'un de ceux qui avoient
pris le plus de part aux massacres de la Saint-Barthélemy.
Catherine, en donnant les princes de Lorraine pour escorte
au nouveau roi de Pologne, avoit sans doute à coeur
d'affaiblir le parti des Guise, qui devenoit de plus en
plus menaçant en France. Elle affoiblissoit aussi le parti
catholique, et l'on s'en plaignit. (Bibliothèque impériale,
manuscrits _Fonds des Minimes_, nº 32, fol. 344.) Ce
cortége ne fut pas une sauvegarde, loin de là, pour le
duc d'Anjou, quand il traversa des Etats protestants. On
savoit tout ce qu'il avoit fait pour la tuerie du 24 août
1572: aussi n'étoit-il pas besoin de lui donner tout une
escorte de complices pour soulever contre lui, au passage,
l'indignation des princes calvinistes. «Que si le monarque
passoit à travers le pays protestant, dit Schomberg dans
une de ses dépêches, § 4, il n'y auroit pas de sûreté pour
luy.» Il s'y risqua cependant, s'il faut en croire de Thou
(liv. 57), et, d'après lui, Gaillard, mais il faillit s'en
trouver mal. C'est dans le Palatinat qu'il s'étoit hasardé.
«En entrant dans le cabinet de l'électeur, le premier objet
qui frappa ses regards fut un portrait fort ressemblant de
l'amiral Coligny. «Vous connoissez cet homme, Monsieur, lui
dit l'électeur d'un ton sévère; vous avez fait mourir le
plus grand capitaine de la chrétienté, qui vous avoit rendu
le plus signalé service, ainsi qu'au roi votre frère.» Le
roi de Pologne, un peu troublé, répondit: «C'étoit lui
qui vouloit nous faire mourir tous, il a bien fallu le
prévenir.--Monsieur, répliqua l'électeur, nous en savons
toute l'histoire.» A table, le roi de Pologne ne fut servi
que par des huguenots françois échappés au massacre, qui
sembloient le menacer en le servant; et l'électeur parut
prendre plaisir, pendant toute la journée, à lui faire
craindre, pour la nuit, des représailles.» (Gaillard,
_Hist. de la rivalité de la France et de l'Angleterre_,
t. V, p. 159.) Je ne donne cette histoire que pour ce
qu'elle vaut, en la regardant comme un peu trop romanesque
pour être bien vraie. Un passage des _Mémoires_ du duc de
Bouillon feroit même croire que l'électeur palatin ne dut
pas faire si mauvais accueil au roi de Pologne. (_Collect.
Michaud_, 1re série, t. XI, p. 15.)]
_Ambassadeurs._
Monsieur de Bellievre[99], 15
Messieurs les Ambassadeurs de Pologne, qui sont neuf, et la
garde à cheval. 66
[Note 99: M. Pomponne de Bellièvre, qui fut plus tard
chancelier de France.]
_Seigneurs, chambellans et gentilshommes de la chambre._
Monsieur de la Roche-Pousay, conseiller du Roy en son conseil
privé[100], 8
Monsieur de la Guiche, gouverneur du Bourbonnois[101], 8
Monsieur de Seissac[102], 6
Monsieur de Bessigny, 6
Monsieur de la Roche Guyon[103], 6
Monsieur du Gas[104], 6
Monsieur de Belle-Ville[105], 6
Monsieur de Lessum[106], 6
Monsieur de Couldray, 6
Le colonel Otho Planto[107], 6
Monsieur de Ruffé de Bourgoigne[108], 6
Monsieur de Clermont d'Antragues[109], 6
Le sieur de Castelnau[110], 6
Le sieur de Combault[111], 6
Le sieur de Ruffy[112], 6
Monsieur le conte Coccomaz[113], 6
Monsieur de Beauvais Nanzi[114], 6
Monsieur de la Nocle[115], 6
Monsieur de Crillon[116], 6
Monsieur de Rouvray[117], 6
Monsieur d'Antragues le jeune[118], 6
Monsieur de Cheverand la Roche[119], 6
Monsieur de Beaufort[120], 6
Monsieur de Chasteau-Vieux[121], 6
Monsieur de Ranty[122], 6
Monsieur de Lyancourt[123], 6
Monsieur Dampierre[124], 6
Monsieur de Champvallon[125], 6
Monsieur de Ganaches[126], 6
Monsieur de Quellus[127], 6
Monsieur l'abbé Gadayne[128], 6
Monsieur de Sainct-Luc[129], 6
Monsieur de Rochefort le jeune[130], 6
Le sieur d'Inteville[131], 6
Le sieur de Camille[132], 6
Le sieur d'Aurigny. 6
[Note 100: Roche-Châteignier, seigneur de la Roche-Posay.
Il étoit aussi du parti des Guise, et par conséquent de
ceux que Catherine tenoit à éloigner. Quand le duc de Guise
étoit allé en Italie, en 1557, il l'y avoit suivi avec cent
chevaux. Dans cette expédition, il prit La Mirandole, et
y fut blessé. (_Mémoires_ de Boyvin, _coll. Petitot_, 1re
série, t. 29, p. 122.)]
[Note 101: Jean-François de La Guiche, seigneur de
Saint-Géran. Il fut plus tard maréchal de France, et mourut
le 2 décembre 1632.]
[Note 102: François Catillac de Sessac. (V., sur lui,
_Mémoires_ de de Thou, _coll. Michaud_, 1re série, t.
XI, p. 339.) Il avoit été lieutenant de la compagnie de
gendarmes du duc de Guise, et, sans ce que j'ai dit tout à
l'heure, je m'étonnerois de le trouver dans la suite du duc
d'Anjou. C'est lui, en effet, qui rendit témoignage de la
complicité de ce prince dans le meurtre de Coligny.]
[Note 103: Henri de Silly, comte de La Roche-Guyon, premier
mari de madame de Guercheville. Il mourut en 1586.]
[Note 104: Louis de Bérenger, seigneur du Gua ou de Guast.
On l'appeloit souvent le capitaine Le Gas. On savoit
déjà par L'Estoile qu'il avoit suivi le duc d'Anjou en
Pologne. (Edit. Lenglet-Dufresnoy, t. I, p. 100.) La reine
Marguerite le fit assassiner par le baron de Viteaux, le
31 octobre 1575. (V., sur lui, _Mémoires de Marguerite de
Valois_, édit. L. Lalanne, _passim_.)]
[Note 105: L'un des fidèles et des spadassins mignons du
duc d'Anjou. Il figure comme tel, avec Larchant, Sommerez,
etc., dans le procès de La Mole et Coconas. (V. _Archives
curieuses_, 1re série, VIII, 137.) Il ne faut pas le
confondre avec P. d'Eguaim, sieur de Belleville, huguenot
enragé.]
[Note 106: Le seigneur de Lescun, fils de Thomas de Foix,
l'un des braves capitaines du temps de François Ier.]
[Note 107: C'est sans doute l'un de ces capitaines italiens
comme il y en eut tant à la cour des Valois, et le même
dont il est parlé au chapitre II de la _Confession de
Sancy_. Il y est dit qu'il se tua.]
[Note 108: Je ne sais quel est ce Ruffé, au nom duquel
on ajoute celui de Bourgogne, pour la distinguer sans
doute de Philippe de Volvyre, baron de Ruffec, gouverneur
d'Angoulême.]
[Note 109: Il joua, comme on sait, un rôle assez important
dans plusieurs des affaires de ce temps, et fut tué à Ivry.]
[Note 110: Ce n'est point Michel de Castelnau de La
Mauvissière, dont il sera parlé tout à l'heure, mais
sans doute l'un de ses frères, qui, comme lui, servoient
vaillamment le parti du roi contre celui des huguenots. (V.
les _Mémoires_ de Castelnau, liv. VI, chap. 4.)]
[Note 111: Robert de Combault, sieur d'Arcis-sur-Aube, qui
fut plus tard premier valet de chambre du roi et l'un des
favoris. (V. L'Estoile, édit. Champollion, t. I, p. 95, et
les _Mémoires_ de Marguerite, édit. elzev., t. I, p. 141.)]
[Note 112: Balthazar de Ruffy, gentilhomme de province,
époux de la belle Catherine de Meinier d'Oppède.]
[Note 113: Annibal, comte de Coconas, gentilhomme du
Piémont, dont les amours avec la duchesse de Nevers, les
intrigues avec La Mole pour faire du duc d'Alençon le chef
du parti huguenot, et enfin le supplice, sont choses assez
connues.]
[Note 114: Beauvais-Nangis, qui, après avoir été longtemps
en faveur, fut disgracié à la suite d'une affaire dont on
trouvera le récit dans L'Estoile, sous la date du 1er juin
1581. Sa capitainerie des gardes fut donnée à Crillon.]
[Note 115: Philippe de La Fin, sieur de Beauvais La
Nocle, qui, plus tard, défendit si vaillamment Brouage.
Il étoit de la maison du duc d'Alençon, et fut compromis
dans la conspiration de La Mole et Coconas. (V. _Archives
curieuses_, 1re série, t. VIII, p. 133, 134, 152, 155, 174,
etc.)]
[Note 116: C'est le fameux Louis de Balbe de Berton de
Crillon, le brave des braves.]
[Note 117: Sans doute Rouvroy, lieutenant de L'Archant, qui
prit part, comme lui, à l'assassinat du duc de Guise.]
[Note 118: D'Entragues de Dunes, frère de Clermont
d'Entragues, nommé tout à l'heure, et qui, lorsque celui-ci
eut été tué, prit sa place près d'Henri IV.]
[Note 119: Je ne connois de ce nom, comme ayant été attaché
à Henri III, que le petit La Roche. Ne seroit-ce pas lui?
(V. _Baron de Fæneste_, édit. elzev., p. 340.)]
[Note 120: Jean de Beaufort, marquis de Canillac, qui fut
plus tard l'un des amants de la reine Marguerite. (V. _Le
Divorce satyrique, la Ruelle mal assortie_, édit. Lalanne,
p. 15, et les Mémoires de Marguerite, p. 205.)]
[Note 121: Joachim de Châteauvieux, qui fut premier
capitaine des gardes de Henri III. Il est assez maltraité
dans la _Confession de Sancy_, chap. 2, et dans le _Baron
de Fæneste_, liv. IV, chap. 19.]
[Note 122: Jean Choisnin, dans ses _Mémoires_ (_coll.
Michaud_, 1re série, t. XI, p. 381), parle de lui sous la
date de 1571, comme d'un jeune gentilhomme de qui chacun
rendoit bon témoignage, et sur lequel Catherine avoit
d'abord jeté les yeux pour aller en Pologne négocier la
royauté du duc d'Anjou. On voit qu'il étoit de sa destinée
d'aller dans ce pays. D'Aubigné parle aussi de lui
(_Mémoires_, édit. Lalanne, p. 19).]
[Note 123: Charles du Plessis-Liancourt, qui fut plus tard
premier écuyer. Je ne sais s'il accompagna le duc d'Anjou
en Pologne; mais le marquis de Lenoncourt étoit du voyage.
Peut-être est-ce son nom qu'il faut lire ici (_Mém._ de
Hatton, t. 2, p. 738).]
[Note 124: Claude, baron de Dampierre, prit part, parmi
ceux qui tenoient pour le roi, à la journée des Barricades.
Il commandoit au marché des Innocents. Lors du sacre de
Henri IV, il étoit le premier maréchal de camp.]
[Note 125: Jacques de Harlay, seigneur de Chanvallon, grand
écuyer du duc d'Alençon, et, pendant la Ligue, grand maître
de l'artillerie. Il est le douzième sur la liste des amants
connus de la reine Marguerite. Il eut d'elle un fils qui
fut capucin sous le nom de P. Archange. M. Guessard, dans
son édition des _Mémoires_ de Marguerite, a publié dix-sept
lettres de cette princesse à Chanvallon et deux lettres de
celui-ci. Leur fils fut d'abord élevé sous le nom de Louis
de Vaux, comme fils d'un sieur de Vaux, parfumeur, que nous
avons trouvé (V. t. IV, p. 136, 159) parmi les plus riches
propriétaires des terrains du Pré-aux-Clercs, en 1613. Sa
complaisance pour les amours de la reine Margot n'avoit pas
dû nuire à sa fortune.]
[Note 126: C'est de La Garnache qu'il faut lire, je crois.
Ce seigneur seroit alors de la maison de Rohan, et l'un des
parents de la belle Françoise de Rohan de La Garnache, à
qui M. de Nemours fit une promesse de mariage dont on sait
l'histoire.]
[Note 127: Jacques de Levis, comte de Quélus, l'un des plus
fameux des mignons de Henri III. On sait qu'il fut tué dans
le duel du marché aux chevaux, en 1578.]
[Note 128: Prêtre italien, que nous retrouvons, avec sa
béate figure et ses roulements d'yeux, au chap. 7 de la
_Confession de Sancy_. Il fut employé dans les négociations
avec les huguenots. (Legrain, _Décade de Henri-le-Grand_,
p. 226.)]
[Note 129: François d'Epinai Saint-Luc, autre mignon de
Henri III. Il étoit grand maître de l'artillerie en 1596,
et fut tué l'année suivante, au siége d'Amiens.]
[Note 130: Ne seroit-ce pas Joachim de Rochefort, seigneur
de Neuvant, qui se distingua plus tard dans le Dauphiné?]
[Note 131: Joachim d'Inteville, que les _relations_ de la
journée des Barricades, où il eut un commandement pour le
roi et courut de grands dangers, appellent toujours le
sieur de Tinte-ville. (V. _Arch. curieuses_, 1re série, t.
XI, p. 355, 372, 379.)]
[Note 132: «C'estoit, dit Lenglet-Dufresnoy, un Italien
entièrement dévoué aux plaisirs de Henri III, et qui
se trouvoit réglément au coucher de ce prince, dès les
premières années de son règne.» Il est parlé de lui dans
les _Mémoires_ de Marguerite, p. 45, 48, 50, et l'on peut
voir dans la _Confession de Sancy_ (chap. 7), où il est
appelé Carmille, quel genre de honteux services il rendoit
au roi.]
_Secretaires et interprètes._
Note que monsieur de la Mauvissière vient jusques à Mayance[133].