jusqu'en Grèce et en Syrie, et un programme de l'emploi du temps, comme
aujourd'hui très parcimonieusement ménagé: il ne compte en effet que
treize jours pour tout voir et repartir. Enfin il donne une liste
complète des villes à traverser, avec la distance de l'une à l'autre, une
carte de la Terre Sainte avec l'indication de tous les endroits
remarquables[277] et un catalogue considérable des indulgences à gagner.
[276] P. 19.
[277] On peut voir actuellement cette carte exposée dans les
vitrines de la Bodléienne à Oxford.
Wey prévoit tous les désagréments auxquels le mauvais vouloir du patron
de la galère peut vous soumettre; il recommande de retenir une place à la
partie la plus élevée du bateau: dans le bas on étouffe et l'odeur est
insupportable[278]; il ne faut pas payer plus de quarante ducats, de
Venise à Jaffa, nourriture comprise; il faut que le patron s'engage à
faire relâche dans certains ports pour prendre des vivres frais. Il est
tenu de vous donner de la viande chaude à dîner et à souper, du bon vin,
de l'eau pure et du biscuit; mais on fera bien, en outre, d'emporter des
provisions pour son usage particulier, car même «à la table du patron» on
a grand'chance d'avoir du pain et du vin gâtés[279]. Il faut avoir aussi
des remèdes, des «laxatyuys», des «restoratyuys», du safran, du poivre,
des épices. Quand on arrive à un port, il est bon de sauter à terre des
premiers pour être servi avant les autres et n'avoir pas les restes; ce
conseil d'égoïsme pratique revient souvent. A terre on devra prendre
garde aux fruits, «car ils ne sont pas faits pour votre tempérament et
ils donnent un flux de sang, et si un Anglais a cette maladie, c'est
merveille qu'il en échappe et n'en meure pas.» Une fois en Palestine, il
faut faire attention aux voleurs; si on n'y pense pas, les Sarrasins
viennent vous parler familièrement et, à la faveur de la conversation,
vous dérobent «vos couteaux et autres menus objets que vous avez sur
vous[280]». A Jaffa, il ne faut pas oublier de courir avant tout le
monde pour avoir le meilleur âne, «parce qu'on ne paye pas plus pour le
meilleur que pour le pire». La caravane se met en marche et alors il est
prudent de ne pas trop s'écarter de ses compagnons, crainte des
malfaiteurs.
[278] «For in the lawyst [stage] vnder hyt is ryght smolderyng
hote and stynkynge» (_A good preuysyoun_, au début du livre.)
[279] «For thow ye schal be at the tabyl wyth yowre patrone,
notwythstondynge ye schal oft tyme haue nede to yowre vytelys,
bred, chese, eggys, frute, and bakyn (bacon), wyne and other, to
make yowre collasyvn: for svm tyme ye schal haue febyl bred, wyne
and stynkyng water, meny tymes ye schal be ful fayne to ete of
yowre owne.» (_A good preuysyoun._)
Il sera même prudent d'emporter une cage avec des poulets dedans:
«Also by yow a cage for half a dosen of hennys or chekyn to have
with yow in the galey.» Il ne faut pas oublier un demi-boisseau de
graines pour les nourrir.
[280] «Also take goyd hede of yowre knyves and other smal thynges
that ye ber apon yow, for the sarsenes wyl go talkyng wyth yow
and make goyd chere, but the wyl stele fro yow that ye haue and
they may.»
Malgré ce dernier conseil, ce qui résulte le plus clairement du livre est
l'esprit de tolérance dont le Sarrasin faisait preuve; il n'interdisait
pas l'entrée de la Palestine à tous ces pèlerins qui venaient souvent en
espions et en ennemis, et il laissait les troupes agir à leur guise; on
voit que les compagnons de William Wey vont en somme où ils veulent,
reviennent quand il leur convient et se tracent par avance des plans
d'excursions comme on pourrait faire aujourd'hui. Ils trouvent des
marchands européens établis et faisant un grand commerce dans les ports
des infidèles; ils n'ont à craindre sérieusement que les guerres locales
et les mauvaises rencontres en mer. On les voit apprendre avec beaucoup
d'inquiétude, au retour, qu'une flotte turque est prête à quitter
Constantinople, mais ils ne la rencontrent pas, heureusement.
William Wey fit deux fois ce grand voyage et revint en Angleterre, où il
légua à une chapelle construite sur le modèle de l'église du
Saint-Sépulcre les souvenirs qu'il avait rapportés, c'est-à-dire une
pierre du calvaire, une autre du sépulcre, une du mont Thabor, une du
lieu où était la croix, et d'autres reliques.
CONCLUSION
Nous avons suivi la race nomade dans bien des endroits, sur la route, à
l'auberge, dans les tavernes, dans les églises; nous l'avons vue exercer
une foule de métiers divers et comprendre des spécimens très différents:
chanteurs, bouffons, charlatans, pèlerins, prêcheurs errants, mendiants,
frères, vagabonds de plusieurs sortes, ouvriers détachés de la glèbe,
pardonneurs, chevaliers amis des voyages lointains. Nous les avons
accompagnés çà et là sur les grands chemins d'Angleterre et nous les
avons suivis même jusqu'à Rome et en Terre Sainte: c'est là que nous les
laisserons. A la classe errante appartiennent encore les représentants de
beaucoup de professions, tels que les scribes, les colporteurs, les
montreurs d'animaux, comme ceux dans la ménagerie desquels entra un jour
Villard de Honnecourt pour y dessiner «al vif» un lion. Les seuls
vraiment importants sont ceux qui viennent d'être étudiés.
Le courant de vie que représente l'existence de tous ces nomades est
puissant; nous avons vu quel grand rôle, peu apparent, ils avaient joué
dans l'État. L'ouvrier brise les liens qui depuis des siècles
l'attachaient au manoir et veut désormais être maître de sa personne et
de ses services, se louer à la journée si bon lui semble et pour un prix
qui corresponde au besoin qu'on a de lui. C'est une réforme nécessaire
qu'il demande et qui se fait peu à peu, malgré les lois, loin des
regards. Il n'en est pas de plus importante, et c'est sur les routes
qu'il convient de l'étudier plutôt qu'au château. Il faut en chercher
l'origine dans ces taillis où les bandes armées se réunissent pendant les
offices et sur ces chemins écartés où le faux pèlerin jette le bâton à
devise pour reprendre ses outils et quêter du travail loin de son ancien
maître. Ces gens-là prêchent d'exemple l'émancipation que les clercs
errants expliquent dans leurs discours, faisant d'elle un besoin immédiat
et populaire.
C'est en partie sur la grand'route, en partie par l'influence des nomades
que marchent à leur solution les grandes questions du siècle, la question
sociale et la question religieuse. Les frères quêteurs vont de porte en
porte, les pardonneurs s'enrichissent, les pèlerins vivent d'aumônes et
du récit de leurs aventures, toujours en route et toujours à l'œuvre.
Quelle est cette œuvre? A force de s'adresser à la foule, ils finiront
par se faire connaître d'elle, par se faire juger, par la désabuser
eux-mêmes, et les réformes deviendront inévitables. Ainsi, de ce côté
encore, tombera la rouille du moyen âge, et un pas de plus sera fait
vers la civilisation moderne.
Enfin, chacun de ces types si bizarres, pris à part, a l'utilité de
montrer, bien apparent en sa propre personne, un côté caractéristique des
goûts, de la croyance et des aspirations du temps. Chacune de leurs
classes correspond à un besoin, à un travers ou à un vice national; par
eux on peut examiner comme pièce à pièce les âmes du peuple et les
reconstituer tout entières, comme on peut deviner à la flore d'un pays la
nature du sol.
L'impression générale est que le peuple d'Angleterre subit une de ces
transformations considérables qui se présentent au regard de l'historien
comme le tournant d'un grand chemin. Au sortir des gorges et des
montagnes, la route change subitement de direction, et c'est la plaine
riche, ensoleillée, fertile, qu'on aperçoit dans le lointain. Nous n'y
sommes pas arrivés, bien des peines nous sont encore réservées; elle
disparaîtra de nouveau à nos yeux par moments; mais nous l'avons
entrevue, et le résultat de nos efforts, c'est que nous savons du moins
dans quelle direction il faut marcher pour l'atteindre. Pendant l'âge qui
s'ouvre, le paysan émancipé va s'enrichir malgré les guerres que se
feront les seigneurs; et les communes auront entre les mains un
instrument de contrôle sur le pouvoir royal, dont elles pourront plus ou
moins bien se servir selon les temps, mais qui est le meilleur inventé
jusqu'à nos jours: le parlement qui siège à Westminster à l'heure
présente est dans ses parties essentielles identique au parlement qui
préparait les statuts du royaume sous les derniers princes Plantagenet.
Au quatorzième siècle, quoi qu'en aient dit quelques penseurs, trop
touchés de la gloire de Simon de Montfort et de saint Louis, l'homme
n'est donc pas revenu en arrière. Il n'en faut pas d'autre preuve que la
foule de ces idées vraiment modernes qui se répandent dans l'ensemble de
la société: parmi la haute classe, sous l'influence d'une éducation plus
grande et d'une civilisation plus avancée; parmi la classe inférieure,
par l'effet d'une longue expérience des abus communs; idées vulgarisées
et rendues pratiques par les nomades: ouvriers ignorants, clercs
convaincus. Tous ces écarts de la raison, toutes ces démences de l'esprit
religieux, ces révoltes incessantes et ces folies qu'on a pu remarquer
détourneront les intelligences de pensées et de sentiments faux et
dangereux qui avaient besoin d'être poussés à l'extrême pour devenir
insupportables et se faire rejeter[281].
[281] M. Stubbs, à qui on doit le meilleur livre qui existe sur
l'histoire constitutionnelle d'Angleterre (_The constitutional
history of England_, 1880, 3 vol. 8º), a beaucoup trop de mépris
pour le quatorzième siècle, auquel il oppose sans cesse le
treizième:
«We pass from the age of heroism to the age of chivalry, from an
age ennobled by devotion and self sacrifice to one in which the
gloss of superficial refinement fails to hide the reality of
heartless selfishness and moral degradation, an age of luxury and
cruelty,» etc. (t. II, p. 679.) De pareilles vues, que beaucoup
ont adoptées à la suite de l'éminent historien, ne sauraient être
admises. Il faut du moins les considérer comme s'appliquant
seulement à une partie de la haute classe de la société.
Sur quantité de points semblables, qu'il soit partisan ou objet des
réformes, comme ouvrier ou comme pardonneur, qu'il en soit ou non
l'instrument inconscient, le nomade aura toujours beaucoup à apprendre à
qui voudra l'interroger; il dira peut-être le secret de transformations
presque incompréhensibles qui semblaient nécessiter un bouleversement
total, comme celui qu'on a vu en France à la fin du dernier siècle, un
nouveau ou plutôt un premier _contrat social_. L'Angleterre, pour bien
des raisons, n'en a pas eu besoin: une de ces raisons est l'influence des
errants qui unirent tout le peuple et lui permirent d'arracher, grâce à
cette union qui le rendait fort, les concessions nécessaires en temps
utile. Et comme cependant les changements les plus calmes ne vont pas
sans un peu de trouble, comme chez nos voisins aussi il y eut, au cours
des siècles, plus d'une mêlée sanglante, le nomade finira peut-être en
répétant à son interlocuteur un proverbe vulgaire d'une sagesse certaine,
mais non banale, qui devrait empêcher bien des désespérances: «Le bois
tortu fait le feu droit.»
APPENDICE
(1) PATENTES DE 1201 CONFIANT A UN FRANÇAIS LE SOIN DE TERMINER LE PONT
DE LONDRES (_supra_, p. 19).--«Literæ patentes, etc., de edificatione et
sustentatione pontis London, Aº 3º Johannis.
«Johannes, Dei gratia rex Angliæ etc., dilectis et fidelibus suis majori
et civibus London' salutem. Attendentes qualiter circa pontem Xanton' et
pontem de Rupella Deus sit operatus per sollicitudinem fidelis clerici
nostri Isenberti, magistri scolarum Xanton', viri utique literati et
honesti, ipsum de consilio venerabilis patris in Christo H. Archiepiscopi
Cantuar' et aliorum, rogavimus et monuimus et etiam coegimus ut pro
vestra et multorum utilitate, de ponte vestro faciendo, curam habeat
diligentem. Confidimus enim in Domino, quod idem pons tam necessarius
vobis et omnibus transeuntibus, ut scitis, per ejusdem industriam,
faciente Domino, poterit in proximo consummari. Et ideo volumus et
concedimus quod salvo jure nostro et conservata indempnitate civitatis
London', census edificiorum quæ super pontem prædictum idem magister
scolarum faciet fieri sint imperpetuum ad eundem pontem reficiendum et
operiendum et sustentandum. Quia igitur idem pons tam necessarius sine
vestro et aliorum auxilio perfici non poterit, mandamus vobis,
exhortantes quatinus memoratum Isenbertum et suos pro vestra utilitate
pariter et honore sicut decreverit benigne recipiatis et honoretis in
hiis quæ dicta sunt, consilium et auxilium vestrum eidem unanimiter
impendentes. Quidquid enim boni et honoris eidem Isenberto feceritis,
nobis factum reputare debetis. Si quis vero eidem Isenberto vel suis in
aliquo foris faciat, quod non credimus, vos illud eisdem faciatis, quam
citius ad vos pertinet, emendari. Teste me ipso, apud Molmell, XVIII die
Aprilis.»
Hearne, _Liber niger scaccarii_, Londres, 1771, 2 vol. 8º, t. II, p.
470.
(2) OPINION DE LYLY SUR LE PONT DE LONDRES (p. 21).--«Among all the
straunge and beautifull showes, mee thinketh there is none so notable as
the bridge which crosseth the Theames, which is in manner of a continuall
streete, well replenyshed with large and stately houses on both sides,
and situate vpon twentie arches, where-of each one is made of excellent
free stone squared, euerye one of them being three score foote in height,
and full twentie in distaunce one from an other.»
_Euphues and his England_, editio princeps, 1580, collated with early
subsequent editions (réimpression d'Arber, Londres, 1869, 4º, p. 434).
Voir encore le grand dessin colorié se rapportant à l'année 1600 environ,
reproduit en fac-similé par M. Furnivall dans la troisième partie de son
édition de la description de l'Angleterre par Harrison, et les notes de
M. Wheatley _on Norden's map of London_ 1593, insérées dans cette même
édition, t. I, p. XCIX, New Shakspere Society, 1877.
(3) PÉTITION RELATIVE À UN VIEUX PONT DE BOIS DONT LES ARCHES ÉTAIENT
TROP BASSES ET TROP ÉTROITES POUR LAISSER PASSER LES BATEAUX
(p. 22).--«Unto the ryght wise and discrete comons of this present
parlement; Besecheth mekely the comons off the countees of York, Lincoln,
Notyngham and Derby; That where as ther is, and of longe tyme hath been,
an usuall and a commune passage fro dyvers and many parties of the seid
countees unto the citees of York, Hull, Hedon, Holdernes, Beverley,
Barton and Grymesby, and so forth by the hie see, by the costes, unto
London and elles where, with all maner of shippes charged with wolle,
leed, stone, timbre, vitaille, fewaille, and many other marchandises, by
a streme called the Dike, in the counte of York that daiely ebbith and
floweth; over which streem ys made a brigge of tymbre called Turnbrigg,
in the parisshe of Snayth in the same counte, so lowe, so ner the streem,
so narrowe and so strayte in the archees, that ther is, and of long tyme
hath been a right perilous passage, and ofte tymes perishinge of dyvers
shippes; and at every tyme of creteyne and abundaunce of water, ther may
no shippees under the seid brigge, by the space of half a yere or more,
and also a grete partie of the countees to the seid ryver ajonyng, is
yerely by the space of XXth myles and more surrownded, by cause of the
lowenes and straitenes of the said brigge, to the grete hurt and damage
as well to the kyng in his customes and subsidys, that shuld growe to him
of the seid marchaundises, chargeable with suche diverse, as to the seid
shires, countres, cites and burghes and the inhabitants of theim....
«Please hit unto your right wise discretions, consideryng the premisses
to pray and beseche the kyng our soverayn lord to graunte.... that hit
shall be lefulle to what sum ever person or persons of the seid shires,
that will atte theire owne costages take away the seid brigge, and ther
with and profites therof, and in othir wise, newe edifie and bilde
anothir brigge there, lengere in lengthe by the quantite of v yerdes
called the kynges standard, and in hieght a yerd and a half by the same
yerd hiegher then the seid brigge that stondes ther nowe, aswell for
passage of all maner shippes comyng therto, and voindaunce of water under
the seid brigg as for passage of man, best and cariage, over the seid
newe brigge so to be made, with a draght lefe contenyng the space of IIII
fete called Paules fete in brede, for the voidyng thorugh of the mastes
of the schippes passinge under the seid new brigg; and that every shipmen
that wol passe under the seid brigge with their shippes, may laufully
lifte up and close the seid lef att their pleser; and that the mayster
of every shippe paie for every liftyng of the seid lef 1d to the lord of
the soille for the tyme beyng.... For the lofe of Godd and in waye of
charite.»
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
«_Responsio._ Le Roy de l'advys et assent de lez seignurs espirituelx et
temporalx et les communes esteantz en cest present parlement, ad graunté
tout le contenue en icell petition en toutz pointz.»
_Rotuli parliamentorum_, t. V, p. 43, 20 Henri VI, année 1442.
(4) PÉTITION CONCERNANT LES OFFRANDES FAITES À LA CHAPELLE D'UN PONT
(p. 25).--«A nostre seigneur le roi et à soun conseyl, monstre
lour povre chapeleyn Robert le Fenere, parsone de l'esglise de Seint
Clément de Huntendon de l'évesché de Nichole (Lincoln) q'il i a une
petite chapele de novel édefié en sa paroche suz le pount de Huntendon,
de quele chapele nostre seigneur le roi ad granté et bayllé la garde tan
ke ly plest à un sir Adam, gardeyn de la meson Seint Johan de Huntendon,
qy prente et enporte totes manere offrendres et aumoignes, et rien ne met
en amendement del pont ne de la chapele avant dite, come il est tenu.
D'autre parte, il semble prejudiciall à Dieu et Seynt Église qe offrendre
soit approprié à nuly sinon à la parsone deynz qy paroche la chapele est
fundu. Par quey le dite Robert prie, pur Dieu et Seint Église et pur les
almes le père à nostre seigneur le roy et ces auncestres, k'yl puisse
aver la garde de la dite chapele annexe à son église, ensemblement ove la
charge de pount, et yl mettra de soen ove tote sa payne de bien
meyntener les, à meylour volunté qe nul estraunge, à profit et honour de
Seinte Église, pur Dieu plere et totez gentz illoks passauntz.
«_Resp._ Non est peticio parliamenti.»
_Rotuli parliamentorum_, t. II, p. 88, année 1334.
(5) LE PONT DE LONDRES ET SON ENTRETIEN (p. 28).--Voir dans le _Liber
niger scaccarii_, édition Hearne, Londres, 1771, 2 vol. 8º, t. I, p.
470* et s., une série de curieuses patentes se rapportant au pont de
Londres: p. 471, patente de Jean consacrant à l'entretien du pont l'impôt
que payent les marchands étrangers établis à Londres;--patente d'Henri
III adressée «aux frères et chapelains de la chapelle de Saint-Thomas sur
le pont de Londres et aux autres personnes _habitant sur le même pont_»,
pour leur faire connaître que le couvent de l'hôpital Sainte-Catherine
près la Tour percevra les revenus et se chargera des réparations du
pont;--p. 472, concession des mêmes charges et revenus à la
reine;--patente d'Édouard Ier (janvier 1281) prescrivant une quête
générale par tout le royaume pour parer au mauvais état de
l'édifice;--patente du même roi (4 février 1282) ordonnant la perception
d'une taxe extraordinaire à cause de la catastrophe qui est survenue:
«Rex majori suo London' salutem. Propter subitam ruinam pontis London'
vobis mandamus quod associatis vobis duobus vel tribus de discretioribus
et legalioribus civibus civitatis prædictæ, capiatis usque ad
parliamentum nostrum post Pasch' prox' futur', in subsidium reparationis
pontis predicti, consuetudinem subscriptam, videlicet, de quolibet homine
transeunte aquam Thamisiæ ex transverso ex utraque parte pontis London'
occasione defectus reparationis pontis predicti unum quadrantem, de
quolibet equo sic transeunte ibidem unum denarium, de quolibet summagio
sic ibidem transeunte unum obolum. Set volumus quod aliquid ibidem hac
occasione interim capiatur nisi in subsidium reparationis pontis supra
dicti. In cujus, etc. Teste rege apud Cirencestr', iiijº die Februarij.»
La même année le roi prolonge pour trois ans le terme pendant lequel
cette taxe exceptionnelle sera levée. Enfin, la trente-quatrième année de
son règne, Édouard Ier établit un tarif très détaillé des droits que
payeront à l'avenir toutes les marchandises, les voyageurs, les bestiaux,
etc., passant sur ou sous le pont (p. 478). Quant à la «ruine subite» qui
avait été la cause de l'établissement de toutes ces taxes, Stow la
raconte ainsi:
«King Edward kept his feast of christmas (1281) at Worcester. From this
christmas till the purification of Our Lady, there was such a frost and
snow, as no man liuing could remember the like, wherethrough, fiue arches
of London bridge, and all Rochester bridge were borne downe, and carried
away with the streame, and the like hapned to many bridges in England.»
_Annales or a generall chronicle of England_, Londres, 1631, fol., p.
201.
(6) ENQUÊTES RELATIVES A L'ENTRETIEN DES PONTS (p. 31).--On trouve en
grand nombre des exemples de ces enquêtes dans le recueil publié par la
«Record commission», _Placitorum in domo capitulari Westmonasteriensi
asservatorum abbreviatio_ (Londres, 1811 fol.):
Cas d'un abbé obligé explicitement, en raison des conditions de sa
tenure, de réparer un pont, p. 205 (11-12 Éd. I).
Convention entre deux abbés pour la construction de plusieurs ponts, p.
205 (12 Éd. I).
Discussion relative à la construction d'un pont à Chester, p. 207(13 Éd.
I).
Refus par l'abbé de Coggeshale de réparer un pont: «Per juratores, Abbas
de Coggeshale non tenetur reparare pontem de Stratford inter Branketre et
Coggeshale, eo quod de tempore memorie, non fuit ibidem alius pons quam
quedam planchea de borde super quam omnes transeuntes salvo et secure
transire potuerunt,» p. 303 (1 Éd. II).
«Distringantur villate de Aswardeby et Skredington ad reparandum pontes
in pupplica strata inter Lafford et ecclesiam de Stowe, juxta
inquisicionem inde captam anno LVI Henrici iij coram Gilberto de Preston
et sociis suis in comitatu Lincolniensi itinerantibus, per breve ejusdem
regis,» p. 305 (2 Éd. II).
Détermination de la personne qui doit réparer le pont de Chesford, p. 314
(6 Éd. II).
Refus de l'abbé «de Fontibus» de réparer le pont de Bradeley, p. 318 (7
Éd. II).
Affaire de Hamo de Morston, p. 328 (11 Éd. II).
Réparation des ponts de Exhorne, Hedecrone et Hekinby dans le comté de
Kent, p. 339 (15 Éd. II).
Enquête sur le pont de Claypole. Il est reconnu que les habitants de
Claypole sont tenus de le réparer: «Ideo preceptum est vicecomiti
Lincolniensi quod distringat homines predicte ville de Claypole ad
reparandum et sustentandum pontem predictum in forma predicta,» p. 350(18
Éd. II), etc.
(7) L'ENTRETIEN DES ROUTES (p. 31).--Pour les routes comme pour les
ponts, on trouve assez fréquemment des requêtes de particuliers qui
demandent à percevoir une taxe sur les passants, à charge de réparer le
chemin. Ex.: «Walter Godelak de Walinford pet' aliquam consuetudinem dari
de qualibet carecta de marcandisis transeun' per viam inter Jowemersh et
Newenham, propter profunditatem et emendationem ejusdem vie.»
«_Resp._ Rex nil inde faciet.»
_Rotuli parliamentorum_, t. I, p. 18 (18 Éd. I).
Une dame s'arroge le droit de lever une taxe sur les passants: «A nostre
seigneur le roi.... montre la communalté des gentz du countée de
Notyngham passauntz entre Kelm et Newur, qe par la où le haut chimyn
ledit nostre seignur le roi soleit estre entre lesdites deuz villes, à
touz gentz fraunchement à passer, à chival, à charettes, et à pée, de
temps dont il n'ad memore, la dame de Egrum ad accroché à lui ledit
chimyn en severalté, pernauntz des gentz illoeqes passauntz grevous
raunçouns et exacciouns; en desheritaunce du roy et de sa corone et à
graunt damage du poeple.»
Le roi ordonne une enquête (18 Éd. II). _Rotuli_, t. I, p. 424.