CCXLVII

La tante se tut.

--À toi maintenant, dit-elle à Fior d'Aliza; il n'y a que toi qui

saches ce que tu pensais pendant que nous nous reconsolions en causant

ainsi, peut-être pour la dernière fois, avec notre pauvre Hyeronimo.

Voyons, parle au monsieur avec confiance; c'est ton tour maintenant

d'ouvrir ton coeur, maintenant que le jour du bonheur est proche, et

de le vider de tout ce qu'il contenait de rêves et de larmes, pour n'y

laisser place qu'au bonheur et à la reconnaissance que tu vas goûter

pendant le reste de ta vie.

--Oh! oui, raconte-nous cela toi-même, dit l'aveugle en joignant ses

deux mains sur la table; je me le ferais bien raconter tous les soirs

de ma vie sans me rassasier jamais des miséricordes du bon Dieu pour

nous.

--Eh bien! dit Fior d'Aliza, je vais obéir à mon père et à ma tante,

mais cela me rend toute honteuse. Comment une fille si innocente et si

simple que j'étais a-t-elle bien pu avoir tant de ruse. Ah! c'est

l'ange de la parenté et de l'amour; ce n'est pas moi; mais enfin

voilà.

Cours familier de Littérature - Volume 22 · 第 120 / 186 题