A Saint-Jean-de-Luz, le 3 septembre 1659[513].
Je ferais grand tort à MM. de Noailles et de Vardes, qui s'en
retournent, et surtout à Bartet, qui part informé des moindres choses
qui se passent ici, si je voulais entrer à vous entretenir. Je m'en
remets donc à leur vive voix et à M. Le Tellier, pour ce que j'avais
à écrire pour informer le _Confident_ et vous de ce qui s'est passé
dans la conférence précédente et celle d'hier. Il n'a rien manqué que
tout n'ait été rompu de (dans) cette dernière, comme vous verrez par
la relation que j'espère vous pouvoir envoyer demain au soir. Mais je
vous puis dire qu'elle finit assez bien, et que je soutins comme je
devais tout ce qui est dû à la dignité et au service du _Confident_,
et j'espère que bientôt Don Louis fondra la cloche. Au moins je ne le
laisserai en repos que cela ne soit et le plus avantageusement pour
vous qu'il me sera possible. Il croit que le meilleur qu'il ait en main
pour nous obliger à faire les choses qu'il désire, et particulièrement
en faveur de M. le Prince, c'est le mariage. Il m'a fait pitié, et
le fera à vous aussi, puisque vous savez s'il prend bien ses mesures
là-dessus.
Je vous envoie une boëte avec dix-huit éventails qu'on m'a envoyés
de Rome; quoique je les croie aussi beaux que tous les autres qu'on
a envoyés cette année, qui n'ont servi qu'à faire des présents à des
gens de ce pays, qui n'ont pas le goût trop exquis. Vous recevrez aussi
quatre paires de gants que ma sœur m'a envoyées dans un paquet. Il y
en avait six paires, mais l'ayant ouvert en présence de Pimentel, je
lui en ai donné deux, dont j'en vis une hier à don Louis, qui m'en fit
compliment. Je suis à vous plus que jamais.