Quelquefois les shériffs, dans leurs tournées, décidaient la levée de

taxes sur ceux qui ne réparaient pas les routes; la loi, comme on a vu,

le leur permettait; mais les gens mis à l'amende protestaient devant le

parlement sous prétexte que les chemins et les ponts étaient _assez

suffisants_: «Item supliont humblement les communes de vostre roiaume, si

bien espirituelx come temporelx et soy compleynont qe plusours visconts

de vostre dit roialme feynont et procuront présentements en lour turnes

qe diverses chimyns, pontes et caucés sont defectives pur non-reparation,

au purpos et entent d'amercier abbés, priours et séculers, aucun foitz à

dys liveres, aucun foitz à pluis, aucun foitz au meyns; et les ditz

amerciaments levont par lour ministres appelez Outryders, saunz délaye ou

ascun responce des parties, là où les dites chimyns, pontes et caucées

sont assetz sufficiantz, ou par aventure nient en charge des ditz

amerciez....

«_Resp._ Soit la commune leye tenuz et les amerciamentz resonables en ce

cas.»

_Rotuli_, 7-8 II. IV, t. III, p. 598.

(8) LES ROUTES ET LES PONTS DES ENVIRONS DES GRANDES VILLES (p. 36).--Les

environs de Paris vers le même temps présentaient des routes et des ponts

tout aussi mal entretenus que ceux du voisinage de Londres. Charles VI,

dans une de ses ordonnances, constate que les haies et les ronces ont

envahi beaucoup de chemins, qu'il en est même au milieu desquels des

arbres ont poussé:

«.... Dehors ladicte ville de Paris, en plusieurs lieux de la banlieue,

prévosté et vicomté d'icelle, a plusieurs chauciées, pons, passages et

chemins notables et anciens, lesquelz sont moult empiriez, dommagiez ou

affondrez et autrement empeschiez, par ravines d'eaues, par grosses

pierres, par haies, ronces et autres plusieurs arbres qui y sont creuz et

par plusieurs autres empeschemens qui y sont advenuz, parce qu'il n'ont

point esté soustenuz et que l'en n'y a point pourveu ou temps passé, et

sont en si mauvais estat que l'en n'y peut passer seurement à pié, à

cheval ne à charroy sans grans périlz ou inconvéniens; et les aucuns

d'iceulx sont délessiez de tous poins parce que l'en n'y peut

converser....» Ordre au prévot de Paris de faire faire les réparations

par tous ceux à qui il appartient, et au besoin d'y contraindre par force

«tous» les habitants des villes du voisinage des ponts ou chaussées.

(Ordonnance du 1er mars 1388. Recueil d'Isambert, t. VI, p. 665.)

(9) VOYAGES DU ROI.--PÉTITIONS ET STATUTS CONCERNANT LES POURVOYEURS

ROYAUX (p. 42).--«Nullus vicecomes vel ballivus noster vel aliquis alius

capiat equos vel carettas alicujus pro carriagio faciendo, nisi reddat

liberacionem antiquitus statutam; scilicet pro una caretta ad duos equos

decem denarios per diem, et pro caretta ad tres equos quatuordecim

denarios per diem.» Grande charte d'Édouard Ier, 1297; _Statutes of

the realm_, Londres, 1810, fol.; 25 Éd. II, ch. XXI.

«Item pur ceo qe le poeple ad esté moult grevé de ceo qe les bledz,

feyns, bestaill, et autre manere de vitailles et biens des gentz de mesme

le poeple, ont esté pris, einz ces houres... dont nul paiement ad esté

fait...,» etc. (Considérants du statut 4 Éd. III, ch. III.--_Statutes of

the realm_, année 1330.) Voir encore le statut 36 Éd. III, ch. II.

Pétition des communes, 25 Éd. III, 1351-52 (_Rotuli parliamentorum_, t.

II, p. 242): «Item prie la commune qe là où avant ces heures les

botillers nostre seigneur le roi et lour deputez soleient prendre moult

plus de vyns à l'oeps le roi qe mestier ne fust; desqueux ils mettont les

plus febles à l'oeps le roi et les meliours à lour celers demesnes à

vendre, et le remenant relessont à eux desqueux ils les pristrent, pur

grantz fyns à eux faire pur chescun tonel, à grant damage et

empoverissement des marchantz....»

Les habitants des comtés de Dorset et de Somerset se plaignaient de même

de ce que le shériff de ces comtés leur avait pris «cynk centz quarters

de furment et trois centz bacouns, à l'oeps le roi, come il dist, et il

ne voillast pur sa graunt meistrie et seigneurie allower pur vintz

quarters fors qe dis deniers, là où il vendist après pur XV deniers. Par

quey vos liges gentz sount grauntement endamagé et vous, chier seigneur,

n'estes servy des blées et des bacounes avauntditz....» (4 Éd. III,

_Rotuli parliamentorum_, t. II, p. 40.)

Pétition des communes au Bon Parlement de 1376: «Item prie la commune qe

come le roi de temps passé et ses progenitours, nobles princes, soleient

avoir lour cariage, c'est assaver chivalx, charietz et charettes pur

servir leur hostiel: et ore les purveours de l'hostel nostre dit seigneur

le roi pur défaut de sa propre cariage et de bone governance prenont

chivalx, charietz et charettes des povres communes, la environ par X

leukes où le roi tient son hostel, si bien des gentz de loigne pays par

XXIIII leukes ou LX passantz par la chymyne come des gentz demurrantz en

mesme le pays, en grande arrerissement et poverisement des dites

communes....» (_Rotuli parliamentorum_, t. II, p. 351).

Plainte du clergé d'être soumis lui-même aux exactions des pourvoyeurs

(1376): «Item provisores et ministri regis pro provisionibus regiis

faciendis feodum et loca ecclesiastica, invitis viris ecclesiasticis seu

eorum custodibus non intrent, nec animalia aliaque res et bona inde

auferant, prout fecerint et faciunt nunc indies, contra ecclesiasticam

libertatem et constitutiones sanctorum patrum et statuta regni edita in

hac parte. Nec in via extra feoda et loca predicta predictorum virorum

cariagium carectave capiant vel arrestent.»

«_Resp._ Le roi le voet.» (_Rotuli parliamentorum_, t. II, p. 358).

Les mêmes abus existaient en France et on peut lire dans le recueil

d'Isambert de nombreuses ordonnances conçues exactement dans le même

esprit et répondant aux mêmes plaintes: ordonnances de Philippe le Bel en

1308, de Louis X en 1342, de Philippe VI qui veut que «preneurs pour

nous» ne puissent prendre que s'ils ont «lettres nouvelles de nous», ce

qui suppose l'existence de faux pourvoyeurs comme en Angleterre. Jean

renouvelle toutes les restrictions de ses prédécesseurs, 25 décembre

1355.

(10) LES TOURNÉES DES MAGISTRATS ET FONCTIONNAIRES ROYAUX

(p. 51).--.... «Nec liceat alicui vicecomiti vel ballivo tenere

turnum suum per hundred' nisi bis per annum.» (_Fleta_, liv. II, ch.

LII.) Le peuple redoutait beaucoup les abus qui pouvaient se produire sur

ce point: Pétition des communes au Bon Parlement de 1376: «Item où de

ancien temps ad esté custume qe les presentours dussent présenter les

articles du lete et de vewe de frank plegg tan soulement deux foitz par

an, les baillifs avaunt ditz fount les povres gentz et les husbandes de

pais, qeux dussent travailer en leur labours et leur husbandriez et pur

le commune profit, venir de trois semaignes en trois à lour wapentachez

et hundredez, par colour de presentement avoir, et rettent leur labours

et leur husbanderiez au terre, sinoun q'ils leur veullent doner tiels

ransons et fyns q'ils ne purront sustener ne endurer....

«_Resp._ Il y ad estatutz suffisamment.»

D'autres fois, les communes font observer que les visites du juge errant

sont, pour les habitants, une cause de trouble et de dépense tout à fait

insupportable en temps de guerre; le roi supprime pour la durée de la

guerre les tournées des magistrats, sauf dans le cas où il se produirait

quelque incident «horrible»:

«Item, priont les comunes au roi leur seigneur q'il ne grante en nulle

partie du roialme eire ne trailbaston durante la guerre, par queux les

communes purront estre troblez ne empoverés, fors qe en horrible cas.

«_Resp._ Le roi le voet.»

_Rotuli parliamentorum_, t. II, p. 305, 45 Éd. III, 1371.

(11) LES VÊTEMENTS DU MOINE MONDAIN (p. 54).--D'après Chaucer:

I saugh his sleves purfiled atte hond

With grys, and that the fynest of a lond

And for to festne his hood undur his chyn

He hadde of gold y-wrought a curious pyn:

A love-knotte in the gretter ende ther was.

(Prologue des _Canterbury tales_.)

D'après le concile de Londres (1342):

«....Militari potius quam clericali habitu induti superiori, scilicet

brevi seu stricto, notabiliter tamen et excessive latis, vel longis

manicis, cubitos non tegentibus (tangentibus dans Labbe) sed pendulis,

_crinibus cum_ (2 mots qui ne figurent pas dans L.) furrura vel sendalo

revolutis, et ut vulgariter dicitur, reversatis, ac caputiis cum tipettis

miræ longitudinis, barbisque prolixis incedere, et suis digitis annulos

indifferenter portare publice, ac zonis stipatis pretiosis miræ

magnitudinis supercingi, et bursis cum imaginibus variis sculptis,

amellatis (annelatis, L.) et deauratis, et ad ipsas patenter cum

cultellis, ad modum gladiorum pendentibus, caligis etiam rubeis,

scaccatis et viridibus, sotularibusque rostratis et incisis multimode, ac

croperiis (propriis, L.) ad sellas, cornibus ad colla pendentibus,

epitogiis _ac clochis_ (2 mots supprimés, L.) furratis, uti patenter ad

oram, contra sanctiones canonicas temere non verentur, adeo quod a laicis

vix aut nulla patet distinctio clericorum...» Wilkins, _Concilia Magnæ

Britanniæ_, Londres, 1737, 2 vol, fol. t. II, p. 703 (Labbe, _Sacrosancta

concilia_, année 1342).

D'après le concile d'York (1367):

«Nonnulli... vestes publice deferre præsumpserunt deformiter decurtatas,

medium tibiarum suarum seu genua, nullatenus attingentes... ad jactantiam

et suorum corporum ostentationem...» (Labbe, _ibid._, t. XXVI, col.

467-8.)

(12) REFUS PAR UN SHÉRIFF DE LONDRES DE LOGER CHEZ LUI DES GENS DE LA

MAISON DU ROI (p. 60).--«Placita aulæ domini regis apud Turrim

Londiniarum, coram T. le Blunt, senescallo et marescallo hospitii domini

regis.... anno regis Edwardi, filii regis Edwardi, decimo nono.--Johannes

de Caustone, unus vicecomitum Londoniarum, attachiatus fuit ad

respondendum domino regi de contemptu infra virgam, etc., sicut Alanus

de Lek, serviens hospitator hospitii ejusdem domini regis, qui pro eo

sequitur, dicit.

«Et unde idem Alanus, qui sequitur, etc., dicit quod cum idem dominus

rex, cum familia sua, apud Turrim Londoniarum, die lunæ proxima post

festum translationis Sancti Thomæ martyris, anno regni ejusdem regis nunc

decimo nono, ibidem pro voluntate sua perhendinare venisset, ac idem

Alanus eisdem die et anno quemdam Ricardum de Ayremynne, secretarium

ejusdem domini regis, ad domum prædicti Iohannis de Caustone, in civitate

Londoniarum apud Billyngesgate situatam, prout officio suo incubuit

hospitasset, et, ad cognitionem liberationis ejusmodi signum consuetum

cum calce super portas domus predictæ, prout moris est, fecisset, nec non

homines et servientes cum equis et, hernesiis ipsius Ricardi infra

liberationem prædictam posuisset; præfatus vicecomes, die et anno supra

dictis, in præsentia domini regis et infra virgam etc., ipsam Alani

liberationem hujusmodi fieri non permisit, signum quia prædictum

malitiose deposuit, necnon homines et servientes prædictos omnino inde

fugavit, in contemptum domini regis M. librarum; et hoc paratus est

verificare pro domino regi.

«Et Johannes de Caustone venit et defendit vim et injuriam quando,

etc..., et dicit quod in nullo est inde culpabilis et de hoc ponit se

super patriam.

«Et super hoc major et cives Londonarium veniunt et dicunt quod in charta

domini Henrici regis avi domini regis nunc, nuper civibus Londoniarum de

diversis libertatibus facta, continetur quod infra muros civitatis,

necque in la Portsokne, nemo capiat hospitium per vim vel per

liberationem marescalli; quam quidem chartam dominus rex nunc...

confirmavit....

«Et proferunt breve domini regis senescallo et marescallo hic directum,

per quod dominus rex eis mandavit quod cives prædictos libertatibus suis

prædictis et earum qualibet, coram eis absque impedimento uti et gaudere

permittant, juxta tenorem chartæ confirmationis.... Et dicunt quod

virtute concessionis prædictæ, hujusmodi liberationes hospitorum ad

quemlibet adventum domini regis in civitate prædicta, fieri solebant per

majorem, vicecomites et ministros civitatis prædictæ, in præsentia

marescalli hospitii prædicti, et non per alios, sicut antiquitus fieri

consuevit, et quod libertate illa usque jam uno anno elapso quod dictus

Alanus de Leek impedivit eos, semper a tempore concessionis chartæ

prædictæ, usi fuerunt; unde petunt libertatem suam prædictam eis

allocari, etc.

«Dies datus est eis de audiendo judicio suo ad præfatum diem, etc.. Et

interim loquendum est cum rege, etc. Ad quem diem tam prædictus Alanus

qui sequitur, etc., quam prædictus Johannes in nullo est culpabilis de

contemptu prædicto, sicut ei imponitur... Et quia testificatum est coram

domino regi et ejus consilio per Johannem de Westone, nuper marescallum

hospitii prædicti, etc., et non per alios; consideratum est quod prædicti

major et cives hujusmodi libertate liberationis hospitorum infra

civitatem prædictam faciendæ de cætero utantur.... Salvo jure regis,

etc.»

_Liber albus_, éd. Riley, p. 303.

(13) EXACTIONS DE CERTAINS GRANDS SEIGNEURS EN VOYAGE (p. 62).--Pétition

des communes au parlement (_Rotuli_, t. I, p. 290, 8 Éd. II, A. D. 1314):

«Item par là où asquns grantz seignurs de la terre passent parmi le pays,

ils entrent en maners et lieus de Seint Eglise et des autres, et pernent

saunz congé le seignur et les baillifs gardeyns de meisme les leus, et

encontre lour volunté, ceo q'il voillent saunz rien paer, encontre la lei

et les ordenaunces, non pas eaunz regard à l'escomenge (excommunication)

doné encontre tutz tels. Et si homme les devi rien, debrisent les eus par

force, et pernent et enportent ceo qe beal lour est, et batent les

ministres et destruent les biens, plus qe il ne covendreit, et autres

grevouses depiz ultrages fount.

«Item il prenent charettes et chivaux de fair lour cariages à lour

voluntez saunz rien paer et des queux nientefoitz james n'est faite

restoraunce à ceux qi les devient; ne il n'osent suire ne pleindre pur le

poair de diz seignur qar s'il le facent ils sont honiz ou en corps ou en

chateux; par quoi ladite comuneauté prie qe remedie soit fait en tels

ultrages.»

(14) PASSAGE DE L'HUMBER EN BAC (p. 68).--Pétition des habitants d'East

Riding: «.... Ad petitionem hominum de Estriding petenc' remedium super

nimia solucione exacta ad passagium de Humbr' ultra solitum modum,» le

roi prescrit l'ouverture d'une enquête avec pouvoir aux commissaires de

rétablir les choses dans l'état primitif (_Rotuli parliamentorum_, 35

Éd. I, année 1306, t. I, p. 202).

Nouvelle pétition sous Édouard II (8 Éd. II, 1314-5, t. I, p. 291): «A

nostre seigneur le roi et à son consail se pleint la comunauté de sa

terre qe par là où homme soleit passer Humbre entre Hesel et Barton,

homme à chival pour dener, homme à pée pur une maele, qe ore sunt il, par

extorsion, mis à duble; et de ceo priunt remedi pur Dieu.» Le roi en

réponse ordonne que les maîtres du passage ne prennent pas plus

qu'autrefois, «vel quod significent causam quare id facere noluerint».

(15) LES AUBERGES ET LES CABARETS DE GRANDS CHEMINS (pp. 66 et

73).--Édouard III eut plusieurs fois occasion dans ses statuts

d'enjoindre aux «hostelers et herbergers», c'est-à-dire aux aubergistes,

de vendre leurs provisions à des prix raisonnables. Ex. statuts 23 Éd.

III, ch. VI, et 27 Éd. III, st. I, ch. III. Dans ce dernier statut, le

roi prend des mesures pour parer aux «grantz et ontraieouses chiertées

des vitailles qe les hostelers des herbergeries et autres regratours de

vitailles fount par tout le roialme, à grant damage du poeple qi passe

parmie le roialme». _Statutes of the realm_, t. I, p. 330, année 1353.

Portrait de la tavernière par Skelton:

Her nose somdele hoked

And camously croked

Neuer stoppynge,

But euer droppynge,

Her skynne lose and slacke

Grained like a sacke;

With a croked backe.

. . . . . . . . . . . . . . .

She breweth noppy ale,

And maketh therof port sale

To trauellars, to tynkers,

To sweters, to swynkers,

And all good ale drinkers.

Comment on vient la trouver:

Some go streyght thyder,

Be it salty or slyder

They holde the hye waye,

They care no what men say,

Be that as be may;

Some lothe to be espyde,

Start in at the backe syde,

Ouer the hedge and pale,

And all for the good ale.

Comment on la paye:

Instede of coyne and monny,

Some brynge her a conny,

And some a pot with honny,

Some a salt, and some a spone.

Some their hose, some theyr shone.

Quant aux femmes, l'une apporte:

. . . . . . her weddynge rynge,

To pay for her scot

As cometh to her lot.

Som bryngeth her husbandes hood,

Because the ale is good.

_Elynour Rummynge._--_The poetical works of John_ _Skelton_, édition

Dyce, Londres, 1843, 2 vol. 8º, t. I, p. 95.

(16) LE DROIT D'ASILE (p. 89).--L'Église maintient ce droit. Châtiment

d'un Anglais pour avoir violé l'asile de l'église des carmes de

Newcastle: «.... videlicet quod diebus Lunæ, Martis et Mercurii in

hebdomada festi Pentecostes proxime futuri, ad valvas dictæ ecclesiæ

Beati Nicolai, discalceatus, nudato capite, et roba linea solum indutus,

astante ibidem populi multitudine, fustigationes a vobis publice

recipiat, causam suæ pœnitentiæ exprimens in vulgari, suum pariter in

hac parte confitendo reatum; et quod hujusmodi fustigationibus sic

receptis ibidem, ad ecclesiam cathedralem Dunelmensem, discalceatus,

nudato capite, et vestitus ut præmittitur idem Nicholaus vos, eum

subsequentes, antecedat, ad fores dictæ ecclesiæ cathedralis, dictis

tribus diebus consimiles fustigationes a vobis recepturus, cum

expressione culpæ supradicta.» _Rigistrum palatinum Dunelmense_, éd. de

Sir Th. D. Hardy, Londres, 1873, 4 vol. 8º, t. I, p. 315, année 1313.

Sur cette question les conciles étaient formels: «Firmiter inhibemus ne

quis fugientes ad ecclesiam, quos ecclesia debet tueri inde violenter

abstrahat, aut ipsos circa ecclesiam obsideat, vel abstrahat victualia.»

_Concilium provinciale scoticanum_, A. D. 1225, dans Wilkins, _Concilia

Magnæ Britanniæ et Hiberniæ_, Londres 1737, 4 vol. fol., t. I, p. 616.

Il fallait avoir bien soin de se réfugier dans une véritable église,

dûment consacrée; c'est ce que montrent les procès-verbaux consignés

dans les _Year-Books_. Voici un cas du temps d'Édouard Ier (éd.

Horwood, p. 541, Collection du Maître des rôles): «Quidam captus fuit pro

latrocinio et ductus coram justiciariis et inculpatus dixit: Domine, ego

fui in ecclesia de N. et dehinc vi abstractus, unde imprimis peto juris

beneficium quod mittar retro ibi unde fui abstractus.--JUSTICIARIUS. Nos

dicius quod ecclesia nunquam fuit dedicata per episcopum.--PRISO. Sic,

domine.--JUSTICIARIUS. Inquiratur per duodecim:--Qui dixerunt quod illa

ecclesia nunquam fuit dedicata per episcopum.--JUSTICIARIUS. Modo oportet

te respondere.--PRISO. Sum bonus et fidelis: ideo de bono et malo pono,

etc. (formule de soumission à la décision du jury: _patriam_).--Duodecim

nominati exiverunt ad deliberandos (_sic_).» Le résultat final n'est pas

donné. Les _Year-Books_ font assez souvent mention de cas où le droit

d'asile est invoqué, ce qui montre que les voleurs ne négligeaient pas

cet avantage.

Le félon réfugié dans un sanctuaire et qui se décidait à «forjurer le

royaume», prêtait serment en ces termes: «Hoc audis, domine coronator,

quod ego N. sum latro bidentium vel alicujus alterius animalis vel

homicida unius vel plurium et felonus domini regis Anglie. Et quia multa

mala vel latrocinia hujusmodi, in terra sua feci, abjuro terram domini E.

regis Anglie; et quod debeo festinare me versus portum de tali loco quem

mihi dedisti; et quod non debeo abire de alta via, et si faciam, volo

quod sim captus sicut latro et felonus domini regis; et quod ad talem

locum diligenter queram transitum; et quod expectabo illic nisi fluxum et

refluxum, si transitum habere potero, et nisi tanto spatio transitum

habere potero, ibo quolibet die in mare usque ad genua («usque ad

collum,» selon le _Fleta_, liv. I, ch. XXIX) tentans transire; et nisi

hoc potero infra quadraginta dies continuos mittam me iterum ad

ecclesiam, sicut latro et felonus domini regis. Et sic Deus me adjuvet!»

(_Statutes of the realm_, t. I, p. 250.)

(17) ABUS RÉSULTANT DU DROIT D'ASILE (p. 95).--Pétition des communes

(_Rotuli parliamentorum_, t. III, p. 503, année 1402): «Item prient les

communes, coment diverses persones des divers estatz, et auxi apprentices

et servantz des plusours gentz, si bien demurrants en la citée de

Loundres et en les suburbes d'icell, come autres gents du roialme al dite

citée repairantz, ascuns en absence de lour meistres, de jour en autre

s'enfuyent ove les biens et chatelx de lour ditz mestres à le college de

Seint Martyn le Grant en Loundres, à l'entent de et sur mesmes les biens

et chateux, illeoqes vivre à lour voluntée saunz duresse ou exécution du

ley temporale sur eux illeoqes ent estre faite, et là sont ils resceux et

herbergéez, et mesmes les biens et chateux par les ministres du dit

college al foitz seiséez et pris come forffaitz à le dit college. Et auxi

diverses dettours as plusours marchantz, si bien du dite citée, come

d'autres vaillantz du roialme, s'enfuyent de jour en autre al dit college

ove lour avoir à y demurrer à l'entent avaunt dit. Et ensement plusours

persones au dit college fuéez et là demurrantz, pur lour faux lucre,

forgent, fount et escrivent obligations, endentures, acquitances, et

autres munimentz fauxes, et illeoqes les enseallent es nouns si bien de

plusours marchantz et gentz en en la dite citée demurantz, come d'autres

du dit roialme à lour disheriteson et final destruction.... Et en quelle

college de temps en temps sount receptz murdres, traitours, larouns,

robbours et autres diverses felouns, malfaisours et destourbours de la

pées nostre seignur le roy, par jour tapisantz et de noet issantz pur

faire lour murdres, tresons, larcines, robbories et félonies faitz, al

dit college repairent.»

Le roi se borne à promettre vaguement que «raisonable remédie ent serra

fait»:

Discours de Buckingham pour la suppression du droit d'asile (sous Richard

III):

«What a rabble of theues, murtherers, and malicious heyghnous traitours,

and that in twoo places specyallye.... Mens wyues runne thither with

theyr housebandes plate, and saye, thei dare not abyde with theyr

housbandes for beatinge. Theues bryng thyther theyr stolen goodes, and

there lyue thereon. There deuise they newe roberies; nightlye they steale

out, they robbe and reue, and kyll, and come in again as though those

places gaue them not onely a safe garde for the harme they haue done, but

a license also to doo more.»

Paroles de la reine:

«In what place coulde I recken him sure, if he be not sure in this

sentuarye whereof was there neuer tiraunt so deuelish, that durste

presume to breake... For sothe he hath founden a goodly glose, by whiche

that place that may defend a thefe, may not saue an innocent....»

_The history of king Richard the thirde (unfinished) writen by master

Thomas More, than one of the under Sherriffs of London: aboute the yeare

of our Lorde 1513_, Londres, 1557; réimprimé par S. W. Singer, Chiswick,

1821, 8º.

(18) LES EMPIRIQUES DU QUATORZIÈME SIÈCLE (p. 109).--Recette de Gaddesden

contre la petite vérole: «Capiatur scarletum rubrum et qui patitur

variolas involvatur in illo totaliter, vel in alio panno rubro; sicut ego

feci quando inclyti regis Angliæ filius variolas patiebatur; curavi ut

omnia circa lectum essent rubra, et curatio illa mihi optime successit.»

Recette contre la pierre: «Habui calculosum quem per longum tempus non

potui sanare; tandem curavi mihi colligi scarabæos multos qui inveniuntur

in stercoribus boum in æstate et cicadas quæ cantant in campis: et

ablatis capitibus ac alis de cicadis, posui illas cum scarabæis in oleo

communi in olla: qua obturata, collocavi postea in furnum in quo panis

iacuit, et reliqui illam illic per diem et noctem, extractaque olla, ad

ignem calefeci modicum, et totum simul contrivi, tandem renes et pectinem

inunxi: et intra triduum cessavit dolor, lapisque comminutus et fractus

est, atque exivit.»

_Joannis Anglici praxis medica rosa anglica dicta_, Augsbourg, 1595, 2

vol. 4º, t. II, p. 1050, et t. I, p. 496.

La vie nomade et les routes d'Angleterre au 14e siècle · 第 16 / 19 段