OBSCURÉMENT

Obscurément: ce sont de fatales tentures

Où griffes de lion et d'aigle et gueules d'ours

Et crocs et becs; ce sont de roides contractures

Et des spasmes soudains au long de rideaux lourds.

Obscurément: un Achille de granit noir

Se rue en son amour et piétine son socle:

Sa peau de pierre allume éclair en un miroir,

Et l'on entend craquer les reins du beau Patrocle.

Obscurément: marteaux cassés! mortes les heures!

Un soir immensément oppresse et s'établit;

Et rien de Dieu n'ira jamais vers ces demeures

Clouer ses bras en croix, dans l'ombre, où sur un lit,

Obscurément, et nue, et, sous les langues d'or

D'un grand flambeau tordu comme un rut de sirènes,

Le ventre vieux et mort, Gamiani détord

Avec ses doigts d'hiver ses lèvres souterraines.

Poèmes: Les bords de la route. Les Flamandes. Les Moines · 第 42 / 245 题