A Saint-Jean-de-Luz, le 8 octobre 1659[528].
Je suis fort persuadé que vous ne prenez nul plaisir à voir souffrir
vos serviteurs, mais je le suis encore davantage que vous feriez bien
des choses pour empêcher que certaines personnes, qui sont bien avec
les Anges, n'eussent aucun mal. J'espère que je serai bientôt délivré
du mien, et que cela ne m'empêchera pas de partir le jour après que
j'aurai signé, ce qui peut aller, à ce que M. de Lionne m'écrit ce
matin, à lundi ou mardi. Je cache tant que je puis à ma goutte la
pensée que vous auriez de venir ici, si elle durait encore longtemps,
car, si elle en avait connaissance, elle serait assez glorieuse pour
s'opiniâtrer à ne me quitter pas, afin de se pouvoir vanter d'un
bonheur qu'aucune autre goutte n'aurait eu jamais. Je n'ai renvoyé le
valet de pied à l'instant, car, à son arrivée, je venais de dépêcher le
gentilhomme de Mademoiselle.
Je vois ce que vous me mandez à l'égard des comédiens espagnols, et, si
vous le trouvez bon, on peut remettre à prendre résolution là-dessus
lorsque j'aurai l'honneur d'être auprès de vous et du _Confident_.
Cependant je parlerai en sorte à don Louis, que, si on prend la
résolution de les faire venir présentement, il les puisse envoyer.