A Saint-Jean-de-Luz, le 7 juin 1660.
Madame ma sœur et cousine, la lettre dont Votre Majesté m'a
favorisé sur le sujet de mon mariage m'est un nouveau bonheur qui
supplée, autant qu'il se peut, à celui de sa présence, laquelle
seule manque ici pour rendre notre félicité accomplie. Votre
Majesté n'aura pas de peine à croire l'impatience que j'ai eue
de voir enfin cet heureux jour où la paix et l'amitié qui nous
unissent à présent seraient étreintes par ce nœud indissoluble;
mais je puis bien dire que je l'ai souhaité avec ardeur, aussi par
cette considération que, hâtant le retour vers Votre Majesté de ce
qu'elle aime le mieux au monde, je ne pouvais rien désirer qui lui
fût plus agréable. Je lui rends grâce des vœux qu'Elle fait, qui
ne sauraient être plus affectueux ni plus obligeants pour moi, et
je prie Dieu qu'il la comble de ses saintes bénédictions d'aussi
bon cœur que je suis, Madame ma sœur et cousine,
Votre bon frère et cousin,
_Signé_: L.[235].