LE CARDINAL MAZARIN AU ROI.

A Saint-Jean-de-Luz, le 8 octobre 1659[527].

Je suis touché au dernier point des bontés qu'il vous plaît d'avoir

pour moi, prenant part, comme vous faites avec tant de soin, à l'état

de ma santé, laquelle assurément sera employée jusqu'au dernier moment

pour votre service. Ainsi, je suis ravi de voir que vous ne perdrez

rien si je suis assez heureux pour la pouvoir conserver encore quelque

temps. Je me remets à ce que j'écris à M. Le Tellier, et j'ai été

très-aise d'apprendre par votre lettre que vous faisiez le voyage

avec gaîté et je prie Dieu qu'elle augmente de plus en plus comme

vous en avez sujet, étant dans le chemin d'être le plus glorieux et

puissant Roi qui ait jamais été et d'avoir une estime générale de tous

les peuples. Les douleurs m'ont quitté, mais il m'est impossible de

marcher; cela pourtant ne retardera pas mon départ le jour après que

j'aurai signé. Je vous rends de nouveau très-humbles grâces pour celles

qu'il vous plaît me départir avec excès, et je vous supplie de croire

que, pour me réjouir, je ne songe qu'au jour que j'aurai le bonheur

d'être auprès de vous et de la _Confidente_.

Louis XIV et Marie Mancini d'après de nouveaux documents · 第 58 / 91 题