Il établit aussi un tableau du change des monnaies depuis l'Angleterre

jusqu'en Grèce et en Syrie, et un programme de l'emploi du temps, comme

aujourd'hui très parcimonieusement ménagé: il ne compte en effet que

treize jours pour tout voir et repartir. Enfin il donne une liste

complète des villes à traverser, avec la distance de l'une à l'autre, une

carte de la Terre Sainte avec l'indication de tous les endroits

remarquables[277] et un catalogue considérable des indulgences à gagner.

[276] P. 19.

[277] On peut voir actuellement cette carte exposée dans les

vitrines de la Bodléienne à Oxford.

Wey prévoit tous les désagréments auxquels le mauvais vouloir du patron

de la galère peut vous soumettre; il recommande de retenir une place à la

partie la plus élevée du bateau: dans le bas on étouffe et l'odeur est

insupportable[278]; il ne faut pas payer plus de quarante ducats, de

Venise à Jaffa, nourriture comprise; il faut que le patron s'engage à

faire relâche dans certains ports pour prendre des vivres frais. Il est

tenu de vous donner de la viande chaude à dîner et à souper, du bon vin,

de l'eau pure et du biscuit; mais on fera bien, en outre, d'emporter des

provisions pour son usage particulier, car même «à la table du patron» on

a grand'chance d'avoir du pain et du vin gâtés[279]. Il faut avoir aussi

des remèdes, des «laxatyuys», des «restoratyuys», du safran, du poivre,

des épices. Quand on arrive à un port, il est bon de sauter à terre des

premiers pour être servi avant les autres et n'avoir pas les restes; ce

conseil d'égoïsme pratique revient souvent. A terre on devra prendre

garde aux fruits, «car ils ne sont pas faits pour votre tempérament et

ils donnent un flux de sang, et si un Anglais a cette maladie, c'est

merveille qu'il en échappe et n'en meure pas.» Une fois en Palestine, il

faut faire attention aux voleurs; si on n'y pense pas, les Sarrasins

viennent vous parler familièrement et, à la faveur de la conversation,

vous dérobent «vos couteaux et autres menus objets que vous avez sur

vous[280]». A Jaffa, il ne faut pas oublier de courir avant tout le

monde pour avoir le meilleur âne, «parce qu'on ne paye pas plus pour le

meilleur que pour le pire». La caravane se met en marche et alors il est

prudent de ne pas trop s'écarter de ses compagnons, crainte des

malfaiteurs.

[278] «For in the lawyst [stage] vnder hyt is ryght smolderyng

hote and stynkynge» (_A good preuysyoun_, au début du livre.)

[279] «For thow ye schal be at the tabyl wyth yowre patrone,

notwythstondynge ye schal oft tyme haue nede to yowre vytelys,

bred, chese, eggys, frute, and bakyn (bacon), wyne and other, to

make yowre collasyvn: for svm tyme ye schal haue febyl bred, wyne

and stynkyng water, meny tymes ye schal be ful fayne to ete of

yowre owne.» (_A good preuysyoun._)

Il sera même prudent d'emporter une cage avec des poulets dedans:

«Also by yow a cage for half a dosen of hennys or chekyn to have

with yow in the galey.» Il ne faut pas oublier un demi-boisseau de

graines pour les nourrir.

[280] «Also take goyd hede of yowre knyves and other smal thynges

that ye ber apon yow, for the sarsenes wyl go talkyng wyth yow

and make goyd chere, but the wyl stele fro yow that ye haue and

they may.»

Malgré ce dernier conseil, ce qui résulte le plus clairement du livre est

l'esprit de tolérance dont le Sarrasin faisait preuve; il n'interdisait

pas l'entrée de la Palestine à tous ces pèlerins qui venaient souvent en

espions et en ennemis, et il laissait les troupes agir à leur guise; on

voit que les compagnons de William Wey vont en somme où ils veulent,

reviennent quand il leur convient et se tracent par avance des plans

d'excursions comme on pourrait faire aujourd'hui. Ils trouvent des

marchands européens établis et faisant un grand commerce dans les ports

des infidèles; ils n'ont à craindre sérieusement que les guerres locales

et les mauvaises rencontres en mer. On les voit apprendre avec beaucoup

d'inquiétude, au retour, qu'une flotte turque est prête à quitter

Constantinople, mais ils ne la rencontrent pas, heureusement.

William Wey fit deux fois ce grand voyage et revint en Angleterre, où il

légua à une chapelle construite sur le modèle de l'église du

Saint-Sépulcre les souvenirs qu'il avait rapportés, c'est-à-dire une

pierre du calvaire, une autre du sépulcre, une du mont Thabor, une du

lieu où était la croix, et d'autres reliques.

CONCLUSION

Nous avons suivi la race nomade dans bien des endroits, sur la route, à

l'auberge, dans les tavernes, dans les églises; nous l'avons vue exercer

une foule de métiers divers et comprendre des spécimens très différents:

chanteurs, bouffons, charlatans, pèlerins, prêcheurs errants, mendiants,

frères, vagabonds de plusieurs sortes, ouvriers détachés de la glèbe,

pardonneurs, chevaliers amis des voyages lointains. Nous les avons

accompagnés çà et là sur les grands chemins d'Angleterre et nous les

avons suivis même jusqu'à Rome et en Terre Sainte: c'est là que nous les

laisserons. A la classe errante appartiennent encore les représentants de

beaucoup de professions, tels que les scribes, les colporteurs, les

montreurs d'animaux, comme ceux dans la ménagerie desquels entra un jour

Villard de Honnecourt pour y dessiner «al vif» un lion. Les seuls

vraiment importants sont ceux qui viennent d'être étudiés.

Le courant de vie que représente l'existence de tous ces nomades est

puissant; nous avons vu quel grand rôle, peu apparent, ils avaient joué

dans l'État. L'ouvrier brise les liens qui depuis des siècles

l'attachaient au manoir et veut désormais être maître de sa personne et

de ses services, se louer à la journée si bon lui semble et pour un prix

qui corresponde au besoin qu'on a de lui. C'est une réforme nécessaire

qu'il demande et qui se fait peu à peu, malgré les lois, loin des

regards. Il n'en est pas de plus importante, et c'est sur les routes

qu'il convient de l'étudier plutôt qu'au château. Il faut en chercher

l'origine dans ces taillis où les bandes armées se réunissent pendant les

offices et sur ces chemins écartés où le faux pèlerin jette le bâton à

devise pour reprendre ses outils et quêter du travail loin de son ancien

maître. Ces gens-là prêchent d'exemple l'émancipation que les clercs

errants expliquent dans leurs discours, faisant d'elle un besoin immédiat

et populaire.

C'est en partie sur la grand'route, en partie par l'influence des nomades

que marchent à leur solution les grandes questions du siècle, la question

sociale et la question religieuse. Les frères quêteurs vont de porte en

porte, les pardonneurs s'enrichissent, les pèlerins vivent d'aumônes et

du récit de leurs aventures, toujours en route et toujours à l'œuvre.

Quelle est cette œuvre? A force de s'adresser à la foule, ils finiront

par se faire connaître d'elle, par se faire juger, par la désabuser

eux-mêmes, et les réformes deviendront inévitables. Ainsi, de ce côté

encore, tombera la rouille du moyen âge, et un pas de plus sera fait

vers la civilisation moderne.

Enfin, chacun de ces types si bizarres, pris à part, a l'utilité de

montrer, bien apparent en sa propre personne, un côté caractéristique des

goûts, de la croyance et des aspirations du temps. Chacune de leurs

classes correspond à un besoin, à un travers ou à un vice national; par

eux on peut examiner comme pièce à pièce les âmes du peuple et les

reconstituer tout entières, comme on peut deviner à la flore d'un pays la

nature du sol.

L'impression générale est que le peuple d'Angleterre subit une de ces

transformations considérables qui se présentent au regard de l'historien

comme le tournant d'un grand chemin. Au sortir des gorges et des

montagnes, la route change subitement de direction, et c'est la plaine

riche, ensoleillée, fertile, qu'on aperçoit dans le lointain. Nous n'y

sommes pas arrivés, bien des peines nous sont encore réservées; elle

disparaîtra de nouveau à nos yeux par moments; mais nous l'avons

entrevue, et le résultat de nos efforts, c'est que nous savons du moins

dans quelle direction il faut marcher pour l'atteindre. Pendant l'âge qui

s'ouvre, le paysan émancipé va s'enrichir malgré les guerres que se

feront les seigneurs; et les communes auront entre les mains un

instrument de contrôle sur le pouvoir royal, dont elles pourront plus ou

moins bien se servir selon les temps, mais qui est le meilleur inventé

jusqu'à nos jours: le parlement qui siège à Westminster à l'heure

présente est dans ses parties essentielles identique au parlement qui

préparait les statuts du royaume sous les derniers princes Plantagenet.

Au quatorzième siècle, quoi qu'en aient dit quelques penseurs, trop

touchés de la gloire de Simon de Montfort et de saint Louis, l'homme

n'est donc pas revenu en arrière. Il n'en faut pas d'autre preuve que la

foule de ces idées vraiment modernes qui se répandent dans l'ensemble de

la société: parmi la haute classe, sous l'influence d'une éducation plus

grande et d'une civilisation plus avancée; parmi la classe inférieure,

par l'effet d'une longue expérience des abus communs; idées vulgarisées

et rendues pratiques par les nomades: ouvriers ignorants, clercs

convaincus. Tous ces écarts de la raison, toutes ces démences de l'esprit

religieux, ces révoltes incessantes et ces folies qu'on a pu remarquer

détourneront les intelligences de pensées et de sentiments faux et

dangereux qui avaient besoin d'être poussés à l'extrême pour devenir

insupportables et se faire rejeter[281].

[281] M. Stubbs, à qui on doit le meilleur livre qui existe sur

l'histoire constitutionnelle d'Angleterre (_The constitutional

history of England_, 1880, 3 vol. 8º), a beaucoup trop de mépris

pour le quatorzième siècle, auquel il oppose sans cesse le

treizième:

«We pass from the age of heroism to the age of chivalry, from an

age ennobled by devotion and self sacrifice to one in which the

gloss of superficial refinement fails to hide the reality of

heartless selfishness and moral degradation, an age of luxury and

cruelty,» etc. (t. II, p. 679.) De pareilles vues, que beaucoup

ont adoptées à la suite de l'éminent historien, ne sauraient être

admises. Il faut du moins les considérer comme s'appliquant

seulement à une partie de la haute classe de la société.

Sur quantité de points semblables, qu'il soit partisan ou objet des

réformes, comme ouvrier ou comme pardonneur, qu'il en soit ou non

l'instrument inconscient, le nomade aura toujours beaucoup à apprendre à

qui voudra l'interroger; il dira peut-être le secret de transformations

presque incompréhensibles qui semblaient nécessiter un bouleversement

total, comme celui qu'on a vu en France à la fin du dernier siècle, un

nouveau ou plutôt un premier _contrat social_. L'Angleterre, pour bien

des raisons, n'en a pas eu besoin: une de ces raisons est l'influence des

errants qui unirent tout le peuple et lui permirent d'arracher, grâce à

cette union qui le rendait fort, les concessions nécessaires en temps

utile. Et comme cependant les changements les plus calmes ne vont pas

sans un peu de trouble, comme chez nos voisins aussi il y eut, au cours

des siècles, plus d'une mêlée sanglante, le nomade finira peut-être en

répétant à son interlocuteur un proverbe vulgaire d'une sagesse certaine,

mais non banale, qui devrait empêcher bien des désespérances: «Le bois

tortu fait le feu droit.»

APPENDICE

(1) PATENTES DE 1201 CONFIANT A UN FRANÇAIS LE SOIN DE TERMINER LE PONT

DE LONDRES (_supra_, p. 19).--«Literæ patentes, etc., de edificatione et

sustentatione pontis London, Aº 3º Johannis.

«Johannes, Dei gratia rex Angliæ etc., dilectis et fidelibus suis majori

et civibus London' salutem. Attendentes qualiter circa pontem Xanton' et

pontem de Rupella Deus sit operatus per sollicitudinem fidelis clerici

nostri Isenberti, magistri scolarum Xanton', viri utique literati et

honesti, ipsum de consilio venerabilis patris in Christo H. Archiepiscopi

Cantuar' et aliorum, rogavimus et monuimus et etiam coegimus ut pro

vestra et multorum utilitate, de ponte vestro faciendo, curam habeat

diligentem. Confidimus enim in Domino, quod idem pons tam necessarius

vobis et omnibus transeuntibus, ut scitis, per ejusdem industriam,

faciente Domino, poterit in proximo consummari. Et ideo volumus et

concedimus quod salvo jure nostro et conservata indempnitate civitatis

London', census edificiorum quæ super pontem prædictum idem magister

scolarum faciet fieri sint imperpetuum ad eundem pontem reficiendum et

operiendum et sustentandum. Quia igitur idem pons tam necessarius sine

vestro et aliorum auxilio perfici non poterit, mandamus vobis,

exhortantes quatinus memoratum Isenbertum et suos pro vestra utilitate

pariter et honore sicut decreverit benigne recipiatis et honoretis in

hiis quæ dicta sunt, consilium et auxilium vestrum eidem unanimiter

impendentes. Quidquid enim boni et honoris eidem Isenberto feceritis,

nobis factum reputare debetis. Si quis vero eidem Isenberto vel suis in

aliquo foris faciat, quod non credimus, vos illud eisdem faciatis, quam

citius ad vos pertinet, emendari. Teste me ipso, apud Molmell, XVIII die

Aprilis.»

Hearne, _Liber niger scaccarii_, Londres, 1771, 2 vol. 8º, t. II, p.

470.

(2) OPINION DE LYLY SUR LE PONT DE LONDRES (p. 21).--«Among all the

straunge and beautifull showes, mee thinketh there is none so notable as

the bridge which crosseth the Theames, which is in manner of a continuall

streete, well replenyshed with large and stately houses on both sides,

and situate vpon twentie arches, where-of each one is made of excellent

free stone squared, euerye one of them being three score foote in height,

and full twentie in distaunce one from an other.»

_Euphues and his England_, editio princeps, 1580, collated with early

subsequent editions (réimpression d'Arber, Londres, 1869, 4º, p. 434).

Voir encore le grand dessin colorié se rapportant à l'année 1600 environ,

reproduit en fac-similé par M. Furnivall dans la troisième partie de son

édition de la description de l'Angleterre par Harrison, et les notes de

M. Wheatley _on Norden's map of London_ 1593, insérées dans cette même

édition, t. I, p. XCIX, New Shakspere Society, 1877.

(3) PÉTITION RELATIVE À UN VIEUX PONT DE BOIS DONT LES ARCHES ÉTAIENT

TROP BASSES ET TROP ÉTROITES POUR LAISSER PASSER LES BATEAUX

(p. 22).--«Unto the ryght wise and discrete comons of this present

parlement; Besecheth mekely the comons off the countees of York, Lincoln,

Notyngham and Derby; That where as ther is, and of longe tyme hath been,

an usuall and a commune passage fro dyvers and many parties of the seid

countees unto the citees of York, Hull, Hedon, Holdernes, Beverley,

Barton and Grymesby, and so forth by the hie see, by the costes, unto

London and elles where, with all maner of shippes charged with wolle,

leed, stone, timbre, vitaille, fewaille, and many other marchandises, by

a streme called the Dike, in the counte of York that daiely ebbith and

floweth; over which streem ys made a brigge of tymbre called Turnbrigg,

in the parisshe of Snayth in the same counte, so lowe, so ner the streem,

so narrowe and so strayte in the archees, that ther is, and of long tyme

hath been a right perilous passage, and ofte tymes perishinge of dyvers

shippes; and at every tyme of creteyne and abundaunce of water, ther may

no shippees under the seid brigge, by the space of half a yere or more,

and also a grete partie of the countees to the seid ryver ajonyng, is

yerely by the space of XXth myles and more surrownded, by cause of the

lowenes and straitenes of the said brigge, to the grete hurt and damage

as well to the kyng in his customes and subsidys, that shuld growe to him

of the seid marchaundises, chargeable with suche diverse, as to the seid

shires, countres, cites and burghes and the inhabitants of theim....

«Please hit unto your right wise discretions, consideryng the premisses

to pray and beseche the kyng our soverayn lord to graunte.... that hit

shall be lefulle to what sum ever person or persons of the seid shires,

that will atte theire owne costages take away the seid brigge, and ther

with and profites therof, and in othir wise, newe edifie and bilde

anothir brigge there, lengere in lengthe by the quantite of v yerdes

called the kynges standard, and in hieght a yerd and a half by the same

yerd hiegher then the seid brigge that stondes ther nowe, aswell for

passage of all maner shippes comyng therto, and voindaunce of water under

the seid brigg as for passage of man, best and cariage, over the seid

newe brigge so to be made, with a draght lefe contenyng the space of IIII

fete called Paules fete in brede, for the voidyng thorugh of the mastes

of the schippes passinge under the seid new brigg; and that every shipmen

that wol passe under the seid brigge with their shippes, may laufully

lifte up and close the seid lef att their pleser; and that the mayster

of every shippe paie for every liftyng of the seid lef 1d to the lord of

the soille for the tyme beyng.... For the lofe of Godd and in waye of

charite.»

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

«_Responsio._ Le Roy de l'advys et assent de lez seignurs espirituelx et

temporalx et les communes esteantz en cest present parlement, ad graunté

tout le contenue en icell petition en toutz pointz.»

_Rotuli parliamentorum_, t. V, p. 43, 20 Henri VI, année 1442.

(4) PÉTITION CONCERNANT LES OFFRANDES FAITES À LA CHAPELLE D'UN PONT

(p. 25).--«A nostre seigneur le roi et à soun conseyl, monstre

lour povre chapeleyn Robert le Fenere, parsone de l'esglise de Seint

Clément de Huntendon de l'évesché de Nichole (Lincoln) q'il i a une

petite chapele de novel édefié en sa paroche suz le pount de Huntendon,

de quele chapele nostre seigneur le roi ad granté et bayllé la garde tan

ke ly plest à un sir Adam, gardeyn de la meson Seint Johan de Huntendon,

qy prente et enporte totes manere offrendres et aumoignes, et rien ne met

en amendement del pont ne de la chapele avant dite, come il est tenu.

D'autre parte, il semble prejudiciall à Dieu et Seynt Église qe offrendre

soit approprié à nuly sinon à la parsone deynz qy paroche la chapele est

fundu. Par quey le dite Robert prie, pur Dieu et Seint Église et pur les

almes le père à nostre seigneur le roy et ces auncestres, k'yl puisse

aver la garde de la dite chapele annexe à son église, ensemblement ove la

charge de pount, et yl mettra de soen ove tote sa payne de bien

meyntener les, à meylour volunté qe nul estraunge, à profit et honour de

Seinte Église, pur Dieu plere et totez gentz illoks passauntz.

«_Resp._ Non est peticio parliamenti.»

_Rotuli parliamentorum_, t. II, p. 88, année 1334.

(5) LE PONT DE LONDRES ET SON ENTRETIEN (p. 28).--Voir dans le _Liber

niger scaccarii_, édition Hearne, Londres, 1771, 2 vol. 8º, t. I, p.

470* et s., une série de curieuses patentes se rapportant au pont de

Londres: p. 471, patente de Jean consacrant à l'entretien du pont l'impôt

que payent les marchands étrangers établis à Londres;--patente d'Henri

III adressée «aux frères et chapelains de la chapelle de Saint-Thomas sur

le pont de Londres et aux autres personnes _habitant sur le même pont_»,

pour leur faire connaître que le couvent de l'hôpital Sainte-Catherine

près la Tour percevra les revenus et se chargera des réparations du

pont;--p. 472, concession des mêmes charges et revenus à la

reine;--patente d'Édouard Ier (janvier 1281) prescrivant une quête

générale par tout le royaume pour parer au mauvais état de

l'édifice;--patente du même roi (4 février 1282) ordonnant la perception

d'une taxe extraordinaire à cause de la catastrophe qui est survenue:

«Rex majori suo London' salutem. Propter subitam ruinam pontis London'

vobis mandamus quod associatis vobis duobus vel tribus de discretioribus

et legalioribus civibus civitatis prædictæ, capiatis usque ad

parliamentum nostrum post Pasch' prox' futur', in subsidium reparationis

pontis predicti, consuetudinem subscriptam, videlicet, de quolibet homine

transeunte aquam Thamisiæ ex transverso ex utraque parte pontis London'

occasione defectus reparationis pontis predicti unum quadrantem, de

quolibet equo sic transeunte ibidem unum denarium, de quolibet summagio

sic ibidem transeunte unum obolum. Set volumus quod aliquid ibidem hac

occasione interim capiatur nisi in subsidium reparationis pontis supra

dicti. In cujus, etc. Teste rege apud Cirencestr', iiijº die Februarij.»

La même année le roi prolonge pour trois ans le terme pendant lequel

cette taxe exceptionnelle sera levée. Enfin, la trente-quatrième année de

son règne, Édouard Ier établit un tarif très détaillé des droits que

payeront à l'avenir toutes les marchandises, les voyageurs, les bestiaux,

etc., passant sur ou sous le pont (p. 478). Quant à la «ruine subite» qui

avait été la cause de l'établissement de toutes ces taxes, Stow la

raconte ainsi:

«King Edward kept his feast of christmas (1281) at Worcester. From this

christmas till the purification of Our Lady, there was such a frost and

snow, as no man liuing could remember the like, wherethrough, fiue arches

of London bridge, and all Rochester bridge were borne downe, and carried

away with the streame, and the like hapned to many bridges in England.»

_Annales or a generall chronicle of England_, Londres, 1631, fol., p.

201.

(6) ENQUÊTES RELATIVES A L'ENTRETIEN DES PONTS (p. 31).--On trouve en

grand nombre des exemples de ces enquêtes dans le recueil publié par la

«Record commission», _Placitorum in domo capitulari Westmonasteriensi

asservatorum abbreviatio_ (Londres, 1811 fol.):

Cas d'un abbé obligé explicitement, en raison des conditions de sa

tenure, de réparer un pont, p. 205 (11-12 Éd. I).

Convention entre deux abbés pour la construction de plusieurs ponts, p.

205 (12 Éd. I).

Discussion relative à la construction d'un pont à Chester, p. 207(13 Éd.

I).

Refus par l'abbé de Coggeshale de réparer un pont: «Per juratores, Abbas

de Coggeshale non tenetur reparare pontem de Stratford inter Branketre et

Coggeshale, eo quod de tempore memorie, non fuit ibidem alius pons quam

quedam planchea de borde super quam omnes transeuntes salvo et secure

transire potuerunt,» p. 303 (1 Éd. II).

«Distringantur villate de Aswardeby et Skredington ad reparandum pontes

in pupplica strata inter Lafford et ecclesiam de Stowe, juxta

inquisicionem inde captam anno LVI Henrici iij coram Gilberto de Preston

et sociis suis in comitatu Lincolniensi itinerantibus, per breve ejusdem

regis,» p. 305 (2 Éd. II).

Détermination de la personne qui doit réparer le pont de Chesford, p. 314

(6 Éd. II).

Refus de l'abbé «de Fontibus» de réparer le pont de Bradeley, p. 318 (7

Éd. II).

Affaire de Hamo de Morston, p. 328 (11 Éd. II).

Réparation des ponts de Exhorne, Hedecrone et Hekinby dans le comté de

Kent, p. 339 (15 Éd. II).

Enquête sur le pont de Claypole. Il est reconnu que les habitants de

Claypole sont tenus de le réparer: «Ideo preceptum est vicecomiti

Lincolniensi quod distringat homines predicte ville de Claypole ad

reparandum et sustentandum pontem predictum in forma predicta,» p. 350(18

Éd. II), etc.

(7) L'ENTRETIEN DES ROUTES (p. 31).--Pour les routes comme pour les

ponts, on trouve assez fréquemment des requêtes de particuliers qui

demandent à percevoir une taxe sur les passants, à charge de réparer le

chemin. Ex.: «Walter Godelak de Walinford pet' aliquam consuetudinem dari

de qualibet carecta de marcandisis transeun' per viam inter Jowemersh et

Newenham, propter profunditatem et emendationem ejusdem vie.»

«_Resp._ Rex nil inde faciet.»

_Rotuli parliamentorum_, t. I, p. 18 (18 Éd. I).

Une dame s'arroge le droit de lever une taxe sur les passants: «A nostre

seigneur le roi.... montre la communalté des gentz du countée de

Notyngham passauntz entre Kelm et Newur, qe par la où le haut chimyn

ledit nostre seignur le roi soleit estre entre lesdites deuz villes, à

touz gentz fraunchement à passer, à chival, à charettes, et à pée, de

temps dont il n'ad memore, la dame de Egrum ad accroché à lui ledit

chimyn en severalté, pernauntz des gentz illoeqes passauntz grevous

raunçouns et exacciouns; en desheritaunce du roy et de sa corone et à

graunt damage du poeple.»

Le roi ordonne une enquête (18 Éd. II). _Rotuli_, t. I, p. 424.

La vie nomade et les routes d'Angleterre au 14e siècle · 第 15 / 19 段