MAZARIN A LA COMTESSE DE SOISSONS.

Saint-Jean-de-Luz, le 22 août 1659[459].

J'ai reçu votre lettre du 16e, mais je ne puis pas croire que Madame la

princesse de Carignan (c'est-à-dire la comtesse de Soissons) ne vienne

au voyage après avoir tiré entièrement les trente mille livres. En tout

cas, elle fera ce qu'elle voudra, et il n'y aura rien de changé pour

cela. Je vois ce que vous me mandez à l'égard de vos sœurs; mais Mme de

Venel m'a écrit une longue lettre à l'instance de Marie, par laquelle

elle tâche de me faire connaître qu'elle a sincèrement recherché votre

amitié, vous en ayant écrit avec beaucoup d'empressement, et que lui

ayant été impossible d'aller souper chez vous sans désobliger le Roi

qui était chez elle, elle vous en aurait fait des excuses que vous

n'avez pas bien reçues, et que même vous aviez répondu quelque chose

assez désobligeante. Je ne sais pas ce qui en est, mais, en tout cas,

je vous prie de vous conduire en cela avec prudence et modération,

étant ainsi à propos pour plusieurs raisons qui vous regardent aussi

bien que moi...

Louis XIV et Marie Mancini d'après de nouveaux documents · 第 47 / 91 题