18 août 1659[458].

Vous me mandez que mes nièces avaient écrit des lettres fort civiles

à M. le prince de Conti et à Mme la comtesse de Soissons. Vous ne

me dites pas qu'elles ont fait ce grand effort seulement le jour

auparavant leur départ de La Rochelle, quoique vous savez que je

leur avais fait assez connaître qu'elles ne devaient pas différer

un moment à faire cette civilité; mais ma nièce (Marie) sait mieux

comme il faut se conduire que moi, et, Dieu merci, a trop d'esprit

pour se pouvoir résoudre à déférer au conseil de personne. Je vois

même avec grand déplaisir qu'elle entraîne Hortense dans toutes ses

résolutions; mais je n'en suis pas surpris, parce que ma nièce lui

aura persuadé que, se conformant à sa volonté, elle lui fera avoir une

grande fortune, et Hortense, qui est encore une enfant, doit croire

cela comme parole d'Évangile. On me mande de la cour qu'elle et sa sœur

[non seulement] n'avaient pas visité la princesse de Conti et Mme la

comtesse [de Soissons] qui les avaient conviées à souper, mais qu'elles

ne leur avaient pas parlé. Voyez si cela est bon, et si ceux qui en

font des risées n'ont pas raison. Je vous promets que la cour en est

scandalisée, et qu'il est honteux que mes nièces par leur mauvaise

conduite donnent sujet à tout le monde de faire des comédies à leurs

dépens.

Louis XIV et Marie Mancini d'après de nouveaux documents · 第 46 / 91 题