A Saint-Jean-de-Luz, le 8 octobre 1659[527].
Je suis touché au dernier point des bontés qu'il vous plaît d'avoir
pour moi, prenant part, comme vous faites avec tant de soin, à l'état
de ma santé, laquelle assurément sera employée jusqu'au dernier moment
pour votre service. Ainsi, je suis ravi de voir que vous ne perdrez
rien si je suis assez heureux pour la pouvoir conserver encore quelque
temps. Je me remets à ce que j'écris à M. Le Tellier, et j'ai été
très-aise d'apprendre par votre lettre que vous faisiez le voyage
avec gaîté et je prie Dieu qu'elle augmente de plus en plus comme
vous en avez sujet, étant dans le chemin d'être le plus glorieux et
puissant Roi qui ait jamais été et d'avoir une estime générale de tous
les peuples. Les douleurs m'ont quitté, mais il m'est impossible de
marcher; cela pourtant ne retardera pas mon départ le jour après que
j'aurai signé. Je vous rends de nouveau très-humbles grâces pour celles
qu'il vous plaît me départir avec excès, et je vous supplie de croire
que, pour me réjouir, je ne songe qu'au jour que j'aurai le bonheur
d'être auprès de vous et de la _Confidente_.