M. Bêla Foelder, professeur à l'université de Budapest, vient de publier
une étude sur le prix de l'hectolitre de blé, depuis le commencement du
dix-neuvième siècle, pour la France, l'Angleterre, la Prusse, l'Italie,
la Belgique et l'Autriche-Hongrie; et M. Levasseur, notre éminent
économiste, a eu l'heureuse idée de traduire ces chiffres en un
graphique qu'il a présenté à la Société de statistique.
Sur ce graphique, on distingue trois périodes bien tranchées: de 1800 à
1850, il y a un grand écart d'une courbe à l'autre; le prix est
constamment plus élevé en Angleterre, surtout de 1801 à 1812, pendant
les guerres de l'Empire. En Hongrie, le prix est très bas et descend
jusqu'à 3 francs l'hectolitre en 1826.
Dans la seconde moitié du dernier siècle, la vapeur diminue les frais de
transport et le télégraphe facilite les relations; le commerce
s'organise et l'on voit ces courbes se rapprocher les unes des autres
jusqu'en 1870.
[Illustration: Un pont tombé dans la Saône, pendant son lancement, à
Guéreins (Ain). _Phot. comm. par M. Duquaire_]
[Illustration: Un des omnibus automobiles destinés à la ville de
Londres.]
[Illustration: Un projecteur électrique de campagne installé sur un
camion automobile.]
Mais, en 1870, la relation change. La courbe de l'Angleterre descend
au-dessous de celle de la France et de nouveaux écarts apparaissent, qui
résultent vraisemblablement des droits de douane.
La France et l'Italie deviennent les pays où le prix moyen de
l'hectolitre de blé est le plus élevé. L'Angleterre, la Belgique et la
Prusse deviennent les pays d'importation où il est le plus bas.
Il est bas aussi, naturellement, dans les, pays d'exportation, comme la
Hongrie et surtout les États-Unis.