UN PONT DANS LA SAÔNE.

Un de ces accidents que les progrès de la construction métallique

rendent de plus en plus rares vient de se produire à Guéreins, dans

l'Ain. Un pont mixte, destiné à la fois au passage des voitures et des

piétons, entre Guéreins et Belleville, et à l'établissement d'une ligne

projetée entre Beaujeu et Châtillon-sur-Chalaronne, a plongé par une de

ses extrémités dans la Saône. Après l'achèvement des soutiens de

maçonnerie, on avait voulu, selon l'usage, faire glisser de pile à pile,

jusque sur l'autre rive, la partie du tablier du pont qui devait y

trouver sa place définitive. Pour atténuer la trop grande _portée à

vide_ du pont avant qu'il atteignît les piles, on l'avait muni d'un

_avant-bec_ de texture plus légère, qui viendrait reposer d'abord sur

les galets du soutien et servir de conducteur à la travée. L'opération

commença dans ces conditions. Mais à peine le bec se fut-il appuyé sur

la première pile qu'il se rompit, au cours d'un violent orage. Le pont,

privé de son soutien, plongea du nez dans la Saône à une profondeur de 4

mètres. Il faudra, dit-on, plus de six mois pour réparer l'accident.

L'Illustration, No. 3258, 5 Août 1905 · 第 16 / 29 题