CLXXXIX

La voix du _piccinino_ interrompit ma pensée en me disant que c'était

l'heure de porter la nourriture aux dogues du préau, de jeter des

criblures de graines aux colombes du puits, et de renouveler l'eau

dans les cruches des prisonniers, comme on m'avait appris le matin

qu'il fallait faire.

--C'est bien, dis-je à l'enfant, la corde du puits est trop dur à

faire tourner sur la poulie pour tes doigts, et tu ne pourrais pas non

plus m'aider à faire descendre et remonter la double grille dans sa

rainure jusqu'aux voûtes des loges; amuse-toi là, dans le vestibule du

cloître, à tresser la paille qui sert de litière aux détenus, je ferai

bien seul l'ouvrage pénible; contente-toi de surveiller la porte

extérieure et de m'avertir si le _bargello_ ou sa femme venait à

m'appeler.

--Oh! le _bargello_ et sa femme, me dit l'enfant, ils ne nous

appelleront pas de la journée, ils viennent de sortir tous les deux

pour aller au tribunal entendre l'accusateur de ce scélérat de

montagnard qui est ici couché, comme un louveteau blessé dans sa

caverne, et pour demander aux juges à quelle heure ils devront le

faire conduire demain devant eux, pour le juger par demandes et par

réponses.

Cours familier de Littérature - Volume 22 · 第 56 / 186 题