De Saint-Jean-d'Angely, le 22 août 1659.
... Je suis ravi de la satisfaction que vous en témoignez (du
_confident_) et de vous voir persuadée qu'il fera bien et qu'il a les
intentions et l'esprit dans l'assiette que je puis souhaiter. Mais, par
les nouvelles de La Rochelle, il me semble que, de côté et d'autre, la
passion s'est extrêmement échauffée par l'entrevue qui s'est faite
à Saint-Jean-d'Angely, que les dépêches sont plus fréquentes et plus
longues, et que l'esprit de la personne qui est à La Rochelle est plus
chagrin et plus emporté qu'auparavant. Néanmoins je défère avec plaisir
à ce que vous m'en mandez, car je ne souhaite rien tant au monde comme
de voir le _confident_ délivré de cette passion et heureux dans le
mariage qu'il va faire... ... Je ne souhaite autre chose que son bien,
sa gloire et son repos, avec contentement et réputation; et vous savez
si j'ai bien travaillé pour cela, sans que toutes les diligences que le
_confident_ a faites avec tant d'adresse pour m'engager à favoriser son
dessein[460] m'aient seulement pu ébranler un moment. Et, à la vérité,
j'eusse été un mauvais serviteur et un méchant homme, si j'eusse été
capable d'écouter seulement les propositions que le _confident_ me
faisait, puisqu'elles allaient à relever ma réputation aux dépens de la
sienne, et à tirer des avantages à son préjudice...